|
||||
|
|
||||
|
Accueil du site
> Articles > Mon voisin est de Boca
Mon voisin est de Bocamardi 1er juillet 2008 Quand on débarque au milieu de ce grand bordel qu’est Buenos Aires, sans parler un seul mot d’espagnol, le football peut parfois vous sauver la vie et vous garantir une socialisation minimum. Car en Argentine le football se partage. Le pizzaïolo du coin de la rue, le vendeur de légumes d’en face ou le type qui est assis à côté de vous en classe. Et puis, le vocabulaire footballistique est international, Zidane signifie magique dans toutes les langues et Maradona Dieu, non ? Petites histoires d’une grande passion.
Regarder un match en streaming en Argentine peut s’avérer frustrant. Très frustrant. A la fois du fait du léger décalage avec le direct télévisé et de l’épaisseur des murs. Explications. Mercredi 4 Juin, Boca se déplaçait au Maracana pour la demi-finale retour de la Libertadores après un match nul préoccupant à domicile. Boca n’a pas perdu chez les Cariocas depuis 14 ans tandis que le Santos de Pelé est la dernière équipe brésilienne à les avoir sortis de la Libertadores…De l’enjeu, de la pression, ambiance des grands soirs. Domination stérile des Xeneizes, 0-0 à la mi-temps. Et puis, à la 60ème minute, alors que les Brésiliens tripotent innocemment la balle au milieu du terrain, un cri surgit au milieu de la nuit porteña. Au-dessus, à côté, au loin dans la rue, tout le quartier explose. Coup d’Etat contre Christina et pour le Soja ? Non, un « Goaaaaal » en dolby surround. Qui a planté ce foutu but ? Mon barrio, à quelques dizaines de cuadras du Monumental est a priori plutôt de River. Les Gallinas seraient-elles en train de chanter la défaite de l’ennemi ? Les Brésiliens se rapprochent de la cage de cette chèvre de Miglione, petites passes, la balle arrive dans les pieds de l’intenable Thiago Neves. Inquiétude. Et puis jaillissement de Paletta, relance rapide sur Datolo qui se lance dans un superbe show côté gauche. Dribbles chaloupés, centre parfait, tête de Palermo. Goal. Mon voisin est donc de Boca. La fin du match se transforme inévitablement en écoute anxieuse des bruits de l’appart adjacent. A peine quelques minutes plus tard, alors que l’arbitre vient de siffler un coup franc dangereux pour les Brésiliens, un hurlement transperce les murs. Soit le voisin vient d’éventrer sa femme, soit Fluminense va en planter un. Washington s’élance, je me cache les yeux, croise les doigts, croyant encore pouvoir changer le destin. Lucarne parfaite, la jolie voisine est encore vivante et descend toujours les escaliers de l’immeuble avec autant de grâce… Le cri déchirant se répétera deux fois, Boca coule, la qualification s’envole. Aucun soulèvement collectif n’ayant agité le quartier, le dernier quart d’heure prend l’allure d’une longue agonie que l’on regarde avec l’espoir d’un condamné à mort, les mains liés et le bandeau sur les yeux. A Buenos Aires, le football se partage. Un match se vit avec son voisin, son barrio, et parfois, au moins lors du Superclasico, avec la ville toute entière. Le 4 mai dernier, installés à une table au milieu du trottoir devant l’impossibilité de trouver la moindre place dans tous les bars de la longue avenue Cabildo, à travers la vitrine, au-dessus de l’épaule du petit vieux et de la tête de son petit-fils, on peut distinguer les premières images du superclasico sur l’écran géant du bar. Derrière nous, deux-trois passants s’arrêtent puis, peu à peu, d’autres désespérés qui ne veulent pas perdre le match de l’année. Après un quart d’heure de jeu, le trottoir s’est transformé en véritable tribune. Une hinchada mixte, des hommes, des femmes, des vieux, des gamins, des maillots bleus et jaunes, des rouges et blancs, des anonymes qui n’ont pas encore dévoilé leurs couleurs. Temporairement du moins, car au but de Battaglia, plus moyen de se planquer, la foule se partage entre cris de joie et soupirs de déception. Les klaxons retentissent, des gens s’embrassent, une petite vieille sortie promener son chien demande de sa voix chevrotante le nom du buteur. Certains festoient, d’autres rechignent, mais personne ne reste indifférent. Coup de sifflet de l’arbitre, remise en jeu, le match recommence et la tribune reprend son sérieux. Aux alentours, l’instant d’un match, d’une heure et de quelques minutes, Buenos Aires l’effrénée s’est arrêtée, le temps s’est suspendu. Sur Cabildo, il n’y a jamais eu si peu de trafic, les bus, habituellement bondés, sont vides, Buenos Aires est une ville fantôme. Un conducteur égaré hurle en notre direction pour demander le score. « 1-0, cinq minutes à jouer » répond la foule. Klaxon de victoire. « Hijo de puta » réplique l’hincha de River debout derrière moi. Dans notre tribune, quelques personnages ressortent. Il y a ce type qui écoute le match à la radio et qui s’impose comme commentateur officiel. Palacio, pour sa maladresse désespérante devant les cages, prend très cher. Roman est « une machine ». A droite, un petit grand-père en pantoufles qui suit le match attentivement. Plus loin, deux jeunes supportrices de River pas dégueulasses du tout. Parmi les spectateurs, certains s’échangent des coups d’œil, des solidarités naissent, des opinions se partagent. Le match a aussi lieu sur le trottoir qui, l’espace de 90 minutes, ressemble à une réunion d’une bande de potes qui se boivent quelques Quilmes, la bière nationale, devant le superclasico. Même si ce soir il y aura des vainqueurs et des vaincus, des heureux et des malheureux, tout le monde s’est rassemblé pour voir ce mach. Des familles coupées en deux entre Boca et River sont venues le voir ensemble. J’en deviendrais un peu niais mais mince, parfois, c’est quand même beau le football. En poussant un peu le vice, on pourrait même lui attribuer quelques valeurs éducatives. Souvent, en choisissant ses cours à la fac en début de semestre, on fait de grosses conneries. On prend un cours sur le péronisme en pensant pouvoir un jour y comprendre quelque chose. On en choisit un autre le mercredi soir de 19h à 23h en oubliant que le mercredi, c’est le jour de la Libertadores. L’erreur bête. De celles qui vous font manquer le quart de finale retour entre l’Atlas de Mexico et Boca Juniors. Une nouvelle fois, les Xeneizes ont merdé à l’aller, 2-2, et se retrouvent en difficulté. La UBA, université de Buenos Aires, est supposée être une des meilleures facs d’Amérique du Sud mais ses locaux ont plutôt l’air d’un squat ou d’un hangar désaffecté. Aux murs, des affiches politiques partout, un marteau et une faucille par ci, la tête du Che ou de Rodolfo Walsh (1) par là. Une fenêtre sur deux est pétée et comme il n’y pas assez d’argent pour payer le gaz cette année, malgré les manteaux et les matés, ces cours de culture populaire argentine dans le froid des nuits d’hiver sont longs, très longs. Mais du coup, le « Gooaaal carajoooo » hurlé dans la rue résonne bien distinctement dans l’amphi. La prof s’arrête et demande qui joue. Boca – Atlas répondent les 200 étudiants. Quelques minutes plus tard, seconde clameur dans la rue. Dans la classe, une bonne trentaine de personnes craque, prend ses affaires et s’enfuit en courant vers le bar le plus proche pour suivre la fin du match. Ceux qui sont restés tripotent leurs portables, le cours est rythmé par les bip-bip des messages qui actualisent l’évolution du score. Au troisième but – une petite merveille de lob de Palermo – cette fois la moitié de l’amphi se barre et se retrouve devant le café du croisement de Corrientes et Rio de Janeiro. Au fond, ce fut peut-être le plus bel exemple d’une culture populaire argentine que Diego Lucero, journaliste et écrivain uruguayen expatrié à Buenos Aires, décrivait ainsi : « C’est un peuple qui veut être heureux. Et qui, chaque dimanche, l’est, car il se réveille avec les cris et s’endort avec la musique du toucher de balle, résonance sonore de l’émotion sans pareille du football, qui est pour le peuple passion, folie, pulsion, emportement, colère, pleurs, rire, fête » (2). Par Pierre Boisson, à Buenos Aires 1 - Journaliste et écrivain argentin, auteur de Opération massacre, Walsh se définissait cependant avant tout comme un combattant participant à la lutte contre la dictature aux côtés des organisations armées d’extrême gauche, notamment des Montoneros. Le 25 mars 1977, Rodolfo Walsh devient l’un des 30 000 desparecidos, victime de la dictature. 2 - Diego Lucero, « Hoy comienza el campeonato y habrá fiesta para rato » dans Siendo ruido de pelota. Articles de cette rubrique
Consulter les archives
|
Commentaires :15kantona kelamour :
Mon voisin est de Boca
7 juillet 2008 02:18
pas mal CHOMeur, pas mal... donc si tu veux je vais parler de toi desormais... la simple descendance genetique ne suffit pas à assurer la respectabilité dans ton cas cependant, tu es aussi respectable que tes anciens, je te laisse donc imaginer le niveau t’es toujours aussi sur de toi et tu crois etre une star, mais tu as aussi de l’humour. c’est bien chOM :
Mon voisin est de Boca
5 juillet 2008 16:39
kantonakela-bouche, je crois que c est toi qui n as pas tout compris,le fait d etre fils de republicain(d ailleurs tu n es pas le seul à avoir cette respectable ascendance...)ne doit pas t exonerer de tout....tes propos deplacés et xenophobes en particulier... la simple descendance genetique ne suffit pas à assurer la respectabilité je ne pense pas que les gens qui postent ici aient la pretention de tout connaitre de la vie,toi ,par contre t es en decalage avec le forum... que fais tu à part parler de toi meme ?? je comprends que dans ton monde aseptisé et americanisé(que t as bien décrit d ailleurs),tu aies besoin ce "communiquer"avec des compatriotes mais bon ,je sais pas si so foot est le meilleur support pour ça.... pour finir et sans rancune,une chanson en l honneur de ta famille : avanti poppulo, alla stazione,rivoluzione trionfera, bandiera rossa dove trionfare ! e viv’il communismo e la liberta !!!!!!!!!! kantona kelamour :
Mon voisin est de Boca
3 juillet 2008 15:30
une autre amerique latine, si semblable et si differente : A monterrey, mex, 200 km des etats unis, 6000 km de Buenos Aires : "Quand on débarque au milieu de ce grand bordel qu’est monterrey, 44 degres a l’ombre, 5 millions d’habitants, desert desert... le football peut parfois vous sauver la vie et vous garantir une socialisation minimum. Meilleur public mexicain. Car au mexique le football se partage. Et puis, le vocabulaire footballistique est international, Zidane signifie magique dans toutes les langues et Maradona Dieu, non ? une grande passion. je travaille a la ur, université privee de monterrey, supposée être une des meilleures facs du Mexique, equipement bien meilleur que les fac en france, controle antipage pour les eleves et les profs, corruption pour donner des bonnes notes aux "fils de", bible et tout le bordel. ici c’est l’ULTRA LIBERALISME dans son expression la plus poussée, on coupe des arbres pour mettre des 4 par 3, on veut construire un quartier residentiel dans une zone ecologique, des affiches politiques partout, mais pas de marteau ni faucille par ici, plutot chavez et fidel representé en diables, Bonjour l’ambiance... la tele est une publicite coupé par les films... les gens s’amusent en allant au centre commercial neanmoins, les filles d’ici sont les plus bonnes du mexique et elles s’y connaissent en foot... et rien que pour ca... Par Kantonabitbol, en direct live de Monterrey, Nuevo Leon kantona kelamour :
Mon voisin est de Boca
3 juillet 2008 15:12
chom t’es con ou t’as juste pas compris que je suis fils de republicain communiste pov tacheron. Pourquoi les gars qui postent sur sofoot croient ils tous savoir ? tu dois etre decu des espagnols parce que t’as pris une branlee ?? jaloux... chOM :
Mon voisin est de Boca
2 juillet 2008 18:38
toujours ce pauvre diable sur les posts(basura franquista)
ça vient gacher cet excellent article(bravo)
kantona kelamour :
Mon voisin est de Boca
2 juillet 2008 16:52
ragondindomptable tu as raison de comparer chivas a marseille, ce sont les publics ou le nombre de mongoliens est le plus èlevè du monde... ehehehe Mais que sais tu au juste de l’america ? tu les as vu jouer ? sais tu que c’est juste le club le plus puissant du mexique ? qui joue dans le 3eme plus grand stade du monde ? quasiment imbattable au temps de cuauhtemoc ? et qui vient de recruter le pelado Diaz, un super coach. putain jean piewe t’es aussi con que Bacri dans ces films en fait ? tu crois avoir un humour qui dechire, c’est bien t’as le cul qui brille, tu es un tueur, t’es trop trop intelligent, mais moi en attendant, je les baise les menageres. tu as quel age petit ? tu es fort a la wee ? ta maman t’appelle pour aller prendre le bain ? avec elle ?? ouuuhh la coquine !!!! mais pourquoi ne parles tu jamais de FOOT ? t’y connais rien c’est ca ? bon moi en tout cas j’ai pas le temps de t’insulter. mais je persiste a penser que je te fascine, vu le temps que tu perds a cracher ton fiel. en fait tu es bien pire que UJ, lui au moins s’y connait en FOOT... ahahahahaha pablitoaimar :
Mon voisin est de Boca
2 juillet 2008 13:47
Et quand tu habites à palermo, que ton voisin est hincha de river, tu mets un "vieux" maillot de boca de palermo...rue cabrera & palestino, jamais d’embrouilles
ragondindomptable... :
Mon voisin est de Boca
2 juillet 2008 04:31
le lob de palermo est cantonesque ! est ce que quelqu’un sait pourquoi boca n’avait pas le droit de jouer sa demi-finale à la bombonera ? l’émotion et la ferveur sont là, mais niveau foot la libertadores est bien faible(sérieux...quito champion ?), boca faisant figure d’exception malgrés son élimination.... quand on voit le niveau de l’america mex qui se hisse en demi, ça fait peur...si yepes signe là bas comme le dit la rumeur, il deviendra vite une star vu le niveau des défenses mex et la cécité chroniques des arbitres de la liguilla... AMERICA !! somos todo lo que tu no eres !! america mex/ psg : meme combat ! chivas/om : meme esprit(et maillot) de merde ! salud xavi !
downinthevalley :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 20:25
lu vu dans l’équipe du 01 07 :"treize matches en 8 jours !record à battre.jean fernandez "je ne compte meme pas les matches de deuxième et troisième division du championnat à la télé.quel beau pays..." ". jean fernandez à propos de ses vacances en argentine.
Jean-Piewe Bacri :
Mais quelle burne...
1er juillet 2008 18:56
Kelamour, sombre merde... Remercie plutôt SF d’accueillir tes posts d’une connerie abyssale... Tu fais honte aux chirurgiens qui t’ont greffé ton cerveau de roquet. Big Blue Bear :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 17:38
Classe. Merci pour ce billet argentin...si loin de nos pauvres considérations autour du 3 juillet ! Gustar, golear y ganar... kantona kelamour :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 16:34
a sofoutre... la repression vichy perdure !! kantona Abitbol s’insurge contre ces manieres berlusconizantes !! virez moi plutot les raviolis, ils servent a rien, en meme temps, ca fait longtemps qu’ils sont elimines... ou qu’ils la ferment parce qu’ils n’ont rien a dire... allez y censurez !! meme so foot se merdifie bordel !! monde de merde !! San Iker Sprewellinho :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 15:52
Bel article, qui donne envie de tout claquer et prendre le premier avion pour Buenos Aires. Quand le football se vit comme une passion, comme un rêve, un songe, il ne peut qu’être loué et admiré. Une magnifique leçon à tous ceux qui n’y voient la que business et argent. Ici le football et le peuple s’unissent, et le football est le peuple saM :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 10:37
Le football dans toute sa beauté.. là ou la plupart ne veulent retenir que les actes racistes etc.. le foot c’est surtout et avant tout une ferveur, une passion, une rencontre populaire partagé dans le monde entier quelque soit les origines, ou les couleurs supportés. Les supporters qui s’enlise dans des rivalités violentes et stupide n’auront jamais rien compris au football, parce-que le football est universel.
Broke :
Mon voisin est de Boca
1er juillet 2008 09:23
Classe tout simplement !
|
Dans la même rubriqueAccèder à la rubrique »PublicitéNewsletterBoutique |


![[P]](http://i.sofoot.com/IMG/print.gif)
![[+]](http://i.sofoot.com/IMG/txt_small.gif)
![[+]](http://i.sofoot.com/IMG/txt_big.gif)









