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  3. // Julien Lolli

« Bastia fait partie du patrimoine du foot français »

Un optimisme à toute épreuve. A l'épreuve de piteuses prestations, de la colère des supporters et de coups de sang de certains joueurs. Julien Lolli, à la tête du directoire de Bastia depuis novembre dernier, est persuadé que son club va conserver sa place en Ligue 2. Les Corses ont pourtant le bonnet d'âne bien enfoncé sur le crâne. Interview d'un président à l'accent chantant.

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Après votre défaite 2-1 la semaine dernière à Nîmes, vous pointez à 10 points du maintien. Le trou n'est-il pas déjà trop important ?


Dans la vie, il ne faut pas sombrer dans la précipitation. Vous savez, la mathématique (sic) n'est pas une science exacte dans le football. La situation est aussi compliquée pour Caen, qui est premier et qui ne doit pas déraper en descendant à la 4e place. Aujourd'hui, tout est possible.

Bastia a beaucoup recruté durant ce mercato hivernal (Periatambée, Robail...). Est-ce pour préparer la saison prochaine en National ou pour croire au maintien ?


Ce n'est pas « On croit au maintien » , c'est « On va se maintenir » ! Le Sporting Club de Bastia est une équipe qui fait partie du patrimoine du foot français. On n'a pas d'alternative : on doit rester en Ligue 2. Bastia peut gagner trois matches consécutifs, le premier non relégable peut en perdre quatre de suite et toutes les données du problème changeront. Bastia a donc aujourd'hui 17 matches de Coupe d'Europe à jouer.

Une descente serait-elle catastrophique pour les finances du club ?


Non monsieur ! Catastrophique, c'est si vous êtes inconscient de nature. Mais l'équipe qui est en place est composée de chefs d'entreprises qui savent gérer leur affaire. Si vous êtes un bon père de famille quand vous êtes relégué en National, vous conservez votre statut professionnel la première année. Il ne faudrait donc pas faire n'importe quoi. Je n'envisage pas la descente mais je ne mettrais pas les finances à mal pour perdre d'office mon statut pro. Ce serait une erreur de gestion.

Où en êtes-vous avec les supporters, dont certains avaient cramé une tribune du stade Armand-Cesari ?


On les a rencontrés et la situation s'est calmée. Les supporters ont pris conscience qu'ils devaient faire bloc avec le Sporting pour pousser leur équipe vers la victoire. Il faut éviter d'avoir à gérer des problèmes extra-sportifs. On s'est quitté bons copains, en décidant de défendre ensemble le maillot bleu.

On a aussi lu dans la presse vos déboires avec des joueurs comme Meniri et Arrache...


Salim Arrache a simplement résilié son contrat de sa propre initiative (il vient de signer en Grèce, à Giannina ndlr). Une page se tourne sans incident. Pour le cas de Mehdi Meniri, il n'y a pas cinquante versions : Meniri est un monsieur qui est allé faire le coup de poing avec un supporter bastiais de 17 ans (sic), alors qu'il était dans l'exercice de sa fonction. On pense que cette situation est intolérable venant d'un joueur professionnel et on l'a licencié pour faute.

Depuis sa descente en L2 en 2005, le Sporting n'a jamais joué les premiers rôles du championnat. Pourquoi ?


On termine 6e la saison de la descente (2005-2006), en s'écroulant lors des cinq dernières journées alors que tout le monde nous voyait monter. Peut être que cela a eu un effet de découragement pour les années suivantes. Ensuite, certaines décisions au club n'ont pas été très judicieuses. Aujourd'hui, on essaye de construire mais c'est surtout la survie qui est à l'ordre du jour.

Même si Ajaccio (7e de L2) va un peu mieux, le foot corse n'est pas au beau fixe. La faute à qui ?


C'est la faute à personne, c'est la faute à tout le monde ! Ajaccio et Bastia ne sont pas des clubs d'une grande richesse. On n'a pas assez de moyens, vu le tissu économique local qui nous entoure. Les entreprises nous aident comme elles peuvent et nous, les clubs, on est obligés de s'adapter aux exigences du foot avec les budgets dont on dispose.

Vous n'avez pas l'impression d'être le parent pauvre du foot français ?


Si je dis qu'on n'est pas traités de la même manière, on va encore nous accuser de souffrir de la maladie de la persécution... On est un petit club, comme il en existe beaucoup. Mais regardez Arles-Avignon qui caracole dans les équipes de tête. Personne ne les voyait à une telle place. C'est ce que je vous disais auparavant : le foot est plein d'incertitude et c'est ce qui fait sa beauté.


Bastia/Metz, ce soir, 20h

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