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Bale sort le Real du trou

Longtemps mené par le Rayo Vallecano, le Real Madrid a su renverser la tendance (2-3) pour arracher trois points vitaux dans la course au titre. Un succès qui doit beaucoup à Gareth Bale, seule individualité merengue à son niveau et auteur d’un doublé.

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Rayo Vallecano 2-3 Real Madrid

Buts : Embarba (7e) et Miku (14e) pour le Rayo // Bale (35e, 81e) et Lucas Vázquez (52e) pour le Real

Plus que dix minutes à disputer au Nuevo Estadio de Vallecas, tous les défenseurs du Rayo tirent la langue. Un coup de pompe légitime, tant les locaux se sortent les doigts toute la rencontre durant, qui ne touche pas Gareth Bale. Seul Merengue à son niveau, le Gallois enclenche la seconde, laisse sur place le vieillissant Amaya et punit Juan Carlos d’une frappe entre ses jambes. Grâce à ce pion tardif, son second de l’après-midi, le caprice de Florentino Pérez permet au Real Madrid de rester dans les clous pour une hypothétique Liga. Mieux, avec deux points d’avance sur les Colchoneros et Blaugrana, qui disputent leurs matchs respectifs dans la foulée, la Casa Blanca prend même le contrôle d’une Liga qu’elle avouait perdue en février dernier. Ou à la mi-temps de ce petit derbi madrileño, puisqu’elle rentre aux vestiaires avec un retard d’un but au tableau d’affichage. Grâce aux talents individuels plus qu’à un jeu collectif loin d’être identifiable, elle revient au contact, puis prend les devants. Il en faudra tout de même plus pour remporter Liga ou Ligue des champions en mai prochain.

Bale face à onze banlieusards


« Des équipes si pauvres qu’elles n’ont que des titres. » Ce sont par ces paroles poétiques et marxistes, imprimées sur une bâche servant de tifo, que les Merengues sont accueillis dans le vétuste, mais ô combien chaleureux, Nuevo Estadio de Vallecas. Un antre champêtre, une pluie harassante, une aficion rouge et blanc de fierté, qui empêchent les protégés de Zinédine Zidane de sortir la tête du seau. Au premier essai madridista, où Bale touche l’extérieur du montant sur une frappe aussi fusante que pure, les ouvriers de Vallecas répondent par deux pions. Œuvres d’Embarba, ancien canterano du Real, et de Miku, elles surviennent surtout des pieds de Bebé, dont le débordement laisse pantois Danilo, et de Varane, malheureux dans son service dans les six mètres pour la pointe vénézuélienne. Touchés, puis coulés, les visiteurs sont proches de la noyade. Les contres express des disciples de Paco Jémez ouvrent des brèches béantes jusqu’aux cages de Keylor Navas, tandis que Benzema doit quitter ses coéquipiers sur blessure. Entre-temps, Gareth Bale, meilleur Merengue sur le pré, relance la rencontre d’un coup de tête sur corner. Thanks, soupire Florentino.

Danilo, symbole de la schizophrénie merengue


Le soleil de retour dans le ciel madrilène ne change rien à la physionomie de ce petit derbi madrileño. Avec un milieu toujours aussi perfectible - ni Kroos, ni Kovačić, ni Isco ne sont des fous du boulot de l’ombre -, le Real offre littéralement des opportunités délicieuses aux Vallecaños. Une facette de docteur Jekyll qui n’interdit pas au Real d’afficher son côté mister Hyde en phase offensive. Cette schizophrénie, Danilo l’illustre à la perfection : affreux défenseur, il n’en reste pas moins un formidable centreur qui dépose le cuir sur le crâne de Lucas Vázquez. La forme - lui, déjà buteur face à Villarreal - et le talent - malgré un gabarit de poids plume - du canterano font le reste, et remettent les pendules à l’heure. De nouveau dans la course à la Liga, les hommes du double Z tentent de gommer le bouillon de leur jeu. Une mission à moitié réussie, puisque les Franjirrojos ne se créent plus aucune occasion et enchaînent les fautes de fatigue. À l’usure, les orphelins de CR7 trouvent toujours plus d’espaces. Et ce, jusqu’au 80e tour de cadran, lorsque Gareth Bale, parti dans le dos d’Amaya, trompe Juan Carlos et offre, provisoirement, au Real le fauteuil de leader du championnat.


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Par Robin Delorme
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