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Arsenal : finis les pistolets à eau ?

Les « enfants » ont-ils grandi ? Rien de moins sûr et rien ne l'indique. Une chance pour les Gunners toutefois, ils rencontrent un Porto en déclin. Quant à voir plus loin, il faudra alors arrêter de jouer avec des pistolets à eau. La C1 est un jeu d'adultes.

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En avant-match de Milan-Manchester, on relevait l'intérêt de certaines défaites, en l'occurrence celle de MU à San Siro en 2007 (3-0), revers riche en leçons. A Arsenal, la méthodologie appliquée se veut opposée : perdre, encore et toujours, et surtout ne pas dévier du triptyque wengerien : « Jeunesse, circulation de balle, et inefficacité » . Pour expliquer la répétition des échecs, invoquer alors un manque de chance, ces fichus détails, ou un arbitrage partial. Ce n'est pas un secret, pour répéter ses erreurs, se voiler la face constitue encore la meilleure des méthodes.

Néo-libéral tendance austère, Gripsou Wenger n'est pas un adepte de la relance keynésienne, en temps de crise, il serre toujours plus la ceinture. Depuis un an et l'arrivée d'Arshavin, rien de notoire débarqué en terre rouge et blanche. Joueur confirmé avec option tête de poupon, le génie russe commence d'ailleurs à se sentir à l'étroit dans le jeu (trop) scolaire des Gunners. La révélation du dernier Euro répète à présent les chevauchées solitaires hasardeuses comme une revendication larvée d'une montée de la valeur responsabilité individuelle face à l'altruisme outrancier des Gunners. Finis les jeux de bac à sable, jetez les pistolets à eau et tirez à balles réelles, semble demander le Russe à ses petits camarades.

Face à Porto, Arsenal fera sans Arshavin (la cuisse endolorie) mais devrait pouvoir se passer de l'artillerie lourde. Car opposé à plus petit que soi, l'ex locataire d'Highbury, en bon élève discipliné du football européen, fait quasi invariablement respecter la hiérarchie, comme lorsqu'il se trouve face à plus grand... Mais Porto est-il réellement plus faible qu'Arsenal ? La vérité : on ne le sait pas vraiment. Car à moins de compter parmi les fervents de la Liga Sagres, on découvre souvent la valeur du double lauréat de la C1 au détour d'un huitième de finale.

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Se révèle parfois un ensemble solide mais médiocre, d'autres fois un potentiel successeur aux exceptionnels crus 1987 et 2004. L'an dernier, à ce stade, les Portugais avaient peiné pour se débarrasser de l'Atletico, avant de faire trembler MU, lui-même futur bourreau des Gunners. Il y a donc match, en apparence. Se rappeler d'ailleurs qu'en phase de poules, si Arsenal avait giflé les Bleu et Blanc à l'Emirates (4-0), ils avaient été défaits au stade Dragao (2-0), et avaient terminé le mini-championnat préliminaire en dauphin des Portugais. Mais depuis, Porto a beaucoup perdu avec les départs de Lucho Gonzalez, et surtout celui de son barbu stakhanoviste, Lisandro Lopez. Affaibli, le monstre lusitanien ne pointe d'ailleurs qu'en troisième position de son championnat. Arsenal a, lui, gagné Arshavin (pas qualifié pour la C1 l'an dernier) et Vermaelen, pour Adebayor dans la colonne pertes. Pas de quoi changer d'allure.

Car saison après saison, le visage londonien reste bien toujours aussi juvénile, et son effectif trop resserré. Avec huit joueurs forfaits pour sa visite au Portugal (Gallas, Almunia, Song, Eduardo, Arshavin...), Wenger s'est même vu contraint de sortir l'ancêtre Campbell du placard, et de mettre Fabianski dans les buts. Contre le Porto de Hulk et Cristian Rodriguez ça peut passer, mais l'ambition des Gunners s'arrête-t-elle là ? Sans doute pas. Encore faut-il s'en donner les moyens. Au risque de partir à nouveau en vacances sur un « élève appliqué mais limité » .

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