1. // International – EAFF – East Asian Cup 2015

Batailles diverses en Empire du Milieu

Du 2 au 9 août 2015, Wuhan, la capitale de la province de Hubei, en Chine, accueille la sixième édition de la East Asian Cup. Non reconnue par la FIFA, ce mini championnat, disputé entre quatre équipes seulement, n'est pourtant pas dénué d'intérêt. Et la rivalité entre les nations qui se disputent ce trophée n'y est sans doute pas pour rien.

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Chine, Japon, Corée du sud et Corée du nord : voici le nom des quatre nations qui s'affrontent en ce moment même, à l'autre bout du globe, pour remporter une compétition peu suivie en Europe car peu médiatisée. Organisée deux fois tous les cinq ans par la East Asian Football Federation, la East Asian Cup semble n'avoir d'intérêt que pour les quatre équipes qui y participent. Pourtant, bien au delà de la simple curiosité qui pourrait pousser à regarder un Chine-Japon, ces rencontres revêtent un poids symbolique certain. En effet, elles cristallisent, chacune à sa façon, les enjeux géopolitiques de cette zone du monde. Elles sont donc un bon moyen pour apprendre à cerner les relations diplomatiques entre quatre pays qui ne se portent pas particulièrement en affection pour des raisons diverses et variées. Comme souvent, le football est une loupe à travers laquelle des problèmes plus vastes deviennent clairs.

Quatre nations, peu d'affection


Entre la Chine et le Japon, qui s'affronteront le 9 août, les relations n'ont jamais vraiment été cordiales. La faute à deux guerres sino-japonaises, entre 1894 et 1895 puis entre 1937 et 1945. Bien évidemment, les conflits entre les deux pays remontent à bien plus longtemps, mais les antagonismes d'aujourd'hui sont principalement articulés autour des conséquences directes des guerres les plus récentes. Les récents conflits d'intérêt autour des îles Senkaku, par exemple, sont directement liés au Traité de Shimonoseki, signé en 1895, confiant le contrôle de ces îles au Japon, alors même que la Chine en réclame le contrôle. Alors, lorsque Vahid Halilhodžić et Alain Perrin se feront face ce dimanche, c'est un peu plus que le poids d'un simple match de football qu'ils auront sur les épaules. Et ce ne seront pas les seuls sélectionneurs à disputer un match tendu, aussi bien sur le terrain que dans les tribunes. Car entre la Japon et la Corée du nord, par exemple, ce n'est pas non plus l'amour fou.

Défaits 2-1 le 2 août dernier par les Chollimas, les Japonais auront du mal à digérer cette défaite, tant d'un point de vue sportif que d'un point de vue diplomatique. Les relations entre les deux pays sont aujourd'hui plus que frileuses, en grande partie à cause des problèmes d'enlèvement de citoyens japonais par la Corée du Nord entre 1977 et 1983. Malgré une tentative officielle de rapprochement des deux gouvernements depuis 2008, les deux populations ont toujours du mal à s'entendre, et cela se ressent sur le terrain. Les deux Corées, qui s'affronteront elles aussi le 9 août prochain, ne sont pas non plus de grandes copines. En témoignent le froid jeté par les fugues des ressortissants du Nord, fuyant la dictature pour la régime plus libéré du Sud. Certes, les relations diplomatiques ne peuvent pas être expliquées que par le prisme du football, mais à plusieurs reprises, le ballon rond a montré son lien étroit avec la géopolitique.

Quatre matchs, quelques enjeux


Outre ce « dessous des cartes » footballistique, les quatre nations participantes se servent également de cette compétition pour préparer au mieux la suite de leur campagne de qualification à la prochaine Coupe du Monde. Pour coach Vahid, par exemple, il s'agit là d'appréhender sa nouvelle sélection, et de reconstruire une équipe qui cherche une nouvelle fraîcheur. Pour Alain Perrin, en revanche, il est crucial de solidifier une équipe de Chine surprenante, qu'il avait réussi à mener jusqu'en quarts de finale de la dernière Coupe d'Asie des Nations. Et pour la Chine, cette compétition est également un excellent tremplin pour présenter à ses rivaux d'Asie son nouveau plan de développement du football à grande échelle. Une victoire prouverait au reste du monde que le football chinois ne consiste pas seulement à quelques recrutements de stars à la recherche d'une retraite dorée.

La Corée du Nord, elle, a tout intérêt à prendre chaque match comme une rencontre importante, puisqu'elles permettent toutes aux joueurs d'emmagasiner de l'expérience au niveau international. Expérience cruciale en vue d'une qualification pour aller jouer le Mondial en Russie. Et pour toutes les nations sans exception, la East Asian Cup est avant tout l'occasion pour les joueurs du pays de se montrer et de gratter des places de titulaires. Les joueurs évoluant dans des championnats étrangers, et en Europe, notamment, n'ont pour la plupart pas pu rejoindre leur sélection nationale pour la simple et bonne raison que les clubs ont préféré les garder au chaud pour maintenir une cohésion d'équipe avant la reprise des grands championnats. Avec une défaite de la Chine et du Japon lors de la première journée, tout reste à faire lors de cette East Asian Cup.

Par Gabriel Cnudde
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Ouais bon, les sélections qui y participent ne mettent pas forcément leur équipe type. C'est surtout l'occasion pour elles de tester de nouveaux joueurs surtout des jeunes.
L'existence de cette compétition n'est pas anodine comme l'explique l'article, mais elle n'a pas un enjeu majeur pour autant hein..
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