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« Avec le recul, je choisirais l’équipe de France »

À 21 ans, Johad Ferretti, arrière droit qui possède la triple nationalité française, italienne et algérienne, a déjà pas mal bourlingué entre les U19 du Milan et de l’Italie, mais aussi la galère du chômage.

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Peux-tu reconstituer ton arbre généalogique rapidement ?
Grand-mère algérienne, mère française, père italien, j’ai les trois passeports !

Ça, c’est fait. Mais tu es bien formé en France ?
Je suis marseillais, j’ai commencé à l’OM jusqu’en 13 DH lorsque le club ne m’a pas confirmé. Après un intermède d’un an chez les amateurs, j’ai filé à Grenoble lorsque l’équipe une était en D1. J’ai signé un contrat aspirant de trois ans, mais ça s’est très mal passé, je ne suis resté que 7 mois, le froid, la distance… et j’ai ensuite filé au Genoa.

À 15 ans ?
Oui, dès que je suis sorti de l’OM, j’avais fait un essai concluant là-bas, mais je ne voulais pas tout quitter, les amis, la famille, l’école même. Puis ensuite, je me suis dit, tant qu’à partir de Marseille, autant que ce soit pour aller au Genoa. J’ai signé pro l’année d’après.

Tu vois tout de suite une différence entre les centres de formation de l’OM et du Genoa ?
Je suis arrivé en Italie, je ne savais pas me placer sur un terrain, je faisais n’importe quoi. Tactiquement, c’est un autre monde. Maintenant, techniquement, on est mieux formé en France.

« La ville de Matera, tout au sud de l’Italie, on dirait Jérusalem. Ils y ont tourné La Passion du Christ d’ailleurs et aussi le nouveau Ben Hur. J’ai même croisé Morgan Freeman au resto ! » Johad Ferretti

Tu es aussi passé par Novara.
Après une année au Genoa, j’ai eu une petite altercation avec l’entraîneur des U19, j’ai passé six mois sans jouer et j’ai donc été prêté six mois avec la Primavera de Novara. Ça se passait bien, mais j’ai eu une pubalgie, je suis resté quasi un an sur le carreau. Ça a été dur. Je suis retourné au Genoa, je fais la prépa avec les U19, et le Milan me contacte le dernier jour du mercato.

Comment ça s’est fait ?
Apparemment, ils me suivaient depuis un moment, mon directeur sportif m’appelle un soir : « Johad, faut que t’ailles au Milan pour nettoyer les coupes ! » (rires). Le lendemain, je me suis retrouvé au siège du club à poser pour la photo officielle avec Galliani et De Jong qui attendait son tour dans la pièce d’à côté. J’y ai signé un contrat pro de trois ans, je découvre Milanello, le rêve pour un gars comme moi supporter du Milan. J’ai même fait des entraînements avec les pros et je me suis bien fait afficher par Robinho !

Vidéo

Peu après, tu es convoqué avec les U19 italiens.
D’abord pour un amical en novembre contre la Tchéquie, puis quelques mois plus tard, j’ai trois possibilités devant moi. Participer à la CAN avec l’Algérie, continuer avec l’Italie ou intégrer les U19 de l’équipe de France. Francis Smerecki m’avait dit que j’étais déjà dans ses 18 pour la phase finale de la catégorie. Ma mère voulait que je choisisse les Bleus, sa famille l’Algérie. Finalement, c’est Adriano Galliani qui m’a convaincu d’opter pour l’Italie, il me disait que c’était plus juste vu que j’évoluais au Milan. Du coup, j’ai participé aux Jeux méditerranéens en juin, c’était à Mersin en Turquie avec une ambiance Jeux olympiques, mais on sort au 1er tour.

Tu n’étais quand même pas dépaysé en équipe d’Italie ?
Mes grands-parents et mon père sont de Gênes. Dès que je suis né, je suis venu y vivre jusqu’à l’âge de deux ans, j’ai appris l’italien avant le français. Ensuite, mes parents se sont séparés et je suis rentré à Marseille. Le choix de cette sélection venait aussi du cœur, mais avec le recul, j’opterais pour les Bleus. Malheureusement, je n’avais pas la personnalité d’aller contre un mec comme Galliani.

Nous sommes à l’été 2013, tu as 19 ans, c’est le moment de faire tes débuts en pro.
On me proposait de la Serie B, mais j’ai choisi la division en dessous, aussi parce qu’un pote du Genoa ne faisait que de me parler de Benevento, le club de sa ville. Le but était de progresser étape par étape. Bon, ils ont pris un autre arrière droit, Zanon, qui débarquait de Pescara et la Serie A. Je dispute une dizaine de matchs, on s’incline en demies des play-offs, sauf que Benevento veut monter en Serie B depuis dix ans, ce qui énervent pas mal les tifosi. On était en mise au vert tout le temps !

Seconde année en prêt à la SPAL, toujours en Lega Pro.
Je considérais ma première expérience réussie. Là, j’opte pour un club promu qui cherchait à se sauver. Ça se passait très bien, on était même premiers, mais on s’est écroulés, on a chuté, changement d’entraîneur, le nouveau a voulu changer toute l’équipe. Je finis sur le marché et je file à Matera tout au sud de l’Italie, même division, mais pas le même groupe. C’est une ville, on dirait Jérusalem, ils y ont tourné La Passion du Christ d’ailleurs et aussi le nouveau Ben Hur, j’ai même croisé Morgan Freeman au resto !


Et à part ça, ça se passe comment ?
Je tombe sur un super coach, Gaetano Auteri qui est un sacré personnage et qui m’a énormément appris. C’était également un promu, mais l’effectif était de qualité. On arrive à accrocher les barrages, mais on perd encore en demies. Le match retour contre Côme, je loupe le penalty décisif lors de la séance de tirs au but…

« Tu penses toujours que ça n’arrive qu’aux autres, mais non. Ma mère m’a emmené au Pôle Emploi, j’ai pu toucher des indemnités parce que j’avais jamais mis des tunes de côté. Et j’ai appris la leçon, parce que j’étais sans rien. » Johad Ferretti

Bon, malgré tout, tes deux premières saisons en pro sont plutôt une réussite. Alors comment tu te retrouves six mois sans jouer ?
Une très longue histoire. J’étais en fin de contrat avec le Milan, et mon agent me dit de ne pas prolonger. Je n’étais pas du tout convaincu, mais je lui ai fait confiance, il me suivait depuis trois, quatre ans quand même. Je rentre passer mes vacances à Marseille, une semaine plus tard, il m’appelle pour me dire que tout est fait avec le Dinamo Bucarest, mais finalement rien. Les jours passent, je ne m’inquiète pas, d’autant qu’il me promettait la Serie B, ce qui aurait été une prochaine étape logique. Il m’invite dans sa villa pour que je reste en forme physiquement et me fait passer un essai à la Carrarese. C’était encore de la Lega Pro, j’ai donc refusé, comme pour Rimini qui venait d’embaucher le directeur sportif que j’avais eu à Benevento.

On est à quelle période-là ?
En août. Je quitte mon agent. D’autres m’appellent. Je pouvais aller en D2 espagnole au Real Majorque, mais je suis allé à l’Olhanense en D2 portugaise. Trois jours m’ont suffi pour comprendre la galère, les joueurs sont payés 1000 euros. Fin septembre, une connaissance m’a mis en contact avec son agent qui m’a décroché un essai à Saint-Trond en D1 belge. Ça s’est très bien passé, mais je me suis grillé lors d'un amical. J’étais à la rue physiquement, alors qu’ils avaient besoin d’un arrière droit de suite.

Et donc, retour à la case départ.
Encore à Marseille, et là, j’avais vraiment très envie de tout plaquer. Je me demandais comment je m’étais retrouvé dans cette situation, tu penses toujours que ça n’arrive qu’aux autres, mais non. Ma mère m’a emmené au Pôle Emploi, j’ai pu toucher des indemnités parce que j’avais jamais mis des tunes de côté. Et je peux te dire que j’ai appris la leçon, parce que j’étais sans rien. Je fais alors la connaissance de Laurent Merlin, l’ancien Ajaccien reconverti en coach sportif. On a bossé ensemble pendant trois mois. Je voulais me relancer en France, mais c’était compliqué, j’avais disparu des radars. Je dois remercier un ami qui a contacté le cabinet 3 A, fin novembre. Je suis allé les rencontrer à Paris, ils sont venus voir ma mère à Marseille et ont décidé de miser sur moi.

Tout est bien qui finit bien avec ce contrat à l’Albinoleffe en Lega Pro.
La situation au classement était compliquée, mais les infrastructures ont fait la différence, le centre d’entraînement de Zanica, c’est minimum Serie B. J’ai signé six mois, je vais donner le maximum et pour le reste, je croise les doigts.

Propos recueillis par Valentin Pauluzzi
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