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Austria, le vrai club de Salzbourg

En 2005, Red Bull faisait une entrée fracassante dans le monde du football en concrétisant le rachat de l’Austria Salzburg avec le souhait d’en effacer toute trace passée. Depuis, les fans ont recréé leur club qui a gravi presque tous les échelons du football autrichien. Non sans mal.

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Le moins que l’on puisse dire est que, lorsqu’elle rachète un club de foot, l’entreprise de boissons énergétiques Red Bull ne s’embarrasse pas vraiment du poids de l’histoire de l’institution qu’elle reprend. Si la nouvelle du rachat de l’Austria Salzburg redonne dans un premier temps espoir aux supporters d’un club à la dérive, ils déchantent très vite lorsqu’ils découvrent les réelles intentions des nouveaux investisseurs. Ils comprennent notamment par la voix d’Heinz Hochhauser, directeur sportif prônant à tue-tête la naissance d’un tout nouveau club, que Dieter Mateschitz, co-fondateur de la marque et à l’initiative du rachat, semble être partisan de faire table rase du passé en changeant couleurs, maillots et logo du club. Avant de carrément se muer en négationniste du football en voulant apposer la nouvelle date de création du club et non celle historique de 1933. Ironie du sort, la franchise est obligée de conserver date et palmarès de l’Austria afin de pouvoir commencer l’aventure en première division et non en septième, auquel cas il aurait sans doute été plus difficile d’attirer d’emblée Thomas Linke ou Alexander Zickler.

Les chaussettes du gardien de but


Des couleuvres, les supporters du SV Austria Salzburg en ont pourtant avalé à toutes les sauces concernant la raison sociale d’un club tantôt affublé d’un nom de centre commercial, de casino ou de compagnie d’assurance. Même si certains frondeurs se sont élevés au milieu des années 90 pour réclamer la restitution de l’identité d’origine, alors que le club écrivait la plus belle page de son histoire européenne, atteignant la finale de Coupe de l’UEFA face à l’Inter de Dennis Bergkamp sous le nom de Casino Salzburg, nul doute qu’ils auraient accepté en 2005 un énième changement de nom, mais pas une éradication pure et simple du passé de leur club. Moritz Grobovschek, l’un des meneurs de la révolte pour parvenir à conserver un tant soit peu d’identité, évoque « d’interminables et ennuyeuses discussions avec le bras droit de Mateschitz pour se voir finalement proposer comme compromis le logo de l’équipementier Adidas en violet et que le gardien porte des chaussettes violettes » . Une moquerie résultant de l’abandon du club par ses fans les plus fervents. « C’était en septembre ou octobre 2005. Nous sommes partis du stade à la 72e minute du match, comme le nombre d’années d’existence de l’Austria Salzburg. 3 200 personnes sont parties ce jour-là, mais nous ne savions pas encore que nous fonderions un nouveau club. »

Comme le répète à l’envi le slogan bien connu, Red Bull donne des ailes et, encouragés par l’entraîneur du Red Bull Salzbourg, Kurt Jara – qui estime que « si des supporters tiennent à jouer en violet, ils n’ont qu’à créer leur club » –, vont apprendre à voler avec les leurs en formant l’Austria Salzburg sur le modèle de l’AFC Wimbledon, nom et couleurs originels en prime. Une journée de détection est organisée au pied levé, non pas pour dénicher le nouveau Matthias Sindelar, mais pour tenter d’avoir une équipe à peu près compétitive pour le nouveau départ tout en bas de la hiérarchie du football autrichien, en septième division. « Nous avons trouvé une équipe de onze parmi soixante joueurs. Presque la moitié était soit des membres des clubs de supporters, soit leurs amis proches. Joueurs, supporters, dirigeants, nous ne faisions réellement qu’un » , retrace Moritz Grobovschek, premier président du nouvel Austria, et ce, deux ans et demi durant. Lorsqu’il est question de savoir si d’éventuels anciens pros sont revenus jouer pour leur club de cœur afin que l’histoire soit encore plus belle, toute romance est bien vite écartée. « C’étaient plus des joueurs qui avaient évolué au club jusqu’à seize ou dix-sept ans et qui ont ensuite tenté de rester au Red Bull Salzburg, ceci étant bien plus intéressant pour eux financièrement, bien entendu.  »

Première revanche face à la vache folle


L’assemblage de fortunes semble fonctionner, puisque l’Austria Salzburg est promu à quatre reprises en autant de saisons. Non sans terroriser les habitués des petits clubs du fin fond de l’Autriche, peu habitués à recevoir un tel contingent de supporters. « Des gens avaient peur lorsque nous venions jouer, de par le nombre de fans et l’histoire du club, Red Bull arguant qu’eux étaient un club familial lorsque nous étions des hooligans pour notre ferveur. Mais après quelques matchs, tout le monde était ravi, puisque les recettes lors de nos venues augmentaient d’environ 80% » , aime à rappeler Moritz Grobovschek, membre des Tough Guys 92, l’un des groupes de supporters des Violets les plus influents et le plus ancien. De nombreuses banderoles fleurissent par ailleurs à travers l’Europe pour soutenir le projet, dont celle, non sans humour, des fans du SV Mattersburg appelant à stopper la maladie de la vache folle, en référence à l’animal symbole de la marque autrichienne. L’idylle ne dure cependant qu’un temps et, malgré la relative liberté en matière de spectacle en tribunes, la découverte de stades bucoliques s’avère ennuyeuse du fait du manque d’adversité et de rivalité.

L’adrénaline de la rivalité, les fans de l’Austria vont enfin la palper à nouveau face au FC Liefering, après une accession en troisième division pour la saison 2010/2011. Une équipe au nom ne signifiant rien au premier abord, mais qui cache en fait la réserve du Red Bull Salzbourg. Compte tenu du mal causé par la marque, Moritz Grobovschek se remémore cette rencontre comme « la meilleure ambiance vécue même si ce n’était que face à une réserve. C’était une sorte de revanche. Nous avons joué dans un stade de 13 000 places et je crois que 80% soutenaient l’Austria. » La rencontre se solde par un match nul, mais la leçon en tribunes est éloquente. Mieux que de simplement jouer le maintien, le billet pour la seconde division est validée trois saisons plus tard, même si le cadeau est encore une fois empoisonné. « Quand j’ai démissionné en 2008, les comptes du club étaient positifs, puisque nous gardions de l’argent de côté pour le jour où nous serions promus en seconde division, qui est professionnelle et très chère. Avant même le début de la saison, le déficit s’élevait à 200 000 euros. Une surprise puisque la gouvernance d’alors avait pris soin de le cacher dans le rapport financier » , explique le premier président du club.

Suivre l’exemple de l’AFC Wimbledon jusqu’au bout


Pénalisé de six points dès le début de saison, cette fois l’Austria ne parvient pas à se maintenir et connaît la première relégation de son histoire à l’issue de la saison 2015/2016, en Regionalliga West, l’équivalent du National. Pire, il évite de peu le désastre grâce notamment à des collectes de fonds rapportant environ 100 000 euros, auxquelles participent notamment les ultras de l’Udinese, amis des Austrianers, ainsi que bon nombre de fans allemands. Sauvés, les supporters peuvent se prendre à rêver d’un destin similaire à celui de l’AFC Wimbledon, leur muse, qui a devancé au classement pour la première fois il y a peu le rival honni des MK Dons en League One. Un rêve fou, rendu possible par la volonté de Red Bull d’investir beaucoup plus du côté de Leipzig dans une Bundesliga au marketing bien plus intéressant. Possible signe des premiers effets de la nouvelle stratégie, c’est Sturm Graz qui domine actuellement les débats en Autriche. En attendant le jour béni d’une seconde revanche encore plus significative face au Red Bull Salzbourg cette fois, et non sa réserve, tout individu pris en flagrant délit de consommation d'une boisson à base de taurine avec deux bovins rouges dessinés sur la canette verra cette dernière expédiée d’un coup de crampons dans la poubelle la plus proche.

Par Grégory Sokol
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