Aston Villa, le cancre historique ?

5 points après 14 journées, Aston Villa vient d’être élu pire équipe de la Premier League. Les hommes de Rémi Garde sont déjà condamnés par la plupart des spécialistes et bookies. Au vrai, qui a déjà raté son début de saison dans les mêmes proportions que les Villans ? En tout cas, Rémi Garde peut déjà flipper, personne ne s’est maintenu en première division après un tel départ.

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  • QPR en 2012, 5 points


    On va commencer par la fin. Oui, parce que ça se termine forcément mal. Les Queens Park Rangers terminent la saison à la dernière place, avec 25 points. C’est un bordel sans nom pendant 38 journées malgré un effectif, sur le papier, blindé d’internationaux et de mecs revanchards : Christopher Samba, Júlio César, Esteban Granero, Park Ji-Sung, Djibril Cissé, Adel Taarabt, Jermaine Jenas, Loïc Rémy, José Bosingwa. Bref, sur le papier, ça pouvait tenir la route, mais l’équipe est tellement à la rue physiquement et tactiquement que Mark Hughes, le coach, se fait lourder en novembre, car QPR n’a toujours pas remporté le moindre match après 12 journées. Harry Redknapp débarque avec sa ganache de sauveur. Ça ne marchera pas. Le retard à l’allumage était trop important pour éviter le naufrage.

  • Derby County 2007, 6 points


    C’est le record. Personne n’a fait pire en 38 journées avec une série incroyable de 32 matchs sans la moindre victoire entre la 6e et la dernière journée. C’est simple, Derby County n’a gagné qu’un seul match cette saison-là en championnat, terminant l’année avec 11 misérables points et une dernière place méritée. Le meilleur buteur de la saison en Premier League ? Kenny Miller avec 4 buts. Une misère. Naturellement, le coach Billy Davies a sauté fin novembre pour Paul Jewell, mais le choc psychologique n’a jamais eu lieu. Alors oui, l’équipe n’avait pas une gueule de grosse écurie malgré quelques habitués de la PL (Roy Carroll, Robbie Savage, Kenny Miller, Robert Earnshaw sans oublier l’ancien Marseillais Tyrone Mears), mais de là à faire 11 petits points en fin de saison… Le pire, c’est qu’en janvier, les dirigeants ont tout essayé en engageant huit nouveaux joueurs dont Danny Mills et Laurent Robert. En vain. Le pire, c’est que Derby a réussi à prendre de nombreuses branlées durant cette saison : 6-0 à Liverpool, 5-0 à West Ham, 6-1 à Chelsea ou encore 6-2 à l’Emirates. Bon, on est indulgent, ils étaient promus, mais les records sont tombés : plus petit nombre de points, plus petit nombre de victoires, plus faible attaque de l’histoire de la PL (20 buts inscrits), plus affreuse différence de buts (-69), plus mauvaise défense pour un championnat à 20 clubs (89 buts encaissés), etc. Bref, une belle saison de merde.


  • Sunderland 2005, 5 points


    Même nombre de points que Villa après 14 journées. La suite est logique, 15 points à la 38e journée et une relégation méritée. Pourtant, les dirigeants auraient dû avoir la puce à l’oreille au moment de recruter, en prêt, Anthony Le Tallec au début du mois d’août. Le Tallec dit le chat noir. C’est peut-être ça qui a trompé les dirigeants de Sunderland, surnommés les Black Cats. La saison va être un long chemin de croix avec 14 défaites lors des 17 premières journées, dont une magnifique série de 9 à la suite. Les dirigeants vont mettre du temps à réagir, puisque Mick McCarthy, le coach, tiendra le volant jusqu’en février. Mais lorsqu’il prend la porte, il est déjà trop tard. Sunderland termine avec 23 points de retard sur le premier relégable et une belle gueule de loser. Pas grave, ils feront l’ascenseur rapidement avec un titre de champion de Championship (88 points).

  • Sheffield Wednesday 1999, 6 points


    Les hiboux, eux, peuvent avoir des regrets. Malgré un départ dégueulasse (6 points après 14 journées), Sheffield terminera 19e – 31 points – à 5 points du premier non-relégable, Bradford. C’est honnête. Seulement, commencer la saison par huit défaites en neuf matchs, ça complique un peu la chose. Surtout quand on prend un 8-0 à Newcastle début septembre avec une manita personnelle d’Alan Shearer. Dommage, car l’équipe avait des joueurs expérimentés, le Batave Wim Jonk, l’attaquant belge Gilles De Bilde, le portier tchèque Pavel Srníček ou encore l’ancien de l’Ajax Gerald Sibon. Mais c’était trop peu pour espérer se maintenir. Comme souvent dans ce genre de galères, le coach de départ – Danny Wilson – ne terminera pas la soirée, débarqué un lendemain de défaite à Watford pour être remplacé par Peter Shreeves, qui ne fera pas mieux. C’est la dernière saison du club en Premier League qui a, depuis, pratiqué l’ascenseur émotionnel entre la deuxième et la troisième division.

  • Swindon Town 1993, 5 points


    À l’époque, on jouait au football à 22 clubs en Premier League. C’est simple, avec 5 points en 14 journées, Swindon Town a donc logiquement terminé 22e du championnat avec 30 points et des statistiques affreuses : 100 buts encaissés et une différence de buts de –53. Des portes de saloon en défense. À la base, Swindon Town n’était pas destiné à se hisser en Premier League, mais ce fut le cas. Le début des emmerdes pour cette équipe qui fut la première équipe en 30 ans à encaisser 100 pions en championnat avec des valises à gogo (6-2 à Everton, 7-1 à Newcastle, 5-0 à Villa, Leeds et Liverpool). Encore pire, il aura fallu la 16e journée et la réception de QPR pour trouver trace d’une première victoire. Avec un rythme aussi crade, difficile d’espérer se maintenir en PL, même si l’équipe pouvait compter sur des mecs capables de tenir la route en championnat. On pense à John Moncur, Paul Bodin le latéral gauche et l’attaquant norvégien Jan Åge Fjørtoft. Mais bon, dès le départ, Swindon Town s’était mis dans la merde. En effet, lors de la saison 1992-1993, couronnée par une montée, l’équipe pouvait s’appuyer sur un entraîneur-joueur de talent. Ce dernier a préféré rejoindre Chelsea avant le début de la saison. Son nom ? Glenn Hoddle.

    Par Mathieu Faure
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  • Dans cet article

    T'imagines faire une saison de 38 matchs et n'en gagner qu'un seul... Je me souviens que le trophée du meilleur joueur de Derby de cette saison avait été donné aux supporteurs.
    roberto-larcos Niveau : Ligue 2
    Psychologiquement prendre des roustes tous les week end devant 50000 personnnes...Pas facile.
    Pas tout suivi de la descente aux enfers de Wednesday à l'époque, je commençais déjà à décrocher de la PL il est vrai..

    Vague souvenir de l'une ou l'autre saisons compliquées certes, mais leur saison 1993 m'avait tant marqué, et puis quel effectif surtout..

    Avec Woods, Nilsson, Palmer, Waddle, Sheridan, Hirst, Warhurst, Bart-Williams, Bright.. J'en oublie et pas des moindres, tous internationaux et susceptibles alors et sur papier de grapiller le sacre..

    Bref je ne pige point trop leur décrépitude, et d'autant moins que leurs premiers transferts post-Bosman avaient été intéressants avec des Petrescu, Degrijse.. Quelqu'un pourrait-il m'éclairer?
    Flying salsifis Niveau : District
    En effet, se prendre des branlées chaque semaine...Rémi garde la pêche !
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