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Auxerre peut-il redevenir Auxerre ?

Un nouvel actionnaire chinois et un nouvel entraîneur à la tête de l’équipe première depuis quelques semaines, mais Guy Cotret maintenu à la présidence et Guy Roux toujours aux affaires, dans l’ombre : l’AJ Auxerre, ex-monument du football français, actuellement lanterne rouge de Ligue 2, ne s’affole pas. Pas encore.

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Pendant quatre bonnes décennies, l’AJ Auxerre a été un cas à part du football français. Un modèle économique et sportif unique qui paraissait éternel. Même président, même entraîneur. Le costume de dirigeant pour Jean-Claude Hamel, le survêtement de l’homme de terrain pour Guy Roux, un couple qui fera de cet ancien patronage un exemple de réussite en milieu rural, avec pour paroxysme les années 90 : un championnat de France, des Coupes de France, des épopées européennes, des joueurs internationaux, une aura médiatique et populaire ainsi qu’un statut d’incontournable. Les résultats sportifs restent globalement bons au tournant des années 2000, même si déjà, subrepticement, des choses changent. Guy Roux part, puis revient, cesse définitivement son activité d’entraîneur de l’AJA en 2005 sans pour autant quitter l’Yonne. Jean-Claude Hamel aussi finit par céder sa place et prendre sa retraite en 2009. Un dernier podium en L1 dans la foulée, une dernière campagne inespérée en Ligue des champions, puis c’est la chute. En 2012, la relégation en Ligue 2 est actée, après trente-deux ans d’élite. Quatre ans plus tard, c’est comme si tout avait changé ou presque dans l’Yonne. L’indéboulonnable AJA qui servait de repère est devenu « comme les autres » . Sportivement, l’instabilité est désormais de mise, les entraîneurs se succèdent à un rythme soutenu. L’incertitude est plus que jamais de mise aussi au niveau de l’extrasportif. Est-ce irrémédiable ? L’Association de la jeunesse auxerroise appartient-elle au passé ?

Effectif déséquilibré, mercato manqué


L’état des lieux du moment incite à répondre à ces interrogations par l’affirmative. Car oui, l’équipe au maillot blanc à liseré bleu va mal, très mal, de plus en plus mal. Depuis la relégation de 2012, les résultats étaient déjà pas mal déprimants à lire pour les supporters, mais ils sont franchement devenus une vraie souffrance depuis cet été. Au moment de disputer cette 14e journée de Ligue 2, l’AJA pointe carrément à la dernière place du classement, avec deux points de retard sur le premier non-relégable, Laval. D’autres faits inquiétants : la formation bourguignonne présente pour l’instant la plus mauvaise attaque et le deuxième pire bilan défensif du championnat et n’a remporté que deux succès. Sur le banc, il y a déjà eu un changement. Arrivé en poste en juin, Viorel Moldovan est reparti au soir d’une amère défaite face au Havre fin septembre, victime d’une lassitude express sur ses conditions de travail dès son intronisation lors de l’avant-saison. « À un moment, je ne savais pas si j’étais coach de l’équipe pro ou de CFA. Pendant la préparation, j’ai utilisé quinze joueurs. J’ai pleuré pour avoir un recrutement.(...) Ce n’est pas normal d'avoir un management comme cela. J’attendais autre chose. On se dit qu’on n’a pas de moyens. Mais pourquoi les autres équipes ont d’autres moyens ? J’ai pleuré pour avoir des joueurs de couloir, des joueurs qui changent le rythme. J’ai mal de tout cela. Je suis fatigué. J’ai galéré depuis trois mois. J’en ai marre » , avait-il vidé son sac sitôt la défaite face au HAC (0-1) validée. Ces propos avaient entraîné son licenciement pour faute grave quelques jours plus tard. Depuis, Cédric Daury est arrivé pour lui succéder, avec son profil post-formateur intéressant et de belles idées, mais l’effectif, lui, est le même et paraît toujours aussi déséquilibré. La faute à des jeunes du centre qui peinent à percer chez les pros et surtout à un recrutement manqué. Le président Guy Cotret, aux affaires depuis 2013, a récemment accusé Moldovan d’avoir écarté trois pistes qui lui avaient été proposées au mercato : Andriatsima, Maupay et Alioui, rien moins que les trois actuels meilleurs buteurs du championnat... Après la dernière lourde défaite subie à l’Abbé-Deschamps face à Niort samedi dernier (0-4), Cédric Daury s’est voulu rassurant : « Pour le moment, on est derniers. C’est qu’il y a des raisons et des manques. Mais on ne sera pas derniers à la 38e journée, même pas dans les relégables. »

« Ne pas faire de catastrophisme »


Une confiance (aveugle ?) que partage le président Cotret qui, cette semaine en conférence de presse, a martelé sa « confiance » et réclamé de la « patience » pour cette équipe. «  On voit bien ses carences et on a conscience de la nécessité d’un ou deux recrutements complémentaires, soit en joker, mais plus vraisemblablement au mercato d’hiver, a-t-il analysé. On commence à être sollicité par des agents ou des clubs directement. On est au tiers du championnat, ça laisse un peu de temps pour ne pas faire de catastrophisme et voir où on en est le 20 décembre, en se donnant les moyens de pouvoir renforcer l’équipe. » Cette conférence de presse était organisée pour officialiser la reprise de l’AJA. Car c’est l’autre grosse actualité du club, extra-sportive cette fois : la holding financière LFC Invest, ex-PLP (Paris Luxembourg Participations), qui était actionnaire majoritaire depuis avril 2013, vient de céder sa place au groupe chinois ORG Packaging, spécialiste de l’emballage alimentaire et qui fabrique notamment les canettes de Coca pour le marché local. Son boss, James Zhou, devient donc actionnaire du club yonnais, contre sept millions d’euros et la promesse d’en investir six millions de plus sur trois ans. Des sommes pas folles, mais au moins cette actualité laisse-t-elle entrevoir un avenir à l’AJA et à ses supporters. La première réussite de Zhou est d’avoir réussi à se mettre Guy Roux dans sa poche en l’assurant de sa volonté de ne pas remettre en cause l’existence de l’Association AJA, actionnaire minoritaire du club, détentrice des biens immobiliers, dont le stade.

Pour ne pas tout bousculer non plus dans cette terre bourguignonne qui a déjà subi bien trop de secousses ces derniers temps, Zhou semble aussi vouloir maintenir Guy Cotret à la présidence, tout en faisant de belles promesses. « Toute notre ambition est basée sur la longue histoire de l’AJ Auxerre  » , a-t-il annoncé. Entendre par là : s’inspirer du passé pour bâtir le futur. Pour le présent, c’est ce soir que ça se joue, au stade de la Licorne d’Amiens.

Par Régis Delanoë
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Dans cet article

L'arrivée des chinois enterrera davantage le club. Dommage.
paul.la.poulpe Niveau : Ligue 1
Ouais j'en ai bien peur. Y'a une vague de rachat de clubs français ces temps-ci. J'aimerais que celui de l'AJA soit le plus salutaire de ces rachats mais j'en suis pas persuadé.
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Quid du centre de formation? Il y a des bons jeunes ou c'est fini tout ca?
Sounders United Niveau : CFA2
Le centre est toujours dans le top 10 français. Des bons joueurs il en sort tous les ans. Le problème est la situation économique qui oblige le club à vendre les jeunes très tôt pour quelques centaines de milliers plutôt que de les laisser s'aguerrir en équipe première.
DixDier Super Niveau : District
Une petite hésitation sur le top 10 français avec le centre de formation de l'AJA dedans. Un lien crédible à faire partager l'ami ?
Plus de crack au centre ou très rarement, les meilleurs partent très jeunes (Ambrose). Après il reste pas mal de bons ptits jeunes à potentiel pro, Nobillo a fait un gros taff mais il s'est lui aussi embrouillé avec la direction.

Après actuellement l'équipe pro est composée à 70% de jeunes du centre, dont 6-7 n'avaient pas un match pro dans les pattes avant cette saison. Les pauvres font ce qu'ils peuvent, pas facile pour eux de progresser avec autant de responsabilités et dans un environnement aussi instable..
4 réponses à ce commentaire.
Un club en perdition totale, plus de gestion sérieuse plus de formation... Plus rien quoi.
Non. C était déjà le petit village gaulois avant, maintenant avec les mutations actuelles + la perte de la potion magique (l est mort et bouffé par les vers le Panoramix) c est la fin.
L'article survole le passage entre Guy Roux et la Ligue 2. Si Auxerre en est là c'est surtout la faute de Jean Fernandez. Le mec qui a dilapidé le peu d'économies que le club avait (coucou Contout, Maoulida, Issa Ba, Marcos Antonio, Tamas, Lesage, Munteanu, Quercia, Oliech ...). Le mec qui est venu avec son staff et ses putains de méthode. Le mec qui a profité du travail de sape de ses prédecesseurs (Roux et Santini qui avait une belle équipe quoi qu'on en dise). Il s'est construit des effectifs à 30 joueurs achetés à prix d'or et payés décemment. Cette gestion catastrophique est la cause de beaucoup des maux de l'AJA... Tout ça pour se barrer comme une fleur et laisser un bordel sans nom derrière lui ...
DixDier Super Niveau : District
N'empêche qu'il fait un podium en 2012 donc, sur le coup, c'était justifié. De plus, lui reprocher cela après tous les guignols qui sont passés entre temps ... Fernandez n'a clairement pas eu la meilleure politique pour l'avenir du club, mais ce n'est pas le bouc émissaire parfait non plus.
Son podium il le fait en 2010 grâce à un Jelen qui marchait sur l'eau et à un incroyable concours de circonstance. Bordeaux qui s'écroule à la fin et beaucoup de victoires 1-0 sur la seule action du match... La saison suivante montrera bien que c'était un sacré coup de bol.
Non franchement il est indéfendable ! le nombre de joueurs merdiques qu'on a accumulés à cause de lui. Ok il y a eu un trou générationnel dans la formation mais il a laissé filer Ciani, n'a pas fait confiance à Traoré, Lejeune, Kitambala. Bref, dépenser pour dépenser sans apporter une amélioration qualitative c'est inutile. Tout ça a mis les finances du club à mal.
DixDier Super Niveau : District
Traoré, Lejeune, Kitambala sont où aujourd'hui ? Ce n'étaient pas des cracks si dignes d'avoir une telle confiance.
La LDC sous Fernandez a surtout été "achetée" avec près de 40 millions de transferts en trois ans quand il arrive, pour des ventes cumulées à 15 millions. Il a dilapidé les réserves d'un club qui a mis 30 ans à les économiser et qui a toujours été en déficit structurel.
Tout ceci en cassant le modèle traditionnel auxerrois de mise en valeur des jeunes, d'ailleurs si ceux-ci n'étaient pas au niveau (facile à dire après coup quand on voit les années qu'ils ont perdu), que dire des recrues du fossoyeur ? Et il a bien failli priver N'Tep de carrière, bloqué à l'époque en CFA2 (équipe C)..

Par ailleurs il s'est servi de ce paillasson de Dujon pour imposer son mode de fonctionnement en s'arrangeant pour évincer tous ceux qui n'allaient pas dans son sens (comme le fait Cotret aujourd'hui), pas un hasard si les historiques et une partie des meilleurs formateurs sont partis.
On est passé d'un échec pour cinq recrues peu couteuses, à quatre échecs pour cinq recrues surpayées.

En fait c'est simple, sous Fernandez Auxerre s'est mis à fonctionner comme n'importe quel club lambda de ligue 1, ce qui était déjà impossible pour l'AJA en 1990. A partir de là ça a tenu cinq saisons car le club était ultra solide financièrement au départ de Roux, mais la descente était inévitable à terme.

Ensuite en ligue 2 la situation était prévisible, le centre est à la fois le boulet et la bouée de l'aja. Bouée car c'est lui qui continue à fournir la grande majorité de l'équipe A, boulet car il coute bcp trop cher pour la ligue 2 et qu'il est impossible de le rentabiliser.
Le seul moyen de sauver le club et d'éviter une "lavallisation" est une remontée en one-shot qui permettrait de remettre le centre en valeur. J'espère que les chinois l'ont bien compris.
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Pragmatique Niveau : CFA2
"l’AJA pointe carrément à la dernière place du classement, avec deux points de retard sur le premier non-relégable, Laval. D’autres faits inquiétants : la formation bourguignonne présente pour l’instant la plus mauvaise attaque et le deuxième pire bilan défensif du championnat et n’a remporté que deux succès."

Alors en fait, tu vois, c'est le principe d'être dernier du classement : tu as souvent une mauvaise défense ou une mauvaise attaque, voire les deux à la fois.Tu ne gagnes pas beaucoup non plus.Quoi qu'il en soit, la défense et l'attaque pointent rarement au delà de la quinzième place au classement général.

Rassure-moi, tu ne pensais pas qu'il était possible de voir le club dans les 5 premiers avec ce bilan quand même ?
spacieux_rituel Niveau : DHR
Très honnêtement je suis le foot depuis pas très longtemps (booouh) et j'aime pas trop l'AJA, à cause de Jean Fernandez justement je pense. Les mecs finissent 3e en 2010... 9e la saison d'après... et ensuite bye bye. Guy Roux a l'air d'être un vieux con mais ça me fait quand même chier pour lui, SON club, lui qui l'a emmené tout seul si haut, et là c'est la déchéance... dans une moindre mesure ça me fait penser à l'ETG de Dupraz.
Heureusement que tu précises "dans une moindre mesure" en citant l'ETG, même si je vois ce que tu veux dire.

Auxerre c'est autre chose que trois saisons de ligue 1 et une finale de coupe. L'AJA c'est plus de 100 matchs européens avec un statut d'épouvantail pendant des années, un titre, quatre coupes de France, une vingtaine d'internationaux français sortis, 15-20 ans au top avec une gestion parfaite et la reconnaissance des Cruyff, Platini et de tout le monde du foot.

La seule comparaison que je pourrais trouver avec l'histoire de l'AJA et Roux, mais c'est très vieux et a été bien moins haut, c'est Le Millinaire dans les années 1980.
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Ah les chinois... Ils viennent investir dans des modèles de formation partout dans le monde. B il y a des pays qui vont avoir des surprises
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