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Azpi, de la partie aussi

Rarement évoqué par les médias, César Azpilicueta est pourtant l’un des hommes forts du Chelsea actuel, leader de Premier League et qui reste sur onze victoires d’affilée en championnat. Après des années passées dans le couloir gauche, le défenseur s’est totalement adapté au rôle d’arrière central. Et représente bien le nouvel esprit de son équipe.

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Bien sûr, il y a Diego Costa, treize buts et cinq passes décisives en dix-sept journées de Premier League. Évidemment, il y a Antonio Conte, qui a su changer les choses, imposer sa vision du football et instaurer un 3-4-3 inédit en Angleterre. Bien entendu, il y a N’Golo Kanté et ses 120 points sur ses 53 derniers matchs en championnat. Et puis, il y a Thibaut Courtois le portier décisif, Eden Hazard le moteur, Victor Moses le revenant, David Luiz le fermeur de bouches, Marcos Alonso la révélation, Pedro le sauveur de Tottenham, Willian et Cesc Fàbregas les supersubs... Mais il y aussi César Azpilicueta.


Azpilicueta. Poste : défenseur. Statistiques 2016-2017 : dix-sept rencontres disputées en dix-sept journées. Aucune sortie avant le coup de sifflet final, soit 1530 minutes jouées sur 1530. Le seul dans ce cas avec les indispensables Courtois et Kanté. Trois cartons jaunes, une passe décisive. L’Espagnol a d’ailleurs réalisé cette dernière ce week-end, à Crystal Palace. Un assist qui a permis à Costa de catapulter le ballon dans les filets de Wayne Hennessey pour le seul but du match et de remporter une onzième victoire d’affilée en PL (un record pour le club sur une même saison), à un moment où Azpi n’a jamais autant ressemblé à ce Chelsea-là.

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Car d’une certaine manière, l’ancien Marseillais incarne parfaitement l’équipe londonienne actuelle. C’est-à-dire pas franchement sexy, pas si talentueuse que ça, mais super efficace, pragmatique et opportuniste. Le tempérament de soldat d’Azpilicueta est calqué sur celui des Blues (si ce n’est l’inverse), son abnégation et son respect des consignes ne trouvent d’égal que dans les efforts fournis par le bloc de Conte et sa discipline tactique. Osons-le : aujourd’hui, Azpi est Chelsea. Arrivé en 2012 et utilisé majoritairement en tant que latéral gauche (après avoir éjecté Ashley Cole de son couloir) jusqu’au 24 septembre 2016, date de la raclée subie à Arsenal (3-0) et du passage en 3-4-3, le natif de Pampelune s’est ensuite mué en arrière central droit dans la défense à trois concoctée par l’ancien sélectionneur italien (alors qu’on aurait pu y attendre Branislav Ivanović, défenseur central de métier). Sans se plaindre, jamais. Et en assurant, toujours, que ce soit en phase offensive ou dans sa propre surface. Un peu comme cette équipe bleue qui a joué pendant des décennies à quatre derrière et qui se voit, du jour au lendemain, obligée de bouleverser toutes ses certitudes tactiques.

Big love


Comme souvent, une histoire de confiance se cache derrière tout ça. Azpi comme Chelsea ont toujours laissé carte blanche à Conte, respectant les choix de ce dernier et clamant un soutien indéfectible depuis le début de l’aventure. « Conte est un grand coach et tout le monde à Londres attend sa venue, en raison de sa grande carrière et de son style de jeu, avait ainsi déclaré le gars sûr de José Mourinho en conférence de presse, avant même que le coach n’ait organisé une seule séance d’entraînement. C’est sûr que chaque joueur de Chelsea est impatient de travailler avec lui.  » Même topo dans l’autre sens : Antonio n’a jamais caché qu’il comptait absolument sur le latéral, fermant de suite la porte à Barcelone lorsque le club catalan est venu aux informations pour un éventuel transfert cet été. Bon choix. « Azpi est un joueur fantastique, a d’ailleurs tenu à souligner le technicien il y a moins d’un mois en conférence de presse, félicitant au passage la polyvalence du garçon. Notamment parce qu'il peut jouer de multiples rôles. Mais je pense que son rôle actuel est parfait pour lui. (...) Il y est performant parce qu'il est rapide, parce qu’il a une bonne technique et un bon positionnement. C’est un joueur intelligent. »

Rendons à César...


Du coup, le club s’est empressé de lui faire prolonger son contrat jusqu’en juin 2020 (contrairement à John Terry par exemple), et d'augmenter son salaire (qui passe de 3,65 millions d’euros bruts annuels à 3,9). Une récompense méritée pour celui qui ne fait jamais de vagues et que les médias britanniques n’évoquent que rarement. « Depuis que je suis arrivé ici, mon objectif est de progresser et de gagner des titres, a réagi le joueur de vingt-sept ans de manière discrète, comme d’habitude. Ce nouveau contrat me donne la chance de poursuivre ma collaboration avec le club.  » Puisqu’il ne le fait pas, il convient donc de dire que la fabuleuse période que vit son club, c’est aussi la sienne. Histoire de rendre à César ce qui appartient à César.

Par Florian Cadu
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