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Ave, Claudio !

Un peu plus de neuf mois après avoir écrit l’une des plus belles histoires du foot moderne, Claudio Ranieri a été renvoyé jeudi soir de son poste d’entraîneur de Leicester. Une décision attendue, mais qui surprend par son timing, soit juste au lendemain d’une défaite ramenée la tête haute de Séville en Ligue des champions. Le foot va vite, très vite.

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Des minutes indélébiles, un instant historique. Il faut replacer la scène pour ne pas oublier. Claudio Ranieri n’a jamais voulu se mettre en avant. Mais à quoi pense-t-il lors de cet après-midi de mai ? Sans aucun doute aux neuf mois qui viennent de défiler devant ses yeux. Des yeux qui sont, ce jour-là, humides. L’entraîneur italien, sexagénaire revanchard, sait qu’il ne devrait pas être là, pas ici, pas à cet instant et encore moins sur un podium. Alors, il laisse une larme couler sur son visage, ferme les yeux et écoute la voix qu’il a décidé d’offrir au King Power Stadium de Leicester. Autour de lui, les visages sont fatigués, tirés par une fête qui a déjà commencé depuis quelques jours, mais, à côté de lui, il y a surtout Andrea Bocelli. Il n’y a pas une façon d’écrire l’histoire, il y en a des milliers. Le faire sur l’air de Nessun dorma reste unique et le restera à jamais. Pour la première fois de son histoire, le Leicester City FC vient d’être sacré champion d’Angleterre.


Pour la première fois de sa vie, Claudio Ranieri vient d’être couronné roi au moment et à l’endroit où il s’y attendait le moins. Sa carrière d’entraîneur a pourtant commencé trente ans plus tôt, mais l’histoire a voulu lui rendre ce qu’il lui a donné au milieu de gros bras fortunés qu’on pensait intouchables. Alors, le 7 mai 2016, Ranieri ferme les yeux et savoure. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, Leicester aura marché sur Everton. Une semaine plus tard, les Foxes auront fini leur marathon incroyable à Stamford Bridge, là où on avait tourné le dos au technicien italien douze ans plus tôt. C’était il y a moins d’un an. Et tout s’est écroulé. Avec comme conclusion, les mots d'Aiyawatt Srivaddhanaprabha, vice-président du club, qui a expliqué dans un communiqué avoir pris « la décision la plus difficile » d’un mandat qui dure depuis sept ans. Ce titre, c’était il y a neuf mois. Et le bébé vient d’être dégagé d’un gros coup de latte au rang de vieux souvenir.

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Putain d'époque


Il faut se le dire : tout le monde s’attendait à voir partir Claudio Ranieri de Leicester dans les prochaines semaines à l’heure où les Foxes ont la queue qui pendouille à un point de la zone rouge en Premier League. Début janvier, le technicien italien avait pourtant été nommé meilleur entraîneur FIFA de l’année. Une cérémonie à l’issue de laquelle il avait tenu à remercier, avant tout, son président, ses joueurs et ses supporters. « Si je suis ici aujourd’hui, c’est parce qu’ils m’ont soutenu. Ils ont réussi quelque chose d’incroyable cette saison. Mais un autre défi a déjà commencé : continuer de vivre ma passion, garder cette envie de gagner des titres et ne pas penser à ce que j’ai déjà réussi. » Pas de nous, peu de je, tout pour les autres. Ranieri a souvent avancé comme ça au fond de son costume.

Si Leicester a été sacré champion l’an passé, c’est avant tout pour ça, mais aussi parce qu’il y a des moments dans une vie où tout est aligné. Mais l’Italien savait que le plus dur viendrait et a tenu, tout au long des premiers mois de la saison d’après, à faire oublier cet exploit historique. Il n’y est pas arrivé, jamais, ni personnellement, ni collectivement, assistant le plus souvent à la chute individuelle de ses héros d’hier. Au point d’être aujourd’hui dans une situation intenable, après un mercato estival complètement manqué et une campagne nationale pourrie dans ce qu’on pourrait considérer comme la suite de la légende. Aujourd’hui, Leicester pourrait être le premier champion en titre à être relégué en deuxième division depuis Manchester City en 1938. Une qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions – les Foxes ont tenu la baraque à Séville (1-2) mercredi soir – n’y changera rien.

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Une question se pose pourtant ce matin : pourquoi maintenant ? Pourquoi Vichai Srivaddhanaprabha n’a-t-il pas attendu la fin de saison pour dégager un homme qu’il était allé chercher à l’été 2015 avec un objectif simple : faire rester en vie le club. Par essence, Leicester devait lutter pour la relégation et ne devait en aucun cas se retrouver champion d’Angleterre. Le foot est ainsi fait, c’est comme ça. Mais plus que jamais, le foot moderne va vite, très vite. Trop vite ? Sûrement. Il ne faut pas mélanger le sentimentalisme et le réalisme, mais voir partir Claudio Ranieri ainsi est un déchirement. Pour tout le vent de fraîcheur qu’il a apporté il y a quelques mois, pour tout ce qu’il a construit dans un club miné par les problèmes internes et pour avoir réussi à foutre Gary Lineker en slip sur un plateau de télé.


Tout ça ne devait pas se terminer comme ça, mais l’histoire retiendra cet épisode comme un chapitre de la légende des Foxes. Ce putain de foot est cruel, il n’a aucun sentiment et en aura de moins en moins, surtout dans un pays où les intérêts économiques sont si importants. Leicester a aujourd’hui treize combats pour sauver sa tête en Premier League et quatre-vingt-dix minutes pour éventuellement surcharger son calendrier par quelques batailles européennes de plus. L’idée des propriétaires semble de déjà préparer l’année prochaine et cela se fera sans Claudio Ranieri, souvent incapable cette saison de bouger un schéma de jeu fixe et de remotiver une armée noyée émotionnellement. Mais l’histoire ne peut oublier tout ce qu’il s’est passé. Alors merci Claudio, merci pour tout. Et à très vite.

Par Maxime Brigand
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