ASSE, du vieux avec du neuf

Changement dans l'effectif, dans les ambitions, mais pas dans l'imaginaire collectif. Candidats à l'Europe, les joueurs de Christophe Galtier s'apprêtent à faire rêver une région en manque de fantasmes depuis plus de 20 ans. Une bien belle mission.

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Le poids de l'histoire. A Saint-Etienne plus qu'ailleurs, la quête perpétuelle de la gloire passée explique la spécificité de la relation entre les stéphanois et leur équipe de football. Pourtant, aujourd'hui, dans le chaudron, rares sont ceux qui ont vécu le terrible déclin des Verts. Titrés une dernière fois en 1981 après l'arrivée de Michel Platini en 1979, “les plus forts” vont sombrer peu à peu dans la tristesse du football français, la faute notamment, à la fameuse caisse noire du président Roger Rocher. Depuis cela ? Pas grand chose. Un titre de champion de Ligue 2 en 2004, et d'éternelles espérances. Comme si, ancrée dans le patrimoine génétique du tout Forez, la foi en l'ASSE ne disparaissait jamais.

Ironie du sort, après plus de vingt années d'errance sportive, les Stéphanois ont réussi à faire vibrer le chaudron la saison passée. Sur le podium pendant dix journées et même en tête de Ligue 1, les joueurs de Christophe Galtier sont sur le chemin de réconciliation avec un glorieux passé. Exit les saisons galères et les flirts avec la relégation comme en 2009 ou en 2010, les Verts tournent le dos au ventre mou, les yeux rivés sur l'Europe. Départs, arrivées (dont la dernière hier avec un Steed Malbranque de retour en France), blessures. Avant les retrouvailles tant attendues, les Verts n'ont pas échappé à la routine de l'intersaison. Pas suffisant pour miner le moral de l'homme fort du club, Christophe Galtier, qui, cette saison plus que jamais, n'a pas envie de parler de maintien.

Objectif Europe

« L'objectif est de faire mieux. Je dois avoir des résultats » . Christophe Galtier est du genre franc. Surtout à l'aube d'une saison où il risque de jouer son poste. Peu importe, l'entraîneur stéphanois, depuis sa prise de pouvoir le 15 décembre 2009, en a vu d'autres. Longtemps chahuté, parfois sur la sellette, le Marseillais a réussi un véritable tour de force chez les Verts. Désormais bien installé au guidon de sa machine, Galtier veut faire parler la poudre. Faire mieux que l'an dernier implique une qualification en Europa League, un objectif à la portée des Verts si l'on considère qu'en dehors de Lille, Marseille et Paris, le niveau semble assez homogène. Moins sexy que Sochaux, moins prometteurs que Rennes, les Stéphanois sont à l'image de la région : dans la besogne et l'efficacité. Et la formule semble marcher. La phase de préparation a été positive : quatre victoires, un nul et une défaite, 11 buts marqués pour 3 encaissés. Un bilan honorable, d'autant plus que deux des quatre succès ont été acquis face à des adversaires de l'élite, le promu Evian (3-0), et surtout Lille (1-0). Seul accrocs lors de ces matches, les deux grosses blessures au genou de Yohan Andreu et d'Alejandro Alonso, tous deux indisponibles pour une grosse partie de la saison. Infirmerie chargée, départs de cadres, arrivées nombreuses, c'est une équipe en chantier qui s'apprête à disputer une saison charnière.

Changement de patron

Payet parti à Lille, Rivière à Toulouse, Matuidi à Paris, Janot sur le banc. Quatre cadres, quatre caractères qui, chacun à leur manière, manqueront à l'AS Saint-Etienne 2010-2011. Face à cette fuite des capitaux, les dirigeants stéphanois ont fait dans la sobriété et le sérieux. Solide (1m88, 90kg), Paulao est venu renforcer l'axe central. Jérémy Clément, dans un autre registre, est venu remplacer Blaise Matuidi, Florent-Sinama Pongolle et Jean-Pascal Mignot, attirés par le challenge, sont également venu renforcer l'effectif stéphanois. Et si l'ancien auxerrois n'est pas vraiment ce qu'on appelle un joueur “bling-bling”, l'arrivée de Sinama-Pongolle dans le 42 prouve que le Chaudron jouit encore d'une certaine réputation dans l'Hexagone. Arrivé à Saint-Etienne après son petit tour d'Europe des clubs, l'ancien champion du monde des moins de 17 ans devra rapidement trouver ses marques.

Que ce soit avec Gonzalo Bergessio ou Pierre-Emerick Aubameyang, l'ancien joueur de l'Atletico Madrid aura la lourde tache de faire oublier le duo Payet-Rivière, impliqué sur 65% des buts de l'ASSE (21 buts, 9 passes décisives) la saison passée. Christophe Galtier devra également trouver la bonne formule en défense. Le technicien stéphanois pourra composer avec le jeune Loris Néry, auteur de matches amicaux convaincants, Mustapha Bayal Sall, Albin Ebondo, Carlos Bocanegra ou encore Sylvain Marchal. Pas vraiment un problème donc, puisque les solutions sont nombreuses. Mais plutôt de l'urgence, puisque la stabilité défensive semble être nécessaire à la réussite stéphanoise. Elément clé de cette stabilité, Stéphane Ruffier, fraichement arrivé de Monaco, devrait devenir le nouveau patron de l'arrière-garde stéphanoise. Etincelant face à Evian, le chauve basque pourrait remplacer le chauve emblématique du chaudron, Jérémie Janot. Un chaudron qui a intérêt à prendre feu dès les premiers matches à domicile de l'ASSE. Un peu de folie et de panache donc, à Saint-Etienne. Une belle ambiance qui pourrait se heurter à la froide réalité du calendrier. Lors des cinq premières journées, les joueurs de Christophe Galtier iront à Bordeaux, Marseille et Sochaux, puis recevront Lille. Un début de saison compliqué en perspective, pour une équipe qui a su négocier parfaitement ses premières joutes la saison passée. A Saint-Etienne, les années 70 ne se sont jamais terminées.

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