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Au revoir, Gerland

Comme les Gones et les Fenottes de mon âge, j'ai découvert le football avec le grand Lyon des années 2000. Celui de Sonny Anderson, de Juninho et de tant d'autres. Celui de Gerland, surtout. Ce samedi soir, j'irai y crier pour la dernière fois, 16 ans après y être allé pour la première fois.

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Mon très cher Gerland,

Alors ça y est, cette fois, je crois qu'il faut se dire au revoir. C'est marrant, je n'avais pas imaginé que ce serait si douloureux. Je veux dire, on y était quand même bien préparés : le dernier derby, le dernier match de Ligue des champions... Mais cette fois-ci, c'est terminé. Et j'ai beau essayer de prendre du recul, me dire que ce n'est que du football, j'ai quand même du mal à imaginer que plus jamais après ce soir je ne viendrai m'asseoir sur tes sièges inconfortables. En même temps, tu m'en as fait vivre des choses !

Je me souviens comme si c'était hier de mon tout premier match chez toi. C'était le 29 mai 1999, j'avais 7 ans, et Lyon affrontait Strasbourg. Mais pour moi, ça aurait pu être une finale de Coupe du monde que je n'aurais pas été plus heureux. Toute ma famille était là, et laisse-moi te dire que c'était déjà un exploit en soi, puisque presque toute ma famille déteste le sport que tu héberges. J'ai monté les escaliers du bloc C de la tribune Jean-Bouin en courant, et, marche après marche, la pelouse se découvrait sous mes yeux. Et arrivé en haut, BAM ! Heurté de plein fouet par l'immensité d'un stade de football. Cette pelouse parfaite, ces immenses spots qui l'éclairent, ces tribunes qui se garnissent peu à peu... Un sentiment de plénitude à peine explicable, mais compris par tous ceux qui entrent dans un stade pour la première comme pour la millième fois. Et puis le match a commencé. Et puis Alain Caveglia a marqué. Pour être franc, je ne me souviens pas du but. Mais je me souviens de ce qui a suivi. De tous ces cris de joie, du virage qui descend féliciter son buteur, de la voix du speaker qui résonnait dans tes enceintes. Et de mon frère et de mon cousin qui me secouent dans tous les sens en hurlant. Et là, alors que j'étais ballotté de siège en siège, j'ai compris que le football allait prendre une certaine place dans ma vie.

Je me suis mis à enregistrer tous les matchs de ce que j'ai commencé à appeler « mon équipe » sur VHS. Sauf quand j'avais l'autorisation d'aller les voir à la télé chez mon grand-père, de rares exceptions qui faisaient de moi le gamin le plus heureux du monde. Lui, il t'avait connu à l'époque des grands virages et il m'en parlait comme d'une vieille légende. Il me parlait de Fleury Di Nallo, de Serge Chiesa et de l'Ours Blanc pendant des heures, puis quand le match commençait, il se taisait d'un coup. Ce n'était pas le supporter le plus communicatif, mais pourtant, je me souviens très bien de l'avoir vu crier devant un match. C'était le 22 octobre 2002, devant Lyon-Inter. Le but de Sonny l'a fait se lever. Maintenant, on peut se le dire, c'est le plus beau but que tu as fait naître en ton sein. Je me souviens très bien de Sonny se frappant le torse, du speaker hurler : « Sonny dou Braziiiiiiiiiiil.... ANDERSON ! »


Je me souviens aussi de ce soir de mai 2002, quand ma mère m'avait jugé trop jeune pour accompagner mon frère voir Lyon-Lens. J'avais dû écouter la radio m'expliquer comme tu étais beau, plein de vie, prêt à faire la fête. Et puis, j'avais entendu le brouhaha assourdissant devenir un cri de joie. « C'est fini ! C'est fini ! Pour la première fois de son histoire, l'Olympique lyonnais est champion de France, chez lui à Gerland ! » Peut-être que mes souvenirs de gosse grossissent le trait, mais je jure qu'à ce moment-là, j'ai cru entendre les cris qui venait de chez toi et ceux qui venaient de la place Bellecour monter à l'unisson dans la nuit. Je n'y croyais pas. Mon frère non plus. Il est rentré tard dans la nuit, lui avait l'âge de faire la fête. Mais il m'a ramené un morceau de toi. Un bout de pelouse qui n'a malheureusement pas passé l'épreuve du temps, mais qui était là, à la maison.


Et puis il y a eu ce 26 juin 2003. J'étais enfin assez vieux pour accompagner mon frère te voir. Encore en latérale, mais en Jean-Jaurès cette fois. Bloc G. Je crois que je n'avais pas vraiment saisi le principe de la Coupe des confédérations, mais je m'en fichais, moi, j'avais onze ans, et j'étais juste content de venir au stade. Je rigolais, je tapais dans mes mains, bref, je m'amusais, quoi ! Puis j'ai vu Marc-Vivien Foé tomber. Sur le coup, je n'ai pas compris. Je regardais des matchs tous les week-ends et des joueurs qui sortaient sur civière, y en avait plein. Puis je suis rentré à la maison, et ma mère m'a dit d'allumer la télé. Ce match-là, je m'en serais bien passé.

J'ai grandi, et j'ai commencé à avoir le droit d'aller te voir seul. Enfin seul, sans adultes, quoi. Avec les copains, j'ai commencé à découvrir le virage nord. Les chants, les insultes aussi. Et ça n'a fait que renforcer mon admiration pour toi, et pour cette équipe. Le 14 octobre 2006, j'avais passé la journée à jouer à la plaine des jeux avec les copains. C'était marrant de jouer si près de toi en s'imaginant qu'un jour, on ferait trembler tes filets. À la fin de notre match, j'ai couru me doucher à la maison et je suis vite retourné devant le centre social, à Debourg. Ce soir, Sylvain nous emmenait voir le derby. Mon premier derby ! Dans tes tribunes, je tremblais. D'excitation, mais de peur aussi un peu. J'avais un peu peur de voir cette emprise que le football avait sur moi. Et puis on a gagné. À la 88e minute, grâce à Juninho. JU-NI-NHO, LALALALALALALA ! Laisse-moi te dire qu'après ça, je n'étais plus tout à fait le même homme.


Alors voilà Gerland, je n'ai pas envie de te dire au revoir, mais je n'ai pas le choix. Tu as toujours été un monument à part dans le paysage lyonnais. Depuis mon bahut, Saint-Just, je voyais tes arches se dessiner au loin dans le paysage. L'hiver, quand Lyon jouait le vendredi et que j'étais de sortie, je voyais tes gros projecteurs dans la nuit. Tu vois, tu as toujours été quelque part dans mon champ de vision. Tu vas me manquer. Ça va me manquer de ne plus rejoindre les copains au Ninkasi avant les matchs, de ne plus dévaler tes petites pentes en gazon à la fin des matchs pour espérer avoir un métro, ça va me manquer de ne plus pester contre le monde pour finalement rentrer à pied. Voilà, tout ça va me manquer. J'espère qu'on sera bien reçus dans le nouveau stade. J'espère qu'il sera à ta hauteur. Ce n'est pas parce qu'il ne faut pas refuser le changement qu'on ne peut pas regretter le passé. Enfin, je crois. Quoi qu'il en soit, sache que je te suis reconnaissant à vie de m'avoir hébergé pendant 16 ans et de m'avoir fait découvrir ce sport qui m'habite aujourd'hui.

Ce soir, je me casserai les cordes vocales s'il le faut, mais tu m'entendras crier une dernière fois chez toi.

Merci.

Par Gabriel Cnudde

Dans cet article

roberto-larcos Niveau : Ligue 2
Super article Gabriel. Les Gones apprécieront je pense. Pour l'avoir vécu il y a peu à Chaban c'est quelque chose de changer de stade. Félicitations à JMA pour avoir rendu ça possible et bon vent à l'Ol dans le nouveau stade.
Merci pour ce texte Gabriel, il doit rappeler un paquets de souvenirs à certains, dont moi.

Moi la première fois, c'était le 24/04/2004 contre Rennes, à Jean Bouin. Je me souviens de la montée des marches, des quelques supporters Rennais en parcage qui m'avaient fait rigoler, mais surtout de mon héros de l'époque, Juninho, qui avait marqué ce soir là. Quel bonheur.

Cette aprem, ça sera la dernière. Et ça va être dur de quitter pour la dernière fois ce lieu.

Mon seul regret, ça sera de ne pas avoir été là ce 4 mai 2002.

https://www.youtube.com/watch?v=vZospZaSDMA

Mais j'ai vécu tellement de belles soirées au virage nord, et au virage sud, que je ne garderais que de bons souvenirs de ce stade. Et j'espère qu'on en aura dans le nouveau !
(désolé pour les fautes, samedi matin oblige)
gôneforlife Niveau : District
Super. Par contre juste un bémol. Ce n'est pas officiellement le dernier match... Les gens oublient que le dernier sera face à Tours en coupe de la ligue dans une dizaine de jours. Coupe de la ligue ou pas, on s'en fout, c'est Gerland qui nous fera venir et pas la compétition. Les vrais émotions seront à ce moment là pour moi. Ce sera un aller sans retour...
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Prose totalement inutile,tout le mode sait que le meilleur moment du stade Gerland restera celui-ci : https://youtu.be/KKahZdmmrZk
@gôneforlife

Tout le monde l'oublie volontairement, ça sera un match tout pourri en semaine à un horaire de merde. Ce match n'existe pas.

Les adieux à Gerland, c'est ce soir.
gôneforlife Niveau : District
20h un mercredi soir, c'est à 45min près ce qu'on a connu pendant 15ans en coupe d'europe. Donc l'horaire et la place du match en semaine n'est pas une excuse. Je pense surtout que c'est une affaire de business. L'effet "dernier derby", "dernier de coupe d'Europe", "dernier de L1" est un prétexte pour faire vendre et susciter de l'émotion. On nous sortira la même sauce contre Tours. Simplement à ce moment là, la marche arrière ne sera plus possible...
Super stade parfois il y a même des grands supporters dedans :

https://www.youtube.com/watch?v=H1JWuv9xkok

C'est cool ça donne des vrais beaux matchs :

https://www.youtube.com/watch?v=ogf3OPp-Z_8
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Je dis 4-0 pour Lyon cet après-midi.Aucune ironie.

De la à pronostiquer le fait que Beauvue en profitera pour ouvrir (et donc le fermer) son compteur à Gerland,c'est quelque que chose que je vais...oser.
roberto-larcos Niveau : Ligue 2
Il est pas écarté du groupe Beauvue?

Je crois que tu as osé pour rien Cheric.
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Mais quel abruti celui-la,il a réussi à se faire écarter du groupe alors qu'il était présenté comme un ballon d'or en puissance il n'y a pas six mois...

Ca sera donc un doublé de Bakary Koné et un autre de Cornet.
Mon premier match de foot a Gerland en visite chez la mifa, 21 octobre 1999, en Coupe de l’UEFA, les joueurs de Jacques Santini avaient disposé des Ecossais du celtic sur le score de 1 but à rien, et au passage serge Blanc avait éclaté le genou de Henrik Larsson...épique!
@gôneforlife

Je sais pas si tu bosses, mais 45 minutes ça fait une différence importante.

Et puis la dernière fois que je suis allé au stade pour un match à 20h, bah forcément j'y étais à 19h pour avoir une bonne place. Donc sans avoir bouffer. Le temps de rentrer après 22h je crevais la dalle.

Non sérieusement c'est un vrai horaire de merde.

Et le club l'a annoncé, les festivités sont prévues pour cette aprem. Les anciens joueurs seront là. Pas sûr également que les groupes de supporters se chauffent pour la coupe de la ligue.
So foot, j'ai pas voulu réagir comme tout le monde dès le début à propos de votre nouveau site, je pensais qu'il fallait peut-être lui laissé un peu de temps, que je pourrais m'habituer etc... mais en fait nan ! je vais de moins en moins souvent sur votre site, il met deux heures à charger, pour lire les article c'est devenu une vraie galère, et puis les commentaires sont de moins en moins bie, impossible d'avoir une discussion en dessous d'un article, de virer les types qui vannent gratuitement à coup de "-" etc... Bref c'est lourd les gars, j'aime pas cette phrase mais pour le coup "so foot, c'était mieux avant" !

Et si je dis ça c'est que ça m'a presque enlevé le plaisir de lire cet article !
Cheric Zghemmfour Niveau : CFA
Message posté par RedStar93
Mon premier match de foot a Gerland en visite chez la mifa, 21 octobre 1999, en Coupe de l’UEFA, les joueurs de Jacques Santini avaient disposé des Ecossais du celtic sur le score de 1 but à rien, et au passage serge Blanc avait éclaté le genou de Henrik Larsson...épique!


Putain,carrément la date exacte !

D'ailleurs,pour les connaisseurs de l'histoire de Lyon,le stade de Gerland n'avait-il pas été le lieu ou un certain...Serge Blanc avait éclaté la mâchoire de Monsieur Ali Benarbia suite à une échauffourée ? 1-0 pour Lyon,Sony Anderson sur penalty après un match houleux (la totalité de la saison fut nerveuse avec le Lyon-Monaco,Marseille-Monaco ou il y avait apparemment un contrat sur Gallardo, d'autres rencontres du même acabit).

Quant à moi,je ne me souviens pas de la date exacte,mais cela devait être en mai 2011,ce fut ma première et ma dernière au stade de Gerland : suite à un déplacement professionnel,un collègue basé sur Lyon avait une place pour...Lyon-Marseille.3-2,avec un but victorieux de Cris dans les cinq dernières minutes.

Je me rappelle que j'avais été surpris,moi qui ait relativement l'habitude du Parc des princes et du Stade de France,de voir ce stade au milieu de presque nulle part.Je pensais qu'il était situé près d'une zone très fréquentée.

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