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  2. // Flamengo/Nova Iguaçu

Au premier match de Ronaldinho

Hier soir, le spectacle était dans les tribunes. Motivé mais pas en grande forme, R10 a livré une prestation correcte mais sans plus. Heureusement que les supporters étaient là pour mettre le feu.

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Ronnie peut remercier Wanderley. Sans son but de raccroc à la 85e , la grande fête de son retour au Brésil aurait été gâchée par une drôle d'équipe au maillot orange fluo. Flamengo bat Nova Iguaçu 1-0 et la star peut quitter le terrain tout sourire, saluant longuement les 42 000 supporters en fusion qui ont rempli le stade Engenhão. A son entrée sur la pelouse en vedette américaine, quelques secondes après le reste de l'équipe, il est accueilli par un tifo géant : « Bem-vindo R10 » . Dans les tribunes, si certains supporters secouaient des drapeaux à son effigie, d'autres portaient carrément des masques caricaturant ses cheveux longs et ses dents du bonheur.



Juste avant le coup d'envoi, Léo Moura, le taulier, au club depuis six ans, remet le brassard de capitaine au « petit nouveau » . Un geste loin d'être anodin, qui en dit long sur les intentions du coach Vanderlei Luxemburgo et des dirigeants du club : confier les clés de l'équipe à Ronaldinho, histoire de rentabiliser à fond l'investissement, aussi bien au niveau sportif qu'en termes de marketing. L'héritier du mythique n°10 de Zico l'a bien compris, c'est pourquoi il montre d'emblée une belle dose de motivation. Il se positionne en neuf et demie, tournant autour de l'ancien Bordelais Deivid dans l'axe ou décrochant côté gauche. Quand il touche son premier ballon à la 3e minute de jeu, les supporters exultent : jamais on aura vu une passe foirée autant acclamée...



Peu avare en efforts, il n'hésite pas à aller au pressing. Et ça paie : à la 6e, les torcedores rugissent de plaisir en le voyant récupérer un ballon après un duel gagné au milieu de terrain. Deux minutes plus tard, sur un coup-franc excentré côté droit, il tente même de refaire le coup du centre-tir-lob du quarts de finale de coupe du monde 2002, contre l'Angleterre. Pas de chance, en face, ce n'est pas David Seaman, mais Diogo Silva, jeune gardien prometteur qui reste sagement sur sa ligne et capte parfaitement le ballon. Le portier de Nova Iguaçu va jouer une nouvelle fois les trouble-fête en repoussant d'une superbe claquette main opposée un autre coup-franc, cette fois tiré plein axe, d'une frappe enveloppée avec amour, dans le pur style Ronaldinho. Ce sera sa plus belle occase de la soirée.



Les mains sur les genoux



Son plus beau geste : une talonnade pour lancer un une-deux avec Deivid. A part ça, de timides passements de jambes, quelques ouvertures lumineuses, d'autres moins. Bref, rien de magique, mais il a fait le job. Au sein d'une équipe assez limitée, il a le mérite d'apporter une palette de jeu variée et une touche technique non négligeable. Mais bon, c'est bien beau tout ça, mais ça ne suffit pas pour gagner des matchs. Surtout qu'en seconde mi-temps, Ronnie montre qu'il est encore à cours de forme, se montrant beaucoup plus discret et posant à plusieurs reprises ses mains sur les genoux. Les supporters commencent à s'inquiéter et les premiers cris de « timinho » (littéralement, « petite équipe » , qu'on pourrait traduire par « équipe de merde » ) à vingt minutes de la fin. Mais au même moment, Ronnie décale Thiago Neves, qui frappe juste au-dessus. En voyant ses deux stars à l'œuvre, la torcida se réveille et décide de pousser jusqu'au bout.



Et il faut croire que ça a payé : alors que l'on s'acheminait vers score nul et vierge, Wanderley, entré à la place d'un Deivid copieusement sifflé à sa sortie du terrain, délivre les siens en s'arrachant sur un ballon qu'il va chercher pratiquement dans les gants du gardien. Ouf, Ronnie peut dormir tranquille, on lui pardonnera son manque de fraîcheur, en espérant qu'il redeviendra décisif lors des prochaines rencontres. Lors de la conférence de presse d'après-match, alors qu'un petit malin est tout fier d'annoncer que le nouveau capitaine de Flamengo a touché 47 ballons, Vanderlei Luxemburgo se dit satisfait de la performance de son poulain, s'avouant même « agréablement surpris qu'il ait réussi à tenir 90 minutes » .



Louis Génot, à Rio de Janeiro

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