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  3. // FC Barcelone/Atlético Madrid

Barça-Atlético ou le voyage des héros

Voilà la finale et le plus gros match de la saison en Liga. Barcelone et Atlético s’affrontent pour une dernière manche à la vie à la mort. Plus leurs footballs se sont opposés, plus ils étaient fascinants. Qui mérite de gagner ? Tout le monde. Ou personne.

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C’est la fin du voyage. Après des semaines à se retenir d’exulter, les héros de Simeone arrivent à la fin de leur épopée. Ils sont épuisés bien sûr. Qui ne le serait pas après 59 matchs à vivre d’intensité ? Quand la meute prédisait un nouveau duel entre l’autre Madrid et le grand Barça, eux s’étaient glissés « partido a partido » , comme il disait Cholo, et furent ainsi de tous les grands matchs et de toutes les grandes compétitions. Cette saison, le Real a dû les éliminer lui-même de la Coupe du Roi en demi-finale pour pouvoir remporter le trophée. En Champions League, et avant de s’attaquer encore au Real la semaine prochaine, ils avaient éjecté Porto, Milan, Barcelone et Chelsea. Ce voyage est interminable. Aujourd’hui en championnat, c’est encore Barcelone qu’il faut éliminer. Partout où cette équipe s’était déplacée et dans chaque match joué cette année, on avait admiré son intelligence collective et son obstination. Aucune minute de leur vie n’avait été laissée au vide. La saison se terminant, ils ont mérité de se laisser un peu aller à la vanité ou à l’inconsistance. Les Matelassiers ont bien gagné leur droit au repos. Pourtant si la tentation est forte, ce n’est pas le moment de chuter. Comme Sisyphe arrivant en haut de sa montagne, on veut voir ce match pour voir jusqu’à quand tout cela va durer.

Le football normal

Ils ne furent pas les seuls à pousser leur rocher. Barcelone, de son côté de la pente, a souffert une saison mélancolique comme seule la Catalogne (et le Portugal peut-être) sait en apprécier les nuances de gris. Rien n'a roulé droit jusqu’au décès de Tito Vilanova. On a sombré dans le relativisme le plus trivial à mesure que Barcelone s'est fait à l’idée qu’il devrait renoncer à soulever le moindre titre cette année. Les temps d’avant Pep et d’avant Rijkaardt revenaient. On se préparait déjà à la purge. Et alors, comme si les dieux réclamaient un dernier combat avant d’abandonner à leur sort ces héros déchus, ils ont offert à Xavi, Alves, Piqué et Puyol une dernière épreuve avant de redevenir mortels. Après leur avoir pris toute leur joie et toutes leurs larmes cette saison, le Ciel leur offrait non seulement un titre, mais, surtout, des raisons de le vouloir. Tandis que Tata, le premier entraîneur de l’ère normale - c’est-à-dire ni mort, ni disparu, ni démissionné - terminait sa mission en Catalogne en lui souhaitant la bienvenue sur Terre - « ce titre sera peut-être le premier de personnes normales, pas d’extraterrestres parce qu’il s’est construit sur le combat, les dissidences, les luttes et tout cela a quelque chose à voir avec le football normal et pas le football d’extraterrestre, celui avec lequel ils ont gagné les précédents » - Puyol et les siens priaient les fantômes : « J’aimerais beaucoup que l’on gagne cette Liga pour Martino et pour Tito. »

Le triomphe ou la mort

Cette finale inespérée est un appel du Ciel. Après une saison entière à douter et à se frustrer devant les transferts ratés et les évènements injustes, ils vont enfin pouvoir répondre au destin. Les joueurs de la trempe de Messi, Xavi ou Iniesta n’ont que faire de la vanité. Ils ne gagnent pas pour qu’on les flatte ou qu’on les remercie. Ces types jouent et gagnent pour prolonger l’illusion qu’ils peuvent arrêter le temps et la marche du monde pendant au moins un instant. Ils appellent cela « marquer l'histoire » . Un titre seul, pour eux, ne vaut rien. Ils en ont déjà tellement. Pour être soulevée, une coupe doit revêtir une signification particulière dans leur épopée personnelle. Elle doit avoir son histoire propre dans un moment de leur existence. Pour devenir un héros en Catalogne, la victoire ou le titre ne suffisent pas. Parfois il n’est même pas nécessaire. Pour eux, le triomphe est moral avant d’être mathématique. Voilà pourquoi ce match-là est une bénédiction. Après une saison entière à se demander ce qu’il fallait faire pour retrouver la magie, Barcelone peut enfin cesser de se demander : comment ? Comment retrouver le jeu d’avant ? Le jeu d’avant l’effondrement ? Comment faire pour redevenir soi-même ? Grâce à cette finale de Liga, le Barça peut enfin se remettre à réfléchir à ses motivations morales, à sa « philosophie » . Il peut à nouveau se demander pourquoi il joue, pourquoi il est le FC Barcelone, pourquoi cette Liga. Parce que Puyi, parce que Tito.


FC Simeone, Atlético Barcelona

À l’Atlético, Simeone appelle cela le « sentiment Atlético » . Ici aussi, ils invoquent leurs morts et « l’esprit de Luis » (Aragonés, ndlr), celui qui ne renonçait jamais à rien et se battait toujours pour pousser sa pierre jusqu’en haut. Même si sur le jeu, cet Atlético a quelque chose de mourinhien (l’intensité, le contrôle émotionnel, l’art des transitions), il est moralement beaucoup plus proche du FC Barcelone. Quand Mourinho répond à une question qu’il se pose à lui-même (comment faire pour gagner à tous les coups ?), l’Atlético de Simeone, comme le Barça de Pep ou de Xavi se bat pour quelque chose de plus grand et plus lourd que lui. La quête de l’Atlético - comme la quête de Barcelone - est surtout une quête identitaire. Il a d’ailleurs passé sa saison à se demander de quoi il était fait, pour quoi et pour qui il jouait. Le « partido a partido » répété au fil de la centaine de conférences de presse données, ressemble bien à cette « philosophie » qu’on enseigne à Barcelone, à cet « ADN » qu’on convoque à chaque décision en Catalogne. Barcelone et Atlético se ressemblent parce que leurs mythologies sont similaires. Ils ont fait le choix des moyens sur la fin et de la forme sur le fond. Ce qui compte ici ou là-bas, c’est le voyage, non la destination. Simeone l’a dit : « Un championnat ne se mérite pas, il se gagne. » Dommage. Sysiphe en aurait bien repris encore un peu.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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