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Appelez-le Ole Gunnar Morata !

Face au Betis Séville ce dimanche soir, Álvaro Morata devrait une nouvelle fois commencer la rencontre sur le banc douillet du Santiago Bernabéu, avant d'entrer en jeu et de faire la différence. Un rôle de sauveur que l'attaquant espagnol n'apprécie pas forcément.

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26 février 2017 : Villarreal-Real Madrid. Un dimanche comme un autre dans la vie d'Álvaro Morata, qui prend place sur le banc des remplaçants aux côtés de son compatriote et ami Isco. Alpagués par un supporter, les deux hommes plaisantent sur leur statut de supersub. Isco, d’abord, répond au fan : « Je suis le second plat. » Puis c'est au tour de Morata : « Et moi le dessert. » Un dessert qui entrera sur la pelouse du Madrigal à la 77e minute pour aller inscrire le but de la victoire du Real Madrid (2-3). La routine.

La place de titulaire ou l'exil


Si Álvaro Morata prend désormais son rôle de remplaçant de luxe à la rigolade, cela n’a pas toujours été le cas. L’histoire débute réellement lors de la saison 2013-2014. Alors qu’il vient à peine de souffler ses vingt et une bougies, l’attaquant espagnol commence à se faire un nom avec l’équipe première du Real, après avoir brillé avec la Castilla. En concurrence avec, déjà, Karim Benzema, Morata terminera la saison avec huit buts en Liga, tous inscrits en entrant en jeu. Il faut dire que l’international n’a goûté au statut de titulaire qu’à trois reprises en championnat. Ole Gunnar Morata est né.


Problème, si ce statut lui colle parfaitement à la peau, il ne lui plaît pas. Morata quitte alors pour la première fois de sa vie la capitale espagnole pour aller poser ses valises en Italie, à Turin. Là-bas, le Madrilène squatte parfois le banc des remplaçants, mais est toujours titulaire en Ligue des champions, où il éliminera quasiment à lui tout seul le Real Madrid en demi-finale de l’édition 2015. De retour à Madrid, presque contre son gré, depuis août dernier, Morata retrouve son statut d’habituel remplaçant derrière KB9, plus complémentaire que lui avec Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Une situation qu’il ne vit pas forcément bien, malgré ses déclarations à Marca dégainées pour faire bonne figure : « Ce que je veux, c'est jouer et c'est l'entraîneur qui décide de cela. Je veux toujours jouer. Si je dois sortir du banc, je serai heureux et si je suis titulaire aussi. Il s'agit de gagner des titres, même s'il fallait jouer gardien, je le ferais. Je n'ai pas d'autres choix que de me battre. »

Meilleur remplaçant que titulaire


Visiblement pas enclin à vivre dans la peau du supersub, le goleador de vingt-quatre ans préfère prend son mal en patience. Mais les statistiques sont formelles : Morata est meilleur quand il sort du banc. Rarement décisif lorsqu'il est titulaire, l’Espagnol change souvent le cours d’un match lors de son entrée en jeu. En Liga, quatre de ses huit buts ont été inscrits en sortie de banc. Plus impressionnant encore, en Ligue des champions, il a déjà fait trembler les filets à trois reprises, en seulement 164 minutes de jeu. Des statistiques qui font de lui l’attaquant le plus efficace du Real Madrid cette saison avec un pion toutes les 104 minutes toutes compétitions confondues.


Loin d'être un buteur de la trempe de Luis Suárez ou Gonzalo Higuaín (il n’a pour le moment jamais dépassé les 8 buts en championnat), l’attaquant espagnol a cette grinta et cette façon de se sublimer lors des grands rendez-vous qui lui garantissent une cote d'amour immense aux yeux des supporters du Real. C’est grâce à cette alliage de force de caractère, d’envie de prouver qu’il mérite sa place et de qualités footballistiques que Morata sauve des points au Real Madrid en entrant en jeu dans les derniers instants, comme ce fut le cas à Villarreal, face au Sporting Portugal ou encore contre Bilbao. Et, comme on ne change pas une tactique qui fonctionne, Zinédine Zidane ne semble pas prêt à modifier sa BBC en BMC. On ne sait pas si la banquette de Santiago-Bernabéu est confortable. Mais Morata est en train de prouver qu'elle a des ressorts.

Par Steven Oliveira
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