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Bastia-Ajaccio, duel fratricide, acte 2

Déjà théâtre d’incidents au match aller, le « derby de la Corse » a encore fait parler de lui le 2 mars dernier. Les frères ennemis de l’île de Beauté ont ferraillé sur le terrain et dans les tribunes. Et poursuivent aujourd’hui la lutte via des communiqués et des plaintes... Explications deux semaines après, procédure judiciaire oblige..

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Les matches sur l’Île de Beauté ont une saveur particulière. Souvent chauds, parfois bouillants. L’ambiance qui y règne, et que certains qualifient parfois de « délétère » , est capable de faire péter les plombs à n’importe quel joueur, et de surexciter jusqu’aux plus calmes des supporters. Déjà agité au match aller, le derby entre le Sporting Club de Bastia et l’Athletic Club Ajaccien du week-end dernier n’a pas dérogé à la règle avec ses nombreuses expulsions (cinq au total, Thauvin et Rothen pour le Sporting, Chalmé, Oliech et André pour l’ACA, un record au XXIe siècle en Ligue 1) sur le terrain, et ses incidents entre supporters en tribunes. Néanmoins, un pas semble avoir été franchi samedi dernier. Caillassages, fumigènes sur le terrain et deux clubs qui se mettent sur la gueule par plaintes contre X et déclarations de presse interposées. La Corse du football n’avait jamais connu pareille division…

Orsoni vs Sporting

C’est Alain Orsoni qui a allumé la première mèche. Dans un communiqué publié le lendemain de la rencontre sur Internet, le président de l’AC Ajaccio s’en est pris au club bastiais et à ses supporters les plus virulents, parlant même de «  honte » pour le football corse. Extraits : « Dès l'arrivée des cars de supporters, au moment de pénétrer dans la tribune réservée aux visiteurs, des pierres ont été lancées, trois personnes ont été blessées, l'une d'elles a été hospitalisée... A la fin du match, alors que les supporters ajacciens attendaient dans la tribune visiteurs, un véritable déluge de pierres s'est abattu sur eux sans qu'ils puissent se protéger car ils étaient enfermés dans cette tribune. Les jeunes qui ont cherché à se mettre a l'abri en escaladant le grillage pour trouver refuge sur la pelouse ont été reçus par les stadiers du SCB qui les ont attaqués à coups de taser électrique (sic) ! (…) Cela n'a rien à voir avec le football ! Il s'agit là de hooligans, sans courage, sans honneur, et il n'y a aucune excuse à ces agissements. Il ne suffit pas de s'autoproclamer Club de la Corse, encore faudrait-il respecter certaines valeurs, ce genre de comportements criminels ne font pas partie de notre culture !  »

Chez le voisin bastiais, on n’entend pas du tout les choses de la même manière. Dans une conférence de presse donnée lundi au stade Armand Cesari, les dirigeants du Sporting ont voulu mettre les points sur les i. « Le 28 février dernier s’est déroulée une réunion à la Préfecture, explique Anthony Agostini, directeur de l’organisation et de la sécurité du SCB. Lors de cette réunion, nous avons présenté un plan de sécurité qui a été approuvé par tout le monde. Pour nous, tout était parfaitement clair pour l’avant-match. (…) Mais il y a eu un non-respect des horaires, une arrivée tardive, à la pire heure possible, des supporters ajacciens. Et lorsque les cars sont arrivés, des pierres ont été immédiatement ramassées et projetées sur le public bastiais avoisinant, des torches à main allumées en grand nombre et des engins pyrotechniques de fabrication artisanale lancés sur les supporters du Sporting. Et parmi la dizaine de ces objets, l’un a atteint assez gravement un supporter de Bastia à l’œil.  »

Bastia 1905 vs Orsi Ribelli

Même son de cloche du côté des Turchini (surnom des supporters bastiais). Pris pour cibles par de nombreux médias et par la Ligue de Football Professionnel (LFP) lors de précédents incidents, Bastia 1905, le principal groupe de supporters bastiais, a tenu à réagir. Dans un communiqué, ils nient avoir attaqué les acéistes à leur arrivée au stade et diffusent une vidéo pour le prouver. S’ils ne contestent pas qu’une « petite frange de supporters bastais » a riposté aux « provocations » des ultras de l’ACA, les membres de Bastia 1905 précisent bien que ces incidents ne sont pas, dans l’ensemble, « imputables aux supporters bleus » . Concernant les évènements d’après-match et le caillassage de la tribune visiteurs qui a conduit à l’évacuation des supporters d’Ajaccio sur la pelouse de Furiani, l’attitude provocante de certains fans de l’ACA à propos du drame de Furiani le 5 mai 1992 aurait été l’élément déclencheur. « Il y a Didier Grassi qui est journaliste à RMC, et porte-parole du collectif du 5 mai, qui a pété un câble à cause de ça, raconte Olivier, un des responsables du groupe bastiais. C’est accablant, même si on ne va pas accuser tout le parcage, évidemment... Après le match, des gens avaient la haine. Et qu’est-ce qu’on peut leur dire ? Les consignes étaient claires pour le groupe, aucun incident. Le club avant notre fierté. Et, une fois n'est pas coutume, on peut se féliciter que, malgré le contexte de ce soir-là, la décision du groupe ait été respectée par le noyau. Mais Bastia 1905 n’est pas responsable de tout le monde… »

Tout en niant la responsabilité de son groupe dans ces incidents, Olivier les minimise : « Ce qu’il faut également noter pour l’après-match, c’est qu’il n’y a pas eu une seule charge des CRS ou une bombe lacrymogène de tirée. Je ne nie pas le caillassage, c’est clair. Maintenant, on n’a pas vu un mouvement de foule ou de panique et on n’a pas vu les policiers réagir. Et pourtant à cet endroit-là, des charges et des conneries, il y en a eues ! Ce n’était pas l’émeute dont on a entendu parler… » Une thèse également défendue par le directeur de l’organisation et de la sécurité du SCB en conférence de presse. « Force est de constater que pendant la première demi-heure après la fin de la rencontre, il n’y a pas eu d’intervention des forces de l’ordre. Pourquoi ? Parce qu’à leur sens, depuis le PC sécurité, il n’y avait pas matière à intervenir. Le plan initial a été respecté en totale concertation avec les autorités  » .

Pour François, un des membres actifs de l’Orsi Ribelli, le principal groupe de supporteurs de l’ACA, la réalité est tout autre. Il explique à So Foot que les fans acéistes se sont pris une véritable «  pluie de pierres » dès leur sortie des bus à Bastia. « Les jeunes qui sont sortis les premiers des cars ont allumé des fumigènes qui ont volé dans l’autre sens, pour répondre aux pierres reçues  » . Durant la rencontre, la tension semble redescendre légèrement même si quelques objets continuent de voler entre la tribune Sud des Bastiais et le parcage. Mais à la fin du match, « l’intifada » repart de plus belle. Les fans ajacciens, bloqués dans la tribune visiteurs, doivent rejoindre la pelouse pour se mettre à l’abri. Selon François, les stadiers du Sporting ont tenté de les en empêcher : « Comme les pierres continuaient à tomber, on a mis un coup de pression. Ça a un peu chauffé avec les stadiers, un des leurs a même sorti un taser, mais on a finalement pu rejoindre le terrain où le calme est plus ou moins revenu  » .

« La tension est montée suite aux incidents du dernier derby  » , ajoute-t-il. Mais ce qui a été lâche et qui a mis le feu aux poudres, c’est cette pluie de pierres alors qu’il y avait un mélange d’adultes et d’enfants parmi les 450 visiteurs, ils n’ont pas seulement ciblé les ultras  » . Concernant les chants insultants sur Furiani, les fans ajacciens s’inscrivent en faux. Dans un communiqué (http://www.ac-ajaccio.com/Attualita/Communique_de_l_Orsi_Ribelli-02729), l’Orsi Ribelli rejette ces accusations : « Le 5 mai 1992 est le drame de toute la Corse, peut-on y lire, d’Ajaccio à Bastia, du Cap à Bonifacio et nous nous sommes toujours associés pour qu’il soit un jour sans football. Le procédé par voie de presse qui consiste à dire que les supporters ajacciens ont tenu de pareils slogans est mensonger, particulièrement lamentable et ignoble. D'autant que beaucoup de personnes se trouvant en tribune acéiste ont été touchées par ce drame » . Et les Ajacciens menacent même les auteurs de ces accusations de suites judiciaires.

Quid des armes retrouvées dans les bus des supporteurs de l’ACA ? « Il y a eu quoi ?, minore François. Un poing américain et deux matraques sur 450 personnes ? On peut supposer que c’est un petit jeune, sûrement un peu craintif qui devait se dire : "A Bastia, il y a un gros public". C’était un acte isolé, il n’y avait pas 200 personnes armées jusqu’aux dents comme on l’a laissé entendre » .


« Le hooliganisme, ce n’est pas ça »


Qui croire, alors ? Difficile, entre les versions résolument contradictoires, de démêler le vrai du faux dans cette histoire. Les deux clubs corses ayant porté plainte contre X après les incidents, la Préfecture de Haute-Corse a décidé de ne pas répondre aux questions de So Foot puisque des procédures sont en cours. Pour l’historien Didier Rey, ces incidents sont une suite logique des évènements du match aller. « On est dans une opposition entre deux clubs et, plus loin encore, entre deux villes, indique le maître de conférences à l’Université de Corse, auteur du livre La Corse et son football (éditions Albiana). Il y a un vrai complexe d’infériorité des Acéistes par rapport aux Bastiais du fait d’une représentation historique négative qui colle à Ajaccio, selon laquelle les Ajacciens ne seraient pas vraiment des Corses. Cette ville serait celle des parvenus, une ville francisée, alors que Bastia serait la ville qui garderait, entre guillemets, l’âme du peuple corse  » . Il précise : «  On le voit d’ailleurs dans les manières de faire des supporters ajacciens qui calquent un peu leurs comportements sur l’image qu’ils se font des supporters bastiais des années 70 afin de prouver qu’eux aussi sont bien corses. C’est-à-dire turbulents, utilisant la pyrotechnie de manière grandiose, etc. Et du côté de Bastia, il y a un sentiment de supériorité, de légitimité historique, mais aussi une certaine crainte liée au fait que l’ACA se structure  » .

Concernant le déroulé des incidents, Didier Rey a une petite idée sur la question. « Il y a eu ces évènements d’avant-match où les Ajacciens auraient joué la carte de la provocation selon plusieurs contacts de la presse locale. Pour l’après-match, la situation est plus confuse… Bref, on veut prendre le dessus sur l’autre. Et vu que l’autre est très proche, il faut s’affirmer encore plus fort. Cela nous plonge dans la culture ultra et le modèle méditerranéen, mais pas dans le hooliganisme, le hooliganisme, ce n’est pas ça » . En effet, ces incidents diffèrent assez des rendez-vous arrangés entre professionnels de la violence.

Les décisions rendues par la commission de discipline de la LFP, réunie ce jeudi 7 mars, n’ont pas été tendres envers les joueurs expulsés, délivrant plusieurs matchs de suspension à la plupart des protagonistes. Mais, alors que le dossier des supporters corses est en cours d’instruction à la LFP, ceux-ci, déjà menacés et sanctionnés à plusieurs reprises cette saison, pourraient prendre encore plus cher. Jusqu’à quel point ? « On ne sait pas vraiment sur quel pied danser, avoue Olivier de Bastia 1905. Parce que certes, on a, pour ainsi dire, rien à se reprocher, mais on connaît la Ligue… » .

Par Antoine Aubry, avec Anthony Cerveaux et Quentin Blandin
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