Le magazine en kiosque

SO FOOT n°61 - en kiosque le 9 décembre et jusqu’au 2 février 09 !
Torres - Gerrard - Benitez - Michel Moulin. Commentaires :4
"Le papier ne suffit plus" pour découvrir tous les bonus.
[P] [+] [+]
Accueil du site > Articles > Steve Savidan : Du bleu de chauffe au bleu de France…

Steve Savidan : Du bleu de chauffe au bleu de France…

mardi 18 novembre 2008

Dans le ciné popu d’avant, il se serait appelé P’tit Louis, ouvrier qualifié syndiqué, avec la gouaille et la moustache canaille. Dans la France popu un peu américanisée d’aujourd’hui, il s’appelle Steve et il est un héros populaire du foot professionnel. Devenu nouveau riche sur le tard mais avec une conscience sociale, il débarque à 30 ans à Clairefontaine chez les vrais millionnaires du ballon rond. Et si le rescapé miraculeux de la fracture sociale était en fait le fantôme du prolétariat venu hanter une gauche française boboïsée ?...

Ray Cric y avait pensé mais il était pas sûr. Alors quand Eric le Belge a parlé de « tueur » et que l’OM s’est dit intéressé par ce deuxième “Steve”, Domino a dit « Banco ! »… Non, on déconne : Steve Savidan chez les Bleus, Ray Stuc en avait vraiment parlé. Notamment après son quadruplé contre Barthez à la Baujoire : « La concurrence est rude, je lui souhaite de marquer beaucoup de buts pour continuer à frapper à la porte de l’équipe de France ». Dont acte. La sélection de Savigol, c’est une initiative facile qui vaut à Ray Gun la reconnaissance de la France du foot séduite par son “esprit d’ouverture”.

En fait, il n’y a rien d’aventureux à sélectionner le Stive : il a déjà 30 ans et sa carrière est derrière lui, il n’entre pas directement en concurrence dans une équipe de France déjà blindée d’attaquants meilleurs ou de niveau équivalent et l’Uruguay c’est un match amicaux. Savidan n’est pas l’avenir. Grand maximum, on peut tabler sur lui jusqu’à 2010, où l’animal pourrait mordre au Mondial sud-africain. L’option Savidan se situe donc entre un Flamini (testé, apprécié mais pas rappelé) et un Ribéry (un pari évident devenu ultra payant). Alors, disons que Savidan chez les Bleus, ça donnerait peut-être au mieux entre 10-15 sélections pour 4-5 buts. C’est quand même pas si mal pour celui qui pourrait devenir le nouveau joker de l’attaque tricolore pour les deux années à venir. Faut voir… S’il fait grosse impression chez les Bleus (genre un doublé contre l’Uruguay, genre Gomis avant la graisse) et continue d’affoler les compteurs avec Caen, alors des Djib Cissé, Hoarau, Bellion, Jimmy Briand ou Bafé, justement, pourraient attendre encore un peu plus longtemps pour venir crécher à Clairefonatine…

On va pas revenir sur les qualités évidentes de Savidan. Un buteur-passeur technique, instinctif et endurant. En gros, un autre Ribéry, mais plus porté vers l’attaque. Aujourd’hui, dans le foot moderne, ça suffit amplement pour faire la différence avec la moyenne des footeux d’ici ou d’ailleurs. A ce propos, on peut quand même s’interroger sur ces joueurs trentenaires qui régalent notre championnat (Savidan, Pagis, Lesage,…) : n’est-ce pas révélateur du manque de qualité technique de notre chère L1 (ne tirez pas ! Même Guy Roux se pose ce genre de questions !) ? Donc, a priori, une bonne surprise de Savidan chez les Bleus n’est pas à exclure. Une Ribéry-bis ?

Mais, en fait, l’autre intérêt évident à propos du joueur, c’est son côté “France d’en bas” qui rallie tous les suffrages. Authenticité, simplicité et humilité. Les médias forcent le trait sur le joueur venu du monde amateur. L’ancien grand bringueur pas sérieux, trimballé de prêt en prêt et qui n’a découvert la L1 qu’à 28 ans. La galère de footeux à 20 ans dans le SCO d’Angers en dépôt de bilan : « Je ne gagnais que 3000 francs par mois et ma femme était employée chez Quick. On n’arrivait pas à suivre financièrement. Du coup, j’ai choisi de travailler en dehors des entraînements. J’ai exercé le métier d’éboueur pendant trois mois. J’ai aussi été barman ». Vers cette époque, Stevy avait sérieusement pensé à raccrocher les crampons… Le bonhomme insiste toujours sur ses origines modestes (père facteur, maman au foyer) et confessait en 2007 une vague sympathie pour Bayrou : « Je suis du courant social. Droite ou gauche, je m’en fous » (il aurait même voté Ségolène au deuxième tour, pas banal chez les footeux). Pour faire tendance très à la mode, on le prend pour un Ch’ti parce qu’il a joué à Valenciennes et qu’il y a ouvert un bar-restau (le K9, en référence à sa femme Karine et à son numéro sur le terrain) alors qu’il est natif d’Angers. Enfin, l’homme conserve avec humour la distance salutaire vis a vis du métier de footballeur légitimement brocardé : « On mérite notre caricature. Moi le premier, avec ma grosse voiture, mes fringues. Mais on fait vivre une économie. Demandez aux vendeurs de bagnoles, aux bijoutiers, s’ils se plaignent que Caen ait une équipe en Ligue 1 ! »

Même s’il est devenu socialement “privilégié”, il incarne quand même la “France d’en bas”. A ce titre, il est marrant de noter que Savidan a été appelé en équipe de France au moment même où le Parti Socialiste se déchirait à Reims, incapable d’offrir une alternative crédible au sarkozisme. Plus en phase avec leurs querelles personnelles qu’avec les réalités sociales auxquelles ils sont censés devoir apporter des solutions, les caciques du PS se coupent un peu plus de leur base populaire, trahie et légitimement dégoûtée. Et si Savidan réveillait aujourd’hui la mauvaise conscience de certaines élites de gauche ?

Chérif Ghemmour

PS : « Steve » parce que Steve Mc Queen, l’idole de maman Savidan…


Mais qui es tu vraiment la Copa del Rey ?

6 janvier 2009 Mais qui es tu vraiment la Copa del Rey ?

Il existe en Europe une compétition qui ne ressemble à aucune autre. Elle a changé quatre fois de nom et au moins trois fois de formule ; en résumé, un vrai bordel. Il ne s’agit pas de la coupe Intertoto mais d’un tournoi qui a lieu chaque année en Espagne : la Copa del Rey.
Chaque pays de football compte deux compétitions majeures, son championnat et sa coupe. Quelques pays ont bien essayé de populariser une certaine “Coupe de la Ligue” mais son intérêt demeure (...)

Hoffenheim - Demba Wunder-Ba !!!

5 janvier 2009 Hoffenheim - Demba Wunder-Ba !!!

Né à Sèvres et formé à l’arrache dans les clubs de la banlieue havraise, Demba Ba est devenu, en quelques mois, celui auquel le commun des footballeurs moyens aimerait ressembler : un mec qui roule en 4x4 Range Rover mais qui flambe surtout sur les circuits de Bundesliga. Interview du copilote de la flamboyante (42 buts en 17 matches) attaque du leader Hoffenheim.
La presse allemande l’appelle souvent “Wunder-Ba” (en allemand, “wunderbar” signifie fantastique). En France, on l’appelle Demba Ba, histoire de le dissocier d’Ibou Ba, qui (...)

2009, et un OM tout neuf ?

4 janvier 2009 2009, et un OM tout neuf ?

Eric Gerets vient peut-être de vivre sa plus mauvaise période à Marseille, entre novembre et décembre. Le Belge aborde donc 2009 et son premier match, un 32e de Coupe de France à Besançon, avec une question : l’OM peut-il guérir ?
Mercredi 19 mars 2008, l’OM ridiculise la Ligue 1 en allant perdre à La Beaujoire face à Carquefou, club de CFA 2, en huitième de finale de la Coupe de France. Chez les supporters phocéens, (...)

Mais où est passé Kiki Musampa ?

3 janvier 2009 Mais où est passé Kiki Musampa ?

Début 2008, les plus belles dreadlocks du monde du foot étaient parties fouetter l’air d’un autre continent. Mais exilé à Séoul, Kizito n’a pas trouvé sa place. Depuis six mois, le Néerlandais cherche un maillot, en vain. Retour sur la carrière de celui qui, partout où il est passé, est inéluctablement devenu la mascotte du club.
30 mai 1999. Bordeaux est sacré champion de France au Parc des Princes, grâce à un but inscrit in extrémis par le junior Pascal Feindouno, dont tous les commentateurs écorchent le nom. Les (...)

Le chant du cygne

2 janvier 2009 Le chant du cygne

Il existe un club gallois de football, qui, sans faire de bruit se dessine une destinée semblable à celle du club allemand d’Hoffenheim. Emmené par une colonie espagnole, huit en tout, le Swansea City Association Football Club est de retour en Championship, 24 ans après sa dernière présence, à l’aide d’un football audacieux. Découverte d’une histoire que tout le monde racontera dans 6 mois.
Le majorquin Guillem Bauza ne le sait pas encore, pourtant dans quelques années il aura une statue dressée à sa gloire à Swansea City. Où ? A Swansea City, petite ville du sud du Pays de Galles, (...)

Consulter les archives
Steve Savidan : Du bleu de chauffe au bleu de France…
poster un commentaire
Commentaires étendus

Commentaires :1

Koyamaibole : Steve Savidan : Du bleu de chauffe au bleu de France… 18 novembre 2008 19:22

Ribéry bis ça me parait un peu utopique.

Jurietti bis ?



Publicité

Newsletter



Désabonnement 

Boutique

 


Boutique Abonnement
Anciens num�ros
Merchandising divers