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  2. // Barcelone–Roma (6-1)

Après le Real, le Barça pulvérise aussi la Roma

Le FC Barcelone n'a pas laissé la moindre chance à l'AS Rome. En affichant un niveau exceptionnel, les joueurs de Luis Enrique ont massacré l'équipe de Rudi Garcia (6-1).

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FC Barcelone 6-1 AS Roma

Buts : Suárez (15e et 44e), Messi (19e et 59e), Piqué (56e), Adriano (77e) pour le Barça // Džeko (91e) pour l'AS Roma

Ce Barça est fort. Très fort. Beaucoup trop fort. Trop fort pour le Real Madrid. Et trop fort, évidemment, pour l'AS Roma. Trois jours après avoir passé un sec 4-0 aux Madrilènes, les joueurs de Luis Enrique enchaînent avec un sévère 6-1 face à l'AS Roma. Une AS Roma qui a donc encaissé 12 buts lors de ses trois derniers matchs de Ligue des champions et qui, malgré cela, conserve son destin entre ses mains pour la qualification. Pourtant, ce soir, l'équipe de Rudi Garcia a bel et bien sombré devant la puissance de feu des Catalans. La faute à une défense aléatoire et à un trio MSN irréel de beauté. Il y a là un Barça qui va être très, très difficile à aller chercher.

Une mi-temps, trois buts


Dès l'entame, Rudi Garcia montre qu'il a révisé ses gammes militaires romaines. Mais le dispositif en mode quinconce n'empêche pas un corner, une belle claquette main opposée de Szczęsny – oh oui Wojciech ! – ni un but refusé pour hors-jeu à Messi, en à peine cinq minutes de jeu. Sur la première sortie de balle italienne et un corner joué à trois, Džeko seul face à Ter Stegen voit le cadre s'échapper, avec lui un début d'espoirs romains. Car, quatre minutes plus tard, Neymar prouve aux derniers sceptiques ascendants mauvaise foi qu'il est bien plus qu'un joueur YouTube : sa passe au laser découpe la défense italienne et Dani Alves n'a plus qu'à offrir le premier but de la soirée à Suárez sur une action d'école.

Mais l'école, ce n'est plus le primaire pour les joueurs de Barcelone. Désormais, ils font dans la polytechnique du football. La Roma peut aligner deux lignes et neufs joueurs défensifs, le jeu en petit périmètre Neymar-Messi-Neymar-Messi-Suárez-Messi est exceptionnel de rapidité et de précision. Quand Léo dégaine sa pichenette pour achever Szczęsny, tout le Camp Nou se lève et le reste du monde s'incline face à la maestria locale.


Splendeur, et implication avec Rakitić au tacle rageur pour récupérer un ballon aux abords de la surface romaine, ou avec Suárez à la récupération. Les champions en titre sont déterminés à ne laisser que des miettes et à choisir le moment de se gaver. Alors que le rythme retombe (très) légèrement, sur un corner mal dégagé, Suárez prend le rebond et la reprise pour flinguer l'AS Rome. Doublé pour le pistolero. Fred Bompard, l'adjoint de Rudi Garcia traditionnellement placé dans les tribunes en première mi-temps pour mieux analyser le jeu de son équipe, a dû être pris de schizophrénie. C'est vertigineux et beau comme une Terre vue de la stratosphère.

Deux mi-temps, six buts


À la mi-temps, Garcia peut prendre l'exemple de ses jeunes qui, dans l'après-midi, ont remonté trois buts à la cantera pour arracher le match nul en Youth League. Évidemment, ni ça ni l'entrée d'Iturbe à la place de Nainggolan ne sont suffisants. Surtout quand Ter Stegen la joue comme Claudio Bravo dans un Clásico devant Falqué. Alors, quand la MSN déborde de son jeu en triangle pour permettre à Piqué de mettre une quatrième droite à Szczęsny, le K.O. est avéré et la manita proche. Les Catalans ont encore le sourire aux lèvres – et la voilà... Il y a tout dans ce 5e but : contrôle magique de Neymar, passe chanceuse de Suárez, finition de renard de Messi. À ce rythme, Rudi Garcia va encore devoir compter un score de Ligue des champions sur ses deux mains, comme l'an passé face au Bayern Munich (7-1). Cela fait moins d'une heure que les artistes de Luis Enrique font passer les ouailles de Rudi pour des peintres.

Le seul à ne pas affoler son compteur perso est Neymar. Pourtant, nul doute que le Brésilien a gagné en efficacité ce qu'il a perdu en excentricité capillaire. L'arbitre aurait pu lui donner un coup de pouce, mais il refuse de siffler un penalty évident contre Maicon dépassé par Suárez. Alors il va le chercher lui-même en provocant Ucan et sa jolie touffe. Messi le lui offre, mais le Brésilien décide de tirer n'importe comment le coup de pied de réparation, sans un pas d'élan. Si Adriano prend un nouveau rebond pour un nouveau but, celui du 6-0, Luis Enrique ne semble goûter que moyennement au comportement de son futur Ballon d'or. Il appréciera davantage la performance de Ter Stegen qui, lui, arrête pour de bon le penalty obtenu, tiré et manqué par Džeko. Deux énormes occasions ratées pour le Bosnien, qui a le mérite de ne pas lâcher et de finalement marquer d'une tête au buzzer. La Roma a gagné les arrêts de jeu. Le reste de la saison risque d'être pour le Barça.

Par Eric Carpentier
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