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  1. // Français de l’étranger – Mexique – Émilio Omam-Biyik

« Au Mexique, ils s’en foutent de tuer quelqu’un »

Âgé de 21 ans et formé à la Berrichonne, Émilio Omam-Biyik, fils de François, vient de passer une année au Reynosa FC, en D3 mexicaine. Entre les fusillades et le foot, la vie du défenseur n'a pas été la même qu'à Châteauroux.

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Alors Émilio, déjà rentré du Mexique ?
Oui, la saison est terminée. Je suis chez moi là, à Châteauroux.

Tu es né à Mexico, ton père est Camerounais et tu as grandi en France… C’est quoi ta nationalité ?
Mexicaine et française. Du coup, lors d’une Coupe du monde, je ne sais pas trop pour qui être. La dernière fois, j’étais un peu plus supporter du Mexique… mais je garde le Cameroun et la France dans mon cœur.

Tu as été sélectionné avec le Mexique ?
J’ai été appelé chez les jeunes, mais je n’ai pas pu y aller, j’avais des problèmes au genou.

Ta carrière a débuté à la Berrichonne de Châteauroux.
C’est ça. J’ai fait toutes les catégories de jeunes. Débutants, poussins, U13, U17, U19… jusqu’aux pros. J’avais le parcours parfait du petit gars formé au club. Et puis, quand j’ai repris avec les pros, je me suis fait les croisés et ça a un peu tout foiré. Je n’ai pas pu jouer beaucoup.

Comment tu t’es retrouvé au Mexique ?
Après cette première saison avec les professionnels, Châteauroux ne m’a pas proposé d’autre contrat. Donc je me cherchais un peu, et j’ai reçu une offre que j’ai acceptée. En fait, c’est un dirigeant mexicain qui est venu me voir jouer et qui connaissait du monde… Voilà, c’est comme ça que ça marche dans le foot. Le fait d’être Mexicain a eu son importance, parce que ça évite d’occuper une place d’étranger. En D3 mexicaine, les quotas sont stricts : c’est deux joueurs étrangers maximum. Quand je suis arrivé, j’ai un peu redécouvert le pays parce que je l’avais quitté très jeune. J’y étais retourné un tout petit peu pendant les vacances. Aller au Mexique, c’était un petit sacrifice car j’ai dû laisser ma copine, avec qui on vient d’avoir un bébé, en France.

« Gignac, c’est le phénomène du moment au Mexique, ouais. Si tu veux comparer avec la France, il a la cote de Zlatan, quoi. » Émilio Omam-Biyik

Comment ça joue, là-bas ?
Ce n’est pas meilleur que Châteauroux, mais plus intense. La philosophie, c’est courir, courir, courir. En revanche, c’est moins intelligent, moins tactique qu’en France. Il y avait des bons joueurs et des moins bons. Pour certains, qui avaient pourtant un contrat pro, ce n’était pas trop ça quand ils avaient le ballon entre les pieds…

Tu comptes y retourner à la rentrée prochaine ?
Non, je ne crois pas. Mon contrat est terminé. C’était bien, mais le but, c’était de me donner du temps de jeu, de retrouver la compétition et mon physique après ma blessure. Pas d’y faire carrière. Moi, je veux retrouver l'Europe. Parce que l’idéal dans le foot, ça reste l’Europe. Même si je ne dénigre pas le Mexique. Avant d’y aller l’été dernier, j’ai réalisé des tests à Derby County, et je manquais de cardio, d’appuis… Techniquement, c’était nickel, mais tout ce qui était de l’ordre de l’endurance, j’étais limite à cause de ma blessure. Les dirigeants m’ont dit que je n’étais pas prêt physiquement, et ils avaient raison. Mais je n’ai pas abandonné l’idée d’aller en Angleterre. En vrai, le mieux, c’est de faire comme André-Pierre (Gignac, ndlr) : effectuer une belle carrière en Europe et terminer dans un club exotique. En plus, il a la chance d’être bien payé !


Tu a eu des contacts avec lui ?
Non. J’aurais pu aller le voir, il n’était qu’à deux heures. En tout cas, il a relevé le niveau footballistique du pays. Grace à lui, les gens s’intéressent un peu plus au foot mexicain.

Il est considéré comme un Dieu ?
Non, je ne dirais pas ça parce qu’il y a eu d’autres grands joueurs qui sont passés avant, mais c’est le phénomène du moment, ouais. Si tu veux comparer avec la France, il a la cote de Zlatan, quoi.

Comment s’est passée la D3 pour toi ?
On a fait une bonne saison, j’ai fait des performances convaincantes. On a joué les barrages pour monter, mais on s’est fait éliminer en demi-finales. On avait une bonne équipe, jeune, mais il n’y avait pas vraiment ce que je cherchais dans le foot.

« Attention, à Reynosa, tu peux quand même te balader tranquillement dans la rue, hein ! C’est pas Bagdad ! En fait, quand un gros truc va se passer, les mecs préviennent. » Émilio Omam-Biyik

C'est-à-dire ?
J’ai connu Châteauroux où il y avait des supers joueurs, très expérimentés, qui t’apprenaient chaque jour à l’entraînement : Sébastien Roudet, Jérôme Leroy… Eux-mêmes avaient côtoyé des grands footballeurs dans leur parcours respectifs. Or, le savoir, ça se transmet. Ils ramenaient une qualité technique très propre alors qu’au Mexique, il y avait énormément de déchets. Je pense avoir progressé dans l’intensité, mais je n’ai pas évolué techniquement. Après, j’étais en D3. Dans l’élite, c’est différent.

Raconte-nous ta vie pendant un an. Pas mal de personnes estiment que Reynosa, la ville où tu habitais, est dangereuse.
Reynosa, c’est particulier comme ville, tous les endroits du pays ne sont pas comme ça. C’est même très spécial. Quand tu ne connais pas et que tu arrives comme ça, c’est vrai que tu as des craintes. Et effectivement, c’est un peu dangereux. Ça n’a rien à voir avec Châteauroux !(Rires) Il y a des soucis de violence tous les jours.

Quel genre de soucis ?
Bah, des fusillades, des explosions… mais pas des explosions « gratuites » qui font des victimes innocentes. Elles sont uniquement utilisées pour provoquer l’ennemi. Plus grave, ils n’hésitent pas à tuer, comme ça, sans se poser de questions. Il ne faut pas être au mauvais endroit au mauvais moment ! Personnellement, j’ai assisté à une fusillade, mais on a pu se mettre à l’abri rapidement. Une autre fois, je dînais et j’ai entendu les coups de feu juste à côté… Ça fait un peu flipper quand même. Mais les Mexicains, ils savent que ça se passe comme ça, ils ne sont même plus étonnés. Ils sont habitués, ça fait partie de leur quotidien.



C’est dû à quoi ?
À la pauvreté, au trafic de drogue… Il y a parfois des kidnappings, aussi… Attention, tu peux quand même te balader tranquillement dans la rue, hein ! C’est pas Bagdad ! En fait, quand un gros truc va se passer, les mecs préviennent.

Comment ça ?!
Bah, sur des sites, sur les réseaux sociaux, ils préviennent qu’une fusillade va avoir lieu à tel endroit à telle heure. Parce que l’objectif de ceux qui foutent le bordel, ce n’est pas de faire le plus de morts possible. Ils veulent juste régler leur problème avec les autres bandits. Mais les Mexicains sont chauds, quand même. En France, tu peux t’embrouiller avec quelqu’un, ça termine en baston dans le pire des cas. Là-bas, ça ne marche pas comme ça. Tu ne sais jamais sur qui tu peux tomber. Certains se baladent avec des armes et ils s’en foutent de te tirer dessus. La justice ne peut pas trop les poursuivre parce que les gens n’osent rien dire. C’est la loi du plus fort. Imagine, toi et moi, on se prend la tête avec un type. Le mec me flingue. Bah, t’as plutôt intérêt à la boucler parce que sinon, tu vas en prendre une aussi ! Voilà, faut se tenir à carreau. Ce ne sont pas des gens méchants, ils sont même peut-être plus agréables que les Français. Mais ils sont payés une misère, donc ils se mettent au trafic de drogue, et ça termine mal.

« J’ai discuté avec certains bandits. Normal : j’étais le seul noir de la ville, donc ils voulaient en savoir un peu plus sur moi. Et moi, je voulais comprendre le truc, aussi. » Émilio Omam-Biyik

Et la police, elle est présente ?
Ouais bien sûr, ça tourne beaucoup. Mais c’est dangereux pour eux aussi. À tel point qu’ils sont obligés de sortir masqués, on ne voit que leurs yeux. Si jamais des gars les reconnaissent à la suite d’une dispute, ils trouvent le domicile du policier pour, pourquoi pas, le liquider. C’est vraiment ça qui est inquiétant, en fait : ils en ont rien à foutre de tuer. Ils n’ont aucune retenue. Donc si un gars te regarde mal et t’interpelle, comme ça peut arriver en France, il ne faut pas répondre comme tu peux avoir l’habitude de faire. À mon arrivée, on m’a bien prévenu : « Ici, ça marche pas comme ça mon pote. Si tu tiens à ta vie, ne fais pas de vague, et si quelqu’un te cherche, tu passes ton chemin. » Si tu fais le bonhomme, le mec va t’insulter ou sortir directement un truc de sa poche. Pan. Fin de l’histoire.

À titre personnel, tu n’as jamais eu de souci ?
Non, pas vraiment. Mais j’ai discuté avec certains bandits. Normal : j’étais le seul noir de la ville, donc ils voulaient en savoir un peu plus sur moi. Et moi, je voulais comprendre le truc, aussi. Donc ils m’ont expliqué que c’était galère pour rapporter des sous. Je pense que nous, les footballeurs, on était protégé. Tout le monde nous connaissait.

Ils sont fans de foot ?
Ah... C’est magique. Les gens sont vraiment passionnés. C’est l’Amérique du Sud, quoi. C’est vraiment beau. Et puis, ils respectent les règles une fois au stade. On a déjà eu 20 000 personnes en D3, le stade était plein à craquer. En France, c’est ce qui manque. Tu enlèves l’OM, Lens et Sainté, tu n’as plus grand-chose niveau ambiance. C’est également pour ça que l’Angleterre m’attire.

On te souhaite en tout cas une carrière comme celle de ton père, François Omam-Biyik. Ou comme celle de ton oncle, André Kana-Biyik. Ou comme celle de ton cousin de Toulouse, Jean-Armel Kana-Biyik. Mais pas comme celle de ton frère, qui a joué au Milan mais qui s’est rapidement retiré du foot.
Ouais, merci ! Je pense que je peux faire une bonne carrière en Europe. J’ai très envie d’aller en Angleterre, parce qu’avec mon mètre 93, j’ai le physique pour. Mais je suis ouvert à toutes propositions européennes. Il y a moyen que ce soit sympa !

Propos recueillis par Florian Cadu
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