1. //
  2. // CFA
  3. // Arles-Avignon

Arles-Avignon, l'adieu aux larmes

C'était le rêve de quatre hommes. En 2009, l'Athletic Club Arlésien devenait l'Athletic Club Arles-Avignon avec des matchs au Parc des sports d'Avignon et une vie à Arles. Une double vie passionnée qui vient d'éclater en vol sous la pression castratrice des instances nationales et qui se règle désormais derrière les barres des tribunaux. Générique de fin.

Modififié
1k 12
Au bout du fil, le silence. Personne ne souhaite s'exprimer, personne n'est présent ou ne souhaite se rendre disponible. L'heure est trop grave. Rien, pas un mot. On ne vit que sur un souvenir désormais. « Depuis une semaine, le président Salerno est passé nous voir une fois, mais depuis, personne, lance, inquiet, Victor Zvunka, l'entraîneur de l'équipe première d'Arles-Avignon. On va retourner au stade ce matin, faire notre travail, on va voir ce qu'il va se passer, et vendredi, on attendra les réponses du tribunal de commerce d'Avignon qui tranchera sur notre avenir. Professionnellement, pour nous, c'est terminé. » Il y a quelques jours, le tribunal administratif de Paris n'a pas dérogé à la règle tacite qui glisse de la DNCG à la FFF en passant par le CNOSF : Arles-Avignon est interdit d'intégrer le championnat de National, où il a sportivement sa place, doit rester dans le groupe C de CFA et doit oublier son statut professionnel. « On nous a coupé les jambes. Et comme on avait encore les bras qui bougeaient, on nous a tout arraché » , commente, amer, Patrick Chauvin, ancien président du club pendant douze ans, ex-joueur de la maison et aujourd'hui premier adjoint à la mairie d'Arles.

La lettre au père Noël


Trente points, sept petites victoires, Pascal Chimbonda, Gaël Givet, Mamadou Niang. Voilà le bilan du dernier chapitre arlésien écrit l'an passé. Dernier de Ligue 2, Arles-Avignon est relégué en National. Marcel Salerno, le président du club, souhaite prendre du recul et mettre de côté le football. Comme le football français en a désormais l'habitude chaque été, rien ne va se passer comme prévu. C'est une partie du charme, c'est aussi une partie du drame. L'AC Arles-Avignon reçoit une série d'avis négatifs de la part des différentes instances nationales, ces dernières jugeant le dossier du club trop fragile. Marcel Salerno revient, le retravaille et cherche à comprendre. En réalité, tout le monde cherche à comprendre. Patrick Chauvin, à l'origine de la fusion entre Arles et Avignon en 2009 reprend : « Il y a beaucoup de tristesse et d'incompréhension. Tout le monde est touché. J'ai appelé la FFF il y a une semaine, on ne m'a donné que des réponses évasives. Pareil à la Ligue Méditerranée. On avait le cancer, maintenant on a le sida. On ne peut plus avancer. »

Selon la DNCG, Arles-Avignon aurait procédé à une augmentation de capital après la date limite fixée par la brigade financière. La Fédération a validé, le CNOSF aussi et le 31 juillet dernier, après une rétrogradation en CFA, Marcel Salerno a annoncé le redressement judiciaire du club. « Aujourd'hui, on va continuer à se battre, affirme Patrick Chauvin. Mais on se bat contre le vent. On va aller à la Fédé cette semaine, on veut exprimer nos souhaits. On a les moyens financiers pour jouer dans n'importe quelles divisions, en National, en CFA ou en CFA 2. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on ne peut pas signer de contrat professionnel. » Il y a quelques semaines, dans un dernier espoir, Marcel Salerno a même écrit une lettre manuscrite à Noël Le Graët.

Des minots et des chômeurs


La barrière est solide et la réponse unanime. On assiste bien à la fin du club d'Arles-Avignon. La structure va devoir se reconstruire, à Arles, et une fois le dossier réglé, Marcel Salerno devrait quitter son poste. Le football aussi. Sportivement, on ne sait pas où l'on retrouvera l'ancien hôtel sportif des Angelos grecs, de Camel Meriem, pour ne citer qu'eux. Comme Luzenac, renvoyé chez les amateurs ? La solution est évoquée. Pendant ce temps-là, le coach Zvunka prépare ses valises en remplissant ses dernières fonctions. « On ne sait pas tout ce qu'il se passe. Après, de notre côté, on a jamais eu de retard dans nos paies. C'est un énorme gâchis. Trente ou quarante personnes vont se retrouver prochainement au chômage » , détaille l'ancien coach guingampais.

Après trois journées, Arles-Avignon compte trois défaites et aucun but marqué. La rencontre contre Hyères (0-3), à domicile, samedi dernier, était la dernière. L'effectif compte aujourd'hui six joueurs professionnels, dont seulement quatre joueurs de champ. Zvunka affirme « n'avoir jamais vu ça » et a dû aligner les U19 lors de la première journée, avant de faire du bricolage. Le rêve de 2009 est aujourd'hui un souvenir. Le club souhaite maintenant « être respecté » , va écumer les tribunaux avant de se reconstruire. Arles-Avignon est mort, vive Arles.

Par Maxime Brigand
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Note : 1
C'est triste et ça fait surtout mal pour tous les gens qui risquent de perdre leur emploi, mais ça montre l'incompétence ou en tout cas la totale absence de réalité de certains (beaucoup) de Pésident en France. Et surtout, ça démontre qu'il est vraiment temps que tout le football français se réunissent autour d'une table pour réfléchir à un nouveau mode de fonctionnement. Tu ne peux pas baser l'équilibre de ton club sur les droits TV et/ou la vente des joueurs uniquement. Parce qu'en cas d'échecs sportifs, c'est la dégringolade. Et plus tu montes haut, plus dure sera la chute.
C'est clair que les dégringolades en règle, c'est devenu à la mode
L'article ne dit pas grand chose en fait, on ne sait pas ce qui bloque. Enfin, si, mais quelques infos plus poussées n'auraient pas été de trop, là ça fait un peu "la FFF/DNCG bloque" mais rien de plus. Quite à dire ça, une brève aurait suffi.
J'ai pas envie de taper sur Salerno, car je ne le vois pas plus mauvais qu'un autre, mais ça devient récurrent de voir un club disparaître chaque saison.
L'ACAA avait une gestion assez opaque, pour ne pas dire magouilleuse (d'ailleurs Conrad est un ancien de la maison) avec des pelletées de transferts incongrus à chaque mercato.

On ne peut pas dire que cette issue soit surprenante.
Déjà, ils se sont ruinés lors de la montée en L1 en recrutant une pelleté de joueurs hors de forme ou trop vieux (Basinas, Pavon, Charisteas, etc) qui ont totalement déséquilibré l'équipe au lieu de miser sur le noyau qui avait fait 2 montées consécutives. On connait la suite, saison de merde à 20 points...
kim jung kill Niveau : CFA
Note : 2
J'ai toujours aimé Arles, je trouvais l'aventure belle de monter de 5 divisions en 5 ans avec à chaque fois le plus petit budget.
Mais à la monté a ligue 1 tout est partis en couille, notamment a cause de Salerno qui vire Estevan, et recrute 30 joueurs.
Faire appeler l'équipe Arles- Avignon aussi a été une erreur pour moi, en plus Salerno (encore lui) disait clairement qu'il voulait en faire l'équipe d'Avignon alors que à la base c'est l'équipe de Arles.
bref dommage, avec une meilleur gestion et Estevan au commande je suis sûre qu'ils auraient fait une meilleur saison en ligue 1
Message posté par Pig Benis
Déjà, ils se sont ruinés lors de la montée en L1 en recrutant une pelleté de joueurs hors de forme ou trop vieux (Basinas, Pavon, Charisteas, etc) qui ont totalement déséquilibré l'équipe au lieu de miser sur le noyau qui avait fait 2 montées consécutives. On connait la suite, saison de merde à 20 points...


Merci pour ce rappel, j'avais oublié que c'était eux, effectivement.
Comment après justifier de demander "plus de moyens" quand on voit ce qu'ils font avec ce qu'ils ont déjà...
Bon, il se peut que les commentaires suivants soient inspirés par le fait que j'ai jamais trop aimé ce club. Mais:
- Pas classe la trés vintage lexpression des années 80 "On avait le cancer, maintenant on a le sida" mais pas classe. Et encore, il dit sida et non "cancer des homosexuels" comme à l'époque.
- Pas classe non plus la victimisation vis-à-vis des instances. Sedan, Strasbourg et autres n'ont pas chialé comme ça, et j'ai pas l'impression qu'on soit dans un cas à la Luzenac.
Karl Socrates Niveau : Ligue 2
Sauf que le cas de l'ACA n'a rien à voir avec Sedan, Strasbourg ou même Luzenac. Ce qu'il se passe, dans l'indifférence générale, est bien plus grave.
Le club est financièrement sain et n'est donc pas en faillite contrairement à Strasbourg et Sedan. Il a toute les infrastructures adéquates pour continuer au niveau professionnel contrairement à Luzenac.
Pour comprendre ce qu'il s'est passé il faut remonter à la fin de la saison dernière.
Après une saison galère, où l'on finit dernier de L2, Salerno, critiqué et fatigué, veut se retirer. Chaussegros, actionnaire minoritaire et vice-président, entend rassembler de nouveaux investisseurs pour racheter les parts de Salerno et reprendre la présidence du club (notamment un fond de pension luxembourgeois qui s'était dit intéressé).
Malheureusement, les fonds ne sont pas rassemblés dans les temps et le premier budget qu'il présente fin juin devant la DNCG est logiquement retoqué.
Salerno arrive alors à la rescousse et remet la main à la poche pour éponger le déficit de la saison passée et réaugmenter le capital du club comme l'exigeait la DNCG. Lors du passage en commission d'appel, tout le monde au club était confiant puisque les garanties donnés par l'actionnaire principal avaient permis de passer sans encombre l'obstacle DNCG ces 5 dernières années.
Sauf que la commission d'appel de la DNCG décide de retoquer le dossier car... l'augmentation de capital a été faite 3 jours trop tard!
Idem pour le CNOSF et le tribunal administratif qui décident, avec des liens de complicité douteux (c'est la FFF qui a informé le club de la décision du TA alors que le club n'avait encore reçu aucune information!) de couler un club et de mettre un chômage plusieurs personnes pour une simple erreur administrative. Pendant ce temps des clubs comme Lens ou Valenciennes qui ont des millions d'euros de déficits non comblés peuvent continuer en L2... L'ACA, elle, a été victime de son manque de popularité, la LFP et la FFF avaient visiblement décidé qu'elles ne voulaient plus de ce club de manière arbitraire. Alors oui, il y a de quoi se plaindre.
Vendredi le dépôt de bilan va être annoncé, la SASP liquidé. L'association va malgré tout essayer de continuer l'aventure en CFA mais en retournant à Arles. Le club reprendra certainement son appellation originelle d'AC Arles en juin 2016, date d'expiration de la convention liant l'ACA à la ville d'Avignon.
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
Salerno a le beau rôle dans cet article, ça me ferait presque pleurer...
Outre le fait qu'il a jeté Estevan comme une merde après tout ce qu'il avait fait pour l'équipe, il est responsable (conseillé par Courbis...) du recrutement de 16 (!) joueurs lors de la montée en L1 : résultat : la descente immédiate avec le plus grand nombre de défaites.
Arles-Avignon, c'était le mariage de la carpe et du lapin, le genre de truc qui était voué à se casser la gueule dès le début.
Bon débarras, et bonne chance à Arles !
Mouais, déjà quand on prend comme conseillé Roland Courbis qui a fait ça bénévolement, "par pure amitié" comme il le disait à l'époque ( non non, ne rigolez pas ) soit on est malhonnête, soit on est incompétent.

Beaucoup semblent l'oublier, mais son fis Stéphane Courbis est tout simplement agent de joueur directement ou intermédiaire dans certains transferts.
On parle d'un club qui avait nommé Paganelli en conseiller du président : "un rôle comme Lacombe à Lyon" qu' il disait.
Ça t'en dit deja pas mal sur leur crédibilité.

Ils n'ont qu'à fusionner avec Istres, j'ai d'ailleurs toujours confondu ces 2 clubs.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
1k 12