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Aurélien Collin : « Le peuple est en train de mourir »

Marié à une Vénézuélienne, Aurélien Collin vit par procuration les événements qui se déroulent dans le pays de sa compagne. Depuis New York, où il évolue, le défenseur des Red Bulls a accepté de revenir sur cette crise sans précédent.

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Aurélien, votre femme vient du Venezuela et vous êtes très impliqué dans tout ce qui touche à ce pays. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il s’y passe actuellement ?
C’est la grosse crise au pays. Le pays est endetté comme pas possible. C’est un chaos économique et humanitaire.

Avec comme cible principale, l’actuel président, Nicolas Maduro…
Il ne respecte pas la Constitution. Il devait y avoir un référendum à mi-mandat, mais il le repousse constamment. Il fait ce qu’il veut. J’ai peur quand je le vois parler. Ça ne me rassure pas. Je ne comprends pas son idéologie. Quand tu vois ses discours, ce n’est pas une bonne représentation du peuple vénézuélien. Il fait beaucoup de fautes d’orthographes, il invente des mots. Il était très fidèle, très loyal envers Hugo Chavez, mais il n’était pas préparé à ça, à prendre sa succession (Hugo Chavez est décédé en mars 2013, ndlr). Attention, je suis anti-Chavez à 100%, mais il avait un grand charisme, un grand parcours militaire. Maduro n’arrive pas à la cheville de ce que représentait Chavez.


Quelles sont les solutions envisagées ?
S’il n’y a pas de règle, c’est compliqué. On est face à un dictateur, un tyran. Le dialogue est impossible. De notre côté, on envoie beaucoup de marchandises à des associations. Il y a encore des compagnies de confiance. Quand tu offres à manger aux gens, c’est extraordinaire pour eux.

Concrètement, ça se traduit également par de nombreuses manifestations depuis des semaines pour essayer de faire bouger les choses, c’est ça ?
Toute ma famille y a participé. Les manifestants reçoivent régulièrement du gaz lacrymogène donc, dans les marchandises qu’on envoie, on met des masques. C’est la guerre civile. Ça fait près de 110 jours que ça a commencé. Les gens meurent de faim. Donc certains sont obligés d’aller travailler quand même. Mais ceux qui protestent bloquent les autoroutes…

Il y a également eu une consultation d’organisée par l’opposition…
On a tous été voter, mais ça n’a pas une grande valeur légale. Il y a quand même eu plus de 7 millions de votes. Des centres ont été ouverts dans toutes les grandes villes américaines. Parfois, il y avait quatre heures de queue. Franchement, il y a du monde qui s’est mobilisé.

Et au quotidien, comment ça se passe sur place ?
Il y a une grosse inflation. Les prix augmentent. Quand tu compares les salaires mensuels moyens avec d’autres pays, la différence est abyssale. Quand tu n’as pas de famille à l’extérieur du pays pour t’envoyer de l’argent, c’est compliqué. Les salaires sont en bolivar et les prix au marché sont en dollars. Par exemple, une empanada, sorte de petit sandwich, ça coûte 5000 bolivars quand le salaire moyen n’est que de 100 000. A ces tarifs-là, c’est impossible de s’occuper de sa femme et de ses enfants. Qu’est-ce que tu veux faire ? Il y a également une baisse du prix du pétrole. En fait, le pétrole vénézuélien a besoin d’un traitement avant d’être vendu et la grande entreprise du pays ne marche pas bien du tout. Le Venezuela est même parfois obligé d’acheter du pétrole. Par contre, il y a des gens qui sont dans l’import/export et qui se font des milliards.


À cela s’ajoute une insécurité de plus en plus grandissante…

Effectivement, il faut rappeler que c’est le pays le plus dangereux du monde. J’y suis déjà allé huit fois et c’est tout le temps très dangereux. Je remercie le bon dieu. On fait très attention, on n’attire pas les regards, on n'a rien d’ostentatoire quand on sort. Je touche du bois. Là-bas, c’est très rare qu’une personne n’ait pas été touchée par des soucis d’insécurité. Une comparaison avec les Etats-Unis ? C’est très relatif. Même si on n’est jamais sûr de rien, des gens peuvent poser des bombes partout hein, tu peux quand même sortir le soir, ici, à New York. Au Venezuela, après 18 heures, il faut faire très attention !

Et toi, personnellement, comment tu vis cette situation au Venezuela ?
Ce qui se passe, ça me touche énormément. C’est une partie de mon cœur. Aux Etats-Unis, on vit la belle vie. En gros, tu culpabilises. Tu te demandes ce que tu peux faire pour aider. Moi, je ne peux pas sortir du pays pour le moment, c’est à cause de la green card. Je suis en attente de la recevoir. J’ai mon passeport vénézuélien, je dois aller le récupérer lors de mon prochain voyage là-bas. Du coup, on est addict aux informations, même si on s’est un peu calmé ces derniers temps. Je sais que ma femme participe à plein de groupes Whatsapp pour savoir ce qu’il se passe. On se sent impuissant, mais dès qu’on a la green card, on va repartir là-bas.


De France, on ne se rend pas vraiment compte de ce qu’il se passe là-bas…
On a fait beaucoup de contestations pour que les gens nous aident. Donald Trump a dit qu’il allait nous aider. On attend. La Croix-Rouge ne peut pas rentrer dans le pays. Pourquoi l’ONU ne fait rien ? Le peuple est en train de mourir. Il faut que les gens connaissent la situation. On a besoin d’une aide internationale. Je sais que c’est la même chose dans plein de pays.

On va essayer de finir sur une note un peu plus gaie. Où en êtes-vous pour porter le maillot de la Vinotinto ?
Ce n’est pas la priorité. Ça fait un an que j’ai rencontré le sélectionneur. Ça devait aller sur le bon chemin, mais tout est très retardé avec les problèmes du pays. Après, quand tu joues pour une sélection, t’as un accès au monde. Mais bon pour l’instant, le sélectionneur fait ses choix.

Propos recueillis par Tanguy Le Seviller
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