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Bayer cœurs à vif

Alors que comme chaque année, Leverkusen devait sortir bien sagement de la phase de poules de la Ligue des champions et squatter le podium de la Bundesliga, à quelques encablures de la trêve, il n'en est rien. Une situation qui met à cran tous les acteurs du club.

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Deux footballeurs de la même équipe qui s'engueulent en plein match, c'est assez rare pour être souligné. Mais lorsque la scène se passe à quelques minutes du terme d'un match décisif pour une qualification en 8es de finale de la Ligue des champions, cela en devient lunaire. Alors si on ajoute à ça le fait que les deux joueurs en question font partie de l'une des équipes les plus lisses d'Europe, on n'ose à peine y croire. Et pourtant, mercredi soir, alors que Leverkusen n'avait plus qu'un but à mettre pour se défaire du FC Barcelone et surtout accéder au prochain tour de la Champions', Karim Bellarabi et Javier « Chicharito » Hernandez n'ont rien trouvé de mieux que de perdre du temps à s'engueuler après une action foirée de la part de l'Allemand. Si le Bayer avait fini par marquer ce petit but décisif et s'était qualifié, on ne parlerait sans doute plus de cette prise de becs entre coéquipiers. Oui mais voilà, Leverkusen ne verra pas les 8es de finale de la LDC et devra se contenter d'aller faire un tour en Ligue Europa. Et cette engueulade restera dans les mémoires comme un symbole de la saison bien merdique qu'est en train de vivre le club rhénan pourtant habitué à une existence bien monotone.

Croque-attaque


Car depuis le début de la saison, rien ne se passe comme prévu à Leverkusen. En championnat, le club galère et n'arrive pas à enchaîner plus de deux victoires de suite. Lorsqu'on a pour ambition de venir chatouiller le Bayern au classement, ça fait léger. Des défaites qui font tache, il y en a eu un paquet. Contre ses concurrents directs, le Bayer n'a pas vraiment existé. Contre le Bayern, Dortmund et Wolfsburg, Leverkusen a fait bien pâle figure. Mais ce sont d'autres défaites, contre des clubs moins costauds, qui ont laissé des traces. Celle face au promu Darmstadt notamment, mais aussi et surtout celle dans le derby du Rhin à domicile contre le 1.FC Cologne, début novembre. Car à chaque fois, les hommes de Roger Schmidt ont essayé. Beaucoup. Trop peut-être. Et au final, c'est à cause de son attaque normalement tonitruante que le Bayer perd des points, ou plutôt n'en prend pas. Cette dernière n'est que l'ombre de celle qu'elle était l'an passé, et passe sa vie à croquer devant le but. En moyenne, l'armada offensive de Leverkusen frappe 15 fois par match, mais elle n'a marqué que 19 buts depuis le début de la saison. Devant, seul Chicharito tient son rang avec une efficacité plus que correcte. Les autres sont loin derrière. Karim Bellarabi, homme fort de la saison dernière, passe le plus clair de son temps à tricoter et à chercher à faire la différence tout seul, tandis qu'Hakan Çalhanoğlu est le plus souvent invisible. Stefan Kiessling a de plus en plus de mal à avancer, et Julian Brandt semble encore un peu trop vert pour porter le club sur ses épaules. À côté de ça, la défense, qui n'est pas le point fort de cette équipe, tente tant bien que mal de résister entre les blessures et les suspensions plus ou moins justifiées. Avec 20 buts encaissés, elle se situe à la 7e place, ce qui reste très correct compte tenu des circonstances, mais qui ne suffit pas, au vu des difficultés que rencontre l'attaque.

Le Rudi Völler show


Évidemment, cette première partie de saison pas franchement réussie a mis à mal les nerfs de Rudi Völler. Le champion du monde 90, pas connu pour son calme olympien, n'en finit plus de d'exprimer le fond de sa pensée à qui veut bien l'interviewer. Pendant tout l'automne, il n'a d'abord cessé de se plaindre de façon assez véhémente de l'arbitrage – l'arbitre du match Wolfsburg-Leverkusen qui s'est depuis excusé de son mauvais match doit encore se rappeler de la fureur de Völler –, il s'en est ensuite pris à la défense, puis à l'attaque, et en particulier à Bellarabi et Çalhanoğlu qui « ne sont pas au niveau cette saison » . Le dernier à avoir subi la fronde du directeur sportif du Bayer n'est autre qu'Oliver Kahn. Lorsque ce dernier a déclaré, sur l'antenne de la ZDF après le match contre Barcelone, qu'il manquait peut-être à Leverkusen un semblant d'âme et de conviction pour sortir victorieux de ce genre de matchs, Rudi Völler n'a pas hésité à le reprendre de volée. Car au fond, « Tante Käthe  » est comme les autres grandes gueules du football, cela ne le gêne pas qu'on taille ses joueurs ou son club du moment que c'est lui qui s'en occupe. À croire que Rudi Völler et Jean-Michel Aulas suivent les mêmes cours de management. Et malheureusement pour les joueurs du Bayer, il n'y a pas que l'ancien international allemand qui a les nerfs en pelote. Leur entraîneur, d'habitude très calme, est devenu un peu plus facilement irritable. Après le match de mercredi, Roger Schmidt a menacé un des journalistes de Sky Deustchland de se barrer de l'interview si celui-ci continuait à lui poser des questions gênantes. Si, par le passé, Leverkusen a souvent rimé avec platitude, cette saison tout le monde semble s'être mis d'accord pour changer cette réputation.

À la recherche de la constante constance


Heureusement pour la santé mentale de toute l'équipe, la trêve pointe bientôt le bout de son nez, et, sauf catastrophe, Roger Schmidt devrait toujours être sur le banc de Leverkusen lors de la Rückrunde. Et avec un peu de chance, ses hommes ne devraient pas être trop loin du podium, puisque le classement est assez serré de la 3e à la 13e place pour le moment. Cependant, la pression sur ses épaules sera nettement plus forte qu'auparavant. Car si Leverkusen n'est pas forcément le club le plus ambitieux qui soit, un minimum syndical est toutefois exigé. La constance reste le maître-mot des dirigeants du club. Après le Bayern, le Bayer est le club le plus stable d'Allemagne depuis maintenant deux décennies et l'on attend de chaque entraîneur qu'il fasse au moins aussi bien que le dernier, à défaut de mieux. Leverkusen n'a jamais vraiment visé le titre, mais ne vise pas moins que la 4e place non plus. Depuis 1997, le Bayer Leverkusen n'a manqué que trois fois une qualification pour une coupe européenne et n'a terminé que sept fois au-delà de la 4e place. Avec un Bayern intouchable, un Dortmund qui l'est presque et un Gladbach tout feu tout flamme, le Bayer ne pourra sans doute pas vraiment espérer mieux. Alors que la quasi-totalité de la presse allemande (11 Freunde et Bild en tête) annonçait en début de saison Leverkusen comme dauphin du Bayern, la vérité sera sans doute ailleurs.


Par Sophie Serbini
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Dans cet article

Très bon article merci !

Juste un petit bémol : "Deux footballeurs de la même équipe qui s'engueulent en plein match, c'est assez rare pour être souligné"
HAHAHA, c'est totalement l'opposé
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Sophie Serbini fait de bons articles sur les équipes de Bundesliga,comme celui sur le Herta Berlin la dernière fois.

J'en profite pour dire que j'aimerais bien voir plus souvent des articles de cet acabit.Qu'est-ce que j'entends par acabit ? Et bien des articles de fond d'une longueur suffisante pour mériter le nom "d'article",sur ce type d'équipes,ou comme le pigiste qui en avait fait un sur Eibar récemment ; les équipes comme Sunderland,Bologne ou le Spartak Moscou ; même des articles sur le Real Madrid,Chelsea et autres si vous le voulez,mais PAR PITIÉ,arrêtez les niaiseries du type "Si les footballeurs étaient des personnages des tortues ninja/street fighter" et autres "Pourquoi Chantôme est meilleur que Pirlo".Ces articles de golmons sont trop fréquents par rapport aux sujets de fond comme l'artcile ci-dessus ou ceux qui parlent tactique.
Tout à fait d'accord. Très bon article en tout cas, Leverkusen déçoit clairement, pas dans le jeu, mais des les résultats surtout.
Devant, ils arrivent pas à finir les actions. La méforme de Calhanoglu y est pour beaucoup.
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