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Antoine Boutonnet, ancien boss de la lutte contre le hooliganisme

Antoine Boutonnet, ancien responsable de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), s’est donné la mort dimanche soir. Personnage incontournable du foot français depuis presque dix ans, sa disparation a produit un grand choc, tout d’abord dans les forces de l’ordre, ou la multiplication des suicides de policiers ou officiers en activité provoque un profond sentiment de malaise. Il fut aussi et surtout le visage et le bras armé de l’État dans sa lutte contre la violence dans les stades.

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L’annonce est tombée dans la nuit sur les réseaux sociaux, alors que Twitter réglait ses comptes autour du cas Karim Benzema. Le corps du commissaire de police Antoine Boutonnet a été retrouvé dans son bureau des locaux de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). Il y avait été réaffecté à la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO) depuis mars dernier. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé dans la foulée sa volonté de s’attaquer à ce qui ressemble à une terrible épidémie au sein des forces de l’ordre : depuis sept jours, pas moins de cinq policiers et un gendarme ont volontairement mis un terme à leur vie. Les causes du geste dramatique d’Antoine Boutonnet restent, au moment où nous écrivons ces lignes, indéterminées. Des témoignages affleurent néanmoins dans la presse du jour, faisant écho à des déclarations de son entourage, notamment au sujet de son mal-être à la suite de sa nomination dans ce nouveau service, ou aux attaques dont il était victime de manière récurrente et violente sur les réseaux sociaux.


Car si son nom ne vous dit sûrement rien, et demeure inconnu du grand public, il a été sans conteste un des acteurs majeurs du foot français au cours des années 2010. Il fut, en effet, le chef de la DNLH, Direction nationale de lutte contre le hooliganisme, fondée en 2009 pour se mettre au diapason de ce qui se faisait en Europe, en particulier en Angleterre. C’est à ce titre que Frédéric Thiriez, son vis-à-vis lorsqu'il avait les commandes de la LFP, et quelque part aussi critiqué que lui par les ultras, lui a rendu un vibrant hommage. « C'était quelqu'un avec qui je travaillais dès l'origine de la DNLH, créée à ma demande. C'était non seulement un grand professionnel, mais aussi un humaniste. Il était devenu un ami. »

« C'est souvent quand le mal est fait qu'on s'en rend compte. »


À la tête de cette structure spécialisée, il y a incarné la volonté de l’État de mettre un terme au fléau des affrontements entre supporters et au racisme dans les tribunes. Son travail fut notamment marqué par la question du PSG, et de la transformation radicale des tribunes du Parc, un des principaux point de fixation du hooliganisme en France, après l’adoption du plan Leproux, consécutif au décès de Yann Lorence dans la traînée sanglante des tensions entre le Kop de Boulogne et le virage Auteuil. Il aura aussi eu en charge de suivre le dossier de la sécurité de l’Euro 2016, dans un contexte cette fois-ci dominé par la peur des attentats. Toutefois, la razzia des hools russes sur Marseille rappela que cette menace n’avait pas disparu, loin de là. Peut-être son éviction l’année suivante fut-elle une forme déguisée de sanction devant un bilan jugé mitigé sur ce terrain, et sa réaction, largement moquée sur les réseaux sociaux - « Il n'y a pas de constat d'échec. (...) C'est un problème de suralcoolisation qui entraîne in fine un phénomène de violences » - donna l’impression qu’il ne prenait pas la mesure de ce qu'il s’était passé. Il faut peut-être d’abord y voir le discours d’un « Boss » qui voulait défendre son institution et ses hommes, quitte à servir de pare-feu.


Il existe en effet un contraste entre la personne que ceux qui l’ont fréquenté décrivent comme « souriante » et « affable » , et l’image «  droit dans ses bottes » que l’officier de police s’est construite, avec ses états de service exemplaires, et qui ne cessa de creuser un fossé avec les représentants des supporters. Ces derniers lui reprochèrent toujours une vision manichéenne de leur monde et uniquement centrée sur la répression, quitte à mal cibler. Lui pouvait toujours expliquer que telle était sa mission et qu’il fallait taper à d’autres portes pour le reste. Il faut préciser, en outre, qu’il bénéficia d’un arsenal juridique sans cesse étoffé (la Loppsi II), dopé par le souci sécuritaire grandissant de la lutte antiterroriste, multipliant les possibilités de dérogation au droit ordinaire (par exemple en matière de liberté de déplacement).

La généralisation du recours aux interdictions administratives de stade – qu’il présentait toujours comme un simple dispositif « préventif » – et surtout l’utilisation de plus en plus fréquente par les préfets de l’interdiction des déplacement des fans adverses, lui furent souvent attribuées. Les récents événements, aussi bien avec les ultras marseillais que stéphanois, ont dû lui donner le sentiment que son action avait été mal jugée par l'opinion, voire par la presse. Autre point d’achoppement, le problème des fumigènes, qui là aussi lui laissa le goût amer de passer pour « liberticide » quand il se contente d’appliquer la loi. « Le législateur a souhaité punir leur utilisation par une peine maximum de trois ans de prison. Dans l'échelle des sanctions pénales, c'est quand même assez important et pour une raison très simple : c'est extrêmement dangereux, n'en déplaise à certains. C'est souvent quand le mal est fait qu'on s'en rend compte » , déclarait-il ainsi dans So Foot.

Drapeau antifa et vente du parcage visteur


Un incident médiatique permet de comprendre l’homme et le policier. À l’occasion d’un documentaire de M6, il répondait aux questions avec derrière lui un drapeau l' « Action antifasciste » . Le maire d’extrême-droite d’Orange, Jacques Bompard, s’était évidemment ému de la présence du drapeau antifa, lié au « communisme et l'anarchisme » selon lui, sur le mur d'un « fonctionnaire de police, tenu à un devoir de réserve » .


L’explication fournie par le ministère éclaire bien des choses, puisqu'il s’agissait d’un "trophée" acquis par Antoine Boutonnet lors du sommet de l'OTAN en 2009 à Strasbourg. La dernière journée de ce sommet fut le théâtre d'incidents extrêmement violents en marge d'une manifestation organisée par les opposants au sommet. Alors qu'un hôtel était incendié par certains d'entre eux, le commissaire de police concerné a dû organiser une opération de rétablissement de l'ordre dans des conditions particulièrement difficiles, ainsi que le sauvetage et l'évacuation de sept fonctionnaires de police dans l'hôtel en feu. La médaille d'argent pour acte de courage et de dévouement lui a été décernée pour ces faits. À cette occasion, il a conservé, et affiché dans son bureau, un drapeau abandonné sur place par l'un des "casseurs". Ce drapeau rappelle donc simplement un épisode marquant de la carrière de ce fonctionnaire de police, à l'instar d'autres objets présents dans son bureau à titre de souvenir. Il peut en effet arriver à des policiers comme à quiconque de conserver tel ou tel objet témoignant d'un moment important d'une carrière.


Sens du devoir et jamais peur de la confrontation. Pourtant, il lui arriva aussi de témoigner dans ce registre d’une certaine compréhension pour les supporters, comme lorsqu'il applaudit le tifo en mars 2016 des Stéphanois imitant une petite annonce internet proposant la vente du « parcage visiteur » . Cela visait directement son action. Il faut dire qu’il a subi des banderoles nettement moins aimables, parfois injurieuses, à son égard. Finalement, au moment de son remplacement, il laissa surtout l’image d’une intransigeance qui, finalement, ne faisait qu’épouser celle de la LFP et des pouvoirs publics, notamment ministériels (du moins jusqu’à l’arrivée de Thierry Braillard). Il sera donc seul interlocuteur dans un face-à-face avec les supporters qui attendaient le dialogue quand lui pensait devoir d’abord maintenir l’ordre. Son itinéraire à la tête de la DNLH, qui ne saurait résumer sa carrière, résume la difficulté d’une mission où tous les autres acteurs du football ont eu tendance à le laisser seul. Sa fin tragique interpelle à bien des titres, et nous présentons toutes nos condoléances à ses proches et sa famille.

Par Nicolas Kssis-Martov
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