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Avantage OM

On s'attend à un bon match de foot ce soir au Parc à 21 heures entre Paris, le 8ème (16 points) qui accueille Marseille, le 3ème (18 points). Un classement en forme d'indice : l'OM est devant Paris. Confirmation sur la pelouse, avec victoire à suivre pour les Olympiens ? A priori, oui...

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Bon, d'entrée, on n'utilisera pas le “mot”. Le terme espagnol qui désigne le duel entre Real & Barça. Par respect. Non pas que Paris & Marseille ne soient pas “respectables”, mais tout simplement parce que nos deux clubs hexagonaux ne boxent pas dans la même catégorie que les deux géants d'Espagne. Il faudra trouver un autre terme, une autre appellation. En rugby, on a baptisé “crunch” les rencontres du Tournoi des VI Nations opposant la France et l'Angleterre. Ça se tient : le XV de la Rose et celui du Coq dominent l'hémisphère Nord et postulent toujours au titre mondial (c'est déjà fait pour les Anglais, vainqueurs en 2003), face aux terribles nations du Sud. Paris et Marseille... OM et PSG ? Le duel n'a été vraiment épique qu'au début des années 90 : deux grands présidents (Tapie et Denisot), des grands entraîneurs (Goethals et Artur Jorge), des grands joueurs (on ne va pas les citer, juste rappeler qu'ils étaient pratiquement tous internationaux et composaient l'essentiel de l'équipe de France d'alors) et enfin, surtout, deux grandes “équipes”. Marseille et Paris terrorisaient l'Europe. Plus Marseille que Paris, les Olympiens ayant disputé deux finales de C1, dont une gagnée en 1993. Paris n'était pas en reste puisque vainqueur de la C2 1996 et participant à l'époque à six demi-finales d'affilée dans les différentes compétitions continentales. Paradoxalement, les matchs de ces années-là accouchaient de matchs au couteau, pas toujours très esthétiques au point de vue du jeu. Des vraies boucheries, parfois...


Un “duel” d'abord franco-français

Alors, désolé, depuis ces années-là, le “folklore” est un peu retombé, même si depuis il y a eu quelques bons matchs, quelques duels mémorables, quelques exploits, quelques déclarations bien “assassines”, etc. En 2010, la passion est encore là, mais ça reste “franco-français”, c'est à dire sans rapport avec les vrais grands sommets du foot mondial de clubs (Boca-River, Flu-Fla, Real-Barça, Chelsea-MU, Milan-Juve, etc.). Même la Bundesliga fait mieux en termes d'exposition médiatique. Déjà en septembre 2007, le match Bayern Munich/Schalke 04 était retransmis dans 142 pays, un record à l'époque pour un match de championnat allemand. Il est probable que pareille affiche du championnat d'Allemagne n'ait plus atteint depuis la visibilité de ce Bayern-Schalke mais on doute que le PSG-OM de ce soir ait le même retentissement planétaire. Ceci dit, à l'avenir, pourquoi pas ? On peut rêver... En tout cas, dans le cadre du championnat français, le PSG-OM de ce soir excite les attentes. Hormis les problèmes de supporters (c'est déjà pas mal, c'est vrai !), le climat est dépassionné, au moins au niveau des présidents et dirigeants et aussi du côté des joueurs. Et puis, les deux équipes renouent avec l'ambition : Marseille et Paris sont les deux équipes les plus attractives de L1. Pas forcément encore les meilleures, les plus efficaces et les plus spectaculaires, mais elles jouent plutôt bien et se reposent sur une identité de jeu plaisante et immédiatement identifiable (4-3-3 éprouvé pour l'OM, 4-4-2 ambitieux pour le PSG).

Du coup, on peut s'attendre à une vraie bonne partie de foot. Les deux équipes se procurent régulièrement des occasions de marquer. Seul problème : l'efficacité devant le but... Globalement, Brandao & Gignac (surtout Gignac) d'un côté et Hoarau & Erding de l'autre peinent à la mettre au fond. Gare au 0-0 ! Ou alors, ce sera le déclic, pour les uns ou les autres, voire pour les uns ET pour les autres... On ne présente plus les deux équipes. Tout le monde les connaît par cœur, poste par poste. Elles sont d'ailleurs quasi au complet, sauf Marseille. Et encore !... Mbia suspendu, c'est l'ex-Parisien Heinze qui fait la paire avec Soulé, Taïwo glissant latéral gauche. Kaboré supplée l'ex-Parisien Ed Cissé (blessé) et a priori, c'est Cheyrou qui jouerait milieu gauche, à la place de André Ayew. Heinze, Taïwo, Kaboré et Cheyrou : on ne peut pas dire que ces joueurs-là affaiblissent vraiment le commando marseillais. On dit “commando”, vu que l'équipe est montée seule à la Capitale du fait que les supporters olympiens soient “assignés à résidence” et privés de déplacement. Ce sera la même pour les supporters parisiens au retour. On guettera le duel de meneurs, Lucho contre Nenê...


Paris en challenger


Alors ? Un pronostic ?... Sur le passé, avantage Marseille : cela fait six ans que Paris n'a pas battu l'OM au Parc (2004, 2-1). Psychologiquement, le cycle victorieux des Phocéens prime toujours : l'an passé, la victoire au Parc (3-0) avait permis aux Marseillais de voler vers le titre de champion. Question fraîcheur, avantage Marseille aussi, a priori : le PSG a joué jeudi un match très engagé contre Dortmund (0-0) en Europa League (avec l'équipe A', certes) quand l'OM jouait la veille contre le Zilina (7-0). Sur le fonds de jeu, sur la capacité à dominer une rencontre, il y a égalité. Les deux équipes souffrent de la même difficulté à marquer et elles connaissent des périodes de flottement tout au long de leurs matchs, en subissant des temps faibles qui les retranchent dans leurs trente derniers mètres. En tout cas aucune des deux n'impose une emprise physique et tactique “totale” pendant 90 minutes : les deux équipes offrent du coup une friabilité défensive qui étonne. A Ginguamp (National), Marseille a gagné 1-0 en concédant beaucoup trop d'occases très nettes. Idem pour Paris, malmené au Parc contre une honnête formation de Dortmund, mais loin d'être la terreur annoncée et redoutée. Reste que...

Il semblerait que le “réveil marseillais” opère depuis peu. Il se pourrait que le 7-0 de Zilina ne soit pas complètement anodin. Outre le résultat, les buts marqués enfin par les attaquants (triplé de Gignac, but de Rémy, voire le doublé du “milieu” offensif Lucho), il y a eu cette concentration maximale de bout en bout, tendue vers l'objectif de marquer beaucoup et de bien défendre partout, tout le temps. C'est ce que le gagneur-killer Gaby Heinze attendait depuis le début de la saison : que l'OM retrouve cette force brute de la saison passée, celle qui écrase l'adversaire. L'expérimenté Claude Makélélé ne s'y est pas trompé, en parlant de cet OM qui s'en vient : « C'est une équipe qui ne séduit pas... mais elle est efficace et elle gagne. L'OM monte en puissance. C'est inquiétant pour nous. Cela dit, on reste confiants en nos qualités » . Autre indice plus probant : Paris et Marseille sont montés à Lille... Autant le PSG en est revenu avec un bon nul méritoire (0-0), autant l'OM a disloqué le Losc (3-1, après il est vrai une première mi-temps désastreuse). Pas la même impression ! Marseille a démontré plusieurs fois cette impression de puissance qui inhibe et fait mal à l'adversaire. Pas Paris. Pas encore... Le PSG n'en est pas encore là même si Claude Makélélé a parfaitement raison quand il dit que son équipe « reste confiante en ses qualités » . Il n'y a pas de raisons ! Paris a en effet objectivement les moyens de poser de sacrés problèmes aux Marseillais. Sur ses temps faibles, l'OM est carrément méconnaissable... A moins que l'OM ne se soit déjà remis en mode rouleau compresseur, celui de la deuxième partie de saison passée où, en effet, c'était une équipe qui « ne séduisait pas toujours... mais qui était efficace et qui gagnait » . Verdict cette nuit, vers 23 heures...

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