1. //
  2. // 2e journée
  3. // Villarreal/Espanyol Barcelone
  4. // Interview

Areola : « Je ne voulais pas m'asseoir sur le banc du PSG »

La voix est posée, le ton mesuré. À 22 ans, Alphonse Areola déguste sa première expérience à l'étranger. Du côté de Villarreal, où il a posé ses valises pour un an, il découvre un nouveau football. Pour sofoot.com, il en profite pour faire le point sur un été mouvementé et revient sur sa situation parisienne.

Modififié
1k 30
Tu n'es pas trop déçu par ta première en Liga ?
Si, forcément. D'une, il y a le résultat. On aurait dû plier la rencontre avec toutes les occasions que nous nous sommes créées. Et puis il y a ce but encaissé qui aurait dû être invalidé à cause d'un hors-jeu flagrant. Après, je ne suis pas abattu plus que ça, nous n'avons pas perdu. Dans l'ensemble, la partition était même très bonne.

Pour ton baptême du feu, tu as enchaîné les parades. Tu réalises même un gros double arrêt sur le but encaissé…
Sur la première frappe lointaine, je suis complètement masqué, je vois le ballon arriver au dernier moment. Ensuite, je me relève vite et j'enchaîne avec une parade réflexe. Malheureusement, je ne peux rien sur la troisième reprise, d'autant plus que le mec est hors jeu au début de l'action… Ça fait partie du jeu, il faut accepter.

Après avoir connu ton baptême du feu au Benito Villamarin, il te tarde de découvrir l'ambiance du Madrigal ?
Pour mon premier match, j'ai vu ce qu'était une ambiance de folie. C'était exceptionnel à vivre. Maintenant, je n'ai qu'une hâte, c'est de découvrir le Madrigal. Je l'ai vu le jour de mon arrivée, mais il était vide et, surtout, sans pelouse. J'ai un peu tâté l'ambiance du club, pas mal de supporters nous suivent pendant les entraînements, mais ça ne vaut rien à côté d'un match de championnat.

Pour le moment, comment te débrouilles-tu en espagnol ?
Je pensais que ça allait être plus dur que cela. J'ai du sang philippin et, je ne sais pas trop pourquoi, il y a beaucoup de mots espagnols qui se rapprochent du philippin. Du coup, je commence à bien comprendre la langue. Il faut que je fasse quelques efforts pour la pratiquer, mais ça va bien plus vite que ce que je pensais. Après, sur le terrain, il faut juste apprendre les mots clés. J'ai fait quelques matchs de préparation qui m'ont permis de bien les apprendre. Mes coéquipiers m'ont également fait un petit briefing ce qui fait que maintenant, ce n'est plus du tout un problème.

Qu'est-ce qui a été le plus compliqué depuis ton arrivée ?
Clairement, la chaleur lors des entraînements. Forcément, la chaleur ici est beaucoup plus élevée qu'en France. Pendant le début de la préparation, ça a été difficile de suivre le rythme. Il a fallu s'acclimater, s'habituer au soleil qui te matraque pendant les séances. Pour tout ce qui est cardio, respiration, c'était vraiment compliqué au début. Surtout que je n'avais pas vraiment l'habitude de ce climat. Mis à part Bastia, entre Lens et Paris, ce n'est pas la canicule qui nous a tués.

« Lorsque mon agent m'a parlé de la proposition de Villarreal, j'ai immédiatement eu en tête Robert Pirès. » Alphonse Areola

Raconte-nous un peu le déroulement de ton transfert à Villarreal.
D'abord, j'ai pris le temps de bien réfléchir durant mes vacances avec mes proches et mon agent. Il fallait prendre le temps, peser le pour et le contre avant de prendre une décision. On a eu quelques touches en Ligue 1, mais on voulait un challenge un peu plus relevé. C'était ce que je m'étais fixé comme objectif il y a deux, trois ans, lorsque j'étais parti pour Lens : franchir les étapes une par une. À Lens, j'ai connu la Ligue 2, à Bastia la Ligue 1. Il fallait que je trouve un club qui joue l'Europe. Quand Villarreal s'est présenté, j'ai tout de suite sauté sur l'occasion. Villarreal, c'était la meilleure opportunité que je pouvais avoir.

Tu restais sur deux prêts en France. Tu penses qu'un départ à l'étranger était inévitable pour poursuivre ta progression ?
Inévitable, je ne sais pas si c'est le mot. En tout cas, j'avais vraiment besoin d'un challenge plus élevé que les deux expériences que j'ai pu avoir avant. Il me fallait un club européen pour que je poursuive ma progression. Après, qu'il soit en Angleterre, en Espagne, en France… Ça m'était vraiment égal.

Dans ce cas, pourquoi l'Espagne plus que l'Angleterre ou l'Italie ?
Dans ma tête, mon objectif, c'est l'Angleterre. Après, il y a eu un challenge qui s'est offert à moi en Espagne et je n'allais pas faire la fine bouche en leur disant que je préférais aller dans un autre pays. Depuis des années, l'Espagne est la référence européenne, tant en terme de résultats que de jeu. Et affronter les meilleurs attaquants du monde, c'est forcément excitant quand tu es gardien. Je vais vraiment profiter de ces moments pour pouvoir me montrer et prouver que j'ai le niveau pour aller plus haut.

Avant que tu n'y signes, c'était quoi Villarreal pour toi ?
Direct, je te dis Robert Pirès. Je me rappelle qu'il a joué pas mal de temps ici, qu'il a été l'un des premiers Français à le faire. Lorsque mon agent m'a parlé de la proposition de Villarreal, j'ai immédiatement eu en tête Pirès. Après, je me souviens également de leur parcours en Ligue des champions, de leur demi-finale perdue pour un rien face à Arsenal… Villarreal, ce n'est pas un petit club.

Le président Roig est quelqu'un d'énormément apprécié par les supporters. Quelles relations a-t-il avec les joueurs ?
C'est une personne qui est vraiment très proche de nous. J'avais déjà vécu ça à Lens et à Bastia, mais ici, ça a sans doute une dimension supérieure. Il est pratiquement toujours présent au centre d'entraînement, il vient nous saluer dès qu'il le peut. Le club est de toute façon un peu à son image : très familial. Je n'ai jamais été aussi proche des gens qui travaillent dans les bureaux, que ce soit à l'administration ou au marketing. On les côtoie tous les jours, il n'y a pas vraiment de portes fermées.

« Personnellement, je n'ai pas eu de discussion avec les dirigeants vis-à-vis du transfert de Trapp, je n'étais au courant de rien. » Alphonse Areola

Et Marcelino, il te change par rapport aux autres entraîneurs que tu as pu avoir ?
J'ai toujours eu du mal à comparer les différents entraîneurs que j'ai pu avoir, ils ont tous des méthodes différentes. Je retrouve de toute façon une constante à travers les coachs que j'ai eu pro : Antoine Kombouaré, Claude Makelele, Ghislain Printant ou Marcelino sont tous des compétiteurs nés, très exigeants. Au niveau terrain, il y a beaucoup plus de jeu dans les entraînements ici. Je crois que je n'ai jamais fait autant d'exercices de conservation qu'à Villarreal. Nous formons une équipe qui balance très peu, on essaye toujours de repartir au sol. Pour n'importe quel joueur, c'est de toute façon très intéressant de venir jouer en Espagne.

Tu dois pour le moment ta titularisation à la blessure longue durée d'Asenjo. Lorsqu'il sera de retour, la place de numéro un lui reviendra ?
Pour le moment, rien n'est fixé. Moi, je travaille tous les jours pour être au top, pour montrer que j'ai ma place dans ce collectif. Lorsque Asenjo reviendra, je ne sais pas du tout comment cela va se passer. Si je ne suis pas bon, ce sera vite vu. Après, si je réussis de belles performances, ça ne rendra la décision du coach que plus compliquée.

La hiérarchie des gardiens, c'est justement l'un des sujets principaux du début de saison du PSG. Tu n'avais aucune possibilité d'y rester ?
Non, aucune. Dès le début, on a été très clair avec les dirigeants de Paris. On a discuté avec eux pour leur expliquer que mon objectif était de continuer à jouer. Après deux saisons pleines, je ne voulais pas m'arrêter et m'asseoir sur le banc. Ça aurait complètement stoppé ma progression. Et je pense que l'intérêt était commun, autant pour moi que pour le PSG. Ça n'aurait pas servi à grand-chose pour Paris de me mettre en troisième ou en quatrième gardien. On verra bien ce qu'il se passe la saison prochaine, mais tout dépendra de mes performances. Je viens de franchir un palier en matière de club. Désormais, il faut que je le fasse sur le terrain, au niveau européen.

Le club a recruté Trapp, un portier allemand qui n'a seulement que deux ans de plus que toi, pour concurrencer Sirigu. Tu ne penses pas que tu aurais pu faire l'affaire ?
C'est un gardien qui a deux ans de plus, donc plus d'expérience au haut niveau que moi. Je pense que c'est ce qui a fait pencher la balance. Personnellement, je n'ai pas eu de discussion avec les dirigeants vis-à-vis du transfert de Trapp, je n'étais au courant de rien. De toute façon, ça ne change pas grand-chose pour moi, je ne voulais pas m'asseoir sur le banc. Si j'étais resté à Paris cette saison, j'aurais gâché mes deux saisons de Lens et de Bastia. Après, dans un coin de ma tête, je pense toujours à m'imposer un jour au PSG.


Propos recueillis par Robin Delorme
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

"Direct, je te dis Robert Pirès." C'est marrant parce que je pense plutôt à Riquelme à l'évocation de Villareal...
"il y a beaucoup de mots espagnols qui se rapprochent du philippin"
Faudrait peut être lui dire...
Note : 10
Jusque là, ses choix de clubs sont totalement cohérents, il sait que sa progression passera par des saisons pleines. Certains joueurs de L1 faisant banquette ne veulent pas aller en L2, lui n'a pas hésité, grand bien lui en a pris, ça a permis de lancer sa carrière.
"J'ai du sang philippin et, je ne sais pas trop pourquoi, il y a beaucoup de mots espagnols qui se rapprochent du philippin."

Peut-être parce que les Philippines étaient une colonie espagnole pendant des siècles, et qu'elles s'appellent comme ça à cause de Philippe II d'Espagne?...
Ah putain les footeux parfois c'est vraiment une cause perdue.

Sinon je vois vraiment ce mec comme le futur gardien titulaire en EDF, tellement fort à 22 ans déjà... Quand on pense qu'on avait Edel à Paris, à quelques années près on avait un gardien titulaire issu de la formation. J'espère qu'il reviendra.
L'espagnol a été langue officielle des Philippines jusqu'à 1973. Le mec il maîtrise totalement l'histoire.
read my mind Niveau : National
Message posté par Xso
L'espagnol a été langue officielle des Philippines jusqu'à 1973. Le mec il maîtrise totalement l'histoire.


T'as fait lequel de fallout?
philfrenhie Niveau : CFA
Message posté par Braslou
"il y a beaucoup de mots espagnols qui se rapprochent du philippin"
Faudrait peut être lui dire...


Tu m'as battu sur le fil....
read my mind Niveau : National
Note : 9
Le mec se plaint mais si t'es sur le banc tu ne transpires pas .

Et si tu ne transpires pas tu n'as pas d'areola sous les bras.

Et ça c'est appréciable.
Super-Pippo Niveau : CFA
Vous avez fait les deux réflexions que je voulais faire : Riquelme et la Philippine. Tant pis.
Chaud quand même, ses parents sont Philipins et il connait rien à l'Histoire de ce pays.

Faut pas s'étonner que le footballeurs se fassent vanner sur leur culture générale pour le coup.
Message posté par Super-Pippo
Vous avez fait les deux réflexions que je voulais faire : Riquelme et la Philippine. Tant pis.


Et pour les Aerolas sous les bras aussi t'arrives trop tard.
Je crois qu'il est temps de fermer les commentaires pour cette article. C'est déjà trop.
"Après, dans un coin de ma tête, je pense toujours à m'imposer un jour au PSG."

En tant que supp du PSG, quand je lis cette phrase, j'apprécie encore plus ce gars, et je déteste encore plus ce petit con de Kingsley Coman.
Et bah, perso, j'étais pas au courant du passé espagnol des Philippines.

Je ne vois pas en quoi le fait qu'il ne sache pas cela est une preuve de stupidité de sa part. Surtout qu'avant de dire que de constater que l'espagnol se rapproche du philippin, il admet bien "que [il] ne sai[t] pas pourquoi". Ses parents ont beau être d'origine philippine, le gars est né à Paris et a fait toutes ses classes en France. Je ne pense pas que tous les fils d'immigrés nés et ayant grandi en métropole aient forcément une grande connaissance de l'histoire du pays de leur parents.

En tout cas, merci aux commentaires de m'avoir appris un truc que j'ignorais today.
Message posté par Braslou
"il y a beaucoup de mots espagnols qui se rapprochent du philippin"
Faudrait peut être lui dire...


À sa décharge, outre le fait qu'il est né en 1993, le philippin-espagnol s'est éloigné de l'espagnol depuis bien longtemps (influence du tagalog) et l'Espagne a eu des contacts avec les Philippines beaucoup plus limités dès la fin du XIXe siècle.
Message posté par FloG
"Direct, je te dis Robert Pirès." C'est marrant parce que je pense plutôt à Riquelme à l'évocation de Villareal...


Exactement la même. Puis j'ai pensé au penalty contre Lehmann quand il parle de la demi contre arsenal
Pour une fois qu'un gardien francais fait un bon choix... Ca a l'air d'etre un bon gars, j'attend de voir la suite de sa carrière
Kit Fisteur Niveau : Loisir
Bon ben j'aurais appris que la langue courante aux USA (colonisateur des Philippines) est l'espagnol, on en apprend tous les jours...

Heureusement pour lui qu'il est bien meilleur avec ses mains, et sans doute le futur goal de l'équipe de France dans quelques années. Et puis il cite direct Pirès à propos de Villareal, preuve que c'est en aucun cas un mauvais bougre.
PhoenixLite Niveau : Loisir
Message posté par Kit Fisteur
Bon ben j'aurais appris que la langue courante aux USA (colonisateur des Philippines) est l'espagnol, on en apprend tous les jours...

Heureusement pour lui qu'il est bien meilleur avec ses mains, et sans doute le futur goal de l'équipe de France dans quelques années. Et puis il cite direct Pirès à propos de Villareal, preuve que c'est en aucun cas un mauvais bougre.

Tu sais que le monde n'a pas été créé en même temps que les Etats-Unis ?
Aux Philippines, y a juste eu près de 300 ans d'occupation et de rattachement à l'Empire espagnol avant même que les USA ne soient créés.
Kit Fisteur Niveau : Loisir
Tu sais que l'histoire des Philippines ne m'intéresse pas du tout, contrairement à l'empire romain ou perse... alors bon l'histoire détaillée des Philippines... J'en étais resté à l'époque de la domination américaine (c'était même l'unique colonie importante possédée par l'oncle Sam)
Euh il risque d'être un peu déçu par l'ambiance du Madrigal...

Sinon c'est certain que le choix va être cornélien pour Marcelino si Asenjo revient à son meilleur niveau, c'était honnêtement l'un des 5-6 meilleurs gardiens de Liga.
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Luismi, la tête dure
1k 30