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Avant CR7, il y avait Jimmy Greaves

Sept matchs que ses fans attendaient ça. Depuis le 12 mars et son but contre le Betis Séville, Cristiano Ronaldo ne marquait plus. Ce samedi, face à Valence, le Portugais a enfin planté ce petit but qui lui permet de devenir le meilleur buteur de tous les temps dans les six grands championnats, avec 367 unités au compteur. Un record vieux de presque cinquante ans, sur lequel les plus grands artificiers se sont cassé les dents et détenu par un certain Jimmy Greaves. Retour sur les exploits d'un joueur que l'histoire aurait tort d'oublier.

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Derrière la bonne bouille de ce septuagénaire anglais, incapable de marcher et qui parle difficilement depuis son AVC en 2015, se cache Jimmy Greaves. Pas évident d’imaginer à l’heure actuelle que ces jambes immobiles ont traumatisé les défenses anglaises pendant que les yéyés martyrisaient les oreilles des Français. Alors que Bobby Charlton, George Best ou plus récemment Alan Shearer sont encore élevés au rang de mage du ballon rond outre-Manche, les Britanniques oublient souvent que le plus doué de leur histoire se terre sans doute dans un petit cottage de Chelmsford, à cinquante kilomètres de Londres. Car, jusqu’à ce samedi, c’est bien Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Pas-Assez-Le-Nom qui détenait encore le titre de meilleur buteur des six grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie, Portugal) avec 366 buts en seulement 528 matchs.

L’enfant doré des Blues


Né en 1940, Greaves rejoint Chelsea en 1955. Son talent explose dès la saison 1956-1957 : il plante pas moins de 114 buts, ce qui lui vaut de débuter en équipe première dès la saison suivante, alors qu’il n’a que 17 ans. L’Angleterre ne le sait pas encore, mais elle va découvrir le plus grand attaquant de son histoire. Dès ses débuts, Jimmy donne pourtant des indices de sa gloire future : lors de sa première apparition pour Chelsea, il marque le seul but des Blues face à Tottenham alors que la rencontre se termine sur un match nul. Pendant quatre ans, il aura au moins 20 buts à son actif chaque saison sous les couleurs de Chelsea, qui végète pourtant en milieu voire en bas de classement. À peine âgé de 19 ans, il est déjà meilleur buteur du championnat en 1959, avec 33 buts.

« Jimmy Greaves était un phénomène, affirme Ian St John, ancien attaquant de Liverpool qui sera son comparse à la télévision après leur carrière respective, dans le célèbre Saint and Greavsie Show. Il était le seul joueur adverse que Bill Shankly (l’entraîneur de Liverpool, ndlr) évoquait lors des séances tactiques d’avant-match. Ni Law ni Best ou même Charlton n’avaient cet honneur. » En 1961, il fait trembler les filets 41 fois, est à nouveau meilleur buteur et atteint d’ailleurs cette année-là les 100 réalisations en première division, à seulement 20 ans et 290 jours. En quatorze saisons au sein de l’élite anglaise, il terminera meilleur artificier à six reprises.



À la fin du championnat, il quitte Chelsea, où il ne peut pas gagner de titres, pour l’AC Milan. Comme à chaque fois qu’il arrive dans un nouveau club, il marque le jour de ses débuts. Malgré cela, la sauce ne prend pas : Londres lui manque et la rigueur de l’entraîneur ne lui plaît pas. Une dizaine de matchs plus tard et neuf réalisations au compteur, il rentre au bercail. Dès décembre 1961, il est transféré pour 99 999 livres au grand Tottenham de Bill Nicholson, qui a réalisé le doublé la saison précédente.

Pour initier les neuf saisons qu’il va passer à White Hart Lane, il marque à nouveau dès qu’il revêt la tunique blanche : pan, un triplé contre Blackpool. À Tottenham, il va inscrire son nom sur les trophées individuels, comme à Chelsea, mais collectifs également : dès sa première saison au club, il remporte la FA Cup. L’année suivante, il marque un doublé en finale de la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe, permettant aux Spurs de l’emporter 5-1 face à l'Atlético de Madrid.

Blessé le jour de la finale de la Coupe du monde 1966


De 1961 à 1970, il remporte deux FA Cup, deux Charity Shield, et la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe. Ne lui manque que le championnat pour compléter son palmarès, mais ses buts en font le meilleur joueur de l’histoire du club : il en met 220 en 321 matchs de championnat – 268 toutes compétitions confondues. Si son nom a eu du mal à traverser les générations, ceux qui ont assisté à ses exploits à l’époque le comparent à un petit Argentin – qui se rapproche lui aussi du record de Greaves – les tatouages et l’Espagnol en moins : « Sa conscience et son calme sous la pression étaient impressionnants, raconte Gilzean, coéquipier à Tottenham. Quand je regarde Lionel Messi aujourd’hui, c’est comme regarder Greavsie ces années-là. Greavsie était tout aussi bon. Il était très vif. »

Vidéo

Côté sélection, son empreinte aurait pu être plus belle s’il n’avait pas raté la finale de la Coupe du monde 1966, la seule remportée par les Anglais, à cause d’une blessure. Il n’en reste pas moins le quatrième meilleur buteur de l’histoire des Three Lions, avec 44 buts en 57 sélections, soit seulement 9 de moins que Rooney, qui a eu besoin de 119 capes pour les planter.

« Quand je passais dans le tunnel, ce n’était plus moi »


Comme souvent dans le cas des grands sorciers du cuir, le Londonien fonctionne à l’instinct et, à l’instar de Messi, est loin d’être le plus rigoureux, encore moins celui qui court le plus une fois sur le terrain. « Je n’ai aucune idée de comment j’ai marqué contre United, expliquait Greaves il y a quelques années. Si tu penses à ce que tu vas faire, tu ne le feras pas aussi bien. Quand j’arrivais sur le terrain, j’étais une personne totalement différente de celle qui était assise dans le vestiaire. En un sens, quand je passais dans le tunnel, ce n’était plus moi » , précisait-il.

« Il gardait son costume jusqu'à 14h45, se changeait, fumait une petite cigarette et pouvait ensuite mettre un hat-trick, se souvient Harry Redknapp, ancien coéquipier à West Ham. Il est le plus grand buteur que je n’aie jamais vu. Un génie. C’était comme si le monde entier s’arrêtait quand Jimmy avait le ballon dans la surface. »

L’alcool pour (l’)oublier


Ce passage forcé à West Ham – le coach Bill Nicholson voulant l'échanger contre Martin Peters – va donner le coup d'envoi de son déclin. Démotivé, Jimmy fait de la troisième mi-temps sa priorité. Il raccroche les crampons par la petite porte à 31 ans, en 1971, après une saison à West Ham, et sombre définitivement dans l’alcool et dans l'oubli pendant plusieurs années.


Malgré ses performances de joueur YouTube doublées de statistiques monstrueuses, Jimmy Greaves brille par son absence parmi les distinctions et prix honorifiques, dans le monde du football comme en dehors. Alors que Bobby Charlton est commandeur de l’Ordre britannique, Greavsie, qui le surpasse dans les chiffres, n’a même pas reçu son petit « de » . « Comment est-ce possible ? Il a donné du plaisir merveilleux aux fans de foot, puis a diverti et amusé les gens à la télévision pendant des années, s'énerve Ian St John. Il a eu deux carrières. Je ne veux pas dénigrer les autres joueurs, mais Jimmy évoluait sur une autre planète que la plupart d’entre eux. Jimmy est tout simplement l’un des meilleurs joueurs à avoir un jour tapé dans un ballon de football. » Il est pourtant également absent du FIFA 100, la liste des meilleurs joueurs de l’histoire établie par Pelé – alors que Javier Saviola ou Emre Belözoğlu en font partie.

Pas rancunier, Jimmy Greaves déclarait il y a quelques semaines au Telegraph que « les records sont là pour être battus. Si Ronaldo y parvient cette semaine, je voudrais le féliciter et lui souhaiter le meilleur pour la suite » . Aujourd'hui officiellement destitué de son trône, Greaves aura tout de même marqué les statistiques du football de son empreinte. Plutôt 366 fois qu’une.

Par Arthur Lejeune Propos de Harry Redknapp, Ian St John et Alan Gilzean issus du Telegraph
Propos de Jimmy Greaves issus du Telegraph et tottenhamblog.com
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