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  3. // Bayern Munich/FC Bâle (7-0)

Bâle(s) perdu(es) à Munich

Battu à l’aller, le Bayern Munich n’a pas fait de détails au retour, en étrillant le FC Bâle 7-0. Gomez a mis un quadruplé en 23 minutes, Robben y est allé de son doublé, Ribéry a remis ses trois passes décisives, Schweinsteiger est rentré. La fête était complète en Bavière, où l’on espère qu’elle durera jusqu’au 19 mai inclus.

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Bayern Munich - FC Bâle: 7-0
Buts: Robben (10è et 81è), Müller (42è) et Gomez (44è, 50è, 61è, 67è).

« Mia san Mia » . Nous sommes ce que nous sommes, en bavarois. Sous-entendu: et rien à foutre de ce que vous en pensez. Une des devises du Bayern, qui montre à quel point le club du Sud de l’Allemagne a une opinion assez haute de lui-même. En même temps, il a raison. Outre-Rhin, on l’appelle le « Rekordmeister » . Tout un programme. Alors si les joueurs croient qu’ils sont forts, ils sont capables de tout. Comme de renverser la vapeur face à une équipe qui les avait fait souffrir il y a près d’un mois. Pire encore: de leur faire vivre l’enfer. Un quadruplé de Gomez, un doublé de Robben et un but de Müller, l’addition est salée pour le FC Bâle, qui jusqu’ici avait réalisé un si joli parcours qu’il ne méritait peut-être pas de se faire déboîter de cette manière.

Le Bayern ne perd pas de temps

Jupp Heynckes l’avait bien compris, on ne change pas une recette qui marche. Il aligne donc la même équipe que celle qui a collé un carton à Hoffenheim (7-1). Ça donne donc un David Alaba à gauche, un Lahm à droite, une doublette Luiz Gustavo-Kroos au milieu, et un Bastian Schweinsteiger sur le banc. Dès l’entame du match, les Bavarois tentent de prendre le contrôle de la rencontre. Ça passe par des accélérations de Ribéry à gauche, des centres de Lahm à droite. Sans succès. Alors Toni Kroos tente par l’axe. Bingo. Sa passe contrée et ralentie profite à Arjen Robben, qui trompe Yann Sommer de près (10è). Boum, la mécanique bavaroise est en route. Robben puis Gomez font transpirer Sommer (12è). Le Bayern ne relâche pas la pression, il veut mener sur l’ensemble des deux matchs avant la mi-temps, histoire de bien casser l’adversaire. Thomas Müller est tout près d’y arriver, mais sa tête suite à un corner de Robben contraint Sommer à une jolie parade (22è). Bâle tente bien de réagir, mais se brise successivement sur les récifs bavarois.

A la demi-heure de jeu, le Bayern a déjà attrapé huit fois le cadre (sur onze tentatives), contre une frappe non cadrée pour Bâle. Des Suisses qui se font bouffer dans tous les duels et qui n’existent pas vraiment devant. Rien à voir donc, avec la combativité montrée au Sankt-Jakub Park le 22 février dernier. Lentement mais sûrement, tout ce petit monde semble s’endormir, alors Toni Kroos met une grosse frappe dont il a le secret, une frappe qui finit au-dessus (37è). Ce à quoi Frei répond, en balançant une demi-volée difficile au-dessus des bois de Neuer (40è). Ces deux mini-électrochocs réveillent le Bayern, qui se rappelle alors la tâche première pour laquelle il a été programmé: marquer, marquer, marquer. Aussitôt dit, aussitôt fait: côté droit, Robben se remet sur son gauche, centre au premier poteau pour Thomas Müller. L’électron libre est seul pour reprendre le caviar du Néerlandais (42è). Deux minutes après, on assiste à un classique: coup-franc lointain de Kroos, remise de Badstuber pour Gomez, qui seul à un mètre des buts, catapulte le cuir au fond des filets (44è). Bayern: drei ; die Gäste: null. Danke. Bitte, crient le speaker et l’Allianz Arena. Mi-temps.

Bâle dans le trou

On peut aisément imaginer que Heiko Vogel a hurlé des noms d’oiseaux dans les vestiaires. Mais ça ne change rien. Ribéry place une accélération, centre en bout de course, car il sait qu’il va trouver Gomez. Et boum, voilà le doublé pour le numéro 33 (50è). Le score est de 4-0, mais le Bayern continue de jouer de manière appliquée, comme s’il fallait attendre le bon moment pour placer le but décisif. En même temps, en face, l’adversaire n’est pas très vif. Cabral place des taquets à droite à gauche, Shaqiri est transparent face à son futur employeur… Seul Sommer se disitngue, en repoussant une frappe de Gomez à bout portant (58è). Mais bientôt il doit de nouveau s’incliner devant le renard qui place une tête sur un nouveau centre de Ribéry pour le triplé (61è). Et bientôt le quadruplé, suite à un nouveau service de Ribéry (67è).

Entretemps, Alex Frei croit réduire le score, mais il est signalé hors-jeu (64è). A vingt minutes de la fin, l’Allianz Arena s’enflamme: les « Oh, wie ist das schön… » descendent des tribunes, et Bastian Schweinsteiger rentre sur la pelouse. Dix minutes plus tard, Schweini fait parler sa science de la passe: une sucrerie pour Robben, qui s’amuse à dribbler Sommer avant de marquer (81è). Sept buts, comme face à Hoffenheim: le public de l’Allianz Arena a pour ainsi dire vécu. Une victoire comme pour dire: « Mia san mia » et envoyer un message fort au reste de l’Europe: la finale, c’est chez nous, ne l’oubliez pas. Et on aimerait bien y être.

Par Ali Farhat, à Bonn
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