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Asensio, l’Espagne après le Real ?

Son talent sans limite explose aux yeux de Florentino Pérez depuis ce début de saison. Nouvelle grande star merengue, Marco Asensio affole les compteurs et postule plus que jamais une place de titulaire au sein de La Roja. Une récompense logique.

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Au Real Madrid, les champions défilent et de nouveaux espoirs sont là pour leur succéder. Après son expulsion grotesque contre le FC Barcelone en Supercoupe d’Espagne, Cristiano Ronaldo s’était vu suspendre pour cinq matchs par la commission de discipline espagnole. Une tuile pour les Madrilènes ? À peine. Car même si CR7 est l’atout marketing numéro un de la Maison-Blanche, un remplaçant est là pour couvrir l’absence du quadruple Ballon d’or sur le terrain. Ce joueur, c’est un jeune homme de 21 ans qui crève l’écran comme les filets depuis le début de saison. Né à Lloseta, sous le soleil des Baléares, Marco Asensio a marqué deux buts essentiels dans le sacre du Real contre son ennemi historique. Un golazo à l’aller, un golazo au retour. Et les deux à l’aide de son pied gauche destructeur.

« Je sais que ma mère est là-haut, toujours là pour m’encourager... »


Un jour d’entraînement à Valdebebas en décembre dernier, Zinédine Zidane s’approche du prodige, alors que le reste de l’équipe travaille sur un exercice tactique. « Écoute, il faut vraiment que tu m’apprennes à frapper comme ça avec mon pied gauche, sourit ZZ. Depuis Messi, je n’ai jamais vu un pied gauche aussi fort que le tien. » Cela aurait pu paraître anecdotique venant d’un entraîneur à la qualité technique moins développée. Mais il s’avère qu’au cours de sa carrière, Zidane a inscrit ses plus beaux buts du gauche : son premier but en Bleu face à la Tchéquie, son lob de l’espace avec Bordeaux face au Betis Séville, son festival contre la Reggina avec la Juve, son ballet contre le Deportivo La Corogne ou encore sa reprise de volée magique contre le Bayer Leverkusen en finale de C1. Fin connaisseur des exploits de Zizou chez les Blancos, Asensio aurait pu prendre cette demande de son coach pour une blague. L’intéressé s’est contenté de sourire, puis de poursuivre son travail. Comme si les mots du maître étaient en soi une récompense. « Je sens que Zidane me donne de l’importance, expliquait le joueur à la Cadena Ser en mars dernier. Il parle beaucoup avec moi et je sens qu’il me fait de plus en plus confiance. Toutes les minutes que je joue, j’essaie de les optimiser au maximum pour le bien de l’équipe. Au Real, c’est difficile de jouer, mais je compte bien profiter du temps que l’on me donne pour prouver que je peux jouer ici. » Et depuis le début de saison, force est de constater que Marco Asensio profite à fond.


À la manière de Kylian Mbappé en France, Asensio est un footballeur en avance sur son temps, mais reste un homme émotif. Lors de sa présentation au Real à l’été 2016, Asensio vient déjà de claquer deux saisons en prêt. Une à Majorque pour rester encore auprès des siens, et une autre à l’Espanyol de Barcelone, pour faire étalage de tout son talent au sein de la Liga, où il termine l’exercice avec dix passes décisives et quatre buts. Pour cette saison 2016-2017, Asensio s’apprête à jouer pour le Real sans être prêté. Un véritable honneur pour la pépite, qui voit alors ses efforts payer. « Ce jour est spécial pour moi, explique Asensio aux côtés du président Pérez. J’ai toujours voulu jouer ici depuis tout petit... Je remercie le club, le président de leur confiance. Enfin, j’aimerais aussi remercier mon père, mon frère Horacio... Et ma mère ! (Sanglots.) Je sais qu’elle est là-haut, toujours là pour m’encourager. » Félicité par des applaudissements réconfortants, la recrue fait face aux photographes, larme à l’œil, pour graver cet instant dans sa mémoire. Un maillot blanc du Real Madrid floqué Asensio avec un numéro 20 dont sa maman, Maria Gertruida Margaretha Willemsem, décédée d’un cancer en 2011 et première supportrice du jeune Asensio, doit être fière.

Vidéo

L’Espagne, la voie royale


Appelé en équipe d'Espagne en mai 2016 par Vicente del Bosque à la suite de sa saison remarquée au sein de l’Espanyol, Asensio a fait du chemin depuis cette première sélection. Dans l’ombre de Cristiano Ronaldo et Gareth Bale, il s’est mis à apprendre à contrôler la pression ambiante qu’un club comme le Real Madrid peut créer de façon permanente. Pour dompter ce stress, Asensio comprend alors que son seul remède réside dans ses performances au quotidien. En l’espace d’une saison et d’une progression fulgurante comme en témoigne son début de saison 2017-2018, Asensio émet de sérieux doutes quant à la longévité du bail de Bale au Real Madrid. Sorti sous les sifflets contre Valence dimanche soir, le Gallois a pu observer l’impact du phénomène Asensio sur la rencontre grâce à son doublé, digne des grandes heures salvatrices de CR7. Certes, l’Espagne est un vivier d’ailiers talentueux avec Nolito, Vitolo, Deulofeu ou encore Pedro. Mais le plus en forme du moment, c’est bel et bien Asensio. Avant d’affronter l’Italie en fin de semaine, c’est une bonne nouvelle à prendre en compte pour la Selección de Julen Lopetegui. Et là aussi, sa titularisation serait une juste récompense.



Par Antoine Donnarieix
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