Le magazine en kiosque

SO FOOT numéro 57
PSG 2008, MI-ANGE, MI-DEMON. Rothen, Kaladze, Senna, Keeley. Commentaires :17
"Le papier ne suffit plus" pour découvrir tous les bonus.
[P] [+] [+]
Accueil du site > Articles > César Menotti, l’anarchiste aristocratique (2)

César Menotti, l’anarchiste aristocratique (2)

jeudi 3 juillet 2008


Petits Matins

Après la prise du palais d’Hiver et le Grand Soir de 1978, le menottisme va connaître ses matins qui déchantent. Tout d’abord, la catastrophique Coupe du Monde 1982, qui s’achève par la prise de pouvoir de l’ennemi juré Bilardo, ou l’ordre sans l’aventure.

Malgré l’ajout de Maradona à l’équipe championne du monde en 1978, l’Argentine manque d’originalité, de fraîcheur, certaines vedettes de 78, notamment Kempes et les défenseurs Olguín et Gaván, étant complètement hors de forme. Pire, un des éléments essentiels de la doctrine menottiste, la remise en une touche de balle quand on reçoit la sphère avec un défenseur sur le dos, s’était totalement mécanisé, devenant la négation même du concept de l’aventure.

L’Argentine ne passe pas le second tour malgré la présence de Diego, récemment acheté par le Barça pour une somme record de 50 millions de francs, Menotti s’éloigne du football et laisse l’Albiceleste entre les mains de Bilardo, son antithèse footballistique qui défend le jeu vertical, le résultat avant tout et l’autorité de l’entraîneur. C’est Staline qui envoie Trotsky au Mexique.

Avant de s’emparer de la sélection mexicaine, Menotti fait néanmoins de fugaces apparitions au Barça, à Boca, à l’Atlético Madrid, River et Peñarol. Six mois par ci, six mois par là et à chaque fois le même constat : de belles idées et un joli naufrage.

Car il y a parfois autant de proximité entre le discours de Menotti et sa réalisation sur le terrain qu’entre un film d’Eisenstein et un kolkhoze au fin fond de l’Ukraine. Ainsi, un des grands principes de Menotti, “el achique” ou “rapetisser” le terrain, c’est-à-dire faire monter la ligne défensive lors des phases d’attaque afin de dérouler un “toque” dévastateur, se conclut le plus souvent par un contre éclair de l’adversaire, donnant lieu au triste spectacle d’un face à face avec le gardien, loin des pathétiques mains levées des défenseurs réclamant un hors jeu n’ayant jamais existé.

Une Coupe du Roi en deux ans avec le Barça de Maradona, pas un seul titre avec Boca et River, alors que, de son côté, Bilardo remporte la Coupe du Monde 1986. En cette fin de siècle, le mur tombe, l’URSS s’écroule, le menottisme en prend un coup, c’est la déliquescence des idéologies.

Une idée du football et de la vie

Pourtant, partout où il passe, César continue d’attirer les foules, de remplir les stades, et d’enflammer les hinchadas. Au Mexique, il est considéré comme un Dieu vivant, ayant révolutionné la manière de voir et de penser le football. Jamais la “Ola” mexicaine n’avait autant fait le tour du gigantesque stade Aztèque que lorsqu’il dirigea “los tricolores”.

Après son passage, la sélection cesse à tout jamais d’être surnommée “les petits rats verts”, et continue d’appliquer la philosophie de jeu léguée par l’Argentin. L’équipe du Mondial 94 dirigée par Mejía Barón est l’enfant caché de Menotti tandis que le débarquement de Milutinovic et de ses techniques de yougoslave - défense, cassage de jambes et “cojones” - est saluée par les huées des supporters mexicains qui implorent le retour du prophète.

Au fond, les échecs du Flaco s’expliquent aussi par l’ampleur de son projet. En attribuant à ses idées de jeu un caractère dogmatique, Menotti prend un risque infiniment supérieur aux entraîneurs à la dialectique plus modeste articulée autour du « on prend les matchs les uns après les autres », « l’important c’est les trois points » et « l’arbitrage ne nous a pas aidés ».

Difficile de ne pas admirer un tacticien qui défend avec élégance et fanatisme une idée du football comme expression d’une forme de vie. Celle d’un type qui a grandi « en voyant des mecs jouer leur vie aux cartes », d’un gamin de Rosario qui avant de passer professionnel avec Central après seulement six matchs en réserve gagnait sa vie en vaccinant des porcs, d’un mélomane communiste qui lisait “El hombre mediocre” et “La simulacion en la lucha por la vida” de José Ingenieros (2) au lieu d’aller à l’école.

L’idée d’un « football de gauche » dont Menotti parle avec son élégance caractéristique : « Dans le football – comme dans la politique – il y a d’un côté la droite, qui crucifie l’homme car elle l’anime avec des plaisirs qui n’ont rien à voir avec la vie, et qui n’a d’autre but que celui de gagner, et de l’autre la gauche, qui refuse l’utilitarisme, exalte la joie et pour laquelle même s’il est toujours bien de gagner, le plus important reste la manière de s’exprimer ».

Gagner avec mérite, respecter le public, le jeu et les joueurs, telle est la philosophie humaniste de Menotti. Chacune des équipes qu’il a dirigées a ainsi toujours attendu au bord du terrain pour saluer ses adversaires à la fin des matchs, que ce soit après les victoires mémorables ou les défaites pathétiques. Menotti est également un inlassable défenseur du joueur de football qu’il définit comme « noble par essence » et dont il s’inquiète de la dénaturalisation que l’argent et l’individualisme du football moderne entraînent chez lui.

C’est cela, César Menotti. Un homme qui prêche avec ferveur une certaine conception de la vie et du football, mais aussi un nihiliste qui, volontairement ou non, déclenche les polémiques partout où il se déplace. César Menotti est l’« anarchiste aristocratique », un non-conformiste aux grands principes, un vieux monsieur aux rêves d’enfant.

« Certaines personnes vivent la nuit car elles n’ont pas sommeil. Moi je vis la nuit parce que j’ai des rêves ». César Menotti.

Par Pierre Boisson, à Buenos Aires

2 - José Ingenieros, sociologue positiviste, est aussi l’un des fondateurs du socialisme en Argentine et théoricien de l’identité latino-américaine et de l’anti-impérialisme. Malheureusement, aucune traduction de son œuvre n’a été faite en français.


LDC : le tirage

28 août 2008 LDC : le tirage

Dur pour Lyon, très dur pour Bordeaux, très très dur pour Marseille. Comme on dit, la Champion’s ne fait pas de cadeaux. Vivement l’UEFA…
Premier vrai rendez-vous de la saison pour les amateurs de football sérieux, le tirage au sort de la Ligue des champions a déjà permis de dresser un petit bilan de la cuvée à venir : le Barça, (...)

La formation à la parisienne

28 août 2008 La formation à la parisienne

Il y a déjà N’gog à Liverpool, il va peut-être y avoir Yannick Boli au Real. Une fois de plus, c’est l’occasion pour certains de railler le centre de formation du PSG. Pourtant, quand on se penche sur le fonctionnement du football amateur en Ile de France, on s’aperçoit que les terrains sont minés pour les recruteurs.
Au plus fort de sa démagogie, Michel Moulin avait prononcé la phrase que tout supporter du PSG rêvait d’entendre : « à qualité égale, je préfère que le joueur vienne de Paris et sa région (...)

Ligue 1, troisième journée

24 août 2008 Ligue 1, troisième journée

Dans une actualité lourde, on retiendra de la troisième journée la fulgurance de Sessegnon et le baiser de Zenden pour les tops. Saint-Etienne, Lille et Nancy en destinations flops de l’été. Peu de suspens en somme, d’ailleurs le Loto Foot 7 ne rapporte que soixante-dix neuf euros. Résumé d’un triste week-end.
Monaco – Caen, 1-1 Monaco a perdu un Frédéric mais en a trouvé un autre. Piquionne parti à Lyon, la révélation du Rocher s’appelle Nimani, et sort, c’est à noter, du centre de (...)

Pastis par temps bleu, pastis délicieux...

23 août 2008 Pastis par temps bleu, pastis délicieux...

Le 11 juin, midi, à l’Etoile, une boîte lounge à pouffes près des Champs-Elysées. Eric Cantona est venu présenter sa dernière création : une bouteille de Pastis 51 qu’il a customisé de ses mains. Un reportage qui rappelle l’été, le vrai.
Mardi 10 juin, dans une boîte Hotmail, une annonce aux relents de Paris Plage : « 51, le pastis non conformiste vous invite à découvrir la création "haute en couleur" réalisée par Eric Cantona, (...)

Présentation de la 3e journée de Ligue 1

22 août 2008 Présentation de la 3e journée de Ligue 1

La 3ème journée de Ligue 1, c’est le moment où les premières dynamiques, les premières tendances sont immédiatement contredites. Désolé pour les grenoblois. Pour voir des buts, rendez-vous au Havre.
Samedi 23 août, 19 heures Le Havre – Marseille Sur ses deux premiers matchs, Le Havre a prouvé qu’en étant rigoureux dans le pressing, on pouvait être accrocheur dans quasiment tous (...)

Consulter les archives
César Menotti, l'anarchiste aristocratique (2)
poster un commentaire
Commentaires étendus

Commentaires :3

French Flair 11 : César Menotti, l’anarchiste aristocratique (2) 3 juillet 2008 23:18

Gagner avec mérite, respecter le public, le jeu et les joueurs, telle " est la philosophie humaniste de Menotti. Chacune des équipes qu’il a dirigées a ainsi toujours attendu au bord du terrain pour saluer ses adversaires à la fin des matchs, que ce soit après les victoires mémorables ou les défaites pathétiques. Menotti est également un inlassable défenseur du joueur de football qu’il définit comme « noble par essence » et dont il s’inquiète de la dénaturalisation que l’argent

Tout est dit !

Putain mais vous etes sur qu’il n’est pas anglais fana bourrin de la ligue british ??

Big up à Menotti !

Voilà un putain d’article qui envoit du très beau jeu !!

Souvent les articles sur le fuuuuute argentin sont bons sur So Fuuuute !

Putain à ca joue , comme la Roja contre les bourrins truqueurs teutons !

Vive le fuuute offensif et efficace !

Bon sinon je ne salirais pas cet article avec la funeste nouvelle du jour ...

Une pensée à toi Sombrero !



kantona kelamour : César Menotti, l’anarchiste aristocratique (2) 3 juillet 2008 17:16

simplement merci.

Pero pourquoi tant de boludos ahorita ??

Nouveau venu sur so foot ?



lesenef : César Menotti, l’anarchiste aristocratique (2) 3 juillet 2008 08:40
merci superbe article.

Publicité

Newsletter



Désabonnement 

Boutique

 


Boutique Abonnement
Anciens num�ros
Merchandising divers