Le magazine en kiosque

SO FOOT numéro 57
PSG 2008, MI-ANGE, MI-DEMON. Rothen, Kaladze, Senna, Keeley. Commentaires :17
"Le papier ne suffit plus" pour découvrir tous les bonus.
[P] [+] [+]
Accueil du site > Le papier ne suffit pas > Audition de Jean-Pierre BERNÈS

Audition de Jean-Pierre BERNÈS

vendredi 31 août 2007

RAPPORT D’INFORMATION déposé en application de l’article 145 du Règlement PAR LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES, FAMILIALES ET SOCIALES sur les conditions de transfert des joueurs professionnels de football et le rôle des agents sportifs. Présenté par M. Dominique JUILLOT - Député. Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 20 février 2007.

Audition de M. Jean-Pierre BERNÈS, agent sportif (19 décembre 2006)

Présidence de M. Dominique JUILLOT, Président-Rapporteur

M. le Président : Monsieur Bernès, je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation. En tant qu’agent sportif et au regard de votre expérience du monde du football, vous êtes à même d’apporter à la mission parlementaire un éclairage utile sur le rôle des agents sportifs et les conditions dans lesquelles sont réalisés les transferts de footballeurs. Vous avez exercé, outre l’activité d’agent, des responsabilités de dirigeant, ce qui nous conduira d’ailleurs à vous demander si le va-et-vient entre la qualité d’agent et celle de dirigeant est une bonne chose. Le mélange des genres est-il possible ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : On ne peut pas être à la fois agent de joueur et diriger un club. Il y a là un mélange des genres qui n’est pas possible, en effet. Par contre, il me semble anormal que quelqu’un qui a cessé d’être agent ne puisse pas être dirigeant. Depuis que je suis agent, je suis sans arrêt sollicité pour être dirigeant de club. Que l’on puisse être tour à tour agent et dirigeant ne me heurte nullement.

M. le Président : Le mélange des genres a abouti à certaines dérives. Elles ne sont pas forcément dues au fait que l’on passe d’un métier à un autre. Mais il y a tout de même, à un moment donné, collusion d’intérêts. Quand vous êtes l’agent de plusieurs joueurs, dont certains jouent dans un club dont vous allez devenir dirigeant, c’est un peu délicat.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il est vrai qu’on peut se poser la question de savoir si un dirigeant qui a été agent ne serait pas tenté de recruter les joueurs dont il a été l’agent. Cela dit, un dirigeant a pour souci de mener une politique de recrutement dans l’intérêt du club. Il me semble dommage de ne pouvoir être dirigeant si l’on a été agent. Au demeurant, il y a d’autres situations qui peuvent faire naître des conflits d’intérêts. Certains entraîneurs conseillent des joueurs, par exemple.

M. le Président : L’agent est bien souvent rémunéré par le club, alors même qu’il est censé défendre les intérêts de tel ou tel joueur. Ce n’est pas ce que prévoit la loi. Qu’en pensez-vous ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Officiellement, les clubs rémunèrent les agents parce qu’ils leur ont confié un mandat, lequel est en réalité rédigé le jour même de la transaction et antidaté. À chaque transfert dont je m’occupe, ce sont les clubs qui me rémunèrent. Cela a toujours été ainsi. Depuis que je suis dans le football, je n’ai jamais vu un joueur rémunérer son agent. Normalement, le joueur doit rémunérer l’agent quand celui-ci a déposé à la fédération le contrat qui le lie au joueur. Je m’occupe d’une quinzaine de joueurs ; je ne dépose jamais un contrat à la Fédération française de football (FFF). Ce sont les clubs qui me font un mandat.

M. Henri NAYROU : Ce sont des mandats de recherche qui s’effectuent au-delà de votre portefeuille de joueurs ou sur votre portefeuille ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Au-delà de mon portefeuille. Le président de tel club, disons l’Olympique lyonnais, me dit qu’il est intéressé par Squillaci, joueur de Monaco. Une négociation a lieu. Au moment de la transaction, un mandat est rédigé, aux termes duquel l’Olympique lyonnais m’a mandaté pour rechercher un défenseur central de niveau international, le montant du transfert étant inférieur à 10 millions d’euros, la rémunération étant comprise entre 50 000 et 200 000 euros.

M. Alain NÉRI : Mais comment pouvez-vous dire que vous avez un portefeuille de quinze joueurs si vous n’avez pas de contrat avec eux ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Je suis lié à eux par un contrat moral. C’est le cas de tous les agents.

M. Alain NÉRI : C’est tout de même curieux !

M. Henri NAYROU : C’est curieux, contraire à la loi française, et contraire au règlement de la FIFA, lequel prévoit clairement que l’agent doit être rémunéré par celui qui a fait appel à ses services. Tout le monde passe outre, et tout le monde ferme les yeux. Il est gênant, du point de vue de l’éthique, que l’agent auquel un joueur a fait appel soit rémunéré par une tierce partie.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Que le joueur rémunère l’agent ne serait pas un problème pour celui-ci. Cela pose un problème au club et au joueur. Si c’est le joueur qui paie les honoraires, le montant de ceux-ci sera intégré au salaire du joueur. Le club paiera des charges sociales plus importantes. C’est bien au club que cela pose un problème, et non à l’agent, qui est indifférent au fait d’être payé par le club ou par le joueur.

M. le Président : Le système introduit la suspicion et le mélange des genres. Normalement, le transfert du joueur n’a rien à voir avec sa rémunération, sauf si le transfert inclut une rémunération déguisée dans le but d’échapper aux charges sociales ou à l’impôt. Il est gênant que ce soit le même agent qui, d’une part, négocie le salaire du joueur, et d’autre part, se trouve au milieu de discussions avec lesquelles le joueur n’a pas grand-chose à voir, c’est-à-dire les discussions entre deux clubs.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Normalement, cela ne doit jamais arriver. En tout cas, cela ne m’est jamais arrivé.

M. le Président : Vous êtes aussi rémunéré sur le transfert.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Non, pas du tout. Un agent ne peut pas être rémunéré deux fois. Soit l’agent est payé sur la rémunération du joueur, soit il l’est sur le montant du transfert. Un agent ne peut pas percevoir deux commissions.

M. Alain NÉRI : Le problème de fond est qu’une loi existe et qu’elle n’est pas respectée, au motif que cela arrange tout le monde. Si demain, les conducteurs ne respectent plus les feux rouges parce que cela les arrange de ne plus les respecter, un certain nombre de carambolages risquent de se produire ! Et c’est bien à des carambolages que nous assistons dans le milieu du football. Vous nous dites que vous vous occupez de quinze joueurs, avec lesquels vous n’êtes pourtant lié par aucun contrat. Ce n’est pas la logique. Si j’ai une femme de ménages, je signe un contrat avec elle.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Si l’on me disait, demain matin, que je serai dorénavant rémunéré par les joueurs et non par les clubs, cela ne me poserait aucun problème.

M. le Président : Vous avez cité l’exemple de Squillaci, qui jouait à Monaco. Vous négociez avec le club de Monaco ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Non, pas du tout. C’est au président de l’Olympique lyonnais de négocier avec Monaco. C’est une fois que les deux clubs sont d’accord que je discute avec le président de l’OL au nom du joueur.

M. Henri NAYROU : Dans ce cas, qui prend l’initiative du transfert ? Est-ce Squillaci qui vous parle de Lyon, est-ce vous qui lui en parlez, est-ce M. Aulas qui souhaite le recruter ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il n’y a pas de règle en la matière. Le transfert est dans l’intérêt Monaco, de Lyon et du joueur. D’ailleurs, il ne se ferait pas s’il ne correspondait pas aux intérêts des trois parties.

M. Henri NAYROU : Il y a quatre parties. Vous, l’agent, pouvez être le conseil de Monaco, de Lyon, et du joueur. L’agent a intérêt à faire la meilleure opération pour le joueur et pour lui-même.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Je ne suis pas de ceux qui font partir des joueurs à l’étranger à l’âge de 18 ou 20 ans. L’agent qui a une conception purement mercantile de son rôle aura tendance à faire partir les joueurs sans arrêt. Personnellement, je suis contre le mercato d’hiver. Certains joueurs qui ont signé en juillet veulent partir à l’occasion du mercato au motif qu’ils restent sur le banc de touche. Dans ces cas-là, je dis au joueur qu’il vaut mieux se battre pour gagner sa place sur le terrain et au moins finir la saison. Je ne fais partir un joueur que quand son départ présente un intérêt sportif pour lui.

M. le Président : Vous êtes donc rémunéré par le club sur le salaire du joueur. Vous n’êtes rémunéré en rien sur le transfert ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il m’est arrivé d’être rémunéré uniquement sur le transfert, et pas sur la rémunération du joueur.

M. le Président : Parce que, dans ces cas-là, vous êtes intervenu uniquement dans les négociations portant sur le transfert.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Exactement. Par exemple, un président de club m’appelle, me dit qu’il a un joueur à vendre et me demande si je peux l’aider à le vendre. J’appelle quatre ou cinq clubs pour savoir lequel peut être intéressé. Dans ce cas, je suis payé par le club vendeur.

M. Henri NAYROU : Dans ce cas, il est parfaitement normal que vous soyez rémunéré par le club.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il m’est arrivé d’intervenir dans le transfert d’un joueur sans le connaître, sans l’avoir rencontré une seule fois, sans même qu’il sache qu’il a été transféré grâce à moi. Dans ce cas, je suis payé par le club qui m’a demandé d’intervenir.

M. le Président : Quand il s’agit de joueurs d’une faible notoriété, on comprend qu’il soit nécessaire de recourir à des intermédiaires. Mais les clubs ont souvent une équipe de recruteurs. Pourquoi, s’agissant de joueurs connus, les contacts ne se font-ils pas directement entre clubs ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il arrive que des présidents refusent de recourir à un agent et préfèrent traiter directement avec le club. Parfois, c’est plus difficile. Il peut arriver que deux présidents de clubs ne s’adressent pas la parole. Ce fut le cas, à une certaine époque, des présidents de Bordeaux et de Marseille. Et pourtant, il n’y a jamais eu autant de transactions entre ces deux clubs qu’à cette période, justement parce que des personnes ont joué le rôle de médiateur. Certains agents s’occupent uniquement de transactions entre clubs. Même si les négociations sont parfois difficiles, ces agents n’ont pas à assurer le suivi d’un joueur.

M. le Président : On observe un manque de transparence sur les flux financiers. Quelles mesures pourrait-on, selon vous, mettre en œuvre pour y remédier ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il ne faut pas non plus noircir la profession d’agent. L’agent est important pour le football. Et j’estime qu’un joueur a besoin d’un agent.

M. Alain NÉRI : Mais précisément, si les joueurs ont besoin d’un agent, pourquoi les choses ne sont-elles pas officialisées ? Il serait bon sache que le joueur X a pour agent M. Y.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il me semblerait normal que des contrats entre l’agent et le joueur soient déposés à la Fédération. Cela n’empêcherait pas que ce soit le club qui rémunère l’agent, dès lors qu’il rémunère celui qui est officiellement l’agent du joueur. Cela serait plus clair. Au contraire aujourd’hui, les clubs rédigent un mandat de recherche après s’être assurés que l’agent n’est pas officiellement l’agent du joueur, qu’il n’a pas déposé un contrat à la Fédération.

M. Alain NÉRI : Si je vous prends comme agent, c’est que j’attends un service de votre part. Il est normal que je rémunère le service que vous me rendez. On peut même prévoir dans le contrat les règles de rémunération de l’agent.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Prenons le cas d’un joueur qui est libre. Il va jouer au Havre. En quoi est-il gênant que le club du Havre me rémunère, dès lors qu’il sait que je suis officiellement l’agent du joueur ?

M. Alain NÉRI : Ce qui n’est pas logique, c’est que le service ne soit pas rémunéré par celui auquel il est rendu.

M. Jean-Pierre BERNÈS : On a l’impression que ce sont les agents qui ont imposé aux clubs de les rémunérer ! Ce n’est pas du tout le cas. Être rémunéré par le joueur ne me poserait aucun problème.

M. Alain NÉRI : Mais vous comprenez bien qu’il sera plus facile pour vous d’obtenir que le joueur vous rémunère effectivement si vous avez signé un contrat au préalable.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Tout à fait. C’est pour cela que je propose de déposer les contrats officiellement. Cela peut aussi être un moyen de s’assurer que les joueurs respecteront le contrat qui les lie à leur agent. Il n’est pas facile de travailler avec un joueur qui peut rompre avec vous du jour au lendemain. Cela étant, tout ne repose pas sur les contrats. Le football est une activité particulière. C’est un sport.

M. Alain NÉRI : C’est un sport, certes, mais c’est aussi par certains côté un business.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Vous voulez sans doute parler de ce qu’on appelle les dérives financières. Il faut savoir que le budget des clubs de Ligue 2 n’a rien à voir avec celui des clubs de Ligue 1. En Ligue 2, le salaire moyen est de 15 000 euros par mois, soit 180 000 euros par an. Sur trois ans, c’est 540 000 euros. En touchant une commission de 8 %, l’agent percevra 43 000 euros, payables année par année. Ce n’est pas une somme considérable. En Ligue 1, il y a 420 joueurs, dont tous ne jouent pas dans de très grands clubs.

M. Alain NÉRI : Les sommes que vous citez ne sont tout de même pas de petites sommes !

M. Henri NAYROU : Seriez-vous d’accord pour que soit déposée à la Ligue une liste des agents, précisant de quels joueurs ils sont les agents ?

M. Jean-Pierre BERNÈS : Je pense qu’il serait bon que les contrats soient déposés, mais tout en maintenant la possibilité de les rompre. Certains agents n’ont que peu d’expérience. Gérer la carrière d’un joueur professionnel n’est pas facile. Si un jeune joueur de 19 ans a un agent incompétent, il faut qu’il puisse s’en séparer.

M. le Président : On observe également des dérives s’agissant de transferts internationaux. Quel est le rôle des agents dans ces transferts ? Il arrive par exemple qu’un joueur en fin de contrat soit « transféré » dans un club intermédiaire dans le seul but de justifier un second transfert. Les règles ne créent pas suffisamment de sécurité pour éviter de telles dérives.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il y a des dérives quand plusieurs agents interviennent. Il arrive que certains agents aient de bonnes relations avec certains clubs, et vice versa. Dans ce cas, quand on appelle le club, il nous renvoie à tel agent. C’est un problème.

M. le Président : On comprend bien que, vu l’importance des sommes en jeu, certaines personnes souhaitent être au cœur des transferts. Des intermédiaires interviennent, parfois des agents, parfois des sociétés, lesquelles rémunèrent les joueurs. Ce système ne peut pas satisfaire le législateur que nous sommes.

M. Alain NÉRI : Ne peut-on pas envisager de mettre en place un système de plafonnement des rémunérations des agents, ou d’adopter un système de rémunération dégressive ? Plus le montant du transfert ou du salaire est important, plus le pourcentage diminue.

M. Jean-Pierre BERNÈS : En principe, les commissions des agents sont plafonnées à 10 %. Cela peut se faire pour des salaires de Ligue 2. Mais en Ligue 1, lorsqu’il s’agit de sommes très importantes, les présidents de clubs n’accordent jamais une rémunération de 10 %. La commission est donc, de fait, dégressive. Il ne serait pas gênant de le préciser.

M. le Président : Quand vous êtes payé par le club, vous êtes payé au fur et à mesure que les salaires sont versés.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Non, je ne veux pas être payé année par année. Je suis payé au maximum sur une durée de deux ans. Quand vous payez un agent immobilier, vous ne le payez pas sur dix ou quinze ans.

M. le Président : Dans le cas d’une transaction immobilière, l’agent n’a plus de relations contractuelles avec les parties, tandis que vous avez, vous, une relation contractuelle avec le joueur.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il n’y a pas de contrat avec le joueur. Le club adresse à l’agent un mandat de recherche. À partir du moment où la transaction est faite, je ne vois pas pourquoi le club paierait l’agent sur plusieurs années. Dans les faits, cela se négocie avec le club. Il peut payer l’agent en une seule fois, ou échelonner les rémunérations de l’agent sur quatre ans, si le contrat est de quatre ans.

M. le Président : La logique voudrait que vous soyez payé au fur et à mesure du déroulement du contrat.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Pourquoi ?

M. le Président : Parce que la prestation de l’agent consiste dans le fait qu’il a aidé à la signature d’un contrat entre le club et le joueur. Si vous étiez payé par le joueur, il vous paierait année par année.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Cela dépendrait de l’accord. On ne sait pas si le joueur paierait année par année. Si l’agent demande à être payé en une année, il se peut fort bien que le président de club verse au joueur la somme correspondante pour qu’il vous rémunère en une année.

M. le Président : Il est clair que cela fera partie de la négociation, et que c’est in fine le club qui paiera.

M. Jean-Pierre BERNÈS : C’est d’ailleurs pour cela que je ne vois pas en quoi il est gênant que ce soit le club qui rémunère l’agent. Si c’est le joueur qui le paie, je ne sais pas si les choses seront beaucoup plus claires.

M. le Président : Le syndicat des joueurs est favorable à ce que les joueurs rémunèrent les agents.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Ils aimeraient être agents, et constatent que les joueurs préfèrent s’adresser aux agents qu’au syndicat des joueurs. Le syndicat des joueurs n’aime pas trop les agents. Dans tous les autres pays, ce sont les clubs qui rémunèrent l’agent. Encore une fois, je ne vois pas en quoi c’est gênant.

M. Henri NAYROU : Ce qui me choque, ce n’est pas le fait que les clubs vous donnent un mandat de recherche.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Moi, cela me gêne. Le mandat de recherche sert seulement à justifier le versement de la rémunération de l’agent. Je pense que le club devrait payer l’agent, dès lors que le contrat qui lie celui-ci au joueur a été officiellement déposé. Supposons que le président Aulas me donne un mandat de recherche en vue de recruter un gardien de but. Je lui trouve ce gardien. Mais celui-ci a un agent. Qui le club doit-il rémunérer, l’agent du joueur ou moi ?

M. le Président : L’agent du joueur est rémunéré sur le salaire du joueur. Vous, vous avez fourni une prestation, qui doit être rémunérée, et pas forcément sous la forme d’un pourcentage, d’ailleurs.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Cette formule n’est pas simple. On ne peut pas payer deux agents pour la même prestation.

M. le Président : Ce n’est pas tout à fait la même prestation. Il y a d’un côté l’agent qui négocie la rémunération du joueur, et de l’autre celui qui a détecté le joueur susceptible d’être recruté par le club.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Il est fréquent que la présence de deux agents soit source de conflits. Par contre, il est bon qu’un agent intervienne pour vendre un joueur. Un président de club utilise les services d’un agent parce que celui-ci est compétent sur le marché espagnol, sur le marché italien, sur le marché français.

M. Henri NAYROU : D’autres agents nous ont dit clairement que la sécurité, c’est d’être payé par les clubs. Mais le problème est que, même si le système arrange tout le monde, le joueur demande à avoir un conseil et que celui qui le lui fournit est payé par l’autre partie.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Le problème est là, en effet. Je ne sais pas comment les choses se passent dans d’autres sport, ou pour les artistes.

M. Henri NAYROU : Les agents d’artistes ne participent pas à des transferts. À cet égard, j’ai été excédé d’entendre M. Bouchet affirmer que l’OM devait être propriétaire des droits de télévision sur le spectacle qu’il produisait lui-même, comme Johnny Hallyday. Johnny Hallyday n’a pas besoin de l’équipe de Nancy ou de Lorient pour faire un spectacle.

M. Alain NÉRI : C’est là toute la différence. Pour jouer au football, il faut être au moins deux !

M. Henri NAYROU : L’agent intervient sur des transferts développant une valeur marchande, donc beaucoup d’argent. Le problème est là. S’il n’y avait pas de transferts, l’agent serait uniquement un conseil pour le joueur.

M. Alain NÉRI : On a instauré les contrats à durée limitée en 1972. Auparavant, les joueurs avaient un contrat à vie, qui s’apparentait à de l’esclavage. Seriez-vous favorable à ce que l’on réduise la durée des contrats à deux ans, en imposant que leur durée soit respectée ? Au terme du contrat, le joueur serait libre. Cela éviterait la multiplication de transferts.

M. Jean-Pierre Bernès : Je suis contre le mercato. Il n’est pas normal qu’un joueur qui a signé en juillet veuille partir en novembre au motif qu’il reste trop souvent sur le banc de touche. Un contrat doit être respecté.

M. Henri NAYROU : Le nombre de transferts au cours d’une carrière pourrait être limité.

M. Jean-Pierre BERNÈS : Ou alors, on pourrait imposer un minimum de deux ans dans un même club.

M. le Président : Monsieur Bernès, je vous remercie de votre contribution aux travaux de notre mission d’information.


So Foot m'a virer

29 octobre 2007 So Foot m’a virer

Il aurait pu nous raccrocher au nez, Ollé Nicolle, lorsqu’on lui a expliqué que l’on s’intéressait à son cas. C’est que, juste avant de rebondir l’an dernier à (...)

Michel Wieviorka : "Il est temps de respirer !!!"

2 octobre 2007 Michel Wieviorka : "Il est temps de respirer !!!"

Michel Wieviorka est un monstre de la sociologie. Retour avec lui sur la tendance "jeune" du football français actuellement, à l’occasion de la sortie du SF48.
Est-ce qu’on peut dire qu’on assiste aujourd’hui, à travers l’exposition de jeunes footballeurs (Nasri–Benzéma, etc…) à un phénomène de jeunisme plus prononcé (...)

Caparrós : "La valeur de l'argent, c'est quelque chose qu'ils ne comprennent pas"

1er octobre 2007 Caparrós : "La valeur de l’argent, c’est quelque chose qu’ils ne comprennent pas"

Joaquín Caparrós, 52 ans, carrière de joueur professionnel assez maigre, Real Madrid chez les jeunes, puis Leganés avant de finir au Balompédica Conquense. Il explose en tant qu’entraîneur avec Séville (2000-2005), fait remonter l’équipe en première division et forme un groupe extraordinaire : Reyes, Sergio Ramos, Jesus Navas, Antonio Puerta. Spécialiste des groupes jeunes, il prend le Deportivo l’an dernier et manage un club en reconstruction. Cette année il a signé à l’Athletic Club Bilbao, où il travaille une nouvelle fois avec un groupe de mômes.
De plus en plus de jeunes joueurs s’imposent comme des cadres et des stars du football mondial, comment peut-on l’expliquer ? Bien qu’étant encore très jeunes, les footballeurs (...)

Entretien avec Walter Pandiani

27 septembre 2007 Entretien avec Walter Pandiani

Walter Pandiani a typiquement le profil de l’attaquant sous-coté, uruguayen donc pas sexy, buteur régulier de clubs de seconde zone, il a pourtant un lourd avantage...de 3 tonnes. Interview complète qui vient en supplément de l’article du numéro de septembre 2007.
Ton enfance en Uruguay ? J’ai commencé à jouer au football quand j’avais 6 ans, la vie allait bien, à cette époque on n’avait pas encore trop de problèmes, le pays allait bien, (...)

Roland-Larqué, l'engueulade décryptée

10 juillet 2007 Roland-Larqué, l’engueulade décryptée

Les deux commentateurs se sont presque foutus sur la gueule pour une vague histoire de billets à la mi-temps de la finale du Mondial 2002. L’engueulade in extenso retranscrite ici, en complément de l’interview de Larqué dans le SF n°46
Les deux commentateurs se sont presque foutus sur la gueule pour une vague histoire de billets à la mi-temps de la finale du Mondial 2002. L’engueulade in extenso retranscrite ici, en (...)

Consulter les archives
Audition de Jean-Pierre BERNÈS
JP Bernès, rangé des bagnoles !
poster un commentaire
Commentaires étendus

Commentaires :2

Mx Sankaa : Audition de Jean-Pierre BERNÈS 4 septembre 2007 16:42

Je trouve très intéressante cette audition, néanmoins je suis contre cette idée qui semble faire se mettre d’accord tout le monde à la fin de l’audition, à savoir imposer des durées de contrat limité aux joueurs dans un club. Déjà, c’est stupide pour les jeunes joueurs. lorsqu’on signe un contrat professionnel à 18 ans dans son club formateur l’on doit déjà penser à se faire une place en équipe titulaire et à prendre de l’expérience avant de réfléchir tout de suite à un transfert dans deux ans. De plus les prêts existent déjà lorsqu’un club souhaite faire acquérir une expérience en équipe première à un de ses jeunes, ou encore les équipes réserves... Ensuite, je pense contrairement à eu que cela aurait pour effet de multiplier les transferts étant donné que chaque année la moitié des joueurs du monde aurait à trouver un autre club !! L’argent ferait alors un pas encore plus grand dans le monde du football vu que tous les ans, les équipes auraient à refaire la moitié de leur effectif !! Même les ricains ne trouveraient pas plus tordus... Et puis dans le football il y a une véritable tradition de club présente dans aucun autre sport au monde ! Ce qui rend magnifique la présence d’un steven gerrard à Liverpool ne se constate nulle par ailleurs ! Tuez ça, c’est renié ce qui est une véritable valeur dans le football et ouvrir un peu plus la porte aux médias et au grand spectacle aseptisé de TF1 et consort.. Bref à mon avis, il n’y a rien à retenir de cette idée, très décevante de nos "experts" chargés de laver les comptes de la ligue 1 ... Sans parler qu’autant de transfert à chaque mercato ne ferait que développer la corruption et l’argent sale...

Décevant.

Keep up the good work So Foot. C’est super ce que vous faite sur et pour le foot. C’est plus que professionnel c’est excellent, et votre site déchire. "Le papier seul ne suffit plus" est une putain de rubrique !

Voir en ligne : Audition de Jean-Pierre BERNÈS



Franck ANNESE : Audition de Jean-Pierre BERNÈS 31 août 2007 14:29
"Article" en complément du portrait de JP Bernès dans le SF n°47

Publicité

Newsletter



Désabonnement 

Boutique

 


Boutique Abonnement
Anciens num�ros
Merchandising divers