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Le talon d’Achille de Theo Walcott

mardi 30 octobre 2007

Dix-huit ans seulement, mignon comme tout, porteur de belles promesses sur le gazon d’un Emirates Stadium qui croit voir poindre du Thierry Henry en lui, et chouchou de Wenger, Theo Walcott est « the next big thing » sur les bords de la Tamise. Pourtant, il y a quelques mois, il pensait ne plus pouvoir enfiler un maillot de foot. Dans tous les sens du terme.

Confirmer tout le bien que l’île pensait de lui, voilà la résolution première pour 2007-2008 de Theo Walcott. Profitant de ses moindres apparitions (un nombre voué à augmenter en raison de la blessure de Van Persie), il ne se gêne pas pour répandre son talent sans retenue. Prouvant qu’il est désormais prêt pour le haut niveau, et plus seulement pour les tours préliminaires de coupes sous la pluie. Et dire que tout aurait pu partir en sucette pour le Gunner, à cause d’une défaillance héréditaire.

Les parents Walcott peuvent se vanter d’avoir en la personne de Theo un bien beau bébé, mais de son papa Don, le garçon a eu la malchance d’hériter d’un bien vilain souci physique. Parce que la vie n’aime généralement pas que ce soit trop facile. En effet, les ligaments de ses épaules sont plus lâches que la normale. Ainsi, en décembre 2005, lors d’un match avec la réserve de Southampton contre Portsmouth, il se déboîte une épaule après s’être fait copieusement déménager par Linvoy Primus, un artiste avec un patronyme de bière congolaise très prisée de Basile Boli. Le début des emmerdes pour les rêves de gloire du jeune Theo.

La deuxième partie de saison fut « un véritable cauchemar » selon ses mots, son épaule se démettant fréquemment. Et malgré tout le talent condensé dans ses chaussettes, son problème posait un micmac stratégique au sein de sa formation. « On devait garder cela secret, parce que si nos adversaires en entendaient parler, la première chose qu’ils auraient faite aurait été de me charger à l’épaule » se remémore-t-il. « Tout le monde pouvait voir ma douleur. J’en étais arrivé au point où si je m’essuyais moi-même avec ma serviette, ou si je me tournais un peu trop brusquement dans mon lit, mon épaule se démettait ». Alors si c’est pour risquer sa vie dans un duel avec un charcutier de Carling Cup…

Au mois de mars, contre Everton, il chute lourdement et nul ne doute de la gravité de la blessure. Le lendemain de son dix-huitième anniversaire, la gueule du cadeau...Une batterie de tests plus tard, les experts le mettent en garde sur l’état de son corps qui a déjà subi trop d’épreuves pour son âge. L’opération pour retendre les cordages et réparer le matos s’avère inévitable. « Quand je me suis réveillé après l’opération, j’étais en morceaux. Mon bras était tout mou après l’anesthésie. Mais maintenant, c’est du passé. Ils disent que je ne pourrai jamais retrouver une extension complète, au mieux 95%. Je travaille juste dur, la seule chose que je puisse réellement faire » commente-t-il.

Aujourd’hui, cette histoire de tendon tout flasque loin derrière lui, “Wonder-Wal” bombe le torse pour s’incruster dans le onze d’Arsène Wenger le plus régulièrement possible. Mais pas seulement. Le numéro 32 se glisserait bien de nouveau sous le maillot national – après une initiation lors la Coupe du Monde 2006, coup de Jarnac de Sven Goran Eriksson.

D’autant plus que sa probable association avec Wayne Rooney est devenue la seule raison pour les supporters britons de ne finalement pas se consacrer qu’au rugby. Et « lui-même il sait » qu’en club comme en sélection, pour marquer son territoire, il ne doit pas craindre de jouer. Des épaules.

Pierre Maturana


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