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  3. // Júlio César à QPR

Avé, Júlio César

Après sept années de bons et loyaux services, Júlio César, le gardien de l’Inter, quitte l’Italie. Le Brésilien s’est engagé en faveur de QPR. L’occasion de rendre hommage à un très grand de sa génération.

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Le 9 juillet 2012, les tifosi de l’Inter ont compris. Le club nerazzurro annonce la signature de Samir Handanović, le gardien de l’Udinese. Faire signer un deuxième gardien, qui sera là pour jouer les matches de Coupe et pallier d’éventuelles suspensions ou blessures, d’accord. Mais ce n’est pas franchement là le profil du grand Slovène, probablement le meilleur gardien de Serie A sur les trois dernières saisons. Non. Le fait de s’attacher les services d’Handanović était un message clair, que tout le monde a rapidement interprété de la même façon : la fin du règne de Júlio César. Si certains s’offusquent alors de la façon dont le gardien brésilien est mis sur la touche, d’autres trouvent ça on ne peut plus logique, et plutôt bien amené. De fait, lors des deux derniers championnats (depuis le départ de Mourinho, en fait), Júlio César connaît quelques pépins physiques. Son remplaçant, Luca Castellazzi, doit garder les cages nerazzurre à plusieurs reprises. S’il demeure toujours décisif lorsqu’il faut répondre présent, on sent bien que le gardien arrive petit à petit en fin de cycle. Lui-même le comprend. Après une très brève tentative de bataille successive à l’arrivée d’Handanović ( « s’il faut se battre pour être titulaire, je me battrai  » ), il se résigne, surtout lorsqu’il comprend que l’Inter veut lui réduire son salaire. « Aucun joueur, à ma place, n'aurait accepté une telle situation, j’ai donc décidé de partir. » QPR lui tend les bras.

L’attrape-rêve et l’attrape-pénaltys

Il faut tout de même comprendre ce que représente Júlio César pour les supporters de l’Inter. Avant lui, de grands gardiens ont gardé les cages de l’Inter. Walter Zenga, bien sûr, probablement le plus grand de tous, mais aussi Gianluca Pagliuca, Angelo Peruzzi (si, si) ou Francesco Toldo. Toujours du local. Mais lorsqu’un gardien brésilien débarque à Appiano Gentile, en janvier 2005, les sceptiques sont nombreux. L’Inter, pour des raisons d’extracommunautaires, est contrainte de le prêter au Chievo, où il ne disputera pas le moindre match. De retour à Milan six mois plus tard, celui qui s’est révélé à Flamengo se jure de devenir le numéro 1 d’une équipe qui n’a plus rien gagné depuis une Coupe UEFA en 1998. Lors de sa première saison à Milan, il prend petit à petit la place d’un Toldo vieillissant et gagne déjà ses premiers trophées : une Supercoupe d’Italie et une Coupe d’Italie. Pendant l’été, le scandale Calciopoli éclate, la Juve est destituée de son titre, et le Scudetto est donné à l’Inter. Ça ne se refuse pas, hein. Encore un peu fébrile, Júlio César devient réellement un pilier la saison suivante, en 2006-07.

Il se distingue par deux pénaltys consécutifs stoppés contre Ascoli et Sienne et s’impose comme le dernier rempart d’une Inter invincible, qui marche sur la Serie A (avec Zlatan en attaque) et remporte le Scudetto, ce coup-ci sur la pelouse. La suite de son aventure ressemble à cela : des succès, des parades mémorables, des titres, une convocation dans la liste des 30 pour le Ballon d’Or 2009 et l’apogée avec la Ligue des champions, remportée un soir de mai 2010. Après cela, l’Inter va connaître une certaine difficulté à se renouveler, mais celui que les supporters surnomment «  Julione » ou « l’attrape-rêves » , lui, est toujours fidèle. Impossible, par exemple, d’oublier ce match de championnat contre Palerme, au cours duquel l’Inter est sous l’eau, menée 2-1, et que le gardien brésilien sort magistralement un pénalty de Pastore, empêchant le 3-1. Derrière, son équipe reprend courage et s’impose finalement 3-2. En sept saisons passées en Serie A, il aura stoppé 10 pénaltys sur 27. Un seul gardien a fait mieux, en terme de ratio. Il s’appelle Handanović.

14 trophées dans la vitrine


Dire au revoir à Júlio César, pour les supporters, c’est dire au revoir à une partie de l’histoire de l’Inter. Et quelle belle histoire ! Le 6 mai dernier, il dispute son dernier match avec le maillot nerazzurro. Le destin veut qu’il s’agisse de sa 300e apparition avec les gants interisti. Fin idyllique : l’Inter écrase le Milan AC, 4-2, offrant ainsi le Scudetto à la Juventus. Comme si la boucle était bouclée. Júlio César dévoile alors un maillot : « 300 matches, 300 histoires  » , peut-être savait-il déjà, à ce moment-là, qu’il s’agissait de sa dernière étreinte avec ce public de San Siro qui l’a tant aimé. Il part en Angleterre en ayant glané en Italie cinq Scudetti, trois Coupes d’Italie, quatre Supercoupes, une Ligue des champions et un Mondial des clubs. Aucun gardien, dans l’histoire du club, n’avait gagné autant. Même pas le gardien de la Grande Inter des années 60, Giuliano Sarti, qui s’était « arrêté » à deux Scudetti, deux C1 et deux Coupes Intercontinentales.

Désormais, Júlio César ira apporter son expérience à QPR, dans un championnat anglais pas toujours réputé pour les prouesses de ses gardiens. Une toute nouvelle aventure pour celui qui fêtera lundi prochain ses 33 ans. Malgré les dernières déclarations du gardien qui accusent l’Inter de l’avoir poussé à partir en voulant réduire son salaire, le club de Massimo Moratti a tenu à dire « ciao » , comme il se doit, à son gardien de toutes les batailles. « Tu es dans l’histoire des grands gardiens de l’Inter. Sept saisons, 300 fois dans les buts, des parades légendaires, une énergie incroyable, du caractère : Júlio César, à l’Inter, a été tout ça à la fois. Merci d’avoir combattu avec nous, d’avoir défié l’Italie, l’Europe et le monde, pour avoir hurlé de joie, pour ce geste incomparable que tu fais lorsque tu termines un match sans avoir encaissé de but. Bonne chance, de tout cœur, de la part de l’Inter » , a écrit le club sur son site officiel. Pas rancunier, Júlio César a décidé de saluer une dernière fois ses tifosi, dimanche, lors du match contre la Roma. Encore un coup à faire chialer du tifoso, ça…

Éric Maggiori
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