Après CR7, place à K9
Après CR7, place à K9
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Un gamin solide
Le petit surdoué est né le 3 décembre 1988 à Dourados, deuxième plus grande ville de l’état du Mato Grosso, à une centaine de kilomètres du Paraguay, autant dire dans un trou. Pour l’anecdote, Keirrison vient d’un mélange entre la lettre K et le chanteur des Doors Jim Morisson, nom sur lequel son père tomba par hasard. Ce qui lui permit aussi de blaser le grand frère d’un Kimarrison pas dégueu.
Mis au football très jeune par le daron, il signe son premier contrat dans le club de Coritiba le 1er juillet 1998 et y passe toute sa formation, parvenant finalement à intégrer l’effectif de l’équipe première en janvier 2007.
A cette époque, le club se voit bien promu de fin de saison face à ses concurrents Portuguesa ou Vitoria et le petit Keirrison n’est encore apprécié que comme simple remplaçant, tout juste bon à chauffer le bois. Mais ce dernier commence à faire son trou et s’impose finalement dans l’effectif comme meilleur buteur du club avec 12 réalisations aux côtés, entre autres, du défenseur central Henrique, aujourd’hui propriété du FC Barcelone et en prêt au Bayer Leverkusen.
Un planteur né
Enfin parvenu en Serie A brésilienne, le gamin intéresse de plus en plus les foules et les recruteurs, dont le club de Palmeiras, prêt à tout pour l’embaucher. C’est d’ailleurs contre eux qu’il dispute son premier match avant de se blesser après la première demi-heure, le privant ainsi des Jeux Olympiques avec la sélection brésilienne, une entorse de trop qui retarde un peu plus son explosion.
Qu’à cela ne tienne, le pequeno revient comme un obus et inscrit la bagatelle de 20 buts durant la saison, rejoignant ainsi l’attaquant Marcel, ancien détenteur du record de buts inscrits en Serie A par un joueur de Coritiba, un ratio plus que correct. Les journalistes sportifs du site brésilien Globoesporte lui attribuent la deuxième meilleure note moyenne de la ligue, derrière Andrés d’Alessandro, le meneur Argentin de l’Internacional. Son entraîneur Dorival Junior dit même du K9 qu’il est un « matador », un joueur exceptionnel. Le plus ? Loin des vedettes du football champagne, il se distingue des autres par son calme et sa simplicité, optant souvent pour des plats du pied bien placés au ras du poteau, bien que le génie soit capable d’envolées techniques à la Messi quand le public en demande.
L’avenir est ailleurs, mais le cœur au Brésil
Le contrat de Keirrison avec Coritiba se termine en avril 2009, ce qui revient à dire qu’il est libre dès aujourd’hui. Et outre Palmeiras ce sont aussi Palerme, Valence, le Real Madrid et même Liverpool qui s’intéressent au jeune joueur. Le PSV avait d’ailleurs presque réussi à engager le môme au dernier mercato d’été pour près de cinq millions d’euros avant que Coritiba ne refuse l’offre, le joueur appartenant à 80 % à la société de droits sportifs Massa Sports.
Loin de toutes ces folies médiatiques, K9 préfère se concentrer sur sa carrière et son pays. Récemment, lors d’une interview accordée au quotidien brésilien O’Globo, il s’est dit flatté qu’un club comme Valence s’intéresse à lui (bien que favori pour le transfert, le club devra débourser la bagatelle de 18 millions d’Euros) ; « Valence est un grand club qui est toujours très bien placé dans son championnat (…) Mon style de jeu s’adapterait mieux à la Liga qu’à un autre championnat » avant d’ajouter qu’il souhaitait avant tout « garder la tête sur les épaules et laisser les choses se faire naturellement ».
Une tête quand même bien faite et un cœur fidèle quand on sait que ledit prodige et son père ont acheté un petit club du Mato Grosso et l’ont renommé très sobrement Centro de Futebol Keirrison ou CFK9, afin de faciliter l’accès au football pour les plus démunis. L’enfant du pays n’oublie pas les siens et semble promis à un bel avenir.
Ne lui reste plus qu’à continuer sur le rythme et ne pas se faire avaler par la centrifugeuse du foot européen. Mais vu la prochaine renommée du CFK9 et sa dégaine, au pire, il pourra toujours monter un quotidien, ou ouvrir un grec.
Par Julien Nodot






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