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Arribagé : « Finir six ou sept constituerait une très belle saison »

Aujourd'hui à la cellule de recrutement du Téfécé après une carrière longue de presque 500 matchs, Dominique Arribagé fait partie des murs dans la ville rose. Mais c'est un peu vite oublier que ce spécialiste des attaques frontales sur coup de pied arrêté a aussi bougé au stade de la route de Lorient durant six piges. Alors que se profile Toulouse-Rennes, il nous parle de son amour et d'une ex, qu'il ne manque pas de ramener à la réalité.

Qu'est-ce que ça donne le quotidien de Dominique Arribagé à la cellule du recrutement du Téfécé ?

Ma mission touche au recrutement au niveau des professionnels. Il faut trouver les bons éléments dans le monde entier. Pour ça, on suit des compétitions internationales jusqu'en U17, les divisions inférieures, etc. C'est un travail d'info, de réseau.

Au quotidien, est-ce que vous ciblez un type précis de profil en fonction des besoins ou on essaye de prendre tout ce qu'on trouve de bon ?

On a vraiment des postes à pourvoir. Pour chaque poste, on identifie un profil de joueur avec des qualités requises sur les plans technique, tactique, physique, psychologique... On cible ensuite des joueurs et on essaye de se rapprocher le plus possible du profil de base.

Donc Ben Yedder (ex-Alfortville), Regattin (ex-Sète) ou Abdennour (ex-Étoile du Sahel), c'est vous ?

Oui, si on veut, même si je n'ai pas envie de rentrer dans les détails. Sinon, on est tout le temps dans la justification du type : « Celui-là a marché, pas lui, pourquoi ? » Je ne vais pas commenter la réussite ou non d'un joueur.

Côté rennais, il y a quelques jeunes qui vous séduisent?

Rennes, c'est un peu un club qui évolue dans les mêmes eaux que nous. On a un niveau assez semblable sur la formation, c'est un club qui travaille au niveau des jeunes. Même s'ils ont plus de moyens que nous, ils sont dans un fonctionnement assez similaire, bien qu'ils soient plus installés dans le haut du championnat que nous. Mais on fait partie de la même tranche au classement. Donc, bien entendu qu'ils ont de bons joueurs.

Pour vous qui avez joué uniquement dans ces deux clubs, Toulouse-Rennes est un peu votre « clasico » , non ?

Oui, si on veut. Ça m'est arrivé de marquer. C'est toujours des moments particuliers que de jouer avec Rennes ou avec Toulouse contre son ancien club. Il y a une part d'affectif quand on est joueur. Maintenant, je suis passé de l'autre côté de la barrière, et mon club, c'est Toulouse.

Vous souvenez-vous de la saison 1997-1998 ?

Le premier match du championnat, on reçoit Rennes et je marque le tout premier but du championnat. Ça donne la victoire à l'équipe, c'est une satisfaction. Mais je vais à Rennes la saison suivante.

Et rebelote : vous scorez contre Toulouse cette fois...

Ouais... Là, par contre, c'était plus chargé en émotion. Toulouse, c'est mon club. C'est ici que j'ai grandi, que j'ai mes parents, mes amis, j'ai fait mes études ici. Donc revenir là et marquer, comme c'est arrivé à d'autres, c'est un peu la magie du foot. Sur le coup, on est content et, en même temps, il y a ce côté bizarre de marquer avec un autre maillot et de faire perdre l'équipe qu'on aime.

Pour le moment, le Téfécé se comporte plutôt bien et propose plus de jeu que lors des dernières saisons sous l'ère Casanova. À quoi l'attribuez-vous ?

Au travail d'Alain Casanova. Il est arrivé dans ce métier il y a un certain temps. Je le connais depuis longtemps puisqu'il a fait quinze ans en tant qu'adjoint. Il a franchi les étapes. Maintenant, il y a plus de cohérence sur la possession de balle. C'est le fruit d'un travail dans la durée malgré tout, je ne crois pas qu'il ait changé de ligne directrice. Il fait beaucoup de travail à base de ballon. C'est moins compartimenté qu'à mon époque où on avait un travail physique séparé. Aujourd'hui, tout est intégré.

Croyez-vous que le club peut se bagarrer en première partie de tableau toute la saison ?

Je pense. Après, ce qui est toujours délicat, c'est de se projeter sur un classement final. Quand on fait ça, on se compare aux autres. Si on regarde, on voit qu'il y a pas mal de clubs devant nous. (...) Finir dans les six ou sept premiers, cela constituerait une très belle saison. Il y a trop de clubs qui ont un budget supérieur au nôtre. On est à l'affut, mais sans garantie non plus. On sait qu'on a de bons joueurs, issus du centre de formation ou passés par les espoirs. Ça veut dire qu'on forme un club qui fonctionne bien avec sa formation.


À l'inverse, Rennes patauge pour le moment. Qu'est-ce qui cloche d'après vous ?

Bon, c'est toujours compliqué de parler de ce qu'on connaît peu ou pas du tout. Pour être franc, je ne les ai pas vus jouer cette année. L'intersaison est toujours délicate, même si ça l'a été un peu pour tout le monde. Mais en termes de potentiel et de joueurs, il y a un bel effectif. Ils vont remonter à un moment ou à un autre. Même si en football, il n'y a pas de garanties.

On a tendance à incriminer, comme souvent, l'entraîneur. Mais quand une équipe rate de peu son objectif initial sur plusieurs saisons d'affilée, est-ce que cela peut fragiliser son discours ?

Pour envisager l'Europe de façon régulière comme ils l'annoncent, il faut vraiment franchir un palier, comme l'a fait Lille, pour y parvenir. Quand on analyse les effectifs de début de saison, il y a toujours Paris, Lille, Marseille et Lyon devant. Ça fait déjà quatre équipes devant en termes de qualité ou de budget. Il ne reste pas grand-chose pour faire l'Europe après ça. Certains peuvent se casser la figure, comme l'OM l'an passé. Mais est-ce que les moyens sont en face de leurs ambitions ? Même s'il y a eu des beaux effectifs à Rennes, je ne suis pas certain qu'ils aient franchi ce cap. Ça fait plusieurs années qu'ils font de bonnes saisons et échouent de peu. On peut profiter d'opportunités, comme nous lorsqu'on finit troisièmes en 2007. Mais est-ce qu'on a le gabarit pour jouer cette place-là à Toulouse ? Non. Même si Rennes est un peu mieux que nous, ça reste dans les mêmes eaux. Les gens sont ambitieux, mais il y a la réalité des choses en face.

Donc Rennes se voit trop beau ?

Non, non... (il réfléchit) C'est un beau club avec sa formation. J'ai passé six belles années en Bretagne. Mais pour aller chercher au-dessus, il y a un cap à passer, notamment en termes de budget. Il te faut trente joueurs de haut niveau, pas quinze avec des jeunes à côté.

À quel match peut-on s'attendre samedi ?

Ah, si j'étais pronostiqueur... (sourire) Ce sont toujours des confrontations entre deux équipes proches l'une de l'autre. Je pense que ce sera totalement ouvert. On peut l'emporter, comme eux peuvent gagner. Nous sommes dans une situation plus favorable, à domicile. J'espère qu'on va gagner. Ça va peut-être se jouer sur notre capacité à marquer rapidement. On pourrait alors les enfoncer si le match basculait en notre faveur. Après, si la question est de savoir si mon cœur balance entre le rouge et noir ou le violet et blanc, là c'est clair, c'est Toulouse (rires) !

Arnaud Clément
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