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Aux origines du derby eterno

Sporting et Benfica s’affrontent pour la quatrième et dernière fois de la saison, avec, en toile de fond, la lutte pour le titre de champion portugais. Le récent transfert de Jesus de la Luz à Alvalade, ainsi que le retour au sommet des Leões ont considérablement ravivé la flamme du derby eterno, encore considéré par beaucoup comme le classique de référence du football portugais.

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21 novembre 2015. Après avoir vendangé comme rarement cette saison, Islam Slimani délivre l’Estadio de Alvalade à moins de dix minutes de la fin de la prolongation des 16es de finale de la Coupe du Portugal opposant le Sporting à Benfica. Au coup de sifflet final, les locaux exultent. Leur équipe vient de battre le rival encarnado pour la troisième fois de la saison. Si le bilan récent est déséquilibré, l’histoire donne encore raison aux Benfiquistas, qui mènent la danse de 20 succès (128 contre 108 pour les Sportinguistas, et 61 nuls). Forts du temps où la panthère Eusébio foulait les pelouses portugaises, mais aussi des dernières années chaotiques des Verdes e Branco, les pensionnaires de la Luz sont les hommes forts du derby eterno (le derby éternel). Un joli bras d’honneur à l'histoire. Car fut un temps où le petit Benfica servait de pépinière à l’ogre du Sporting. En 1906, le club de l’élite lisboète, plus riche et stable financièrement, réussit à faire basculer huit joueurs du Grupo Sport Lisboa - l’ancien nom de Benfica – du côté vert de la force. C’est le début d’une rivalité qui demeurera extra-sportive jusqu’au 1er décembre 1907, date du premier derby de l’histoire auquel prendront part les huit salopards. Parmi eux se cache Cândido Reis, premier buteur ce jour-là et accessoirement un des grands fondateurs du Grupo Sport Lisboa avec Cosme Damião. Immense figure de Benfica – le musée benfiquista porte son nom -, ce dernier scelle à l’époque le sort de la rencontre en faveur des Leões d’un malheureux but contre son camp. 2-1, tel est le score d’un match qui, pour l’anecdote, aura été arrêté de longues minutes à cause d’une forte pluie… sur décision des joueurs. À force d’insister, l’arbitre de la rencontre obtiendra l’accord des acteurs pour continuer la représentation sous les eaux. Une première mémorable en tous points.

L’élite contre le peuple


Si les choses ont radicalement évolué depuis plusieurs générations, le Sporting garde l'étiquette de club de l'élite lusitanienne, par opposition au club populaire qu'est Benfica. Cet antagonisme social est, avec le contexte sportif, la principale raison du désamour séculier que nourrit chacune des deux institutions envers l'ennemi. Il faut dire qu'au début du XXe siècle, tout oppose les deux rivaux. Le Sporting est déjà une entité professionnelle structurée, possède déjà son propre terrain, ses vestiaires et ses douches là où le futur Benfica est obligé de louer des stades publics et où ses joueurs sont forcés de prendre leur douche d'après-match dans des puits ou fontaines des environs. Dans le hors-série spécial numéros 10 de So Foot, Paulo Futre raconte qu'en arrivant jeune au Sporting, il s'était rendu compte qu'il « était le rebelle et eux (les autres gamins du Sporting) les bourgeois » . S'il était né 70 ans plus tôt, Futre aurait donc sûrement débuté chez les Encarnados - chez qui il fera tout de même un bref passage en 1993 - tant ses dires illustrent à merveille la vision benfiquista d'antan à propos de la rivalité qui les oppose au Sporting.


Malgré tout, après trois années de fortes tensions sportives, la période 1910-1914 se veut plus calme en raison de l'écrasante domination des aigles lisboètes. Le Sporting mettra de nouveau le feu aux poudres avec son arme financière en « volant » l'atout majeur de Benfica, Artur José Pereira, afin d'en faire le tout premier footballeur professionnel du Portugal. Cet ultime affront décide définitivement du sort de la relation entre les deux frères lisboètes. Benfica est à cette époque contre le professionnalisme dans le football et connaît donc une double défaite. La première sur le plan sportive, puisque la perte de Pereira coïncide avec le premier titre du Sporting dans le championnat de Lisbonne, et la seconde sur le plan idéologique, car les Encarnados seront rapidement forcés de reconsidérer leur position sur la question du professionnalisme dans le football.

Du transfert d’Eusébio à nos jours


L’écurie de la Luz prendra sa revanche sur le cas Artur José Pereira près d’un demi-siècle plus tard. Quelque part dans la colonie portugaise du Mozambique, une jeune panthère enfile les buts comme des perles sous les couleurs du Sporting Lourenço Marques, filiale des Leões de la métropole. Il s’appelle Eusébio et vit mal son appartenance à cette équipe qu’il juge « raciste » . Lui, l’amoureux de Benfica ne doit sa présence chez l’ennemi qu’à une mère trop peu informée sur le football pour hésiter à signer un contrat au Sporting pour son fils mineur. Elle ne réfléchira pas plus longtemps quand, quelques années plus tard, Benfica pose environ 1 300 euros sur la table pour arracher le King des mains d’un destin sportinguista tout tracé. Une fois l’accord passé, le SLB organise la fuite d’Eusébio à la faveur d’un stratagème digne de la série Homeland. La jeune recrue hérite d’un nom de fille, « Rute » , et les coups de fil vers et en provenance de Lisbonne ne passent que par la boucherie du cousin Armando Silva. Après plusieurs jours d’attente, ce dernier reçoit l’appel tant attendu. « Rute doit embarquer aujourd’hui » , lui dit-on. Mais le Sporting est bien informé et flaire le pot-aux-roses, à tel point qu’un émissaire du club se présente chez Lucia, la mère de la panthère, avec une proposition deux fois supérieure à celle de Benfica. L’argent ainsi que les recours administratifs ne suffiront pas à faire changer Eusébio de bord, ce dernier allant jusqu’à se cacher dans une maison en Algarve pendant six mois pour échapper aux Leões. Ces derniers essuient là le plus grand revers de leur longue histoire.


Plus récemment, la nomination de Bruno de Carvalho au poste de président du Sporting a ravivé la flamme d’une rivalité qui s’était presque éteinte depuis plusieurs années en raison de l’hégémonie du FC Porto, mais aussi de la période sombre traversée par les Verdes e Branco entre 2008 et 2013. Mieux, le transfert de Jorge Jesus de la Luz à Alvalade a refait passer au premier plan un derby eterno qui s’est souvent effacé derrière le classico Benfica-Porto ces 30 dernières années. Débats houleux, punchlines par presse interposée entre présidents et anciennes gloires des deux entités, électricité ambiante sur le terrain. Le derby eterno semble avoir récupéré, du moins cette année, sa couronne de plus grand classique du football portugais. Mais pour combien de temps ?

Par William Pereira
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