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Barth : « Je ne considère pas Ribéry comme un génie du foot »

Fan d'Arsenal depuis sa période londonienne, Barth voue un culte à Arsène Wenger, Mesut Özil et Olivier Giroud. Pour autant, le chanteur n'a pas succombé aux sirènes de la perfide Albion et continue d'aimer l'équipe de France. Même si Zidane – qu'il imagine comme un mélange entre Mike Tyson et Tomas Milian - reste le dernier héros du football moderne à ses yeux.

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Quelle est ton équipe ?
J'aimais beaucoup le vieil Arsenal. Celui du début Wenger, quoi. Je traînais en Angleterre à l'époque, vers le début des années 2000. Donc quand on allait au pub, on suivait Arsenal. Aussi parce qu'il y avait les Frenchies – ce qui est un peu con, c'est vrai –, mais c'était le bon Anelka, puis le bon Henry. Et comme les Anglais sont bien chauvins, ça permettait d'égaliser un peu. Ça me fait penser qu'on a enregistré l'album Cuchillo près de Finsbury Park et notre chambre d'hôtel donnait directement sur Highbury. Un superbe stade. C'était au moment où il commençait à délocaliser vers l'Emirates pour faire des logements de bobos à la place. Donc j'ai vu la fin de Highbury. Je me souviens des lumières flamboyantes. Mais je n'ai jamais pu y aller parce que si tu veux te faire un beau Arsenal-Chelsea, t'as intérêt à avoir un pote qui a un pass annuel pour avoir des places.

Donc le pub, plutôt ?
Ouais, c'est là où je garde mes meilleurs souvenirs. Quand t'es au pub en Angleterre, c'est bête à dire, mais tu « risques » un peu ta vie si tu fais le con. Si tu parles un peu français dans un pub pro-Arsenal, ça passe, mais quand c'en est un de Manchester, tu fais pas le mariole. Tu peux pas y aller au quatrième degré toute la soirée. Déjà qu'ils aiment pas trop le cynisme à la française ! (rires)

Pas de club français pour toi, du coup ?
Ben, je viens de Rouen. Donc il y a les Diables rouges, mais si tu veux, je peux pas trop t'en parler parce que ça fout la honte. À la limite, si tu veux être fan, t'as Le Havre. Mais c'est pas possible, Le Havre veut pas que tu sois fan d'eux. Les Rouennais sont vus comme les bourges et les Havrais comme les rockeurs. Je suis allé une fois à Jules-Deschaseaux avec mon grand-père, un HAC-OM du milieu des années 80. Tu te tapes un beau 0-0 par -4° avec l'odeur de la pipe du grand-père : c'était pas la bonne méthode pour me sensibiliser au foot. Mais c'est drôle parce que Le Havre, c'est la lose, mais ça se rapproche du foot anglais, de Crystal Palace par exemple. Les couleurs pourries, notamment ! (rires)

Tu dois quand même avoir des bons souvenirs liés au foot français, non ?
(il prend son temps) Mon premier souvenir, ça doit être Battiston qui se fait péter les dents en 1982 pendant France-RFA. Enfin, je me rappelle surtout de mon père qui a défoncé une porte en y mettant un coup de poing. C'est peut-être la première fois où tu te rappelles ton père qui a un gros mouvement d'humeur ! En disant des « enculés » ... Des mots nouveaux pour toi ! (rires) Et puis tu te rappelles la mauvaise réception de la télévision, les sautes d'antenne. C'est un match dramatique. Même quand tu le regardes à froid plusieurs années plus tard, c'est toujours aussi dramatique. C'est terrible, surtout avec ce jeu de bourrin en face. C'est drôle parce que c'est un peu wagnérien comme thème. Tu aimes jusqu'à mourir, c'est l'absolu du romantisme qui peut paraître un peu rude. C'est marrant comme les équipes nationales peuvent être – un peu – raccord avec les clichés qu'on a sur les pays. En France, comme avec le rugby, on peut avoir des éclairs de génie mais on n'est pas constants, un peu branleurs. L'Italie, ce sont un peu des escrocs, même si on ne peut pas leur enlever le fait qu'ils soient talentueux. L’Allemagne, c'est cette rigueur...

Depuis quelques années, ça a changé !
Oui, notamment grâce à Özil, qui est un super petit joueur. Durant la dernière Coupe du monde, on ne voyait que lui. Et Arsenal, c'est très bien pour lui, typique de son jeu : technique, peu de touches de balle, etc. En plus, il a une tronche, tu sais jamais où il en est. Il a un côté Peter Lorre qui ne m'a pas laissé froid. Ses yeux globuleux... Bon, c'est pas gentil pour Özil qui, à part ses yeux, n'est pas si moche.

Il y a d'autres joueurs qui te font vibrer en ce moment ?
Il y a Pogba. Il a quelque chose. Tu sens qu'il a le niveau international. T'arrives à l'assimiler aux bons milieux de terrain de l'époque, à Patrick Vieira, forcément. Et puis, j'aime bien Giroud...

Encore un mec d'Arsenal !
Ben voilà ! Mais il est pas assez régulier, malheureusement. De toute façon, j'aime les mecs capables de foutre des patates de 30 mètres. Lors d'une grosse journée de travail, je me suis fait une petite recherche Youtube et j'ai trouvé sa vidéo avec Montpellier contre le club hongrois en Coupe UEFA. Et là, j'ai vu.

Vidéo

Je suppose que t'adores Wenger, du coup ?
Exactement. Tu sens que c'est le mec qui se fait un peu gauler par les autres clubs. J'admire le mec qui va chercher moins cher, qui tire le meilleur de ses joueurs et cherche à les garder jusqu'au bout, comme avec Fàbregas, limite avant l'arrivée des avocats. Il arrive à garder les mecs l'année de plus. Je sais pas comment il fait, il doit jouer son sentimental. C'est quand même assez couillu comme démarche, surtout sans se fatiguer depuis 1996. C'est tonton Arsène, quoi ! Et ils sont pas trente-six à pouvoir se vanter de pouvoir faire ça. Regarde Manchester United : Ferguson se barre et c'est la berezina. C'est comme avec les alcooliques : vaut mieux qu'ils continuent à picoler parce que seul le foie lâche, alors que s'ils arrêtent, tout flanche. Mine de rien, c'est des mecs qui sont capables de te tenir une équipe et tu sais pas trop comment, mais ils le font. Si Wenger se barre, ce sera le même topo pour Arsenal. C'est assez rare, les mecs laid-back, calmes, mais qui se font respecter sans le côté Poutine que pouvait avoir Ferguson. Les forces tranquilles, quoi. Moi, il y a une chose que j'espère : que l'arrivée du nouveau Zidane en équipe de France coïncide avec l'arrivée de Wenger à sa tête. Je l'imagine bien dans quatre ans à ce poste. Si tu regardes : Kopa, Platini, Zidane, c'est tous les vingt ans, donc c'est bientôt. Parce que je ne considère pas Ribéry comme un génie du foot.

S'il y avait un joueur que tu devais comparer à un musicien, ce serait lequel ?
Quand tu regardes Les Yeux dans les Bleus, tu vois que Zidane, il écoute Comme un oiseau ou je sais pas quoi. Mais je maintiendrais ce choix parce que Zidane, c'est l'archétype de l'artiste fait foot. Quand tu le voyais jouer, tu pouvais te dire que tu étais proche d'un danseur. C'est magnifique. Quoi qu'il fasse. Dans votre hors-série culture, il y a l'architecte centenaire brésilien Niemeyer qui dit à un moment : «  Zidane, il a bien fait de lui mettre un coup de boule à ce fils de pute ! » Tu veux que je te dise ? Je suis pas brésilien, mais les gars de Rouen comme moi, on n'est pas loin de penser la même chose ! (rires) Tu traites pas la mère de Zizou. Jamais. Des fois, j'en parle avec ma copine et elle me dit : « Non, il a pas le droit de faire ça ! » Alors tu te dis que ouais, c'est vrai et puis dix minutes plus tard, t'en parles avec tes potes et tu te dis que quand même, il est vachement bien exécuté ce coup de boule. C'est un événement que tu peux rapprocher de la morsure de Tyson sur Holyfield. Quand t'arrives à être Tyson ou Zidane et que tu brasses ce qu'il y a de plus mouvant – les émotions, le pognon – il faut être capable de comprendre ce geste. J'ai vu Tyson bouffer cette oreille en direct. Tu te dis que t'es dans la quatrième dimension. Zidane, je pense qu'il avait ça en lui, mais que ça n'était pas contrôlé. Et là, on rejoint le personnage de Tomas Milian dans Cuchillo. C'est un héros, mais il ne bascule pas dans le mystique. Il reste humain et ça ne le rend que plus grand. Tu sais, le héros sportif, c'est une sorte de branleur, mais à un moment, il doit faire le bon choix dans sa vie. Si on fait le calcul du bon et du moins bon, il doit être à 55-45%. C'est pas dichotomique comme Jésus-Christ ou Adolf Hitler. Zidane, il est à 55-45%, mais ça suffit parce qu'il a eu tellement de pression et son personnage est tellement important que ce sont ces 5% qui comptent. Le reste, on s'en branle. Qu'il soit un mec super ou qu'il reverse du blé aux impôts, on s'en fout. Tyson, on sait qu'il s'est tapé plein de putes, mais il fait partie des mecs qui ont donné du plaisir aux gens de manière sincère. C'est pareil pour Zidane.

Vidéo

L'album Cold Smoke de Barth est sorti le 21 janvier dernier chez Bleepmachine

Propos recueillis par Matthieu Rostac
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