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Caparrós : "La valeur de l’argent, c’est quelque chose qu’ils ne comprennent pas"lundi 1er octobre 2007 Joaquín Caparrós, 52 ans, carrière de joueur professionnel assez maigre, Real Madrid chez les jeunes, puis Leganés avant de finir au Balompédica Conquense. Il explose en tant qu’entraîneur avec Séville (2000-2005), fait remonter l’équipe en première division et forme un groupe extraordinaire : Reyes, Sergio Ramos, Jesus Navas, Antonio Puerta. Spécialiste des groupes jeunes, il prend le Deportivo l’an dernier et manage un club en reconstruction. Cette année il a signé à l’Athletic Club Bilbao, où il travaille une nouvelle fois avec un groupe de mômes.
De plus en plus de jeunes joueurs s’imposent comme des cadres et des stars du football mondial, comment peut-on l’expliquer ? Bien qu’étant encore très jeunes, les footballeurs de cette nouvelle génération arrivent déjà formés. Il y a de plus en plus d’entraîneurs capables dans les clubs, les gamins, à la fois mentalement et techniquement, sont vite prêts pour le grand saut dans l’équipe première. Avant tout, c’est mentalement qu’ils doivent être équilibrés, la haute compétition le requiert, si là-haut c’est pas fini, il y a peu de chance que ça aboutisse. Les jeunes d’aujourd’hui sont plus matures que les anciennes générations ? Socialement, les jeunes d’aujourd’hui sont déjà préparés pour tout, l’information circule vite, ils maîtrisent rapidement les nouvelles technologies, ils emmagasinent une culture supérieure, ils ont une culture sportive bien meilleure qu’avant. Puis ils sont entourés d’un staff énorme, un service psychologique, une équipe de médecins, des entraîneurs, des préparateurs physiques, ils arrivent assez vite formés. Comment vous voyez ces jeunes dans la « vraie vie », hors du terrain ? Bien, ce sont de jeunes hommes qui ont la tête sur les épaules, malgré le côté médiatique du football et tous ses à côtés, ce milieu demande avant tout une concentration de tous les instants. Mais ce n’est pas que dans le football, dans n’importe quel milieu où apparaissent des précoces, on constate chez eux une maturité évidente. La notion de l’argent ? Vous savez, chez ces jeunes, ce qui prime, c’est avant tout le plaisir de jouer au football, le plus sincèrement du monde, ils ne pensent pas à l’argent, et je le dis en connaissance de cause, de par mon expérience. Ce sont des gamins qui, avant toute chose, vivent pour le ballon, l’argent est une conséquence de leur condition, mais ce n’est pas leur objectif premier. Mais ils connaissent la valeur de l’argent ? Non, c’est quelque chose qu’ils ne comprennent pas. Le football a aussi cette particularité qu’il crée un entourage spécial autour du jeune joueur, des agents, des conseillers, souvent il s’agit de gens proches, de la famille, et ces gens les « aident » à ne pas se préoccuper des affaires d’argent. Comment on gère l’aspect psychologique chez ces jeunes joueurs ? C’est un thème assez délicat, disons que techniquement on voit assez vite si un joueur a des lacunes ou pas, mentalement c’est moins facilement détectable. C’est pour ça que l’accompagnement progressif est primordial, qu’un entraîneur accompagne pas à pas un joueur, en le conseillant, en le mettant dans le bain doucement, pour que surtout ne se produise pas un vide, un échec inattendu, qui peut briser des carrières, et des hommes. A quoi voit-on qu’un joueur est « mûr » pour le haut niveau ? C’est un moment clé dans la carrière, quand tu suis ton joueur depuis un moment, que tu as beaucoup discuté avec les entraîneurs des catégories inférieures, tu décides alors de l’emmener avec l’équipe en pré-saison par exemple, puis tu regardes son acclimatation avec le reste du groupe, tu dois être minutieux avec lui, faire attention aux moindres détails, lui donner des conseils, mais aussi exiger des choses de lui, et si tout se déroule bien, alors tu le fais jouer un premier match avec la quasi garantie que tout va bien se passer. En tant qu’entraîneur, vous avez la particularité de lancer dans le grand bain vos jeunes joueurs face à des grosses cylindrées. Pourquoi ? Avant tout, je tiens à dire que ce n’est pas seulement l’entraîneur qui choisit de le lancer, c’est une réflexion collective du staff, si je prends la décision de lancer sur le terrain un joueur de 17 ans, c’est que je sais qu’il est capable de le gérer, tant physiquement que mentalement. Et comment on l’annonce au joueur ? On lui dit que durant la semaine, il a été performant aux entraînements, et qu’il n’a qu’à faire ce qu’il a fait dans les catégories inférieures, il ne faut surtout pas lui demander plus. Lui rappeler qu’il a la confiance des entraîneurs, et qu’il n’est pas non plus là par hasard. Le rôle des anciens est aussi important pour l’intégrer, le faire se sentir bien dans le groupe. On traite différemment un jeune joueur d’un vétéran ? Surtout pas, il faut qu’il comprenne que le traitement est le même pour tous, de plus ça le responsabilise et ça le met en confiance, si le jeune en est arrivé là, c’est pour ses compétences, ensuite à lui de se battre pour rester dans le groupe. Ils sont différents hors du terrain ? Ils ont les mêmes bandes d’amis d’enfance ; pour beaucoup, ce sont les parents qui les emmènent à l’entraînement car ils n’ont pas encore ou l’âge ou le permis de conduire. Leur entourage reste stable. Ca reste tout de même étonnant de les voir affronter sans réelle peur des matchs importants. Ca revient à ce que je te disais tout à l’heure, la société est responsable, il n’y a presque plus de découverte, ils connaissent les codes de la célébrité, ou les attitudes à avoir dans des grandes rencontres, les médias ont permis tout ça. Il y a beaucoup d’échecs ? A ce stade non, les joueurs qui en sont là ont connu une progression logique, encore une fois, à partir du moment où dans la tête tout va bien, le reste suit. La seule difficulté réside dans la façon de gérer l’attente qu’on peut avoir de ces joueurs, ils doivent savoir qu’on exige des choses d’eux... par Alexandre Gonzalez Articles de cette rubrique
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![]() Joaquin Caparros adore les enfants. Parce qu’ils obéissent au doigt et à l’oeil.
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