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  1. // Ligue des Champions – 8e – Milan/Arsenal

Arsenal aime manger italien

Ce soir (20h45), les Gunners se déplacent à Milan pour le huitième de finale le plus prometteur. L’occasion de dire goodbye à Henry. L’occasion aussi de vérifier une vérité incontestable : Arsenal adore les Italiens. Et Milan déteste les Anglais…

C’est l’histoire d’une continuité espérée et d’une rupture inévitable. Car bien entendu, ce huitième de finale aller entre Milan et Arsenal sera teinté d’une lumière bien particulière : les adieux de Thierry Henry. Pas seulement parce que le meilleur buteur de l’histoire des Gunners (229 pions désormais) appartient à l’histoire du club londonien pour toujours selon un sentiment ambivalent que l’on retrouve quand on a un aïeul aussi âgé qu’envahissant : on est toujours content de le voir mais on est bien content quand il repart. Or là, il faut bien reconnaître qu’Henry n’est pas juste venu se faire prendre en photo à côté de sa statue qui voisine depuis décembre l’Emirates Stadium. En six apparitions (140 minutes au total), le bougre a trouvé le moyen de trouver trois fois la cible, une performance d’autant plus remarquable quand on considère les difficultés immenses d’Arsenal à conclure leurs actions.

Passe encore sur le but-cadeau en fin de match lors de l’opération portes ouvertes organisée par la défense de Blackburn (rossé 7-1). Mais les deux autres réalisations de l’international français (oui, c’est un titre que l’on conserve au-delà de sa dernière cape) se sont révélées décisives, d’abord face à Leeds United en FA Cup puis face à Sunderland, l’équipe la plus performante du moment (si, si), dans les arrêts de jeu le week-end dernier. Un but à la Henry, un autre de renard, autant d’atouts qui pourraient se révéler précieux en cas d’entrée en jeu dans un stade qui lui a bien réussi par le passé en Ligue des champions quand un soir de grâce en novembre 2003, il avait atomisé l’Inter Milan, 1-5.

L’Italie, catin d’Arsenal

Mais soyons honnête, Arsenal n’a pas nécessairement besoin d’Henry plus que ça pour espérer dégommer Milan. Historiquement, le club londonien réussit plutôt bien face aux Italiens. On se souvient du succès en finale de la défunte Coupe des vainqueurs de coupes en 1994 face à Parme (1-0). On se souvient aussi de tous les succès en Ligue des champions face à la Roma, l’Inter donc, la Juventus plusieurs fois et… Milan ! Fringants champions d’Europe 2007, les Rossoneri avaient pris une double leçon de football en huitièmes la saison suivante, d’abord à l’Emirates pour un miraculeux 0-0 avant de s’en prendre deux infiniment mérités en Lombardie par Adebayor et Fabregas, duo servi par la vitesse et la percussion d’un Walcott insaisissable ce soir-là. Évidemment, le souvenir de tous ces héros a un petit côté sépia : Adebayor et Cesc ont foutu le camp et Wenger ne pourra pas compter sur Henry au retour.


Mais qu’importe puisque l’Alsacien peut tabler sur un Robin van Persie fascinant. Peut-être le plus fascinant du moment si l’on considère qu’avant le match face à Leverkusen mardi, Messi n’avait pas marqué depuis quelques secondes et qu’avant le rendez-vous de Liga dimanche, Cristiano Ronaldo n’avait pas scoré depuis quelques minutes : en cris, on vous dit ! On taquine bien sûr mais les deux cannibales du Ballon d’Or depuis 2008 (un pour le Portugais, trois pour le Gaucho) ont tellement banalisé leurs performances que voir un troisième larron appartenir l’espace de quelques mois à leur voisinage attire un peu plus l’attention. Et puis, autour du Néerlandais, Arsenal a de la vitesse à revendre. Vitesse de course malgré l’absence de Gervinho : ici Walcott, là Oxlade-Chamberlain (le talent anglais le plus prometteur depuis Rooney), voire Arshavin. Vitesse de transmission aussi, avec un milieu toujours bien huilé. Cette vitesse très anglaise qui fait cauchemarder la ville de Milan, fracassé dès les huitièmes par Albion sans interruption depuis 2008 (Arsenal, Manchester et Tottenham). Et l’épisode Henry le prouve : à Arsenal, on aime les traditions…

Par Dave Appadoo
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