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Arrigo avant Sacchi : les prémices du calcio totale

Arrigo Sacchi fête ses 70 ans ce vendredi, mais l’entraîneur de légende qu’on connaît aujourd’hui n’a pas eu des débuts faciles sur le banc et encore moins en tant que joueur. Ben oui, avant, le Milan, c’était plus Arrigo que Sacchi.

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Le calcio totale, une défense de feu, des Néerlandais talentueux et un Milan de légende. C’est souvent ce dont on parle quand on discute d’Arrigo Sacchi, lui qui a révolutionné le football en Italie, mais aussi dans toute l’Europe avec un 4-4-2 totalement retapé, alors que les autres entraîneurs de la Botte l’avaient laissé à l’abandon. Il faut dire que, dans les années 70, tout le monde joue un peu de la même façon, avec un jeu fixe très agressif à la Trapattoni. Pourtant, le natif de Fusignano, dans la région d’Émilie-Romagne, est loin de se douter qu’il va autant révolutionner le football alors qu’il porte la tenue du club de sa petite commune. « Il n’avait pas de qualités techniques, mais c’était un joueur attentif avec des jambes. Il était défenseur latéral, il savait jouer à droite comme à gauche. Ça lui est arrivé de dépanner au centre et même au milieu de terrain, mais il n’avait plus ses points de repère. Il se reposait surtout sur sa capacité à rester concentré et à être attentif à chaque action. Il était très impliqué » , explique Italo Graziani, ami de toujours de Sacchi et préparateur physique à ses côtés du temps de l’Atlético.


L’appel de l’argent l’emporte cependant sur sa passion, et, à 19 ans, Arrigo lâche les crampons et son cartable pour accompagner son papa, Augusto, dans son entreprise de chaussures. Mais on n’échappe pas aussi facilement à son destin, et le foot lui reste en tête, à tel point que, quelques mois plus tard, Arrigo fait son retour à Fusignano avec, cette fois, la casquette d’entraîneur. « Il avait des idées concernant le foot, continue Italo. Des idées bien à lui, mûrement réfléchies. Et quand il décide de faire quelque chose, il le fait jusqu’au bout, à 100%, avec toute l’implication, tout le travail que cela requiert. C’est pour ça qu’il a arrêté le travail avec son père. Il faut aussi dire que les affaires n’allaient pas bien, ils avaient perdu beaucoup d’argent. » Et Arrigo impose directement ce 4-4-2 en zone qui le rendra si célèbre par la suite. « Il voulait absolument jouer avec des jeunes, car ils étaient souvent plus motivés, et il appliquait déjà son jeu en mouvement, en zone. Il ne voulait pas qu’ils jouent avec des rôles fixes comme Trapattoni le faisait à cette époque. » Bien qu’innovante, la tactique bouleverse surtout un schéma implanté depuis longtemps dans la tête des joueurs, et les résultats peinent à arriver. Sa persévérance paie tout de même, puisqu’il arrive enfin à imposer son jeu, et Fusignano monte dans la catégorie amateur supérieure en écrasant toutes les autres équipes sur son passage.

La mélodie de l’entraîneur


À 31 ans, Arrigo lâche finalement sa belle Fusignano pour une pige sans intérêt à Alfonsine, 10 km plus loin, avant de continuer sa route à Bellaria-Igea Marina, sur la côte de l’Émilie-Romagne. Le problème est que ses anciens joueurs avec qui il a enfin réussi à gagner sont restés dans leur club et qu’il s’agit dès lors de tout recommencer à zéro. Sans surprise, les débuts à Bellaria, en quatrième division, sont fastidieux : les joueurs n’ont pas l’habitude de ses entraînements intensifs et sont exténués pour le dimanche, il ne parvient pas à leur enseigner sa tactique, et l’équipe prend raclée sur raclée. « Sacchi avait fini par remettre sa démission aux deux présidents, Alessandro Zamagni et Feruccio Giovanardi, se souvient Luca Zamagni, fils d’Alessandro. Mais ils lui ont fait confiance et ils ont refusé sa démission. À partir de là, Sacchi a commencé à gagner. » Cette simple décision aurait pu tout changer, puisqu’il déclarera plusieurs années plus tard à la télévision italienne qu’il aurait pu arrêter sa carrière d’entraîneur si les présidents avaient accepté qu’il s’en aille.

Et il ne leur faut pas longtemps avant que le jeune coach leur donne raison. Preuve de son expérience, il n’a besoin, cette fois, que d’une demi-saison avant d’imposer son style. « Il a fallu du temps pour que les joueurs apprennent sa tactique, mais, une fois que c’était fait, ils jouaient très bien. Ils jouaient enfin au football, au vrai. Mais il a quand même fallu attendre la fin de la phase aller avant que ça ne se fasse. » Comme à Fusignano deux ans plus tôt, la machine est lancée, et les résultats arrivent enfin. Ainsi, de relégable à la mi-saison, Bellaria arrive à se sauver à la dernière journée en jouant un jeu identique à celui qu’il imposera à Van Basten et Maldini, plus tard. « Sacchi entraînait comme s’il faisait de la musique. Il donnait du rythme à son jeu » , se rappelle Luca, non sans nostalgie dans la voix. Après cette saison riche en émotion, Arrigo se dit qu’il est temps de passer à l’étape supérieur et s’inscrit au cours d’entraîneur, afin d’obtenir la licence professionnelle. Sa vision moderne du football et ses excellents résultats aux examens lui permettront d’en sortir avec les encouragements d’Italo Allodi, président de l’académie.

Arrigo, c’est beau la vie…


À peine sorti, direction Cesena où il entraînera les jeunes pendant trois ans avec, à la clé, le premier titre de champion d’Italie du club dans cette catégorie. C’est d’ailleurs là qu’il fait la connaissance de Walter Bianchi, alors âgé de 15 ans, qui le suivra à travers neuf saisons, jusqu’au Milan. « Je me souviens d’une fois où on avait gagné 4-0 contre les jeunes de la Fiorentina, qui était une très bonne équipe comme l’était le Torino ou la Juventus. Le mardi après le match, on était tous dans le vestiaire en train de parler de cette victoire. Puis, Sacchi est arrivé et a lancé critique sur critique, malgré l’excellent match qu’on avait fait. À un moment, le plus vieux joueur de l’équipe s’est levé et lui a dit qu’il ne comprenait pas sa réaction, qu’on avait gagné 4-0 à Florence et qu’il arrivait encore à dire quelque chose. Sacchi a rigolé, mais c’est pour illustrer à quel point il était passionné par ce sport » , se remémore l’ancien défenseur latéral italien. Après deux ans à Rimini en Division 3, entrecoupés d’une pige chez les jeunes de la Fiorentina pour le coach, les deux hommes se retrouvent à Parme, aussi en Division 3.


Arrigo a beaucoup mûri depuis ses débuts en amateur et il sait désormais comment enseigner sa tactique. Ce qui lui permet de réaliser de bonnes saisons avant de faire l’étalage de tout son talent avec les Parmesans. Selon un de ses anciens joueurs de l’époque, Alessandro Melli, ses entraînements intenses y étaient évidemment pour quelque chose. « Il était très maniaque, très perfectionniste, souligne l’ex-attaquant. Ses exercices étaient très difficiles. Je me souviens d’un lors duquel il nous forçait à élargir nos capacités. On était par deux, et, si le compagnon faisait un geste technique, on devait répondre par un autre différent. S’il faisait un mouvement spécial, on devait aussi en faire un autre. C’était très intense, mais, si on arrivait à surpasser la difficulté, la différence se voyait le dimanche. » Et Bianchi de compléter : « Il voulait qu’on parvienne à prévoir n’importe quelle situation. Par exemple, si on perdait un ballon à tel endroit du terrain, ou si on commettait une erreur à tel moment du match. Il voulait vraiment prévoir toutes les éventualités pour qu’on soit capables de réagir si ça ne se passe pas comme prévu. Que ce soit à Cesena, à Parma ou au Milan, il a toujours travaillé de la même façon, mais toujours en s’améliorant. » Sa première année à Parme se solde par une montée en Division 2, et il est à deux doigts de rejoindre l’élite la saison suivante. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il croisera Berlusconi, qui viendra le féliciter dans les vestiaires après la défaite du Milan par l’équipe de Sacchi en Coupe d’Italie. « Mais c’est qui ? » , demande un journaliste au président du Milan en désignant son nouvel entraîneur au teint pâle et au crâne dégarni. « L’entraîneur avec la paranoïa de la victoire » , répond Berlusconi.


Par Giuliano Depasquale
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Dans cet article

Ronahldoignon Niveau : CFA
Cool.
On est tous assez casse couille quand vous nous pondez des trucs moyens foire foireux pour aussi être reconnaissants dans l'autre sens.
Ca commence à faire une série de bons petits articles dernièrement.
Vous avez les encouragements.
Continuez comme ça.
roberto-larcos Niveau : Ligue 2
Note : 1
Super article.

Sacchi ou l'une des dernières grande revolution tactique du sport.

Certains esprits chagrins releveront toujours qu avec les joueurs du Milan de cette epoque c'etait facile mais tout de même.

De vraies chorégraphies défensives servies par Sacchi, interprètees à la perfection par toute l'equipe.

Gros coup de flair de Silvio sur ce coup la.

Ce qui est d'autant plus remarquable qu'il s'est fait sa propre idée du jeu et à su la transposer du monde amateur au pro.

Il commence à dire n'importe quoi mais il est et reste une légende.
Auguri Mister !

Il restera à tout jamais une légende du football italien, dommage qu'il se soit fait bouffé par le stress, ce qui a grandement écourté sa carrière de coach.

Par contre effectivement il devient vraiment sénile et je crois qu'il serait mieux pour lui et pour tout le monde qu'il prenne sa retraite médiatique
J'aimerais réagir à "cette soi-disant facilité". Je sais que ce n'est pas toi qui le cries haut et fort, mais je tenais à dire ma pensée sur cette soi-disant facilité.

1. Il y a beaucoup plus de potentielles "réussites"

Regardez l'effectif du Bayern, du Real de ces dernières années, de Chelsea de l'époque Mourinho 1, de la Juve époque Capello: ces équipes étaient sur le papier monstrueuses. Il y avait le talent, l'expérience, des guerriers, un ADN fort, un entraineur du top 5, et plein de signaux évidents de leur "potentiel vainqueur".

Et pourtant, toutes ces équipes n'ont pas gagné la LDC. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une équipe qui semble taillée sur la papier à gagner et que cela sonne comme une évidence sur ce dit-papier qu'elle va forcément réussir.

Il y a un ensemble de circonstances psychologiques, macro, techniques, et footballistiques qui amènent à un succès, et malheureusement, il y a un bon nombre d'équipes qui auraient mérité de gagner qui ne l'ont pas fait, et parce que ça ne s'est pas passé, on les oublie et on justifie ensuite que les autres équipes qui l'ont fait "se devaient de gagner".

Evidemment, encore une fois, certaines des équipes qui paraissaient les plus fortes sur le papier ont gagné, mais pas toujours, et même pas si souvent qu'on ne pourrait le croire.

Ce qui m'amène à mon 2e point.

2. La réussite est évidente seulement à posteriori

La réussite rend les gens meilleurs que ce qu'ils devraient être.
On a tendance à justifier toujours après coup. C'est ce qui crée les théories complotistes sur le 11/09, c'est qui fait qu'on arrivera toujours à trouver une bonne raison pour justifier que finalement, si notre copine nous a quitté, c'est que c'était une bonne chose pour nous, etc.

Quand on réussit, quand c'est accomplit, les gens ont tendance à renvoyer ces traits de réussite sur votre image, et à justifier que la réussite était évidente après coup. Sauf qu'il y a un million de facteurs pour que ça ne réussisse pas comme "ça devrait être", et c'est qui rend d'autant plus extraordinaire l'accomplissement de Sacchi.

D'ailleurs, c'est l'un des plus gros biais cognitifs humains: vouloir justifier après coup un évènement. Et évidemment, on arrivera toujours à le faire, car notre cerveau a besoin de donner du sens à chacune de nos actions, c'est notre raison de vivre et à vrai dire, celle qui nous permet de survivre mentalement.

3. L'effet Gary Neville

Le papier et le terrain sont 2 choses fondamentalement différentes. Considérez que la position du papier est celle de Gary lorsqu'il était consultant: il commentait de manière oral - avec des mots donc - le travail EXECUTE par l'équipe et l'entraineur. Gary consultant, c'est de la pédanterie, de l'arrogance, et de la condescendance. Mais il avait raison, parce que parmi les variantes infinies d'une exécution d'un plan donné, il pouvait très bien viser une variante qui "avait du sens".

Par exécution d'une variante, je parle d'interprétation d'une consigne, d'un plan. Dites à un 10 joueurs de jouer collectif, et vous verrez 10 variantes de ce qu'est jouer collectif. Dans ce cas-ci, Gary voit une variante et décide de critiquer cette variante en donnant son avis, et en donnant des conseils hyper généralistes avec du vocabulaire "globalisant" sans réellement s'arrêter sur une variante: à l'évidence, vous paraissez non seulement intelligent, mais vous avez forcément raison, surtout si vous le dites avec conviction, et encore plus si vous le dites avec un air "Je sais tout".

Quand il est passé sur le terrain, il est passé à l'exécution. Et franchement, ça a été jouissif de voir sa chute. De réaliser à quel point "La critique est facile, mais l'art est difficile" (oui, je quote ;) ).
Qu'assis dans son fauteuil, il aurait dû se garder de prendre cette posture si hautaine, et que même s'il avait déjà réussi auparavant, il aurait dû garder du recul parce que le faire est bien plus compliqué que de le dire (d'ailleurs, s'il l'avait fait, il aurait peut-être plus réalisé à ce moment précis, je suppose que c'est fait maintenant).


Désolé pour le long discours, mais imaginez-vous qu'un critique dans la même typologie qu'un critique littéraire/cinématographique existe dans votre domaine de travail et vienne critiquer votre travail avec mépris: je vous assure que vous ne le supporterez pas plus de 10 secondes. Et quand bien même il l'aurait déjà fait, et quand bien même il l'aurait déjà réussi, ça ne veut pas dire qu'il puisse critiquer avec si peu de modestie et de recul le travail d'une personne qui donne énormément de coeur à l'ouvrage.
Parce que la réussite ne dépend pas que du seul talent, mais d'un ensemble de circonstances qu'on n'arrive toujours pas à expliquer depuis des milliers d'années.

Juste pour finir, je ne dis pas qu'il n'y a rien à critiquer, je dis simplement qu'il y a des manières bien plus constructives et respectueuses de critiquer, non seulement parce que cela nous permet de nous élever intellectuellement, mais de le faire aussi en tant que personnes.

PEACE :)
josip-illicite Niveau : DHR
Message posté par Plop
J'aimerais réagir à "cette soi-disant facilité". Je sais que ce n'est pas toi qui le cries haut et fort, mais je tenais à dire ma pensée sur cette soi-disant facilité.

1. Il y a beaucoup plus de potentielles "réussites"

Regardez l'effectif du Bayern, du Real de ces dernières années, de Chelsea de l'époque Mourinho 1, de la Juve époque Capello: ces équipes étaient sur le papier monstrueuses. Il y avait le talent, l'expérience, des guerriers, un ADN fort, un entraineur du top 5, et plein de signaux évidents de leur "potentiel vainqueur".

Et pourtant, toutes ces équipes n'ont pas gagné la LDC. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une équipe qui semble taillée sur la papier à gagner et que cela sonne comme une évidence sur ce dit-papier qu'elle va forcément réussir.

Il y a un ensemble de circonstances psychologiques, macro, techniques, et footballistiques qui amènent à un succès, et malheureusement, il y a un bon nombre d'équipes qui auraient mérité de gagner qui ne l'ont pas fait, et parce que ça ne s'est pas passé, on les oublie et on justifie ensuite que les autres équipes qui l'ont fait "se devaient de gagner".

Evidemment, encore une fois, certaines des équipes qui paraissaient les plus fortes sur le papier ont gagné, mais pas toujours, et même pas si souvent qu'on ne pourrait le croire.

Ce qui m'amène à mon 2e point.

2. La réussite est évidente seulement à posteriori

La réussite rend les gens meilleurs que ce qu'ils devraient être.
On a tendance à justifier toujours après coup. C'est ce qui crée les théories complotistes sur le 11/09, c'est qui fait qu'on arrivera toujours à trouver une bonne raison pour justifier que finalement, si notre copine nous a quitté, c'est que c'était une bonne chose pour nous, etc.

Quand on réussit, quand c'est accomplit, les gens ont tendance à renvoyer ces traits de réussite sur votre image, et à justifier que la réussite était évidente après coup. Sauf qu'il y a un million de facteurs pour que ça ne réussisse pas comme "ça devrait être", et c'est qui rend d'autant plus extraordinaire l'accomplissement de Sacchi.

D'ailleurs, c'est l'un des plus gros biais cognitifs humains: vouloir justifier après coup un évènement. Et évidemment, on arrivera toujours à le faire, car notre cerveau a besoin de donner du sens à chacune de nos actions, c'est notre raison de vivre et à vrai dire, celle qui nous permet de survivre mentalement.

3. L'effet Gary Neville

Le papier et le terrain sont 2 choses fondamentalement différentes. Considérez que la position du papier est celle de Gary lorsqu'il était consultant: il commentait de manière oral - avec des mots donc - le travail EXECUTE par l'équipe et l'entraineur. Gary consultant, c'est de la pédanterie, de l'arrogance, et de la condescendance. Mais il avait raison, parce que parmi les variantes infinies d'une exécution d'un plan donné, il pouvait très bien viser une variante qui "avait du sens".

Par exécution d'une variante, je parle d'interprétation d'une consigne, d'un plan. Dites à un 10 joueurs de jouer collectif, et vous verrez 10 variantes de ce qu'est jouer collectif. Dans ce cas-ci, Gary voit une variante et décide de critiquer cette variante en donnant son avis, et en donnant des conseils hyper généralistes avec du vocabulaire "globalisant" sans réellement s'arrêter sur une variante: à l'évidence, vous paraissez non seulement intelligent, mais vous avez forcément raison, surtout si vous le dites avec conviction, et encore plus si vous le dites avec un air "Je sais tout".

Quand il est passé sur le terrain, il est passé à l'exécution. Et franchement, ça a été jouissif de voir sa chute. De réaliser à quel point "La critique est facile, mais l'art est difficile" (oui, je quote ;) ).
Qu'assis dans son fauteuil, il aurait dû se garder de prendre cette posture si hautaine, et que même s'il avait déjà réussi auparavant, il aurait dû garder du recul parce que le faire est bien plus compliqué que de le dire (d'ailleurs, s'il l'avait fait, il aurait peut-être plus réalisé à ce moment précis, je suppose que c'est fait maintenant).


Désolé pour le long discours, mais imaginez-vous qu'un critique dans la même typologie qu'un critique littéraire/cinématographique existe dans votre domaine de travail et vienne critiquer votre travail avec mépris: je vous assure que vous ne le supporterez pas plus de 10 secondes. Et quand bien même il l'aurait déjà fait, et quand bien même il l'aurait déjà réussi, ça ne veut pas dire qu'il puisse critiquer avec si peu de modestie et de recul le travail d'une personne qui donne énormément de coeur à l'ouvrage.
Parce que la réussite ne dépend pas que du seul talent, mais d'un ensemble de circonstances qu'on n'arrive toujours pas à expliquer depuis des milliers d'années.

Juste pour finir, je ne dis pas qu'il n'y a rien à critiquer, je dis simplement qu'il y a des manières bien plus constructives et respectueuses de critiquer, non seulement parce que cela nous permet de nous élever intellectuellement, mais de le faire aussi en tant que personnes.

PEACE :)


Oui c'est bien vu, dommage que ce soit posté sur le mauvais article, ceci dit.
roberto-larcos Niveau : Ligue 2
Message posté par Plop
J'aimerais réagir à "cette soi-disant facilité". Je sais que ce n'est pas toi qui le cries haut et fort, mais je tenais à dire ma pensée sur cette soi-disant facilité.

1. Il y a beaucoup plus de potentielles "réussites"

Regardez l'effectif du Bayern, du Real de ces dernières années, de Chelsea de l'époque Mourinho 1, de la Juve époque Capello: ces équipes étaient sur le papier monstrueuses. Il y avait le talent, l'expérience, des guerriers, un ADN fort, un entraineur du top 5, et plein de signaux évidents de leur "potentiel vainqueur".

Et pourtant, toutes ces équipes n'ont pas gagné la LDC. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une équipe qui semble taillée sur la papier à gagner et que cela sonne comme une évidence sur ce dit-papier qu'elle va forcément réussir.

Il y a un ensemble de circonstances psychologiques, macro, techniques, et footballistiques qui amènent à un succès, et malheureusement, il y a un bon nombre d'équipes qui auraient mérité de gagner qui ne l'ont pas fait, et parce que ça ne s'est pas passé, on les oublie et on justifie ensuite que les autres équipes qui l'ont fait "se devaient de gagner".

Evidemment, encore une fois, certaines des équipes qui paraissaient les plus fortes sur le papier ont gagné, mais pas toujours, et même pas si souvent qu'on ne pourrait le croire.

Ce qui m'amène à mon 2e point.

2. La réussite est évidente seulement à posteriori

La réussite rend les gens meilleurs que ce qu'ils devraient être.
On a tendance à justifier toujours après coup. C'est ce qui crée les théories complotistes sur le 11/09, c'est qui fait qu'on arrivera toujours à trouver une bonne raison pour justifier que finalement, si notre copine nous a quitté, c'est que c'était une bonne chose pour nous, etc.

Quand on réussit, quand c'est accomplit, les gens ont tendance à renvoyer ces traits de réussite sur votre image, et à justifier que la réussite était évidente après coup. Sauf qu'il y a un million de facteurs pour que ça ne réussisse pas comme "ça devrait être", et c'est qui rend d'autant plus extraordinaire l'accomplissement de Sacchi.

D'ailleurs, c'est l'un des plus gros biais cognitifs humains: vouloir justifier après coup un évènement. Et évidemment, on arrivera toujours à le faire, car notre cerveau a besoin de donner du sens à chacune de nos actions, c'est notre raison de vivre et à vrai dire, celle qui nous permet de survivre mentalement.

3. L'effet Gary Neville

Le papier et le terrain sont 2 choses fondamentalement différentes. Considérez que la position du papier est celle de Gary lorsqu'il était consultant: il commentait de manière oral - avec des mots donc - le travail EXECUTE par l'équipe et l'entraineur. Gary consultant, c'est de la pédanterie, de l'arrogance, et de la condescendance. Mais il avait raison, parce que parmi les variantes infinies d'une exécution d'un plan donné, il pouvait très bien viser une variante qui "avait du sens".

Par exécution d'une variante, je parle d'interprétation d'une consigne, d'un plan. Dites à un 10 joueurs de jouer collectif, et vous verrez 10 variantes de ce qu'est jouer collectif. Dans ce cas-ci, Gary voit une variante et décide de critiquer cette variante en donnant son avis, et en donnant des conseils hyper généralistes avec du vocabulaire "globalisant" sans réellement s'arrêter sur une variante: à l'évidence, vous paraissez non seulement intelligent, mais vous avez forcément raison, surtout si vous le dites avec conviction, et encore plus si vous le dites avec un air "Je sais tout".

Quand il est passé sur le terrain, il est passé à l'exécution. Et franchement, ça a été jouissif de voir sa chute. De réaliser à quel point "La critique est facile, mais l'art est difficile" (oui, je quote ;) ).
Qu'assis dans son fauteuil, il aurait dû se garder de prendre cette posture si hautaine, et que même s'il avait déjà réussi auparavant, il aurait dû garder du recul parce que le faire est bien plus compliqué que de le dire (d'ailleurs, s'il l'avait fait, il aurait peut-être plus réalisé à ce moment précis, je suppose que c'est fait maintenant).


Désolé pour le long discours, mais imaginez-vous qu'un critique dans la même typologie qu'un critique littéraire/cinématographique existe dans votre domaine de travail et vienne critiquer votre travail avec mépris: je vous assure que vous ne le supporterez pas plus de 10 secondes. Et quand bien même il l'aurait déjà fait, et quand bien même il l'aurait déjà réussi, ça ne veut pas dire qu'il puisse critiquer avec si peu de modestie et de recul le travail d'une personne qui donne énormément de coeur à l'ouvrage.
Parce que la réussite ne dépend pas que du seul talent, mais d'un ensemble de circonstances qu'on n'arrive toujours pas à expliquer depuis des milliers d'années.

Juste pour finir, je ne dis pas qu'il n'y a rien à critiquer, je dis simplement qu'il y a des manières bien plus constructives et respectueuses de critiquer, non seulement parce que cela nous permet de nous élever intellectuellement, mais de le faire aussi en tant que personnes.

PEACE :)


+1 pour ton pavé tu as tout dit.

Concernant Sacchi ou d'autres grands coachs, plus que la méthode, je serai très intéressé d'apprendre comment ils ont su faire évaluer leur pédagogie en fonction des joueurs rencontres.

Sacchi a su gérer pratiquement tous les joueurs qu il a eu sous la main hormis Baggio. Etonnant alors que de prime abord on pourrait se dire qu entre génies le courant devrait passer aisément.

Mais surtout comment se renouveler? Si on y regarde de plus près il y a très peu de coachs qui arrivent à se reiventer dans leurs idées dans le temps et à rester performants.

Il y a les contre exemples Rehagel ou Hitzfield mais pour la plupart ils ont une espèce d aura qui tient sur 10/ 15 ans au mieux et pour la suite ils courent après cette réussite totale qu ils ne retrouvent plus.

Par exemple Mourinho dont l'aura semble morte ou Wenger qui court depuis sa finale de ldc perdue après le succès sans vraiment y arriver quoi qu il fasse.

Desolé pour le hs mais le post de @plom m a fait repenser à ça
Message posté par Plop
J'aimerais réagir à "cette soi-disant facilité". Je sais que ce n'est pas toi qui le cries haut et fort, mais je tenais à dire ma pensée sur cette soi-disant facilité.

1. Il y a beaucoup plus de potentielles "réussites"

Regardez l'effectif du Bayern, du Real de ces dernières années, de Chelsea de l'époque Mourinho 1, de la Juve époque Capello: ces équipes étaient sur le papier monstrueuses. Il y avait le talent, l'expérience, des guerriers, un ADN fort, un entraineur du top 5, et plein de signaux évidents de leur "potentiel vainqueur".

Et pourtant, toutes ces équipes n'ont pas gagné la LDC. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une équipe qui semble taillée sur la papier à gagner et que cela sonne comme une évidence sur ce dit-papier qu'elle va forcément réussir.

Il y a un ensemble de circonstances psychologiques, macro, techniques, et footballistiques qui amènent à un succès, et malheureusement, il y a un bon nombre d'équipes qui auraient mérité de gagner qui ne l'ont pas fait, et parce que ça ne s'est pas passé, on les oublie et on justifie ensuite que les autres équipes qui l'ont fait "se devaient de gagner".

Evidemment, encore une fois, certaines des équipes qui paraissaient les plus fortes sur le papier ont gagné, mais pas toujours, et même pas si souvent qu'on ne pourrait le croire.

Ce qui m'amène à mon 2e point.

2. La réussite est évidente seulement à posteriori

La réussite rend les gens meilleurs que ce qu'ils devraient être.
On a tendance à justifier toujours après coup. C'est ce qui crée les théories complotistes sur le 11/09, c'est qui fait qu'on arrivera toujours à trouver une bonne raison pour justifier que finalement, si notre copine nous a quitté, c'est que c'était une bonne chose pour nous, etc.

Quand on réussit, quand c'est accomplit, les gens ont tendance à renvoyer ces traits de réussite sur votre image, et à justifier que la réussite était évidente après coup. Sauf qu'il y a un million de facteurs pour que ça ne réussisse pas comme "ça devrait être", et c'est qui rend d'autant plus extraordinaire l'accomplissement de Sacchi.

D'ailleurs, c'est l'un des plus gros biais cognitifs humains: vouloir justifier après coup un évènement. Et évidemment, on arrivera toujours à le faire, car notre cerveau a besoin de donner du sens à chacune de nos actions, c'est notre raison de vivre et à vrai dire, celle qui nous permet de survivre mentalement.

3. L'effet Gary Neville

Le papier et le terrain sont 2 choses fondamentalement différentes. Considérez que la position du papier est celle de Gary lorsqu'il était consultant: il commentait de manière oral - avec des mots donc - le travail EXECUTE par l'équipe et l'entraineur. Gary consultant, c'est de la pédanterie, de l'arrogance, et de la condescendance. Mais il avait raison, parce que parmi les variantes infinies d'une exécution d'un plan donné, il pouvait très bien viser une variante qui "avait du sens".

Par exécution d'une variante, je parle d'interprétation d'une consigne, d'un plan. Dites à un 10 joueurs de jouer collectif, et vous verrez 10 variantes de ce qu'est jouer collectif. Dans ce cas-ci, Gary voit une variante et décide de critiquer cette variante en donnant son avis, et en donnant des conseils hyper généralistes avec du vocabulaire "globalisant" sans réellement s'arrêter sur une variante: à l'évidence, vous paraissez non seulement intelligent, mais vous avez forcément raison, surtout si vous le dites avec conviction, et encore plus si vous le dites avec un air "Je sais tout".

Quand il est passé sur le terrain, il est passé à l'exécution. Et franchement, ça a été jouissif de voir sa chute. De réaliser à quel point "La critique est facile, mais l'art est difficile" (oui, je quote ;) ).
Qu'assis dans son fauteuil, il aurait dû se garder de prendre cette posture si hautaine, et que même s'il avait déjà réussi auparavant, il aurait dû garder du recul parce que le faire est bien plus compliqué que de le dire (d'ailleurs, s'il l'avait fait, il aurait peut-être plus réalisé à ce moment précis, je suppose que c'est fait maintenant).


Désolé pour le long discours, mais imaginez-vous qu'un critique dans la même typologie qu'un critique littéraire/cinématographique existe dans votre domaine de travail et vienne critiquer votre travail avec mépris: je vous assure que vous ne le supporterez pas plus de 10 secondes. Et quand bien même il l'aurait déjà fait, et quand bien même il l'aurait déjà réussi, ça ne veut pas dire qu'il puisse critiquer avec si peu de modestie et de recul le travail d'une personne qui donne énormément de coeur à l'ouvrage.
Parce que la réussite ne dépend pas que du seul talent, mais d'un ensemble de circonstances qu'on n'arrive toujours pas à expliquer depuis des milliers d'années.

Juste pour finir, je ne dis pas qu'il n'y a rien à critiquer, je dis simplement qu'il y a des manières bien plus constructives et respectueuses de critiquer, non seulement parce que cela nous permet de nous élever intellectuellement, mais de le faire aussi en tant que personnes.

PEACE :)


Ca fait bien longtemps que je n'avais pas lu un commentaire aussi intelligent ici ! Intéressant convient également...
fuoriclasse Niveau : DHR
Petit bémol à l'article; non tout le monde ne jouait pas de la même façon avant l'arrivée de San Arrigo : la roma de liedholm pratiquait une défense de zone totale, dénuée toutefois de toute forme de pressing, bien avant l'avènement de Sacchi.
Manyathela Niveau : DHR
ã Plop:
C'est intéressant ce que tu dis, mais je pense que ton point de vue est trop abstrait.
Le cerveau humain n'est pas assez puissant pour "procésser" les milliards de potentiels facon d'interpréter le mot collectif, et du coup, si on suit ton raisonnement, aucun n'entraineur n'a pris en compte une partie "signigicative" de toute les potentialités de son équipe.
Ca me fait penser au paradoxe de Zenon d'élée, que je réinterprète a ma sauce: Il est impossible de faire un pas (de marcher), car on traverse un espace infinité (bonne chance pour compter le nombre d'atomes parcourus).
Et pourtant je pense qu'on saura tous d'accord pour dire que l'on marche, et j'estime que certains entraineurs, dont Sacchi, ne sont pas loins d'avoir tirés le meilleur de leur groupe.
Bref, je ne remets pas vraiment tes arguments, mais j'ai peur qu'avec ce type de point de vue, on en vient à oublier l'essentiel.
@Plop, je serais très curieux de connaître le contenu des séances, où il s'est planté, les ressorts qu'il a tenté d'actionner. Et impatient de voir la suite, un T. Henry par exemple dont la culture foot et l'intelligence sont indéniables mais est ce que ça suffit?

Le savoir-faire et le faire-savoir ou le pédagogue et le doctrinaire: quand la capacité à voir l'ensemble le plus grand de variantes formant un tout doit être accompagnée du talent à faire partager cette expérience.

"Le monde est ma représentation", y'a tout dans cette sentence, sauf la possibilité réelle de la partager. On peut seulement s'accorder à accepter des concepts commun et il faut savoir qu'il existent: Sacchi créait un nouveau monde, plus grand, dans l'esprit de ses joueurs...

@Roberto, un des meilleur exemple de remise en question, de capacité à adapter son discours et ses idées c'est Suaudeau: De ses équipes des années 80 à son groupe qui trouvera un aboutissement technique presque parfait (par rapport aux moyens techniques) en 95-96.
D'une inspiration Télê Santana au Gegenpressing de Klopp avant l'heure.
De types comme Vahid ou Burruchaga à une bande de lascars ( Coco en extrait à 3mn : https://www.youtube.com/watch?v=RyuUNeCrAn4 ) emmené par Japhet N'Doram...

Putain j'arrive toujours après la bataille.
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