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Au Portugal, à fond les fonds

Le FC Porto contre le LOSC, la Liga Sagres contre la Ligue 1, ce n'est pas seulement l'affrontement entre deux idéologies sportives. C'est aussi un combat économique entre un club qui a activement recours aux fonds d'investissements et un autre qui n'a pas le droit d'y toucher...

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Lazar Marković, Ezequiel Garay et Eliaquim Mangala ont tous un point commun. Au-delà du fait qu'ils aient tous les trois évolué au Portugal, ils ont surtout, à un moment donné de leur carrière, appartenu a un ou plusieurs fonds d'investissement. Les deux premiers au Benfica Stars Fund et le second à Doyen Sport ainsi qu'à Robi Plus (derrière lequel se cache mystérieusement Lúcio D'Onofrio, rappelez-vous de sa course poursuite avec les journalistes de France 2 dans les rues de Liège). Le premier fond a longtemps été le principal interlocuteur de Benfica avant que la banque BES ne connaisse une grave crise, tandis que les deux autres sont des partenaires privilégiés du FC Porto (D'Onofrio a commencé ses affaires, et presque inventé le métier d'agent de footballeur au sens moderne du terme, quand il était dirigeant chez les Dragons dans les années 80). Le Benfica Stars Fund a touché un peu plus de 13 millions d'euros sur les ventes cumulées de Marković et Garay, tandis que la Doyen Sports a touché 33,5% des environ 55 millions d'euros versés par Manchester City pour acquérir les droits des joueurs, et Robi Plus 10%. Si la pratique a été interdite en Angleterre depuis les cas Tévez et Mascherano, tout comme c'était déjà le cas en France, elle est plus que courante en Liga Sagres, qui, rappelons-le, est loin devant la Ligue 1 à l'indice UEFA. Le 21 juillet dernier, le journal lusitanien Diario de Noticias révélait qu'au moins 49 joueurs du FC Porto, Benfica et du Sporting réunis appartenaient à différents fonds. En tenant compte des autres clubs de première division, le total s'élevait à 70 sur la saison 2013-2014. Le Portugal n'est pas le seul pays à avoir le droit de céder des « bouts » de ses joueurs. Il convient donc de se demander pourquoi la pratique y est plus développée qu'ailleurs.

Au nom de l'équité


La cession de parts de joueurs à des tiers pose de nombreux problèmes économiques et sportifs, parmi lesquels l'équité. Le président exécutif de l'UEFA, Michel Platini, et ses amis sont évidemment contre ce système et travailleraient déjà à l'interdire dans le cadre d'une version beta du fair-play financier : « Je suis totalement contre les fonds d'investissement dans le football, car j'estime qu'ils peuvent nuire à l'intégrité de nos compétitions. La FIFA dit avoir commencé à se pencher sur le sujet, mais si elle n'avance pas, l'UEFA prendra les devants » , avait balancé Platoche au début du mercato estival. Les dirigeants des écuries de Ligue 1 ne seraient évidemment pas contre, eux qui trouvent dans ce système une excuse à la supériorité croissante des trois grands clubs portugais sur les équipes françaises (hors PSG). Difficile de leur donner tort. Leurs revendications sont totalement justifiées. Pourquoi être contraint de respecter des règles auxquelles la plupart des autres parties n'ont pas à se soucier ? Seulement, parler d'avantages économiques faramineux pour la Liga Sagres relève quasiment de la blague. Victimes de la grave crise du secteur banquier portugais et de la crise économique en général, les clubs lusitaniens voient dans ces fonds les moyens de ne pas tomber dans l'anonymat.

Avec un passif de 442 millions d'euros et un budget de 25 millions d'euros pour la saison 2014-2015, le Sporting n'aurait eu absolument aucune marge de manœuvre pendant le mercato d'été sans ce plan B. Grâce aux fonds d'investissement, il peut se renforcer un tant soit peu en vue de la Ligue des champions. Car sans investisseurs et sans grande aide des banques, difficile de trouver de grandes sources de revenus au Portugal. Le FC Porto touche 20 millions d'euros par an (de la part du groupe Olivedesportos) en droits TV contre 45 pour le PSG (et encore, les trois grands Portugais accaparent une grande partie du gâteau), sans parler des recettes publicitaires qui atteignent difficilement les 10 millions d'euros. Les recettes liées à la billetterie sont, elles, gérées par le groupe Olivedesportos et donc comprises dans les revenus TV. Le tout à taux d'imposition à peu près équivalent (en attendant l'éventuelle taxe à 75% en France). Au final, à part Rio Ave (qui joue sa peau en C3 ce jeudi), le Sporting, et Estoril (déjà qualifié pour l'Europa League), tous les clubs de Liga Sagres ont revu leur budget à la baisse. Bref, le football portugais est malade et voit dans les fonds d'investissements un moyen de soulager ses comptes... ou pas.

Décotes et zones d'ombre


L'avantage de cette histoire de fonds d'investissements, c'est que les entités qui y ont recours possèdent la liberté d'acheter ou de vendre des parts de leurs joueurs à n'importe quel moment de l'année. À l'époque où les Dragões avaient fait signer Hulk, ils détenaient un peu moins de 70% de ses droits, avant d'en racheter les dernières parts par petits bouts. À l'inverse, ce système permet aux clubs de pouvoir se soulager en temps de crise. Ainsi, Rodrigo et André Gomes avaient été vendu par Benfica pour 45 millions euros au fonds d'investissement de... Peter Lim, partenaire privilégié de Jorge Mendes à deux doigts d'acheter le FC Valence. Mais il convient tout de même de se demander à qui profite réellement ces fonds, pour la plupart basés dans des paradis fiscaux et dont la transparence reste à prouver.


Le cas Brahimi est en ce sens édifiant. Acheté par le FC Porto à Grenade pour 6,5 millions d'euros, il a été revendu deux jours plus tard à 80% à la société Doyen Sports, qui n'a en réalité eu à débourser « que » 5 millions d'euros. Or, si l'on sort sa calculatrice et que l'on sait s'en servir, on se rend compte que 80% de 6,5 millions équivalent à 5,2 millions d'euros et que 5 millions d'euros équivalent à 80% de 6,25 millions. En 48 heures, la valeur de l'Algérien a donc baissé de 250 000 euros alors que ce dernier n'avait encore disputé aucun match cette saison. Si le club dirigé par Pinto da Costa bénéficie évidemment d'un tel système, il n'en est finalement pas le maillon fort. Au-dessus des présidents, il semblerait que des prédateurs alpha tirent les ficelles dans l'ombre la plus totale, et il n'est pas dit que le football ne soit pas déjà l'objet d'énormes conflits d'intérêt du fait de ces manœuvres.

Par William Pereira
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