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Entretien : Fernando Gago

samedi 8 mars 2008

Même s’il était complètement largué contre la Roma en Champions League mercredi soir lors du naufrage merengue, Fernando Gago n’en reste pas moins l’un des numéro 6 les plus classes de la planète football. Le digne héritier de Fernando Ier, pas encore 22 ans, évoque entre autres son admiration pour le seigneur Redondo ou le Real. Entretien.

Depuis tes débuts à Boca, tu as toujours clamé ton envie de jouer pour le Real Madrid. Et puis ça c’est fait. Oui. C’est vrai que j’ai toujours rêvé de jouer pour le Real, depuis tout petit. A l’époque où y jouait Redondo, je voyais tous ses matchs à la télévision. Je l’admirais. C’était mon idole. J’avais des posters de lui dans ma chambre. Je voulais être comme lui, petit, j’imitais ses gestes.

Qu’est-ce que tu admirais chez lui ? Sa présence sur le terrain. C’était un joueur qui en imposait. Il avait aussi cette faculté de lire le jeu…

Tu trouves que tu lui ressembles ? Dans certains aspects oui. Mais lui était gaucher et moi droitier. J’ai toujours essayé de l’imiter, je regardais sa façon de jouer avec son corps. Sa façon de se positionner sur le terrain pour récupérer proprement le ballon et le redonner rapidement. Là-dessus, on se ressemble. Même si moi je suis plus un milieu de terrain à vocation défensive. Il était plus buteur que moi.

Ça t’a dérangé qu’on te compare à lui ? Non, surtout pas. J’espère que je ferai une carrière comme la sienne, et être pour le Real ce que lui a été pour le club.

Il y a une tradition du jeu au Real ? Oui bien entendu, comme à Boca, comme dans toutes les grandes équipes. Au Real, je crois qu’il ne faut jamais renoncer à bien jouer et à attaquer. Tu regardes l’histoire du club, il y a toujours eu des joueurs qui savent jouer au ballon.

Tu te sens proche de cette philosophie ? Oui. J’essaie toujours de protéger le ballon, et de ne pas le perdre.

Tu te sens l’hériter de Redondo au Real ? Oui, moi je dois toujours faire en sorte que le ballon sorte proprement, et essayer de donner une option aux attaquants.

Bien donner le ballon, ça s’apprend dans les écoles de foot ou dans la rue ? Je crois que chacun choisit le type de joueur qu’il veut être. Petit je jouais parfois relayeur, meneur même, j’aimais avoir le ballon et le donner, et c’est ce qui a fait que j’ai appris à dominer le ballon. Mais je continue d’apprendre, je n’ai que 21 ans.

Tu passais combien d’heures à jouer dans la rue ? Enormément. Tant que je pouvais, jusqu’à ce que Buenos Aires devienne trop violente. Mes parents m’ont alors inscrit en club. D’abord au Club Saavedra, puis à Villa del Parque, et finalement Boca.

Ça a été dur le changement Boca/Real ? Non, pas vraiment. A Boca comme à Madrid tu dois toujours aspirer à tout gagner. C’est ce que j’aime.

Le rythme est différent du football argentin… Oui. Mais ça ne m’a pas gêné. En revanche ça a été plus dur pour moi de m’adapter à la vie en Espagne.

Qu’est-ce qui t’a surpris en arrivant à Madrid ? L’humilité de mes coéquipiers, et pourtant tu n’as que des stars, des mecs que tu vois qu’à la télévision et là ils étaient juste à côté de moi. Ils se sont très bien occupés de moi.

Ça t’a impressionné ce vestiaire avec tant de super joueurs ? Au début oui. Le premier jour, je suis arrivé le premier à l’entraînement, en silence je regardais les autres s’entraîner. Au début je ne parlais jamais, eux venaient vers moi, Raul, Beckham m’ont beaucoup aidé à m’intégrer à l’équipe.

Avec qui tu t’entends le mieux ? Avec les Argentins, (Heinze, Saviola, Higuain), et aussi avec Cannavaro et Raul. Fabio avait déjà eu des coéquipiers argentins au Napoli, c’est un mec hyper professionnel. Tout comme Raul, une légende du club.

C’est dur d’être joueur du Madrid ? Non, moi tu sais, je venais de Boca, un club qui exige aussi beaucoup. Peut-être le Real est-il médiatiquement plus exposé.

Que doit avoir le 6 du Real ? Tout, il doit être complet, il ne doit jamais manquer de sacrifice, jamais.

Avec Capello, tu as dû t’habituer à jouer en double pivot, ce que tu n’avais jamais fait à Boca, tu te sens comment dans cette position ? C’est vrai que j’ai dû m’adapter à partager cette partie du terrain, mais bon en sélection aussi on finit par jouer comme ça, moi et Mascherano, c’est juste une question d’habitude, rien de plus, mais c’est sûr que quand tu es seul, tu as plus de liberté.

C’est la mode des défensifs costauds, tu crois que les joueurs type Redondo disparaissent ? Oui, il y a de moins en moins de milieux défensifs complets, l’un des derniers est peut-être Pirlo au Milan, c’est celui que j’aime le plus, il a une super technique ; l’erreur c’est de croire que les joueurs comme nous n’ont pas de force. On sait aussi défendre.

Au Real, le débat, c’est toi ou Diarra. Moi je peux remplir le même rôle que Diarra. S’il faut aller mettre de la pression, j’y vais, mais tu peux aussi être dépassé par le rival, c’est un jeu, ça peut arriver.

Par rapport au Gago de Boca, avec Capello, on te voyait moins à l’attaque ? C’est vrai. Au Real, il y a beaucoup de joueurs offensifs donc ma fonction se limite à récupérer le ballon pour qu’on se retrouve en position d’attaque.

Ça t’a fait mal de sortir de l’équipe titulaire ? (même si Gago est plus ou moins à nouveau titulaire depuis un mois, ndlr) Bah…personne n’aime sortir de l’équipe. Moi j’avais besoin de continuité pour bien m’adapter au football espagnol ; je continue simplement de m’entraîner pour gagner ma place.

Capello aurait-il dû rester ? C’était une décision des dirigeants…

Avec Schuster ça se passe mieux ? Schuster est un entraineur plus offensif que Capello, j’aime sa philosophie, j’apprends beaucoup de lui, il connaît ma position sur le terrain.

C’est bon pour toi que l’entraîneur ait joué dans ta position ? Oui, il me donne des conseils, on parle beaucoup de phases de jeu, où se positionner, comment être bien placé, ses conseils m’aident beaucoup, j’apprends de lui chaque jour.

Par Veronica Brunati


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Commentaires :2

Dealerdefunk : Entretien : Fernando Gago 11 mars 2008 12:40
"Oui, il y a de moins en moins de milieux défensifs complets, l’un des derniers est peut-être Pirlo au Milan, c’est celui que j’aime le plus, il a une super technique" Encore un qui a tout compris au futchebol ! L’Architecte et ses "verticalizazzioni" de folie. 2 panards en or massif + la pipe levée. Le reste, on s’en fout !

ze_miudo : Entretien : Fernando Gago 8 mars 2008 18:09
GAGO = Ex-futur grand... A Madriz, ils lui cherchent déjà un remplaçant. N’est pas Redondo qui veut !

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