Coupe du Monde - Equipe de France

Au bout, Diaby ?

En deux matchs de préparation à la coupe du monde, Abou Diaby a doublé son total de sélections. Il a également montré que le nouveau dispositif de Domenech offrait trois possibilités pour les deux postes de milieux offensifs. Malouda et Gourcuff n'ont qu'à bien se tenir.

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Au bout, Diaby ?
Au bout, Diaby ?
Qui a déjà vu le documentaire “A la Clairefontaine” (suivant les jeunes footballeurs de la promotion 86 de l'INF) se souvient forcément de ce passage mythique, diffusé depuis en masse sur les sites de partage de vidéos. Un Abou Diaby juvénile s'embrouille pour pas grand-chose avec un Hatem Ben Arfa portant fièrement le duvet adolescent. La situation s'envenime, leurs petits camarades les écartent mais l'actuel Marseillais a le temps de placer cette phrase pleine de sens : «Parle pas sur les mères, fils de pute !». Ben Arfa était la star du documentaire, celui qui devait tout ravager. Une petite dizaine d'années plus tard, c'est Diaby qui part en Afrique du Sud.

«C'est surprenant»

Vassiriki Abou Diaby n'était pas forcément prédestiné à monter si haut, même si les avis divergent. «Je ne pensais pas qu'il aurait un avenir comme ça, lâche Marco Lienel, qui l'a eu sous ses ordres il y a une douzaine d'années, au Red Star. C'est quelqu'un qui était assez discret et assez frêle. Quand on voit le gabarit qu'il a maintenant, c'est surprenant». David Jiguet, premier éducateur du joueur à Aubervilliers, ne partage pas l'analyse : «Je ne sais pas qui a pu vous dire ça. Sans dire qu'il était prédestiné à faire cette carrière, il y avait quand même des signes laissant supposer qu'il avait des aptitudes très intéressantes». On dira tout de même que le préadolescent Diaby n'était pas promis à une carrière de superstar.

Le PSG le recrute d'ailleurs avant de s'en séparer, pas convaincu. Mais Diaby a tout de même gagné sa place au prestigieux Institut National de Football de Clairefontaine, qui a le mérite de le faire mûrir. «Clairefontaine, je pense que ça l'a aidé dans la vie et au niveau du football», explique Lienel. Le football rentre, il marque des buts («En troisième année, quand on marquait un seul but dans un match, c'est lui qui marquait», se souvient Claude Dusseau, responsable de l'INF à l'époque) et, à sa sortie du centre, il signe pour terminer sa formation à l'AJ Auxerre de Guy Roux. Viennent bientôt les premiers matchs en première division, mais le coup de pompe n'est pas loin. Jacques Santini remplace le coach historique de l'AJA et ne le fait plus jouer. Heureusement pour Diaby, Wenger a un peu plus de pif que Santini et, après un titre de champion d'Europe des U19, il pose ses valises à Arsenal en janvier 2006.

A la place de Malouda ?

Les galères ne sont pas terminées pour autant. Dans les bonnes grâces d'Arsène, glanant ses deux premières sélections les 24 et 28 mars 2007, Diaby se fait pourrir par les blessures à partir d'un tacle de boucher administré par Dan Smith, qui lui casse la guibole lors d'un match contre Sunderland le 1er mai 2006. «Depuis que je joue en Angleterre, je me suis souvent blessé, soufflait-il en septembre dernier. J'ai peut-être dû faire trois mois consécutifs sans me blesser. C'est peu». En effet, c'est peu, et ça n'aide pas à faire son trou en bleu. Diaby a dû attendre plus de trois ans et une bonne saison (presque) complète avec les Gunners pour faire son come-back en équipe de France. Avec deux belles entrées et une passe décisive, Diaby a été l'un des rares Français à allier l'animation et l'efficacité lors des deux matchs de préparation.

A tel point que, malgré la forme actuelle de Malouda, on en viendrait à demander l'éviction du joueur de Chelsea (manifestement pas à sa place dans le nouveau schéma de Domenech) pour l'installation durable d'un profil intermédiaire entre Toulalan et Gourcuff. A la fois grand et technique, Diaby a peut-être ce qu'il faut pour apporter la mobilité qui manque cruellement aux Français en phase offensive. «Il est complet, ou plutôt polyvalent», pour David Jiguet. La distinction est importante, s'agissant d'un joueur qui a surpris son monde en devenant le meilleur joueur français de la génération 86. Claude Dusseau conclut à merveille : «Je ne suis pas étonné de sa réussite professionnelle. Mais je me réjouis de sa réussite internationale».

 


 





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  • Message posté par OncleArchibald le 02/06/2010 à 10:12
      

    C'est vrai qu'il a été assez convaincant, le Diaby, sur ces deux matches. Même si les commentaires dithyrambiques de C. Jeanpierre étaient insupportables.
    On pourrait le mettre à la place de Malouda, Malouda pour Ribéry, et Ribéry de retour à droite. Pas forcément si ridicule...

  • Message posté par iPod-Nani le 02/06/2010 à 13:32
      

    Un Patrick Viera numéro 2, en plus bourrin mais avec les mêmes coups de ----.
    Il n'y pas si longtemps, il avait failli mettre un terme à la carrière de Sneijder.

  • Message posté par mdiouf le 02/06/2010 à 14:27
      

    S'il vous plait, arrêtez les comparaisons avec Vieira.
    Diaby est un joueur beaucoup plus offensif que Vieira avec un bagage technique beaucoup pus intéressant que le franco-séngalais.
    La formation française accentué sur le plan athlétique a déjà fait assez de dommages...
    Lors de l'hiver de la saison 2008/2009, Wenger l'a placé en 9 et demi, poste où il était déjà très fort marquant de souvenir contre West Ham dans cette position.
    Donc cessez de faire cette comparaison malencontreuse que font beaucoup de pseudo-spécialistes consultants voire de journalistes.
    Abou Diaby doit, dans le système actel de l'équipe de France, joué non pas en 6 mais en 8 aux cotés de Gourcuff, poste qu'il a occupé toute la saison avec Arsenal aux côtés de Fabregas. Gourcuff serait d'ailleurs dans les petits papiers de Wenger en cas de départ du capitaine, donc...


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