Barrios dans les petits papiers

Lucas Barrios peut remercier le destin. Une fatalité qui aura à la fois privé Salvador Cabanas du Mondial, libérant ainsi un poste d'attaquant, et donné à Lucas Barrios un passeport paraguayen à quelques encablures dudit Mondial. Comme quoi, quand le destin s'en mêle, ça vous change une carrière...

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« Le joueur est d'accord avec Nancy. Il viendra lundi pour la reprise de l'entraînement, mais cela sera pour dire adieu à ses coéquipiers » déclarait le directeur sportif de Colo-Colo, Luis Baquedano en janvier 2009. Comme quoi, une carrière ne tient pas à grand chose. Lucas Barrios –alors monumental buteur du club chilien de Colo Colo (37 buts en 38 matches en fin de saison)– était à deux doigts de s'engager avec l'AS Nancy. Tout était réglé. Le salaire (100 briques par mois), l'accord du joueur, sa bicoque dans la banlieue lorraine etc. Sauf que le deal ne se fera pas, faute d'accord financier entre les deux clubs. L'été suivant, Barrios s'engagera finalement avec le Borussia Dortmund à la recherche d'un remplaçant au Suisse Alexander Frei. Un an plus tard, l'Argentin s'apprête à disputer le Mondial sud-af' sous les couleurs du Paraguay... Tout sauf un hasard.

Un Argentin au Paraguay


Né Argentin d'une mère d'origine paraguayenne, l'attaquant de Dortmund a finalement opté pour la fibre maternelle. La faute à Diego Maradona, qui n'a jamais appelé le joueur de 25 ans en dépit d'incessants appels du pied ; « J'adorerais jouer pour l'Argentine, mais il y a un intérêt du Paraguay et je dois y réfléchir » . La réflexion était vite vue. Messi, Tevez, Agüero, Palermo, Higuain, Lisandro, Milito... Ça faisait trop de monde à griller sur la dernière ligne droite. Lucas se devait de trouver une porte dérobée. Cette sortie de luxe s'appelle le Paraguay. Une fois le passeport national en poche, il n'y avait plus qu'à se faire remarquer du sélectionneur national. Pré-convoqué en mai, Barrios profite de ses deux premières sélections pour planter deux pions. Une belle entrée en matière. Au moment de la liste des 23, Geraldo Martino n'hésite pas un instant. Lucas sera du voyage africain. Il faut dire que son attaquant phare Salvador Cabanas –blessé par une balle en pleine face en janvier dernier– est forfait pour l'Afrique du Sud. L'attaque paraguayenne est donc orpheline de son meilleur buteur. Le reste ? Deux snipers plutôt doués : Oscar Cardozo (une armoire d'1m93) et le petit Nelson Valdez (Dortmund). Et l'homme de verre Roque Santa Cruz. Un peu maigre pour bien figurer dans le groupe F en compagnie de l'Italie, la Slovaquie et la Nouvelle-Zélande. Il faut innover. Et vite.


Mieux qu'Amoroso, Koller et Frei...


Valdez indéboulonnable en attaque, il manque un parfait remplaçant à Cabanas au sein du 11 de Martino. Un miracle plus tard, le duo d'attaque est là : Barrios-Valdez. Idéal comme un bout de papier naturalisant un Argentin en enfant du pays. Le hasard étant souvent bien fait, Barrios s'éclate à la pointe de l'attaque du BVB. Club d'un certain Nelson Valdez. Une complémentarité en moins à bosser pour le bizut. Même si l'éclosion de Barrios à Dortmund a poussé sur le banc son compatriote, les deux gars se connaissent bien. D'autant que la première saison européenne de la “Larve” est plus que brillante. 33 matches en Bundesliga, 19 buts. Le meilleur résultat pour un puceau au club. Il efface ainsi les Amoroso (18 buts), Frei (16) ou autre Koller (11) qui avaient pourtant brillé lors de leur première saison outre-Rhin. Adroit, souvent à la limite du hors-jeu, Barrios peut dézinguer une défense à tout moment. Pourtant, son début de saison avec Dortmund a été hésitant. Mais le numéro 18 s'est vite mis en route au sein d'un club très friand des numéros 9 efficaces (Riedle, Chapuisat etc.). La première saison sur le Vieux Continent de la tige est un franc succès. Mais ne cherchez pas plus loin les raisons de l'éclosion de Barrios. Il s'agit en réalité d'un vulgaire pain paraguayen nommé Sopa Paraguaya (pour les gastronomes, c'est un mélange d'oignons, de farine de maïs, de gouda, parmesan et de maïs). Barrios a fait de ce met son aliment de base. Décidément, le lascar ne fait jamais rien au hasard. Vraiment.

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