1. //
  2. // 1/16e
  3. // Compiègne/Lille

Aulon : « Lille, c’est pas le match pour faire la fête »

Hubert Aulon est arrivé à 15 ans à l’AFC Compiègne (CFA). Aujourd’hui âgé de 32 ans, ce milieu de terrain défensif pisté par Rennes et Lens est un taulier du club picard. Aujourd'hui, il n’a pas l’intention de faire de la figuration pour les 16ème de finale de Coupe de France face à Lille. Et tant pis pour Eden Hazard.

3 0
Jusqu’ici, vous n’avez affronté que des clubs de division inférieure ou de même niveau en Coupe de France. Et là, vous tombez sur le champion de France en titre. Qu’avez-vous-ressenti au moment du tirage ?
Comme tirage, on ne pouvait pas espérer beaucoup mieux, à part peut-être des grands noms comme Marseille, Paris ou Lyon. On va quand même jouer contre le champion de France et vainqueur de la Coupe de France en titre. Mais jouer une Ligue 1, ce n’est pas une fin en soi. On ne se dit pas que c’est le match pour faire la fête, on espère quand même pouvoir se qualifier. En tirant un plus petit, ça augmente les chances de se qualifier. C’est vrai qu’il ne reste plus beaucoup d’équipes de niveau inférieur (Limoges et Sablé-sur-Sarthe, en CFA2, NDLR), mais quand on arrive en 32ème ou en 16ème de finale de Coupe de France, les chances de passer sont assez faibles. On l’a vu en 32ème contre La Montagnarde, qui joue une division en-dessous de nous, en CFA2. On a eu du mal et on est passé qu’après les prolongations (victoire 2-1, NDLR).

Comment vous avez préparé ce match contre le LOSC ?
Lille est une équipe qui joue bien au ballon. On travaille beaucoup tactiquement, pour voir comment, dans notre organisation, on peut espérer les contrer. Je dis bien « espérer » parce que je sais que ce ne sera pas facile. On essaiera de tenir le plus longtemps possible en les faisant douter. On est surtout dans l’idée de ne pas se faire éliminer trop vite, d’être bon dans le replacement, de bien décaler et bien faire notre travail en zone. On va jouer contre des joueurs très forts techniquement. Le but, c’est surtout de ne pas se faire éliminer bêtement et créer des décalages trop faciles. Ensuite, on va aussi essayer de jouer notre jeu parce qu’on est une équipe qui aime jouer au ballon. Mais avec un tel adversaire, on sait qu’on n’aura pas beaucoup le ballon, donc on insiste vraiment sur le travail de récupération. À nous ensuite de jouer le mieux possible les deux-trois opportunités qu’on aura. Notre point fort, c’est de ne jamais rien lâcher, surtout en coupe. À chaque fois, ça a été compliqué. On a été menés au score au 8ème tour ainsi qu’en en 32ème de finale et on a réussi à passer. Il faudra aussi qu’on ait beaucoup de réussite. J’ai jamais vu une équipe de niveau inférieur se qualifier sans réussite.

Vous avez perdu 1-0 contre Lens en 32ème de finale de Coupe de France il y a deux ans. Quelles leçons avez-vous retenu de ce match ?
On a fait une belle prestation, on ne perd que 1-0 avec un but contre notre camp. La grosse différence, c’est l’efficacité. Nous, il nous faut 5-6 situations pour marquer, alors qu’eux, ils en ont eu une et ils l’ont mise. On a eu beau se créer des occasions par la suite, on n’a jamais réussi à égaliser. Le peu d’opportunités qu’on aura contre Lille, il faudra savoir les utiliser.

Vous jouez dans le même groupe de CFA que la réserve de Lille. Vous avez déjà affronté certains joueurs pros du LOSC ?
On a joué Frau la saison dernière, mais là il est parti à Caen. Cette année, il n’y avait aucun pro quand on a joué Lille. Par contre, je me rappelle d’avoir joué Hazard il y a quelques années. À l’époque, il était plus jeune, c’était juste avant qu’il commence avec les pros. Il était rentré 20 minutes et on avait vu toute l’étendue de son talent. Il nous avait fait très très mal ce jour-là. Après, on l’a revu à la télé avec l’équipe première. On s’est dit : « Ah tiens, c’est celui-là qui était rentré, le petit jeune… » . Et maintenant, on voit où il en est. C’est pas étonnant s’il en est là aujourd’hui.

« Pas spécialement envie de devenir pro »

Vous n’allez pas jouer dans votre stade mais à Beauvais. Qu’est-ce que ça fait de jouer dans une enceinte de 10 000 places ?
Il va y avoir de l’excitation parce qu’on n’a pas l’habitude de jouer dans un stade aussi grand. J’espère que le stade sera plein. Quand on a joué à Bollaert, il n’y avait que 5 000 personnes. Jouer dans un stade comme celui-là alors qu’il n’est pas rempli, ça fait un peu bizarre. Si le stade est plein, ça va nous galvaniser. On n’a rien à perdre, alors on va profiter du moment et espérer que le public nous poussera et jouera son rôle de 12ème homme comme on dit.

Vous êtes arrivés à Compiègne à l’âge de 15 ans. Vous n’avez jamais voulu devenir pro ?
Pas spécialement. À Compiègne, on a commencé en PH. On est monté petit à petit : PH, DH, CFA2, CFA. Mon évolution s’est faite avec le club. Ensuite, j’ai eu quelques touches pour faire des essais à Lens et à Rennes, mais sans avoir vraiment la prétention de signer. J’y suis allé par curiosité mais je n’étais pas trop tenté par le monde pro. Et puis, ils n’ont pas donné suite non plus. J’ai bien vu qu’il fallait vraiment être plus performant pour espérer devenir professionnel.

Quel est votre boulot quand vous n’êtes pas à en train de jouer au foot ?
Je suis agent d’animation à la ville de Compiègne, rattaché à un stade d’athlétisme. On fait la gestion de la salle de musculation, du gardiennage et l’accueil des écoles. J’ai également deux heures détachées pour le club, en tant qu’éducateur. Je suis responsable de l’école de foot et je m’occupe particulièrement des U13. Je suis rentré en tant qu’emploi jeune et j’ai fait toute ma formation ici pour avoir mon DE (Diplôme d’entraîneur, NDLR). Je suis surtout présent aux entraînements car j’ai match pratiquement tous les samedis. Mais dès que je suis libre, je vais les voir. En ce moment, ils me chambrent un peu à cause du match contre Lille. Ils me disent qu’on va souffrir face à Hazard et Joe Cole. Samedi, ils vont nous supporter, mais pour l’instant, ils ont du mal à dire que Compiègne a une chance.

Vous savez déjà quel maillot vous allez demander après le match ?
On a commencé à en parler avec les copains. C’est le genre de trucs qu’il faut prévoir à l’avance pour que tout le monde en ait un. Pour l’instant, je ne sais pas encore à qui je vais demander, mais c’est sûr qu’avoir le maillot d’Hazard, ça me ferait plaisir. Avoir un maillot, c’est pas le plus important, mais ça permet d’avoir un souvenir. Quand on avait joué Lens, je n’en avais pas pris et je l’avais regretté.

Pour finir, un pronostic pour samedi ?
Je vois bien 1-0 pour Compiègne, on va pas non plus donner une victoire trop large. Avec un but de François Basset. C’est un très bon pote et il nous a déjà qualifié au 8ème tour contre Dunkerque en mettant un doublé, donc j’espère qu’il aura la bonne idée de marquer.

Photo par Richard Dugovic


Propos recueillis par Romain Leroux
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Aucun commentaire sur cet article.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
3 0