1. //
  2. // Groupe I
  3. //
  4. // Napoli/Young Boys

Ave José María

Auteur de près de la moitié des buts de son équipe depuis le début de la saison, José Callejón marche sur l'eau et sur le classement des buteurs en Serie A. Pendant que son Napoli se démène pour accrocher le trio de tête, l'Espagnol surnage et n'a jamais paru aussi en forme. L'année référence ?

2 2
Il n'est pas très grand, plutôt chétif, porte la gomina comme personne et siège en haut du classement des buteurs de Serie A. Devant Tévez, Higuaín, Honda et tous les ténors d'Italie. Lui, c'est José María Callejón, attaquant du Napoli depuis le 11 juillet 2013 et homme providentiel du onze de Rafael Benítez. Titularisé à neuf reprises en championnat et à trois en Coupe d'Europe cette saison, l'Espagnol a pris part à chacun des matchs de son équipe depuis le 19 août dernier et le nul (1-1) du Napoli face à l'Athletic Bilbao en barrages de Ligue des champions. Quinze matchs des Partenopei, et pas un seul sans Callejón, donc. D'ailleurs, sans lui, Naples n'aurait jamais battu le Torino, le Genoa ni Sassuolo, et n'aurait pas non plus récupéré un point à San Siro contre l'Inter et à domicile face à Palerme. Sans son Espagnol gominé, Benítez ne serait pas cinquième du Calcio, mais peut-être déjà viré.

Un homme et des dieux


Avant qu'il ne débarque dans les massifs volcaniques de Campanie à l'été 2013, José Callejón était un honnête homme de main d'un autre José, Mourinho, dans l'effectif extra-large du Real Madrid. Un joueur normal dans une équipe de stars : un quidam parmi les dieux. Deux saisons écumées dans la capitale espagnole où l'attaquant inscrira une bonne vingtaine de buts pour quelque 77 apparitions avec la tunique merengue. Pas assez pour mettre sur la touche Ronaldo, Özil, Benzema et Di María. Pourtant, à Madrid, Callejón joue bien, mais peu ; il marque même de jolis buts, mais pas contre les bonnes équipes. Le Mou l'apprécie, le respect entre les deux hommes est mutuel, et l'entente plus que cordiale. « Pour moi, c'est un rêve que le meilleur entraîneur du monde ait flashé sur moi. Je n'y croyais pas, sincèrement c'est incroyable que le club me fasse confiance comme cela. Mourinho est le meilleur entraîneur du monde. C'est une personne très particulière, très proche, qui te dit les choses franchement, aussi bien les bonnes que les mauvaises » , déclarait José à Real TV il y a trois ans.

Mais comme tout rêve, celui de José est de courte durée. Au terme de deux saisons inégales ponctuées par un titre de champion d'Espagne 2012 et une Supercoupe la même année, l'enfant quitte son pays pour l'Italie. Callejón rejoint Naples pour dix millions d'euros (dans un « pack Real Madrid » avec Higuaín et Albiol), le même été où Cavani quitte Naples pour le PSG. Les tifosi accueillent cette arrivée avec enthousiasme, mais attendent de voir sur la pelouse ce que cet homme de main du Mou peut bien donner. Un an plus tard, le constat est sans appel : l'Espagnol, meilleur buteur de Serie A, a été complètement adopté par le peuple partenopeo. Il porte même sur ses maigres épaules un club qui a frôlé la crise en début de saison.

José dépendance


Après dix journées, le Napoli, hier étincelant et si prometteur, squatte la cinquième place d'un championnat qu'il ne remportera certainement pas. Du moins pas cette année. Le club d'Aurelio De Laurentiis, sur le long terme, ne semble pas encore suffisamment armé pour lutter avec la Juve ou la Roma, même si les hommes de Benítez ont prouvé ce week-end que sur un match, ils pouvaient fesser n'importe qui. L'un des points faibles de ce Napoli, c'est peut-être, aussi, d'être trop dépendant de son José sûr. On parle là d'un mec qui a déjà planté autant de buts en dix matchs cette saison en Serie A (8 pions) que lors de ses deux saisons en Liga à Madrid. Face à l'Inter, le 19 octobre dernier, José marque les deux buts qui auraient dû faire gagner les siens. Sauf qu'à chaque fois, un Nerazzurro était là pour rappeler aux Napolitains leurs carences défensives. Mais alors, où donc serait le Napoli sans l'homme qui lui a sauvé la mise un paquet de fois cette saison ? Sans doute pas au pied du podium à faire la nique à la Sampdoria et la Lazio, et encore moins second au classement des attaques de Serie A, à une unité de la même Lazio (20). Qu'on se le dise, si Naples a marqué plus de buts que Rome, la Juve, Milan et tous les autres, José Callejón en est le grand responsable.

Indispensable sur le flanc de l'attaque, adroit devant le but (sauf la semaine dernière où il a raté le cadre à 20 centimètres des cages de Bergame), vif, percutant et intelligent dans ses appels, l'Espagnol est l'un des seuls Napolitains à surnager cette saison, même si Higuaín est en train de monter en puissance, avec 5 buts sur les 3 derniers matchs. En tout cas, l'Andalou file tout droit sur les traces de son record de buts d'il y a sept ans. À cette époque, il jouait en troisième division espagnole, dans la Castilla du Real Madrid, et avait terminé meilleur buteur du championnat avec 21 réalisations. À ses côtés, Juanmi, son frère jumeau, se voyait déjà gravir les échelons avec le frangin dans la hiérarchie du foot espagnol. Sept ans plus tard, l'un est milieu de terrain en Bolivie au Fútbol Club Bolívar, l'autre meilleur buteur d'Italie et tout proche de la sélection. Mais le Napolitain l'assure, la jalousie n'a jamais trouvé sa place chez les Callejón : « À Motril, on jouait tout le temps dehors avec Juanmi. Il est tout pour moi. Il m'a toujours soutenu. C'est un frère incroyable et aussi mon meilleur ami. Le football nous a toujours excités et motivés. Petit à petit, j'ai été amené à bouger, puis j'ai eu la chance d'atterrir là où je suis aujourd'hui. » Autrement dit, non loin des sommets.

Par Morgan Henry
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
ElSevillistaAndrésIniestaLuján Niveau : DHR
J'ai jamais vraiment cru en ce joueur.
Je devrais surement faire mon mea culpa, la saison dernière aussi, il était pas mal du tout.
derIngenieur Niveau : CFA
Note : 2
La légende de la photo de l'article en page d'accueil vaut le détour.

C'est donc pour cela que les clowns déguisés ne se baladant plus, à sofoot ils les ont tous bouffés.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
2 2