Balzaretti rend ses larmes

« J'en ai fini avec le football. Malheureusement, la pubalgie que j'ai eue m'oblige à prendre ma retraite. C'était une décision difficile à prendre, mais je ne peux pas continuer à jouer comme cela, en n'étant pas à 100%. »

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Il y a d'abord eu celles contre la Lazio, le 22 septembre 2013. La Roma, toujours convalescente après le derby perdu en finale de Coupe, retrouve l'ennemi à l'Olimpico. À la 60e minute de jeu, Balzaretti reprend un centre de Totti, fusille Marchetti, enjambe le panneau publicitaire, court comme un dingue sur la piste d'athlétisme sous la Curva Sud et relâche la pression. Il pleure comme un enfant : « Une émotion forte, il y a eu beaucoup de moments difficiles depuis la saison dernière. Je me suis effondré après ce but. »


Et puis, il y a aussi eu celles en amical contre Fenerbahçe, l'été dernier. Après dix mois d'absence, Balzac est foudroyé par une standing ovation, un trop plein d'amour de la part des tifosi. Un moment vrai, intense et sans retenue. C'était ça, Balzaretti : des larmes, du cœur, du talent pas assez exploité, suffisamment en tout cas pour que l'on reste sur notre faim, et beaucoup de frissons.

Des larmes de bonheur pour le PSG


Pourtant, à la base, rien ne prédestinait Federico à offrir ses larmes à la capitale. Originaire de Turin, il fait ses classes au Toro, mais n'arrive jamais à s'installer durablement. Que ce soit dans le club granata, à Varèse, à Sienne, à la Fiorentina ou bien à la Juventus. Son ascension est longue et tortueuse, mais finit par s'arrêter à Palerme en 2008. Là, il explose littéralement. Il montre alors à tous ceux qui en doutaient encore qu'il est capable d'occuper tout seul l'intégralité du couloir gauche. L'homme providentiel dans un 3-5-2 : un marathonien contrarié, un centreur hors pair devant, un tacleur de l'extrême derrière. Bref, sa cote grimpe en flèche. Avec le numéro 42 sur le dos en hommage à son père né cette année-là, il réalise trois saisons de haut vol. C'est l'amour fou entre lui et la Sicile. La preuve : il invite cent tifosi à son mariage avec la danseuse Eleonora Abbagnato en 2011.

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Mais c'est aussi l'amour fou avec l'Italie toute entière. C'est à ce moment-là qu'il prend son envol international. Prandelli, son ancien entraîneur à la Viola, désormais sélectionneur de la Nazionale, décide de l'appeler en sélection alors même qu'ils ne pouvaient pas se piffrer quelques années auparavant. Balzac est aux anges. Il remplit le contrat pendant les éliminatoires et fait partie de la liste des vingt-trois pour l'Euro 2012. Inespéré. Pas vraiment titulaire, pas non plus remplaçant, il participe à la montée en puissance de l'Italie qui s'écroule finalement contre l'Espagne. Déçu mais pas résigné, Federico est très courtisé durant le mercato. Le Napoli, la Roma et le PSG sont sur les rangs. Pour sa femme, danseuse à l'opéra de Paris, c'est une aubaine. Elle raconte alors sur Radio 2 : « Après quatre ans à Palerme, Federico voulait vraiment aller au PSG. Je me souviens encore du jour où l'on a appris l'intérêt du PSG par téléphone, on a pleuré de joie. Ils ont fait une première proposition, mais Zamparini l'a refusée. Ensuite, Leonardo a mis fin aux discussions. Et puis ça s'est terminé sur un sentiment de tristesse… »

Sobres adieux


Finalement, il choisit la Roma par défaut, pour des raisons familiales. C'est là que se trouve l'aéroport qui facilite le plus ses allées et venues en France où sa femme vit. À ce moment-là, il ne pouvait pas se douter que ce serait son dernier club, ses dernières larmes, son dernier amour. D'abord Zeman, la finale de Coupe contre la Lazio, puis l'arrivée de Garcia, le retour sur le devant de la scène, le derby gagné et ce but de fou.


Mais en novembre 2013, son pubis commence à le faire souffrir et ne le lâchera plus jamais : « Je n'avais jamais eu de problème similaire et je pensais que ce serait passager. À tel point qu'au terme du match contre Sassuolo, je n'avais plus la force de marcher. » Depuis, Federico se bat, mais n'arrive pas à se remettre en selle. L'année dernière, il ne joue que 45 minutes.


Il est temps pour lui de sécher ses larmes et de rendre les armes. Le visage sobre, l'air sérieux, les cheveux attachés, sans trop s'étaler, à l'opposé de ce qu'il a toujours été sur le terrain, il termine sa conférence de presse ainsi : « Je vais maintenant rejoindre l'équipe dirigeante de l'AS Roma. C'est une chose que j'aime et qui me plaît. » Aucun doute, c'est vraiment terminé.

Par Ugo Bocchi
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Ehrmantraut Niveau : Loisir
Y'a que moi qui ai tous les posts twitter en quadruple ?
Milan_forza18 Niveau : CFA
Non pareil ca gave! Sinon dommage pour lui car un super joueur et un super type apparemment
Corto le Maltais Niveau : District
Non moi aussi, j'ai twitter x4
On le voit pas trop sur la dernière photo dans l'article mais c'est vraiment un sacré beau mec. Il avait une certaine classe sur le terrain, en plus d'être assez talentueux.

Même si au niveau du talent, il a un paquet de joueurs devant lui; mais cette beauté, cette hargne, peu l'ont.

Et un joueur beau à voir jouer, qui te transmet des émotions, c'est lui qui te fait aimer le football. Les stats n'ont rien de poétique.
Blessure de merde, grand joueur. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce joueur sur la brève précédente.

Ciao l'artiste, je sais que tu feras un boulot énorme dans le staff.
Message posté par Paul-Louis
On le voit pas trop sur la dernière photo dans l'article mais c'est vraiment un sacré beau mec. Il avait une certaine classe sur le terrain, en plus d'être assez talentueux.

Même si au niveau du talent, il a un paquet de joueurs devant lui; mais cette beauté, cette hargne, peu l'ont.

Et un joueur beau à voir jouer, qui te transmet des émotions, c'est lui qui te fait aimer le football. Les stats n'ont rien de poétique.


Paul-Louis aime les coucougnes. C'est un fait, pas une critique.
Message posté par FCSochaux-M


Paul-Louis aime les coucougnes. C'est un fait, pas une critique.



Habile. Je sais reconnaître la beauté d'un homme, mais je suis exclusivement attiré par la magnifique tendresse des minous.
Message posté par Paul-Louis
On le voit pas trop sur la dernière photo dans l'article mais c'est vraiment un sacré beau mec. Il avait une certaine classe sur le terrain, en plus d'être assez talentueux.

Même si au niveau du talent, il a un paquet de joueurs devant lui; mais cette beauté, cette hargne, peu l'ont.

Et un joueur beau à voir jouer, qui te transmet des émotions, c'est lui qui te fait aimer le football. Les stats n'ont rien de poétique.


Bah pour le coup je dirais que non sur le terrain le gars n'était pas vraiment élégant. Même s'il n'était pas mauvais techniquement, il m'a toujours donné l'impression de ramer. Je précise que j'adore ce joueur, mais justement, j'ai toujours trouvé que son côté un peu forcé quand il joue contraste avec sa classe hors terrain.
'fin bref, ciao l'artiste comme ça a été dit.
luigi_di_biagio Niveau : District
Dommage, j'adorais sa hargne sur le terrain, il était précieux sur le côté gauche quand il jouait même s'il était coupable de petites erreurs.
Message posté par Paul-Louis
Il avait une certaine classe sur le terrain, en plus d'être assez talentueux.

Même si au niveau du talent, il a un paquet de joueurs devant lui; mais cette beauté, cette hargne, peu l'ont.

Et un joueur beau à voir jouer, qui te transmet des émotions, c'est lui qui te fait aimer le football. Les stats n'ont rien de poétique.


Salut,

Chiellini,

Ciao.
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