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La détresse du foot portugais

jeudi 31 mai 2007


José Mourinho et Cristiano Ronaldo portent au haut les couleurs du football portugais. Mais, au pays, la situation est catastrophique. Cette saison, Benfica et le Sporting n’ont pas passé le premier tour de la Ligue des Champions et Porto a failli en quarts, contre Chelsea. Pourtant les Portugais se sont gargarisé. Et plutôt deux fois qu’une. Leurs plus glorieux ambassadeurs ont atteint les demi-finales de la compétition, et se sont disputé toute la saison le championnat anglais. A Chelsea, il y a Mourinho, ses assistants Rui Faria, Silvino Louro et Andre Vilas, plus Ricardo Carvalho. En face, à Manchester, Cristiano Ronaldo et Carlos Queiroz, l’adjoint de Ferguson. Au Portugal, Cristiano Ronaldo et José Mourinho sont sur tous les panneaux publicitaires. Même Carlos Queiroz a droit à quelques cachetons. « Je sais que tous les Portugais supportent Chelsea, dit Mourinho. Cela ne me laisse pas indifférent. Les Portugais me considèrent comme leur représentant à l’étranger et j’accepte cette responsabilité. Les gens m’aiment beaucoup plus depuis que je suis parti. Quand j’entraînais Porto, les fans du Benfica et du Sporting Lisbonne me détestait. Au Portugal, les gens sont très jaloux au début, mais ils sont fiers lorsque vous réussisez à l’étranger. »

Le championnat portugais trinque

Quitter son pays est finalement le meilleur moyen de devenir populaire au Portugal. Tiago, Pauleta et le Brazil-born Deco pourraient eux aussi en témoigner. Leurs départs les ont mis au-dessus des petites rivalités portugaises et a fait d’eux des stars unaniment appréciées à travers le pays. Le problème est que leur départ a, dans le temps, considérablement affaibli le championnat portugais. En 2004, sous Mourinho, Porto remportait la Champions League. Cet été là, l’équipe national disputait la finale de l’Euro. Une douce euphorie s’empara du foot portugais, mais elle fut de court terme. Lorsque Mourinho s’envola pour Chelsea, l’équipe de Porto se désagrégea. Aujourd’hui, même les grands clubs du pays ne remplissent pas leur stade. Un week-end d’avril, la visite de Porto à Coimbra, à une heure de train, n’attira que 16 000 spectateurs. La moyenne de spectateurs lors des matchs de Boavista tourne autour de deux mille. Braga, dont le catastrophique nouveau stade ne comprend pas de tribune derrière les buts, a réalisé une très bonne saison, mais le président du club a promis qu’il démissionnerait si plus de fans ne déplaçaient au stade. Certaines équipes de première division, comme le Nacional ou Naval, attirent parfois moins de 1 500 spectateurs par match.

Le foot oui mais ailleurs

Pourtant le football reste extrêmement populaire au Portugal. C’est encore le sport le plus pratiqué dans le pays, devant le hockey sur patins, le futsal, l’athlétisme, le judo et le basket. Trois journaux quotidiens sont entièrement consacrés au sport, et en grande partie au football. A la télé, les émissions de football attirent de plus en plus de téléspectateurs. Le public s’est simplement lassé du championnat portugais. La domination des trois grands, Benfica, Sporting et Porto, a installé le pays dans une terrible routine. Boavista, en 2001, et Belenenses, en 1946, sont les deux seuls clubs à avoir brisé un jour cette hégémonie. De gros problèmes d’arbitrage, et des soupçons de corruption (une large enquête est actuellement en cours dans tout le foot portugais) ont également contribué au désintérêt du public. Paulo Sousan, ancien joueur notamment de la Juventus, sélectionné à 51 reprises, et désormais responsable de la formation à la fédération, estime qu’il faut « trouver urgemment des idées pour attirer les gens dans les stades. A l’heure actuelle, le spectacle n’est pas d’assez haut niveau. Les gens aiment le football, mais ils restent chez eux. C’est la contradiction. Sans spectateur, le foot portugais ne pourra survivre. Les sponsors vont bientôt rechigner à mettre la main à la poche et l’on rentrera dans un cercle vicieux. » Mais, dans les bars, déjà, on ne parle presque plus des rivalités historiques entre le Sporting, Porto ou Benfica. Cela n’intéresse plus que les personnes âgées. Les plus jeunes préfèrent parler des stars exilées, et surtout de Mourinho. L’entraîneur de Chelsea a plusieurs fois dit qu’il aimerait devenir sélectionneur de l’équipe nationale. Son retour au pays suffirait-il à relancer le foot portugais et à faire revenir les gens dans les stades ? « En football, un homme ne peut rien faire tout seul, il lui faut une équipe », estimait Mourinho récemment.

Par Victor Vago pour The Guardian, traduction : Jérôme Bac pour sofoot.com

Article « bonus » au Cahier International du So Foot n°45 , en kiosque entre le 31 mai et le 2 juillet 2007 – couverture « Bilan 06/07 ».


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Commentaires étendus

Commentaires :6

b’n : La détresse du foot portugais 11 juillet 2007 22:35
José n’avale pas, il crache.

Karaiklan : La détresse du foot portugais 6 juillet 2007 20:22

IL faut dire aussi que le prix des places est exhorbitant ! là bas le salaire minimum est à 400 euros et une place en moyenne à 25, 30 euros ! donc faites le calcul... Les gens préfèrent regarder le match à la télé. Avec les nouveaux stades, dont Braga qui pour moi est magnifique et a reçu de nombreux prix d’architecture, le nombre de spectacteurs a augmenté. Les clubs des trois grands ont tous une moyenne au dessus de 30 000 par match.

De plus le Portugal homis Porto et Lisbonne reste un pays avec très peu de grands centres urbains comme l’ESpagne, la France ou l’Angleterre. Néanmoins le football se professionnalise et les vieux dinosaures disparaissent peu à peu. Les clubs sont mieux gérés avec une vision à long terme. Ce que fait POrto chaque année en ligue des champions avec 50 millions de budget aucun club français ou anglais ne le fait et encore moins le doublé européen 2003/2004 avec une equipe qui a couté en tout et pour tout 10 millions d’euros. Qu’Aulas prenne des notes...

Maintenat c’est clair, cela n’a rien à voir avec les moyennes des années 50,60,70 ou même 80 avec 125 000 spectacteurs ds l’ancien stade da Luz ou 60 000 ds l’ancien stade Das Antas ou Alvalade.



La détresse du foot portugais 6 juin 2007 15:17


Franck ANNESE : La détresse du foot portugais 31 mai 2007 15:38
d’une part c’est un article anglais, et d’autre part, il ne s’agit pas de dire "le Portugal c’est mal, la France c’est bien", si ?

Ghor : La détresse du foot portugais 31 mai 2007 14:48

Pas beaucoup de spectateurs a Coimbra ou Boavista ? Il faut replacer les choses dans leur contexte : la population du Portugal est inférieure à celle de l’Ile de France, Boavista est une des banlieues de Porto, etc...

Au Portugal trois clubs peuvent regulièrement remporter le titre et à une ou deux exceptions près, le reste des equipes est de bas niveau alors qu’en France à part l’OL...



La détresse du foot portugais 31 mai 2007 14:31
championnat en detresse avec un bon niveau technique mais trop de casseurs à "l’ancienne" !! Les bons joueurs y restent 2 ans et fuient... ça rappelle un peu la ligue 1 (en bcp plus naz) sauf que les clubs portugais font qd mm des meilleures perf que les autres Lille, Monaco et consors.... G14 power !

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