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Auxerre, c’est quoi le problème ?

Relégable depuis ce week-end, l’AJ Auxerre est en train de vivre une crise sportive sans précédent. Accusé de couler le club par les supporters, Gérard Bourgoin se retrouve en première ligne, alors que Laurent Fournier pourrait bien être le premier entraîneur licencié de l’histoire du club. Mais au fait, comment en est-on arrivé là ?

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Une communication mal gérée

Arrivé aux commandes de l’AJA dans la confusion, Gérard Bourgoin a eu le tort de rouler des mécaniques en annonçant viser le podium en début de championnat. Puis il a publiquement tancé Ben Sahar avant les fêtes, SA recrue, qui ne met plus un pied devant l’autre depuis. Après l’élimination en Coupe de France à Châteauroux, l’ancien roi du poulet a qualifié ses joueurs d’ « enfants gâtés, au comportement inqualifiable  » . Certes, le dirigeant historique n’est pas du genre à manier la langue de bois ni à fuir les micros, mais sa légendaire grande gueule est en train de lui jouer des tours. A l’Abbé-D, on a la mémoire courte et, davantage que celle du coach ou que celles des joueurs, c’est la tête du président qui est demandée en priorité, coupable selon les fans d’avoir mené un putsch au printemps dernier pour évincer Dujon. Après la déroute face à Nancy, Gérard Bourgoin a de nouveau confirmé Laurent Fournier dans ses fonctions, histoire de montrer qu’il garde le cap malgré les remous. Sauf qu’il aurait auparavant tenté de contacter Eric Gerets.

Des matchs charnières mal négociés

Dès son arrivée en Bourgogne, Laurent Fournier avait fait part de sa volonté de mettre en place une équipe joueuse, comme pour mieux marquer la rupture avec les 5 ans de bétonnage intensif estampillé Jean Fernandez. Le début de saison lui a donné raison : dans le sillage d’un Alain Traoré au pied gauche de velours, l’AJA, à l’image de ses victoires face à Ajaccio et Sochaux au sortir de l’été (4-1 les deux fois), emballait et, forte d’une marge de progression réelle, laissait augurer de belles promesses. Il faisait alors encore beau et chaud. Depuis, l’avenir du club s’est assombri à mesure que l’on avançait dans l’hiver. Plusieurs fois, les hommes de Fournier auraient pu basculer dans la bonne partie du tableau ou se donner le bol d’air nécessaire, mais ils ont à chaque fois manqué le coche : lorsque le calendrier leur a réservé deux réceptions de suite (pour deux défaites) ou lors de déplacements à leur portée. Après 21 journées, les Bourguignons ne se sont toujours pas imposés à l’extérieur. Ce n’est pourtant pas faute d’en avoir eu l’occasion : nuls rageants à Lorient ou Saint-Etienne, défaite à Valenciennes (2-1) après avoir ouvert le score. Conséquences, les principes de jeu se sont envolés et les Icaunais jouent désormais la boule au ventre. Au point qu’ils en oublient leurs fondamentaux : 35 buts encaissés.

Des cadres qui flanchent

Solide. Compact. Costaud. Voilà les adjectifs qui caractérisaient le mieux le Auxerre de Jean Fernandez, rarement brillant, mais néanmoins difficile à bouger, y compris pour le Real Madrid. Si les hommes sont quasiment les mêmes, il ne reste toutefois plus grand chose de l’héritage laissé par l’entraîneur de l’année 2010. Les Auxerrois sont devenus friables et ne possèdent plus les garanties défensives nécessaires pour voyager. Prendre trois buts à la maison face à Nancy, dont l’avant-centre s’appelle Niculae, il faut quand même le faire. Sorin a retrouvé un niveau en raccord avec son style : discutable. Hengbart est redescendu de son nuage. Ndinga ne vaut plus la moitié des 12 millions que Jean-Michel Aulas était prêt à claquer l’été dernier pour enrôler le Congolais. Quant à Grichting, il ne sera jamais le patron de cette défense orpheline de « Police » Coulibaly, blessé, et de Jean-Pascal Mignot, dont le départ vers Saint-Etienne en août dernier était peut-être le plus préjudiciable de tous. A ce jour, le seul « historique » à assumer son « statut » reste le Kenyan Dennis Oliech, qui affiche huit buts au compteur malgré un manque d’adresse qui ne date pas d’hier.


Un recrutement Hard Discount

On a souvent attribué la fabuleuse troisième place, synonyme de C1, obtenue par l’AJA en 2010 à l’exceptionnelle réussite du duo Pedretti-Jelen. Aujourd’hui, le buteur maison et sa rampe de lancement préférée sont partis à Lille, et ont laissé un vide sidéral au sein du onze bourguignon. Et ceux qui étaient censés les remplacer ne se sont pas montrés au niveau. D’ordinaire, Auxerre parvient toujours à compenser sa relative faiblesse économique en se montrant malin sur le marché des transferts (Benjani, Hengbart, Kahlenberg). Cette année, les dirigeants auxerrois ont enchaîné mauvaise pioche sur mauvaise pioche. Ben Sahar reste une énigme sans nom, Issam Jemâa confirme comme prévu ses stats Lensoises (8 matchs, 2 buts), alors qu’on cherche encore le pourquoi du recrutement de Rudy Haddad. Pour sauver sa peau, Auxerre se serait mis sur la piste de l’ancien Valencian David Navarro, libre suite au dépôt de Bilan de Neuchâtel Xamax. Un recrutement salutaire, enfin ?

Par Marc Hervez
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