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‏Auf wiedersehen, Jürgen !

‏Jürgen Klopp ne sera plus l'entraîneur du Borussia Dortmund à la fin de la saison. Une décision aussi soudaine qu'inattendue. La fin d'une époque, qu'il ne faudrait pas regretter. En attendant demain.

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‏La nouvelle est tombée en fin de matinée. Personne ne s'y attendait. Pas maintenant, pas comme ça. Pourtant, Bild, toujours premier sur l'info, parfois même fausse, était formel : Jürgen Klopp ne serait plus l'entraîneur du Borussia Dortmund l'année prochaine. Une décision prise de son propre chef. Pour le remplacer, le tabloïd évoque Thomas Tuchel, déjà son successeur à Mayence, actuellement en année sabbatique et immensément demandé. Dans la foulée, le BVB annonce la tenue d'une conférence de presse à 13h30. Et ça ne sera pas pour démentir. Sur l'estrade, on retrouve les trois hommes forts du renouveau : Hans-Joachim Watzke, Père, Jürgen Klopp, Fils, Michael Zorc, Saint-Esprit. Les visages sont tendus, fermés, rougis. Watzke est le premier à s'exprimer, d'une voix tremblante : « Nous avons eu plusieurs discussions ces derniers jours à propos de la décision de Jürgen et puis nous avons pris la décision conjointe que le chemin, que nous empruntons avec un succès incroyable depuis sept ans, allait se terminer à la fin de la saison. Michael, Jürgen et moi sommes très touchés. Vous pouvez être sûrs de cela. Nous avons une relation très spéciale et cela a été très difficile pour nous » . Watzke s'arrête, puis reprend, encore plus ému. « Jürgen, tu peux être sûr d'avoir la gratitude éternelle de tous les Borussen. La seule chose qui me réconforte est le fait que notre amitié continuera. C'est tout ce que j'ai à dire sur ce sujet » . À ce moment-là, le président embrasse son futur ex-entraîneur. Mais effectivement, on voit plutôt deux amis au bord des larmes.

‏Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu


Jürgen, enfin, va parler. D'entrée de jeu, il range les violons : « Personne ne doit être reconnaissant pour moi. Cela a été une histoire juste » . Place à la justification. « J'ai répété à maintes reprises ces dernières années que le jour où je n'aurais plus le sentiment d'être l'entraîneur parfait pour ce club extraordinaire, je le dirais. C'est une question que je me suis posé encore et encore, et ces dernières semaines, jours, je n'étais plus sûr de pouvoir répondre par oui. Pourquoi maintenant, me direz-vous ? Cela n'a rien à voir avec la situation sportive ou la décision de tel ou tel joueur de quitter le club. Ma décision est intervenue assez tard parce que… parce que je ne voulais pas laisser la pression du temps s'accumuler et, par conséquent, nous avons pris cette décision tous ensemble. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c'est difficile quand quelque chose est aussi important qu'ici. J'aurais aimé en tant que personne qu'il n'y ait pas de fin. Mais je pense que c'est une décision juste, en dehors de tout sentiment romantique et de souvenir du passé. » Alors que oui, on repense à ce premier titre, inattendu, superbe, au doublé, magnifique, somptueux, aux frissons de Málaga, aux larmes de Wembley. À ces idoles, partis ou bientôt, parfois revenus : Hummels, Şahin, Kagawa, Götze, Lewandowski, Gundögan, Reus. Ses sprints au bord du terrain, ses sauts de joie, ses poings rageurs, ses cris sur le malheureux quatrième arbitre, ses embrassades. « Ce n'est pas que je suis fatigué. Je suis désolé d'en avoir l'air, mais je ne le suis pas. » L'avenir alors ? « Je n'ai aucun contact avec un autre club, rien en arrière-plan. Mais je n'ai pas l'intention de prendre un congé sabbatique. » Déjà, l'horrible réalité. Jürgen Klopp va entraîner un autre club, porter une casquette qui ne sera pas jaune. City, Arsenal, United, Atlético, Paris. Mais plus rien ne sera jamais comme avant.

‏Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard


‏C'est ensuite au tour de Michael Zorc de s'exprimer. Charge à lui de ramener la discussion encore un peu plus dans le quotidien. Les remerciements de rigueur : « Tu as donné au club beaucoup d'énergie et d'optimisme. Tu sais que je t'en suis très reconnaissant » . « C'était nécessaire » réplique Klopp. Puis Zorc parle de Paderborn, l'adversaire de cette semaine, l'impérative nécessité du résultat, mais tout le monde s'en fout. Enfin, les journalistes sont autorisés à poser des questions, mais aucune sur le successeur. En vrac : « Je crois que le Borussia Dortmund a besoin d'un changement » , « Tant que je suis ici, on repensera toujours aux succès passés » , « C'est très inhabituel qu'une histoire dure sept ans dans le football » , « Le club est infiniment plus important que moi » , « Il n'y a jamais eu de fossé entre les joueurs et moi » , « Mon taux d'épuisement est de 0,0% » , « C'est une décision pour l'avenir, pas pour le présent » . Comme l'écrivait Blaise Pascal, « le passé et le présent sont nos moyens ; le seul avenir est notre fin » . Et aussi bizarrement que tout cela avait commencé, la conférence de presse se termine. Tout le monde se regarde, personne ne comprend. Il faut partir. Et ne toujours pas comprendre. On se sent un peu Dasein et Waldeinsamkeit. Auf wiedersehen Jürgen.



Par Charles Alf Lafon
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